UN DUO DE COMPETENCES POUR LA 8ème CIRCONSCRIPTION DU VAR

 

Interview de Mme Christelle Brochet, suppléante PS de M. Bernard Clap

 

 

Description: Description: Description: i Love Peres:Users:GMPent:Desktop:2012-04-03:2012-04-02 Article Une candidature nouvelle pour une nouvelle circonscription Bernard Clap Photo CLAP Bernard.jpg Description: Description: Description: i Love Peres:Users:GMPent:Desktop:2012-04-03:2012-04-02 Article Une candidature nouvelle pour une nouvelle circonscription Photo1 BROCHET Christelle.jpg

         Bernard Clap   Christelle Brochet

 

 

 

 

 

Isidore Grao

Le 7 juin 2012

www.lavoixdecartier.com

 

Interview le 17 mai 2012

 

 

Liminaire : Bonjour Madame Brochet. Vous participez aux élections législatives des 10 et 17 juin 2012, dans la 8ième circonscription du Var (de création toute récente) à titre de suppléante de M. Bernard Clap, candidat investi par le Parti Socialiste.

 

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IG : Vous êtes jeune et déjà impliquée dans une élection politique ! Qu’est-ce qui vous a donné le gout pour la politique ?

 

CB : C’est d’abord l’éducation que j’ai reçue grâce à mes parents, très sensibles aux causes sociales et environnementales. Donc au départ il s’agit d’une culture et d’une éducation reçue de mes parents et après très rapidement j’ai fait de l’éducation populaire. C’est à dire que j’ai eu mon BAFA, mon BAFD. J’ai fait des colonies de vacances en tant qu’enfant, à la rencontre de différents paysages et des jeunes de différents milieux, puis en tant qu’animatrice et enfin dans la direction de séjour.

Donc, déjà avec l’éducation populaire, il s’agissait de proposer des vacances pour tous, où les enfants étaient « mixés » quelle que soit leur classe sociale. On pouvait très bien avoir des enfants issus de la DDAS avec d’autres venants de milieux plus aisés. Ceci avait du sens, car tous ces enfants s’amusaient ensemble sans différences et sans barrière sociale…
Plus tard j’ai commencé à être intéressée par la politique, et, quelquefois je me suis surprise à me dire « Tiens, si j’étais à leur place, je ferais comme ci ou comme ça ! Je proposerais telle action ! Comment se fait-il que les autres n’y pensent pas ? » Mille suggestions surgissaient dans ma tête ! Je ne croyais pas pour cela posséder la science infuse, non, je voulais  simplement, ainsi et à ma manière, participer au débat.

 

IG : Et pourquoi, vous  êtes-vous tournée plus particulièrement vers le Parti Socialiste, parti de gauche, que l’UMP ou le FN ?

 

CB : Moi je n’envisage même pas d’avoir trente ans et d’adhérer au FN, ni d’avoir trente ans et adhérer à l’UMP. Je connais mal leurs argumentaires mais je les vois facilement entre les lignes. Je n’envisage même pas cette possibilité. Cela ne fait pas partie de ma culture. J’ai un autre parcours jusqu’ici qui me donne une ouverture plus culturelle vers la politique. Je trouve plus de sens sur l’humain, sur l’enfance, sur l’écologie, les personnes âgées  et le partage de mémoire. Je préfère cela à des thèmes de haine, de peur, de division. A contrario, je sais que certains pourront reprocher au PS des omissions sur des secteurs telles que l’économie, l’innovation ! Mais justement au parti socialiste nous assistons actuellement à de grandes remises en question sur l’économie, et, sur tout ce qui est champs d’innovation, et a fortiori, sur notre territoire, thèmes qui n’ont jamais été effleurés à ce jour.

 

Il faut croire au progrès, il faut croire en l’être humain pour arriver à modifier cette société, un peu comme en 1789. On est le seul pays au monde à avoir fait la Révolution. Cela peut nous être reproché pour le nombre important de communes en France, le seul pays à avoir 66 000 communes. Or il faut se rappeler que les communes sont des instruments de décentralisation. Tout cela est une construction de la démocratie très intéressante. Je ne dis pas  que tout est parfait car tout est perfectible, mais on peut remettre en question les institutions, les remodeler plus posément, mais c’est déjà  une base de démocratie très intéressante

 

IG : Comment s’est faite cette désignation de suppléance à M. Bernard Clap ?

