ET  SI  ON  PARLAIT  AUJOURDĠHUI  DE  DEFICIT  BUDGETAIRE

 

 

 

 

 

 

Isidore Grao

Le, 30 mai 2013

www.lavoixdecartier.com

 

 

 

LĠancien Premier Ministre Jacques Parizeau vient de faire diffuser sur les rŽseaux sociaux (Le Devoir du 16 Mai 2013) une Žtude sur la Çsacro-sainteÈ notion, au QuŽbec, dite de dŽficit BudgŽtaire ! Aucun QuŽbŽcois eu Žgard ˆ la grande compŽtence en matire de finances publiques de lĠintŽressŽ, nĠosera mettre en doute lĠauthenticitŽ de ses Žcrits. DĠavance je mĠexcuse auprs de lĠauteur si je plagie quelque peu son texte, mais cĠest pour la bonne cause ! Car vous vous doutez bien que je vais verser cette nouvelle pice dans le dossier scandaleux des transferts des agents fŽdŽraux au QuŽbec le 1er avril 1998 dans le cadre de lĠEntente de principe sur le marchŽ du travail. Certaines personnes bien ÇinformŽesÈ ˆ lĠŽpoque argurent de ce trop fameux principe, pour se servir de la vie professionnelle de 300 personnes, en dŽgradant leur situation administrative, et, en se servant dĠeux comme barrire dĠajustement. On ne leur accorda pas plus dĠimportance que 300 chaises que lĠon dŽplace dĠun bureau vers un autre. Il ne sĠagissait pas dĠun tre humain mais dĠun numŽro de matricule !

 

Bien que je ne sois pas pour une dŽpense publique non maitrisŽe, je crois aussi quĠon accommode cette notion ˆ toutes les sauces : ainsi dernirement pour tenter de diminuer les prestations sociales dixit la Ministre Agns Maltais.

Je sais que certains et /ou certaines dĠentre vous seront dŽus car je leur avais promis la semaine dernire   de leur conter aujourdĠhui, comment fut reu par la Ministre du MESS de lĠŽpoque, en lĠoccurrence la mme que celle dĠaujourdĠhui, en lĠoccurrence, Mme Agns  Maltais. Mais ce ne sera que partie remise dĠune semaine.

 

Revenons donc ˆ la notion de dŽficit budgŽtaire et ce dĠune manire chronologique :

 

1994 -1995

 

En quittant le pouvoir le Premier Ministre  LibŽral Daniel (fils) Johnson laissa un dŽficit de 6 milliards. Cela reprŽsentait 3,5 %du PNB  et 16 % des revenus budgŽtaires. CĠŽtait tellement important que nombre de personnalitŽs craignaient dŽjˆ que Çles huissiers Žtaient ˆ notre porteÈ. Le Gouvernement PŽquiste qui lui succde ˆ savoir, celui de Jacques Parizeau est obligŽ de prendre des mesures drastiques en bloquant le niveau des dŽpenses  pour diminuer de deux milliards ce dŽficit.

Mais cĠŽtait encore insuffisant pour le successeur de Jacques Parizeau, M. Lucien Bouchard qui voulait ramener le dŽficit ˆ zŽro plus rapidement.

 

1995-1996

 

Mais cela devenait trs compliquŽ dĠautant quĠˆ la mme Žpoque,  le gouvernement fŽdŽral rŽduisait les transferts ˆ la province et pour le QuŽbec de 1,5 milliard.

 

Pour atteindre cet objectif, on mis ˆ la retraite anticipŽe un grand nombre de mŽdecins et dĠinfirmires. Le choc fut  si important quĠˆ lĠheure actuelles toutes les sŽquelles de cette dŽcision, ne sont pas encore rŽsorbŽes. Mais le but fut atteint en 1998. Aprs de tels efforts les gouvernements successifs ont bien contr™lŽ le maintien des Žquilibres budgŽtaires.

En fait les gouvernements successifs du QuŽbec ont rŽussi ˆ maintenir des Žquilibres satisfaisants et cela pourrait tre constater plus clairement si on maintenait la pŽrennitŽ des conventions comptables. En effet les modifications de ces rgles rendent plus difficiles les comparaisons dĠune annŽe sur lĠautre et mme entre provinces canadiennes.

Donc, la situation financire se rŽtabl”t peu ˆ peu et cĠest lˆ que le Gouvernement fŽdŽral propose aux provinces le transfert dĠun service de la DRHC (Direction des Ressources humaines du Canada), ˆ savoir celui du marchŽ de lĠemploi, de la formation professionnelle. Pour le QuŽbec il sĠagit de 1084 personnes ˆ transfŽrer  pour faire dans les mmes conditions le mme travail au fŽdŽral quĠau QuŽbec. Il est  normal alors que le QuŽbec dans sa recherche de SouverainetŽ ait ŽtŽ lĠune des premires provinces ˆ accepter lĠŽventualitŽ dĠun transfert dĠun service public.

 

1997

 

Le 21 avril, lĠEntente de principe sur le marchŽ du travail fut signŽe, et un dŽcret de mise en application devra tre pris par le QuŽbec avant le 30 septembre 1997.

Alors que la situation financire du QuŽbec sĠamŽliore considŽrablement et malgrŽ toutes les promesses faites, 543 sur 1084 agents fŽdŽraux recevront, en dŽcembre, des propositions de classification professionnelle de niveau dĠemploi infŽrieur ˆ celui dŽtenu au fŽdŽral. Ce qui dŽclenche immŽdiatement des fortes rŽactions de colre de la part du personnel. Tant et si bien que la Ministre dĠEtat Louise Harel obtient la mise en place dĠun comitŽ paritaire lĠannŽe suivante.

