DILUN ISTOURIC

 

« Oublier le passé, c’est se condamner à le revivre »

 

THIERRY JAN

 

 

ÉDITORIAL NUMÉRO DU LUNDI 4 JUIN 2012

 

 

 

 

Isidore Grao

Le, 4 juin 2012

www.lavoixdecartier.com

 

 

Le mois de juin est celui du début de l’été, des beaux jours et des soirées qui se prolongent, permettant de goûter la fraîcheur après la chaleur de la journée. Le 6 juin nous fêterons l’anniversaire du débarquement, lequel allait permettre la libération de la France. Nous avons une dette impérissable envers ces boys de l’Amérique  qui sont venu mourir sur les plages de Normandie pour chasser les nazis. Ces garçons ont payé de leur vie notre liberté. Aujourd’hui si l’Europe est unie et que les haines séculaires se sont effacées, c’est leur souvenir qui en est le ciment et grâce à eux et à une volonté de réconciliation entre ses peuples, la guerre n’est plus qu’un lointain souvenir entre deux Nations jadis rivales et aujourd’hui partenaires solidaires de cette union, ciment perpétuel de la paix. Nous visiterons deux îles très proches l’une de l’autre et en même temps différentes. Les îles de Lérins sont deux oasis au large de Cannes.

 

T Jan.

 

 

LES ILES DE LERINS

 

 

 

Ces îles se trouvent au large de Cannes  et seraient habitées depuis le VI° siècle avant Jésus Christ. A l’époque romaine, elles s’affaissent de plusieurs mètres dans la mer, suite à une catastrophe naturelle. Plusieurs légendes illustrent l’histoire de ces deux îles. Une première voudrait que Marguerite sœur d’Honorat y fondit un monastère de femme. Ne pouvant voir son frère, l’île des moines étant interdite aux femmes, Marguerite fit tant par ses prières, qu’un amandier fleurissait chaque mois. Une autre nous parle d’un dragon chassé par le frère et la sœur. La troisième explique les armoiries de la ville de Cannes. Saint Honorat voulant débarrasser son île infestée de serpents, déclencha un raz de marée, restant juché sur une branche de palmier ; la palme du blason cannois. Ce ne sont que des légendes dont la Provence est si friande. Au V° siècle il n’y avait ni amandier, ni palmier sur ces îles et saint Honorat n’avait pas de sœur.

 

 

 

 

ILE  SAINT HONORAT OU LÉRINA

 

 

Quand on arrive dans cette île monastère, après le débarcadère, on se dirigera vers notre gauche. Après quelques pas dans une garigue chaleureuse, on découvrira les fondations d’une ancienne chapelle, saint Michel, laquelle fut jadis entourée d’un cimetière romain. Quand vous ferez le parcours en été, vous serez accompagné du chant des cigales. Avec un peu de chance, vous pourrez en découvrir accrochées au tronc des pins maritimes. Nous laissons sur notre droite le portique de l’abbaye et un oratoire à la vierge Marie nous attend, le temps d’une prière, on reprend notre promenade. Bientôt on pourra apercevoir les vignes derrière une clôture symbolique. Le vignoble danse sous un vent léger qui fait frisser les feuilles et la mer. La chapelle de la Trinité des IX° et XI° siècles, fut transformée en fortin par les envahisseurs espagnols en 1635. Elle se trouve à l’extrémité est de saint Honorat. Maintenant, nous nous retrouvons face à la pleine mer et pouvons dans l’horizon embrumé par la chaleur, deviner des navires qui vont et viennent avec leurs passagers.  Au détour de ce sentier de terre, on se retrouve face au monastère fortifié qui du haut de sa tour surveille un panorama qui porte jusqu’au rocher de Théoule. Ce dernier s’embrasera le soir avec le soleil couchant qui se cachera derrière sa cime. L’église abbatiale vous accueille pour un instant de silence et de méditation. Au dessus du maître autel, un christ est éclairé par Hélios et ses cheveux de feu. On continu sa pérégrination vers les chapelles saint Cyprien et saint Caprais qui fut un compagnon de saint Honorat et vécut à cette extrémité ouest de l’île au V° siècle. Le monastère est le plus ancien du monde occidental La révolution est passé par là et le général Bonaparte fit ériger en 1793 des fours à boulets rouges, afin de défendre Cannes contre les Anglais. Une dernière chapelle au plan octogonal, il y en a une semblable à la Brigue, nous dira ses adieux. Elle date du XI° siècle. Après l’écroulement de sa voûte, celle-ci fut reconstruite en étoile au XVII° siècle. Nous nous arrêterons à la tonnelle de l’île et nous pourrons vérifier les affirmations de Rabelais, les moines sont de fins gourmets et cette bière succulente sera très appréciée en attendant le bateau qui nous ramènera sur le continent.

 

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ILE SAINTE MARGUERITE OU LÉRO

 

 

Durant la guerre de trente ans, les Espagnols s’emparent des îles et les occuperont entre 1635 et 1637, chassés par Richelieu et le gouverneur de Provence. Le fort de sainte Marguerite est une prison d’Etat, il reçoit le mystérieux masque de fer en 1687. Saint Mars son geôlier l’emmène avec lui à la Bastille en 1703. Ce fort construit sur l’ordre de Richelieu, renforcé par les Espagnols et amélioré par Vauban, reste une prison jusqu’à la révolution. Il  devient alors prison militaire et Bazaine y séjournera jusqu’à son évasion en 1874. Aujourd’hui il est un musée où l’on peut admirer des amphores romaines et des vestiges divers. A sainte Marguerite, on ira au grand jardin herboriser, un véritable Eden de 14000m2. Le jardin a trois bâtiments : la maison du gouverneur, la maison des métayers et la tour carrée. Le tout a été construit entre les XII° et XVII° siècles. C’est une propriété privée et de Louis XIV à aujourd’hui, elle a été le bien de propriétaires prestigieux. Elle appartient  depuis 2008 à un industriel Indien. Un chantier naval qui remonte à 122 avant Jésus Christ, est le seul entre la Seyne et l’Italie, capable de recevoir des grandes unités.

 

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DEUX ILOTS

 

 

 Deux autres îlots complètent l’archipel des îles de Lérins. On trouve à l’est  de saint Honorat saint Ferréol    Paganini fut inhumé en 1845  et la Tradère à l’est de sainte Marguerite. Ils sont inaccessibles au public.

 

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T. Jan

 

 

Renseignements : thierry_j06@yahoo.fr

 

Deuxième année de parution