 

CB : Il faut savoir que professionnellement, je suis chargée de développement numérique et par mon travail je me rends régulièrement à Marseille sur des forums liés à  l’Economie Sociale et Solidaire, croisés avec le numérique et ses nouvelles technologies. Tout ce que l’on appelle technologie de l’information et de la communication les TICS. Et donc j’allais régulièrement faire des plateaux de télévision participative, soit en tant que technicienne soit en tant que spectatrice et c’est là que  j’ai rencontré Michael Bruel, le directeur de communication opérationnelle sur la campagne de Bernard Clap. Michaël m’a présenté à Bernard, on a appris à mieux nous connaître. J’ai donc saisi cette opportunité même si je savais que cela ne serait pas neutre pour moi, car maintenant au sein de ma ville je suis un peu plus « marquée ». Donc dans une ville plutôt à droite, être étiquetée comme membre du Parti Socialiste, ce n’est pas du tout évident  pour la suite… mais j’assume et au contraire,  je suis de plus en plus motivée. A ce titre j’ai rencontré de nombreuses personnes formidables. En premier lieu, Bernard Clap que j’apprécie beaucoup de par sa simplicité, son relationnel et son accessibilité. On le décrit comme atypique, moi je préfère « hors normes » car ce n’est du tout une personne intouchable telle que moi je l’imaginais dans cet univers politique, c’est à dire une personne « qui sait tout », qui centralise tous les pouvoirs, qui fait plaisir par intérêt, lui, Bernard est un homme entier avec un petit côté rebelle, qui casse les codes préétablis. Il va au contact des gens, pour leur parler, il s’intéresse aux problèmes que l’on lui soumet. A le voir agir, je le sens très sincère, très intègre. Donc quand j’ai rencontré toutes ces personnes je me suis dit « d’accord, je vais faire le pas, je vais m’engager politiquement ». C’est ainsi que je suis arrivée au stade où je me disais que l’erreur aurait été de ne pas faire de choix.  Surtout à cause de cet inconnu que je redoutais un peu. Je prends la vision de ce qui se passe, j’écoute attentivement ce que l’on peut me dire, des tendances politiques, sociales, économiques, des projets et des propositions. Tout me correspond a priori. Pour l’instant il n’y a que du positif. Je ne regrette pas du tout mon choix,  je remercie Bernard de m’avoir proposé cette suppléance.

 

IG : Je crois que M. Bernard Clap porte le même regard admiratif sur vous. Il vous décrit comme une femme très dynamique et très impliquée dans le monde social de Draguignan. Pouvez-vous nous en dire un peu plus de ces occupations sociales ?

 

CB : Depuis 2007 je travaille dans le secteur de la formation au sein d’un organisme de formation, en qualité de formatrice en informatique dirigée plus spécialement vers l’apprentissage des savoirs de bases numérique, les techniques de recherches d’emploi ainsi que le multimédia. Mon rôle est d’aider les gens à trouver ou à retrouver un emploi, des personnes qui n’avaient pas les outils adéquats, qui n’arrivaient pas à s’exprimer, qui se sentaient dépassées voire dévalorisées et qui n’avaient jamais utilisés le numérique. Je me suis vraiment investie. Ça n’a pas été difficile pour moi, mais tout naturellement je suis allée vers ces gens pour leur proposer mon aide, pour leur vulgariser toutes les techniques, pour  plaisanter avec eux, pour casser le rapport homme/machine qui pouvait être super froid et très ingrat pour des néophytes. L’objectif et de rédiger avec eux des CV des lettres de motivations,  car aujourd’hui trouver un emploi c’est un métier ! Il faut s’acharner, continuer à envoyer des CV, en tester plusieurs exemplaires, jusqu’à l’aboutissement : avoir un emploi. Donc ceci a été ma première expérience professionnelle.