 

1998 

 

CĠest dŽcidŽ ! Le comitŽ paritaire se tiendra le 8 mars 1998.
Mais pendant ce temps la situation financire du QuŽbec continue ˆ se redresser fortement. Et profitant de lĠamŽlioration de la croissance Žconomique et donc de la hausse des revenus budgŽtaires, le gouvernement PŽquiste qui refuse dĠhonorer ses engagements pour quelques milliers de dollars aux 541 agents transfŽrŽs du fŽdŽral introduit deux nouveaux programmes ˆ plusieurs milliards de dollars, en lĠoccurrence lĠassurance mŽdicaments, et les garderies ˆ 5 dollars ! O sont la logique financire et la solidaritŽ humaine ?

Donc lĠargument  de risque de dŽficit budgŽtaire pour les transfŽrŽs est fallacieux.

Le budget quŽbŽcois ne peut pas payer quelques milliers de dollars ˆ certains fŽdŽraux mais engage des dŽpenses de plusieurs milliards ! Allez comprendre quelque chose ! Je vous rappelle lĠorigine de ces chiffres que vous avez pu constater si comme moi, vous avez pu lire les Žtudes de Jacques Parizeau !)

Dans ce transfert ratŽ on a supprimŽ totalement le corps des conseillers en emploi composŽ de 123  personnes (2).

 

Et que nous dit en conclusion le rŽdacteur : ÇIl faut cesser de se faire peur et se dŽbarrasser de cette hantise comptable qui paralyse. Il faut aborder de front les vrais problmes Žconomiques du QuŽbec : sa croissance trop lente, la sŽrieuse dŽtŽrioration des Žchanges extŽrieurs, la faible productivitŽ dĠun trop grand nombre de ses entreprises (1), LES INSUFFISANCES DE LA FORMATION PROFESSIONNELLE ET TECHNIQUE (le MESS est dans lĠÏil du cyclone).

Aprs avoir abimŽ le corps de santŽ, on a fait de mme avec celui du travail. La job des conseillers en emploi (2) dans les CLE (centres locaux dĠemplois) servaient surtout ˆ mettre en adŽquation par divers procŽdŽs les qualitŽs et expŽriences professionnelles, dĠun demandeur dĠemploi  avec les besoins du marchŽ du travail QuŽbŽcois. Ceci dans un objectif trs clair ˆ savoir dĠutiliser au mieux les capacitŽs des individus pour augmenter la productivitŽ des entreprises (1).

 

Conclusion

 

Selon M. Parizeau :

ÇDe 1998 ˆ 2009 le dŽficit zŽro fut rŽalisŽ ˆ 2 reprises et il y eut mme, 4 dŽficits infŽrieurs ˆ un milliard (sauf en 2008/2009    il fut de 1,3 milliard sous le Gouvernement Charest). Quatre autres annŽes dŽgagrent des surplus (une fut mme de deux milliards !) De telle manire que si lĠon faisait la somme algŽbrique de toutes ces annŽes, cĠest un surplus de 2,7 milliards qui se dŽgagerait !È 

Alors ? Vous parlez de dŽficit budgŽtaire ? Pourquoi avec cette situation continuer ˆ refuser de rŽgler la turpitude de 1998 pour les sacrifiŽs du fŽdŽral ? LĠHistoire du QuŽbec retiendra ce haut fait politique !

Le PQ est responsable de cette escroquerie, mais le FŽdŽral, en se dŽsintŽressant dĠun dossier sur lequel il sĠŽtait tout aussi engagŽ sur lĠhonneur.

Pour ma part la curiositŽ reste insatisfaite et une question reste pendante auprs de M. Parizeau ÇPourquoi, en novembre 2009, lors de la prŽsentation de votre dernier ouvrage ÇLe QuŽbec, hier, aujourdĠhui et demainÈ avez-vous rŽpondu ˆ la question du journaliste qui vous interrogeait :Ç Oui pendant ma carrire il mĠest arrivŽ de commettre des erreurs et en particulier celle dĠavoir promis aux agents transfŽrŽs du fŽdŽral, quĠils obtiendraient au QuŽbec ˆ leurs arrivŽes une job Žquivalente ˆ celle quĠils dŽtenaient au FŽdŽral ?È

Etiez-vous dŽjˆ informŽ, donc ÇcompliceÈ, du fait que Lucien Bouchard nĠavait pas lĠintention de respecter sa signature apposŽe sur lĠEntente de principe dur le marchŽ du travail ?

Je sais quĠil serait utopique  et na•f de ma part dĠespŽrer une rŽponse. Car la seule fois o jĠeus lĠhonneur de mĠentretenir quelques secondes par tŽlŽphone avec vous , je fus rabrouŽ schement mais je ne fus pas dŽcontenancŽ pour autant car les gens qui me connaissent louent souventes fois ma pugnacitŽ .

 

Pour finir jĠemprunterais les paroles du GŽnŽral De Gaulle : ÇUn gouvernement du peuple, par le peuple et pour le peupleÈ. Pour aider ˆ obtenir sa SouverainetŽ les politiciens QuŽbŽcois devraient, je crois, sĠinspirer fortement de cette formule sĠils veulent reconquŽrir de la crŽdibilitŽ auprs de leurs Žlecteurs.