ET  APRES  LA  PRESIDENTIELLE, EN  AVANT  POUR  LES  LEGISLATIVES

 

Selon le candidat  Bernard CLAP

 

Elections Législatives des 10 et 17 juin 2012 8ième circonscription du VAR

 

Description: Description: Description: Description: i Love Peres:Users:GMPent:Desktop:2012-04-03:2012-04-02 Article Une candidature nouvelle pour une nouvelle circonscription Bernard Clap Photo CLAP Bernard.jpg Description: Description: Description: Description: i Love Peres:Users:GMPent:Desktop:2012-04-03:2012-04-02 Article Une candidature nouvelle pour une nouvelle circonscription Photo1 BROCHET Christelle.jpg

         Bernard Clap   Christelle Brochet

 

 

 

Isidore Grao

Le, 23 mai 2012                    

www.lavoixdecartier.com

 

 

Liminaire : Bonjour M. Clap. L’élection présidentielle qui s’est achevée dimanche dernier a choisit un des vôtres en l’occurrence le socialiste François Hollande. La campagne fut dure et serrée jusqu’à la dernière minute, l’écart final entre les deux scores obtenus tendrait à certifier ceci.

 

IG : Quelles conséquences tirez-vous de cette élection, pour les français en général et pour les électeurs de la 8iéme circonscription du Var, en particulier ?

 

BC : Je suis heureux du résultat de la présidentielle. C’est une victoire pour le changement d’une autre politique. C’est aussi la victoire d’une gauche plurielle, le front de gauche et divers partis politiques qui ont appelé à voter pour le candidat Hollande. C’est une victoire aussi pour redresser le pays. On va souhaiter que cette gauche qui vient de revenir au pouvoir puisse remettre le salut au peuple car sa conviction  au centre de son action c’est d’être au service du peuple, par le peuple et pour le peuple. Ce qui  changera par rapport aux prédécesseurs. La différence entre Nicolas Sarkozy et François Hollande c’est que François Hollande est quelqu’un des très ouvert, très accessible à l’écoute, peut être qu’il ira jusqu’au bout de ses convictions, et que s’il n’a pas toutes les clefs utiles pour renverser toutes les tendances car je sais très bien que tout ne pourra pas se faire immédiatement. En tous les cas je suis certain que tout sera fait pour que la France et les français puissent sortir de cette crise et de cette politique d’austérité. Cette politique qui favorisait toujours les nantis au détriment des classes inférieures.

S’agissant maintenant de la 8ième circonscription du VAR, la nôtre, il faut reconnaître que le département est très « bleu » donc très à droite avec un petit bémol toutefois c’est que lors de ces dernières présidentielles, cette droite a reculé, passant de 43% à 34 % . Le Front National reste toujours en position très forte. C’est vrai qu’il ne s’est pas agit d’un vote concernant la popularité des partis mais il n’empêche que des tendances se sont cristallisées sur des opinions politiques. D’autre part, même chez nous, circonscription à majorité rurale, donc à tendance conservatrice,  on constate que ce monde rural est en pleine mutation. Des nouveaux arrivants dans notre circonscription apportent un vent nouveau. Les évolutions des résultats des votes sont certainement la conséquence de toutes ces évolutions. Le Var, il y a quelques années fut « rouge », mais ce terreau a disparu, et, les socialistes doivent  aujourd’hui, montrer leurs compétences. Tout est à reconquérir et à reprendre. Les analyses que j’ai faites sur cette 8ième là, laissent espérer un courant d’amélioration de nos idées. Ce  qui nous permettrait de mener à bien cette campagne, de trouver un siège à l’Assemblée Nationale afin d’y défendre et de représenter les espoirs de ces Hauts Varois en matière d’économie, de désenclavement, et ainsi de suite. Les problèmes sont nombreux après avoir constaté le déclin des services publics, de la santé, de la sécurité, etc. Il y aura aussi à améliorer « le vivre ensemble » et qui mieux qu’un député qui connait bien son terrain,  à l’écoute des besoins de ses concitoyens, peut mieux les représenter à Paris. Un député doit être, un peu « la courroie de transmission entre le Haut Var et la capitale ».