Depuis fin 2011, j’occupe mon second mi-temps dans un chantier d’insertion. Le domaine est assez novateur au niveau national puisque c’est un chantier d’insertion par le multimédia et l’audiovisuel. Un chantier d’insertion dirons-nous de type ordinaire, sert à redynamiser les gens de 18 à 60 ans avec le monde du travail, on va les ré-sociabiliser avec le monde professionnel. Les chantiers d’insertion dit « classique » sont plus orientés sur des secteurs professionnels, BTP ou restauration pour les hommes, et pour les femmes ça va être plus le repassage ou le nettoyage…  Notre chantier  d’insertion est sur un secteur original : l’audiovisuel et de multimédia car ils offrent toutes les possibilités adaptables à de nombreuses personnalités. C’est une approche assez noble, assez valorisante pour les stagiaires. On les tire vers le haut ! On ne leur apprend pas à devenir réalisateur ou concepteur 3D comme s’ils sortaient de grandes écoles internationales, non ce que l’on souhaite c’est les aider à découvrir leurs propres capacités, et en règle générale dès qu’ils ont compris très rapidement ces techniques pour pouvoir finalement croiser le potentiel de chacun, ils s’en montrent très satisfaits. Ainsi, par exemple, en audiovisuel vous pouvez être plus attiré par le domaine artistique, dans le global vous allez prendre des photos ou des prises de vue, et donc avec un aspect technique un peu plus affiné. Si vous avez un bon relationnel et vous aimez aller au contact des personnes, vous pouvez faire des interviews, d’autre part si vous avez le goût de la problématique et  le sens des axes de raisonnement, vous allez rédiger les questions et vous allez travailler les sujets pour la personne qui fera la journaliste. Pour les personnes plus introverties, elles vont se réaliser  sur des montages vidéo, sur les aspects techniques et les aspects fondamentaux des choses. Donc, toutes les personnalités à tendance technique ou graphique, peuvent être concernées. Nous avons vu là une opportunité très intéressante sur un chantier d’insertion de pouvoir rassembler par ce biais tous les stagiaires, venant d’horizons différents, car il s’agit de bâtir un projet qui sera le fruit de travail de plusieurs participants dont on va croiser les compétences. Dans le domaine du visuel ou du multimédia on a besoin de ces personnes à multi compétences, c’est très valorisant car cela va leurs redonner confiance, c’est un produit fini, un produit concret pour un client normal.

Souvent ils peuvent être des  jeunes d’aujourd’hui qui font partie de la génération Y, la génération connectée. Mais parmi nos salariés nous avons aussi des adultes. Et c’est très bien de pouvoir  mixer les demandeurs d’emploi adultes et des jeunes issus de la mission locale. Cela permet de pouvoir croiser les expériences, les générations. D’une manière générale s’établissent entre eux de très bons rapports. Donc on aboutit à de bons projets que ce soit vers des clients privés, particuliers, entreprises, institutions publiques, on réalise toutes sortes de support. Le but final est de pouvoir dire « on va t’aider à réorienter ton CV, on va te redonner confiance, si tu as des soucis d’absentéisme on va essayer de creuser et de savoir pourquoi, si tu n’as pas le permis de conduire, on va t’inscrire pour passer le permis. Si tu as des ennuis de santé et cela concerne beaucoup de personnes malheureusement surtout les jeunes avec des problèmes dentaires, on va prendre rendez-vous avec un dentiste grâce à un réseau solide qui existe à Draguignan pour qu’ils aient accès aux soins à moindre coûts et leur dire que c’est possible qu’ils en parlent autour d’eux, que c’est important de ne pas négliger leur santé. Ce n’est pas parce qu’ils n’ont pas beaucoup d’argent, de revenus qu’il faut  qu’ils se négligent et à partir du moment où ils commencent à prendre soin d’eux-mêmes, ils entrent dans une démarche d’avenir et à concrétiser leurs démarches de retour à l’emploi. On les accompagne, on les écoute beaucoup. Pour l’instant cela se passe très bien, il y en a beaucoup qui sont sur le retour à l’emploi, sur un groupe de seize personnes on a déjà quatre personnes qui sont en sorties positives et deux qui sont en attente.

