DILUN ISTOURIC

 

« Oublier le passé, c’est se condamner à le revivre »

 

THIERRY JAN

 

 

ÉDITORIAL NUMÉRO DU LUNDI 28 MAI 2012

 

 

 

Isidore Grao

Le, 28 mai 2012

www.lavoixdecartier.com

 

 

 

Les querelles entre candidats du même camp, traduisent l’état d’esprit des postulants à la législature. Leur ambition et leur Ego étant ici la seule raison de se présenter. « Si je n’ai rien à proposer, je n’ai pas à être candidat. » disait un célèbre homme politique, mais c’était du temps où la France signifiait quelque chose pour ce sérail aujourd’hui bien décevant. On nous parle de l’Esprit saint, il est douteux qu’il anime ces candidats demeurés immatures comme des gamins de l’école primaire. Cette semaine nous allons évoquer le parfum et sa capitale : Grasse.

 

T Jan

 

 

GRASSE ET LA FLEUR, UNE HISTOIRE DE TROIS SIECLES

 

 

La ville de Grasse est fondée au XI° siècle Dès 1125, l’évêque d’Antibes réside à Grasse. La ville est  alors indépendante du pouvoir féodal. Elle passe sous la tutelle des comtes de Provence en 1227 et devient évêché vingt ans plus tard. Grasse est très riche en histoire, on ne manquera pas de visiter la cathédrale du Puy, de style roman Provençal, elle date du XII° siècle et comme beaucoup d’église du moyen âge, elle a plusieurs époques, s’étalant jusqu’aux XVI° XVII° siècles. Elle abrite plusieurs toiles de maîtres, dont Rubens et Fragonard né à Grasse en 1732. La chapelle Saint Thomas du XVII° est située à l’extérieur du premier noyau urbain de la ville médiévale. D’autres chapelles comme Saint Michel ou l’oratoire, achèveront la visite sacrée. Grasse possède de nombreux hôtels particuliers dont certains rappelleront le cours Mirabeau à Aix en Provence. La sœur du grand tribun Aixois posséda ici l’hôtel de Clapiers Cabris. Ce dernier abrite un musée où est exposée une très intéressante collection de vêtements des XVII° et XVIII° siècles. On y apprend que mêmes les couches populaires étaient chaussées et que les femmes portaient des bas. Les sabots auraient donc été ignorés en Provence.  D’autres comme l’hôtel de Villeneuve avec sa porte en noyer ornée du blason du général d’empire Gazan est du XVI° siècle. L’hôtel Luce aurait eu d’Artagnan comme pensionnaire. L’hôtel cours de Fontmichel, à l’origine propriété des Théas de Thorenc, date du XVII°, il est le bien de la famille de Fontmichel depuis 1774. Il faut absolument descendre vers une ancienne porte des remparts, là vous découvrirez une traverse juste assez large pour le passage d’un homme. Les maisons se touche quasiment à leur sommet. La fontaine des Dominicains marque l’endroit où depuis le XII° siècle, se trouvait l’hôpital Saint Jacques ou hôtel Dieu. La ville de Grasse est la cité du parfum: Molinard, Gallimard et Fragonard en perpétuent la tradition. La visite du musée de la parfumerie se fait en deux étapes, c’est un peu comme une initiation. On laisse le visiteur déambuler parmi les alambics, flacons et vieux ustensiles. Vous devenez curieux et observez les diverses essences exposées, dont les arômes  varient dans leurs nuances à l’infini, comme la palette d’un peintre. Vous apprendrez l’utilité qu’avaient les pomanders. Ces petits flacons que l’on portait à la ceinture ou autour du cou, servaient dès le XIV° siècle à se prémunir des miasmes et des épidémies. Trois siècles plus tard, ils disparaissent au profil des vinaigrettes, qui ont le même usage. Les parfumeurs concilient leur art avec l’esthétisme, les flacons, pulvérisateurs ou boîtes à parfums, sont de véritables œuvres d’art Elles font, pour certaines, songer aux œufs de Fabergé. La visite nous offre un voyage dans l’antiquité avec des lampes à parfums Carthaginoises du VI° siècle avant Jésus Christ. C’est au milieu du XVIII° siècle que Grasse abandonne l’industrie de la tannerie pour se consacrer à la fleur. On y cultivait : la fleur d’oranger, la rose, le mimosa, la lavande, le jasmin, la violette, la tubéreuse et le genêt. Aujourd’hui avec la mondialisation et l’urbanisation, Grasse a abandonné la culture et importe les fleurs. Le visiteur peut entamer la deuxième partie de la visite. Il va entrer dans les coulisses de la fabrication des parfums. Il faut premièrement soit distiller pour les essences robustes, soit extraire pour les autres espèces. Les quantités sont importantes, pour un litre de parfum, il faut par exemple : trois tonnes et demi de pétales de roses ou une tonne de jasmins. Ensuite, c’est la macération, laquelle dure trois semaines, suivie de la filtration. Le parfum peut alors être conditionné. La différence entre une eau de toilette et un parfum est dans la dilution des essences. Le parfum est pur, alors que l’eau de toilette est fortement diluée. La fabrication d’un parfum est l’œuvre d’un nez. Ces derniers, forts peu nombreux, sont formés dans deux écoles, dont l’une est à Grasse. Les études durent une dizaine d’années. Les nez utilisent des orgues à parfums. Ce sont des petites paillettes qu’ils trempent et hument, notant leurs impressions. Il y a trois critères pour juger : la tête ou ce que l’on ressent sur l’instant, le cœur et ce que cela nous inspire et le fond ou l’arrière goût.  Un bon nez pourra en fin de carrière reconnaître jusqu’à 3000 arômes et odeurs différentes. Pour conclure, on fera un bref historique des trois parfumeries citées : Parfumerie Fragonard, elle a ses origines en 1782. Ce sont les établissements Mottet, lesquels repris par Eugène Fuchs en 1926, deviennent en hommage au grand peintre grassois, la maison Fragonard. La parfumerie Gallimard est probablement la première parfumerie créée à Grasse. En 1747, le seigneur de Séranon, Jean de Gallimard, fonde une parfumerie à son nom. La dernière et la plus récente, la parfumerie Molinard date de 1849. Ces trois maisons maintiennent cet art et le musée de la parfumerie en est le dépositaire.

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T Jan

 

 

 

Renseignements : thierry_j06@yahoo.fr

Deuxième année de parution