 

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IG : Vous êtes une jeune maman d’un petit garçon de trois ans. Comment arrivez-vous à concilier vos multiples occupations : familiale, professionnelle, politique ?

 

CB : J’ai de la chance d’avoir des amis. J’ai un travail, j’ai un engagement politique et j’ai aussi une vie de famille. C’est une vie de femme ! Cela fait beaucoup de vies et c’est cela qui est bien. J’arrive à concilier le tout. Actuellement, je consacre plus de temps pour la campagne des Législatives, mais c’est un engagement très sérieux, je ne vais pas me plaindre.

Personnellement, je trouve qu’il n’y a pas beaucoup de différences entre mes diverses vies : familiale, sociale et professionnelle, ma vie de femme, ma vie politique. Je n’ai pas de gros changements, je reste assez naturelle. Je ne me transforme pas. Je suis peut-être un peu plus détendue avec mes amis.

 

J’arrive à comprendre que certaines personnes soient en dépression mais justement plus on va ouvrir la porte de chez soi plus on va rencontrer de personnes, plus ces personnes vont vous faire rencontrer d’autres personnes et c’est cela le partage d’expérience. C’est pour cela que l’aspect social est vraiment très important. De cet aspect social peuvent découler tous les autres aspects : « tu vas m’aider à trouver un emploi, nous allons découvrir des personnes, nous allons apprendre, rire au théâtre, à découvrir des balades en forêt. On va partager beaucoup d’horizons différents ensemble. Moi j’ai confiance dans tout cela car je suis de nature optimiste, et je pense que le progrès social c’est l’avenir de la société. Je pense que l’on ira toujours vers le mieux parce que ce progrès n’est pas autodestructeur. Il y aura toujours des périodes fastes, comme le siècle des Lumières, je pense qu’en tant qu’être humain, nous sommes de façon irrépressible attirés vers une amélioration de la société.

 

IG : En fait en quoi consisteraient vos fonctions de suppléante si d’aventure M. Bernard Clap venait à être élu dans cette  8ième circonscription du Var, le mois prochain ?

 

CB : Il s’agirait pour moi d’assurer surtout un relais d’écoute et de remontées de problématiques sur le territoire parce que la 8ième circonscription est très étendue et pour aller du nord au sud et de l’est à l’ouest, il faut quand même compter deux heures et demie voire trois heures, en voiture. Donc il s’agira d’être un relais d’écoute des associations, des institutions, des particuliers. Relayer Bernard Clap quand il ne pourra, lui-même être présent. Rassembler les doléances et faire des propositions globales. Aider M. Clap à concrétiser ses propositions, ce que j’espère sera  dans ses fonctions, pour  les faire ensuite voter. Des lois qui feront de ce fait, évoluer la société. Sur ces points je reste en attente des résultats des prochaines élections.

 

IG : Vous êtes donc dans une circonscription nouvelle donc sans aucun passé historique politique. Cette absence peut présenter des avantages et des inconvénients. Avec un passé on connaît ses adversaires et la personnalité globale des électeurs. Sans ce passé cette circonscription est « vierge »  d’habitudes acquises, donc tout est, a priori, malléable et ouvert à l’arrivée de nouveaux politiciens ! A votre avis comment dans ce cas pouvoir bâtir une stratégie de campagne ?

 

CB : La présente circonscription est le fruit des précédents députés, d’obédience politique de droite, en fait l’UMP. Députés implantés dans des villes du littoral, je suppose que le préfet leurs a demandé s’il y avait des territoires qui n’étaient pas « couverts » à savoir de quels territoires ils préfèreraient se défaire…  Donc la 8ième circonscription est un amalgame de ces territoires. Tant mieux pour nous car comme le disait le sénateur Pierre-Yves Collombat, peut être que nous aussi nous n’étions pas excessivement satisfaits de leurs prestations…  Aujourd’hui c’est plus lisible, il y a le littoral, et l’arrière-pays varois. Il s’agit là de deux identités bien distinctes. Chez nous, l’arrière-pays se définit par sa ruralité, la sauvegarde des paysages, un amour pour nos forêts et notre Verdon, mais nous avons néanmoins un passé historique. Il y a eu un Var « Rouge », de grands résistants, de grands acteurs du Front Populaire… et puis le provençal, notre culture, notre façon et notre savoir-vivre, nos conditions de vie et de travail, les traditions dans toutes les villes et communes ont fait l’objet de luttes incessantes en particulier de la part de la classe ouvrière et paysanne varoise.

Il appartiendra aux électeurs de trancher pour la première fois ! Nous n’avons pas les mêmes moyens que les mégapoles du littoral (dixit Toulon Provence Méditerranée, Saint-Tropez, Saint Raphael, etc.). Nous n’avons pas la mer ? Mais nous avons des atouts comme nos lacs (Verdon, St Cassien), nous avons du potentiel dans l’agriculture, l’élevage… On a des perspectives notamment avec les innovations technologiques et les énergies renouvelables.

Moi je suis très confiante sur ce territoire qui va rassembler toutes les villes et les villages, un fond commun qui est la ruralité et des projets innovants qui vont faire avancer cette 8ième circonscription !

 

IG : Ce n’est pas un secret, l’UMP, parti de droite, est fortement implanté pour ne pas dire majoritairement dans le Var. Connaissez-vous votre adversaire de droite ? Vous sentez-vous en situation de le battre dans cette élection ?

 

CB : Oui, tout à fait. J’ai connaissance des autres candidats aux législatives de la 8ième, qui ont reçu l’investiture de leur parti politique, Pour l’UMP ce sera M. Audibert président de la communauté d’agglomération Dracénoise et adjoint du maire actuel, par contre, le maire de la ville de Draguignan (bien que de droite) se présente sans étiquette (puisqu’il n’a pas reçu d’investiture de l’UMP) avec le maire de Fayence M. Cavalier. Je trouve que parmi les candidats de droite il n’y a pas de renouveau.

Ce sont effectivement des personnes qui ont de l’expérience, qui ont des CV impressionnants. Mais jusqu’à maintenant pour moi tout cela reste à prouver. Je ne mets  pas en doute leur capacité d’action mais je fais un simple constat. Ils ont les « clés » depuis des années, pourquoi n’ont-ils pas agit ? Pourquoi avoir attendu ? Pourquoi promettre aujourd’hui ? Par contre ce qui va nous « aider »  au PS, c’est la division à laquelle nous assistons au sein de la droite. Déjà le problème de l’investiture : l’UMP préfère investir l’adjoint que le maire ! Est-ce là une question de confiance ? Mais quel parti l’UMP ! Brice Horteffeu, Claude Guéant, Nadine Morano, Alain Juppé,  François Coppé ?  J’espère que les citoyens ne se tromperont pas, mais enfin, s’ils adhérent à leurs candidats, ils risquent d’être déçus ! Autre candidature le maire de Tourtour, M. Jugy, qui est un divers droite, mais profite de la vague écolo pour surfer sur des sujets fédérateurs, (lutte contre l’extraction hydraulique des gaz de schistes…) il sème un peu le doute dans les esprits, mais il donnera surement ses voix au candidat UMP. Il y a 14 candidats aux législatives dans cette 8ième circonscription du Var nous avons connaissance de leurs divers projets, mais pour l’instant nous attendons le 1er tour…

 

IG : D’accord, votre raisonnement se tenait très bien il y a encore un mois de cela mais depuis, le candidat socialiste François Hollande a été élu Président de la République. Il est un adage (vérifié par les faits !) qui dit que dans les élections qui suivent l’élection du Président, le parti politique du candidat élu est favorisé. Donc,  a priori, pour vous qui représentez avec Bernard Clap, le parti socialiste dans cette circonscription, ne pensez-vous pas que vous devriez bénéficier de cette « retombée » ?

 

CB : Exactement, je n’oublie pas cela et j’en fais même notre point fort. On le dit et on le répète aux électeurs « il faut donner la majorité au parti du Président pour qu’il puisse mettre en œuvre ses projets, il faut qu’il ait les mains libres « ceci est compréhensible par de nombreuses personnes sauf qu’au niveau local les électeurs n’ont pas vraiment voté à gauche. Dans certaines communes, ils ont même basculés « extrême droite » et leur désir de bloquer François Hollande ne fait pas de doute.

 

 Je pense qu’il faut plutôt combattre les idées que les personnes. Je le vois aussi dans mon milieu professionnel que ce sont les jeunes en majorité qui ont rallié les extrêmes, notamment l’extrême droite, à titre indicatif il y avait des bus à disposition pour permettre aux gens d’aller assister au meeting de Marine Le Pen, leader du FN à Nice, les bus étaient remplis à 75 % par des jeunes ans. Alors que moi quand j’avais 19 ans j’avais honte pour les gens qui appartenaient à ce parti politique. A l’époque il y avait de gros tabous sur l’extrême droite. Aujourd’hui Marine Le Pen a réussi un tour de force sur l’inculture et la non communication de ses projets souterrains. C’est encore un peu dans l’ombre. C’est vraiment une belle façade et les jeunes restent là-dessus, sur la communication comme souvent dans les médias. Ils entendent une information et ils ne vont pas aller creuser derrière pour aller croiser ces informations. Donc ils entendent UMP tous pourris, tous pareil, et ils le répètent ! En fait ils sortent des propositions politiques pour moi, ils deviennent des extrémistes… Alors pourquoi cette attirance pour le FN ? Nous n’avons pas beaucoup d’insécurité dans notre circonscription. Par contre est-ce par tout ce qui est dit à la télévision et par défiance par rapport à ces conditions d’insécurité ? Alors là c’est oui. On le voit d’ailleurs sur les émissions de télévision qui démontraient que dans les zones très reculées on votait FN, et pourtant il n’y a pas d’immigrés, il n’y a pas de tension, il n’y a pas de ghettos près de chez eux ! Donc c’est le conditionnement télévisuel qui est cause de cela ! Le media unique, TF1, etc, qui contribue à un lavage de cerveaux. Les gens ont peur d’avoir un « Trappe »  ou « une Seine Saint Denis, » près de chez eux. Ce sont des phobies ou des craintes, des paranoïas qu’on leur a transmises. Un deuxième facteur qui pour moi est tout aussi important, c’est l’emploi ! Comme ils ont des difficultés à trouver un emploi, actuellement c’est très difficile d’avoir un emploi pérenne, (on a beaucoup de précarité avec un nombre d’heures insuffisant pour avoir un niveau de vie correct), ceci finit par créer un peu un sentiment de colère et de violence. Ils se sentent désarmés. Ils sentent qu’ils n’ont pas suffisamment de qualifications. La conséquence de tout ceci c’est que ces sentiments aboutissent à une peur et des craintes comme  « on vole mon territoire, on vole mon terrain, on vole mon emploi ».

 

Donc pour créer des emplois je pense qu’il y a une ouverture, une nouvelle chance. On va arriver à développer des projets sous réserve de se réunir autour d’une table et écouter ceux qui ont des propositions ! Nous pouvons en proposer également ! Nous pouvons insuffler cette  nouvelle dynamique. Effectivement il existe des possibilités de créer des emplois. Bernard Clap m’a fait remarquer qu’en plus de créer ces emplois on pourrait aussi développer les multi compétences, surtout parmi les emplois de service. Sur notre territoire il s’agit vraiment d’un projet d’avenir qui a du sens. On peut créer une nouvelle économie, des projets innovants sur les nouvelles énergies, faire du photovoltaïque, développer des systèmes dans la nanotechnologie, monter un bassin économique d’innovation. Un autre pôle aussi  pourrait donner accès sur la formation. Nous avons un beau territoire, certes pour l’instant un peu enclavé mais cela ne saurait changer ! Je pense qu’il y a matière à faire venir des centres de formation, des instituts, des écoles, des organismes ou des universités. Je pense que notre territoire serait un cadre idéal pour les accueillir. Sur l’arrière-pays où se concentrent les petits villages ou même à Draguignan développer les multi compétences et les multiservices.

 

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IG : Pour reprendre vos précédents propos sur la jeunesse, je me permettrais de faire remarquer que la

8ième circonscription à laquelle vous appartenez, se caractérise par une moyenne d’âge de sa population très élevée. Donc a priori il s’agit là d’une population qui recherche la tranquillité et qui supporte avec difficultés le dynamique voire une certaine turbulence de cette jeunesse. Ne croyez-vous qu’il existe des problèmes de voisinage entre ces deux générations ?

 

CB : Ces difficultés à vivre ensemble, je les comprends ! Mais près de chez mes parents, il y a un nombre de Belges conséquent, des lotissements entiers, où ils ont une supérette avec des produits de chez eux. Il y a aussi beaucoup de Suédois, de Norvégiens avec des niveaux de vie supérieurs aux nôtres. Ce sont des personnes qui achètent des biens magnifiques, et qui crée une inflation. Ils ne vivent ici qu’un mois par an ou deux semaines. Ceci peut créer pour des jeunes une certaine frustration, une situation difficile, une tension, ceci a pour conséquences de faire monter les loyers, et ça les empêche d’accéder à la propriété. On  vient leur montrer, chez eux,  une richesse qu’ils n’auront jamais. Alors ils se posent des questions : « qu’est-ce que l’on va devenir, on ne s’en sortira jamais ! ». Alors je comprends les difficultés inter générationnelle, mais je crois que c’est dans l’éducation populaire que l’on pourra recréer ces liens. On peut dire aussi que des projets inter générationnels il n’y en a pas beaucoup dans notre territoire des projets qui mixeront ces deux publics.

 

IG : Mais si vous permettez et j’en parlais à M. Clap dans une précédente interview. Vous vivez dans ce Haut Var qui est une zone enclavée et qui connaitra des difficultés à retenir sa jeunesse sauf à développer les moyens de circulation par la construction d’une autoroute, de voies ferrées, en fait à amener une industrie avec des emplois permanents. Partagez-vous cet avis ?

 

CB : Cela fait partie de notre projet. Nous représentons aussi « Europe écologie », les Verts, et nous souhaitons travailler avec deux collectifs locaux : l’AUGAD : Association des Usagers de la Gare les Arcs – Draguignan, et l’ARLIFAD : Association pour la Réouverture de la Ligne Ferroviaire des Arcs Sur Argens, qui militent pour la construction de parkings à la gare des Arcs sur Argens et la liaison ferroviaire entre la gare et Draguignan. J’aimerai proposer une vision plus large,  je vois que dans d’autres régions, il y a des TER de partout qui vont dans les vallées, qui ne sont pas chers et qui permettent aux gens d’aller dans les lycées dans les écoles, permettent aussi  de passer une après-midi en sortie. Par exemple je pense à l’Alsace, à Colmar, il y a des TER, il y a des RER, tous ces outils, des trains qui sont très adaptés. Pourquoi nous ne mettrions pas cela en place, chez nous ? Pourquoi  il y a quelques années, on a démonté notre réseau de voies ferrées sur le territoire. Auparavant il y avait un petit train qui passait de village en villes…  Pourquoi ne pas revivifier cela ? En plus, aujourd’hui pour les déplacements l’essence est devenue un luxe, c’est devenu très difficile de se déplacer. Aujourd’hui on compte les kilomètres ! En remettant ces moyens de locomotion en fonctionnement on créerait ainsi un service public et cela servirait à désenclaver les petits villages isolés, servirait aussi à promener les touristes pour leur faire découvrir nos magnifiques terroirs, notre flore et notre faune car on trouve encore des loups dans certaines zones. On pourrait leur faire visiter les Gorges du Verdon, le plus grand canyon d’Europe, un vrai petit bijou de la nature. Nous avec ce projet de désenclavement on va pouvoir proposer des solutions pour créer de l’emploi pour enfin pouvoir mieux vivre sur notre territoire.

 

IG : Vous faites référence au tourisme ! Mais il faut savoir que le tourisme dans le Haut Var ne procure de l’emploi que six mois sur douze alors que l’industrie serait susceptible d’amener une pérennité de l’emploi et c’est dans ce sens que j’imaginais des jonctions autoroutières ou ferroviaires entre les Arcs et Draguignan. Regardez le bassin Grassois a été revivifié depuis la mise aux normes de la ligne ferrée Cannes /Grasse. Qu’en pensez-vous ?

 

CB : Désenclaver un territoire c’est un projet fondamental. Le tourisme est pour moi un secteur économique de premier ordre tant sur le plan culturel qu’économique. Effectivement il existe dans notre territoire un potentiel pour attirer l’implantation d’une industrie. Mais il faudrait respecter la condition intransigeante du respect de l’environnement. Mais  trouver des espaces, des terrains disponibles pour implanter des industries ne devrait soulever aucune difficulté.

 

IG : Vous qui représentez la jeunesse, donc le futur politique de la France, Vous qui êtes une vraie globe-trotter de par vos nombreux et lointains voyages, quelle analyse faites-vous de la société française ?

 

CB : De par mes voyages, j’ai pu en tirer une certaine philosophie. Les Français ont fait la Révolution en 1789. Ils ont séparés l’église de l’état, ce qui n’est franchement pas encore le cas de partout… Le cliché extérieur est que les français sont des râleurs ! Cela me fait sourire, car nous devons nous remettre constamment en question…  Honnêtement nous avons des productions de qualité, nous sommes respectueux des Droits de l’Homme, nous avons un héritage culturel impressionnant, les personnes sont assez admiratives de notre Histoire, même si dès fois il y a des points de friction (essais nucléaire de Mururoa…) que nous n’assumons pas du tout d’ailleurs mais qui font écho à l’international…

 

Mes préconisations pour une meilleure société française d’avenir serait la suivante : Après des études, normales et classiques,  je préconiserais un an pour les jeunes au service d’une institution, par exemple, une ONG ou alors un an à l’international, pour ouvrir un peu les « œillères » aux français, un peu à l’image de ce que font les Belges, les Finlandais. J’ai vu des jeunes voyageurs à deux ou à trois en train de découvrir le monde, avec leur sac à dos en se disant « cela est normal car de retour dans mon pays je ne voulais pas que l’on puisse me dire « toi qu’est-ce que tu connais de la vie ? Tu as fait des études, on t’a donné à manger et puis ? Tu as usé tes pantalons sur les bancs de l’école, et à part ça qu’est-ce que tu peux nous apporter ? Qu’elle est  ton ouverture ? Certes tu as un savoir livresque, mais à part ça ?

Une fois le voyage réalisé on est content de revoir sa famille, son pays, le voyage n’est jamais négatif en lui-même ! Il est très formateur.

 

IG : je vais me permettre de vous aider dans votre réponse. A contrario envisageriez-vous de vivre à l’étranger ? Par exemple au Québec où l’on parle le Français ?

 

CB : Oui, tout à fait, je n’ai aucun a priori. Je pensais encore récemment m’établir en Sardaigne, vous voyez, et pourtant c’est italien ! Mais quoi de mieux que de « gouter » la vie locale…  cela doit être magnifique… Quand je suis partie à Nouméa c’était pour apprécier d’autres horizons, en aucun cas je me suis dit que je ferai 6 ans ou 6 mois, là-bas j’ai rencontré des parisiens qui se disaient stressés de la vie parisienne, ce à quoi je répondais « eh bien moi je viens d’une petit ville du Var où il fait bon vivre »

Donc pour le Canada ce serait pareil car j’ai déjà des cousins là-bas. Je sais que je serais bien accueillie. D’abord j’irai pour voir et ensuite je verrais si avec ma famille nous souhaitons nous y établir. Je serai curieuse de visiter la Gaspésie.

 

IG : Et pour clore cette interview, je vous poserais une question légèrement indiscrète : « Vous

considérez-vous, une femme heureuse ? ».           

 

CB : Oui tout à fait. Je suis heureuse et je ne vois pas de raison de ne pas l’être ! Malgré les petits soucis de la vie. Et qui n’en a pas ? J’estime que tout va bien pour moi. C’est nécessaire de transmettre dans cette société cette joie, ce chant des possibles. Ce chant des possibles qui s’ouvre à vous, être heureux. On ne va pas commencer à se plaindre, se serait assez odieux. On n’a qu’une vie. On ne va pas avoir des ulcères à cause du stress. Les soucis ce n’est pas grave, les soucis c’est la Vie. Les années passent très, très vite, alors profitons jusqu’aux derniers jours et transmettons le meilleur à nos enfants.