Titulaire d’un mandat, je ferais les choses à fond, et jamais à moitié, car c’est mon caractère. Je crois que si un député doit être trois jours par semaine à Paris pour discuter et voter les lois de la République, il doit le reste du temps revenir près de ses électeurs et continuer à travailler. Tourner dans la circonscription, s’inquiéter des répercussions sur le terrain des décisions prises à Paris. D’autre part on demande au député de voter des lois mais il faut qu’il fasse attention de ne pas voter quelque chose qui aille à l’encontre de ses convictions où de ce que la majorité de ses électeurs ne veulent pas. Il s’agira donc d’être ferme et de dire clairement « non je ne peux pas voter cette loi là, car elle n’est pas bonne ! »

La 8ième circonscription est gagnable. Il va falloir conforter cette vision politique là et démontrer que la gauche n’est pas une fin en soi. Mais la gauche reste pour moi la solution aux divers problèmes que rencontre cette circonscription, c’est pour cela que mon rôle sera de rester toujours à l’écoute de mes concitoyens.

 

IG : Le Var et quasiment la Région PACA ont toujours été des territoires de droite. L’UMP, le parti de l’ancien Président Sarkozy truste la majorité de tous les postes de député. A votre avis, en votant aussi massivement à droite que recherchaient ces électeurs Varois ?

 

BC : D’une part, ce sont, en matière de politique, des conservateurs. D’autre part, la plupart d’entre eux ne sont pas Varois et  n’ont pas une culture du terroir, puisqu’originaires d’autres régions. Ensuite c’est aussi par recherche d’intérêt individuel, et pas forcément par conviction politique. C’est ainsi qu’il n’y a pas encore longtemps lorsqu’on citait le Var, on disait « Oui mais le Var c’est un département un peu bizarre ! », ce qui laissait entendre « avec une certaine tendance au copinage politique ». C’est pour cela que les électeurs étaient plutôt attirés par la droite, et ont toujours suivi les Grands Maires et les Grands Electeurs. Mais je reste  confiant sur le score varois lors de ces prochaines élections législatives. Donc c’est progressivement qu’à l’échelle tant nationale que locale, qu’il faudra travailler pour gagner des voix et arriver à inverser la tendance. Déjà lors de ces récentes élections on a vu qu’Hollande occupait la première place dans quatre communes, c’est ce qui me permet une certaine confiance pour l’avenir.

 

IG : Croyez-vous qu’en matière de politique, le nouveau Président Hollande aura une approche différente  de celle du Président Sarkozy ?

 

BC : Oui, à mon avis ce sera totalement différent. Il sera déjà beaucoup plus à l’écoute. Il fera une politique qui mettra le peuple au centre de ses préoccupations, ceci devrait apparaître, ne serait-ce que dans le score varois  obtenu lors de ces prochaines élections législatives. Il saura défendre  la notion de services publics. Il l’a beaucoup cité dans toute sa campagne. Le domaine de la santé sera aussi très étudié. Il va essayer de redonner un peu plus d’activité aux domaines de la sécurité dont les moyens ont subi de grandes coupes. Bien entendu, ensuite l’éducation où il veut procéder à de nouveaux recrutements, remodeler la scolarité à travers les écoles et les professeurs. Il est évident qu’on ne peut créer une grande nation si nous n’avons pas su donner à nos enfants un socle  démocratique et républicain. Il sera question aussi de redonner vie aux notions de civisme. Et tout cela s’apprend ! Sans oublier le grand domaine de l’économie, rechercher une certaine croissance plutôt que de privilégier uniquement l’austérité. Il veut associer relance économique et austérité. Pour lui sans relance il ne peut y avoir diminution de la dette. Il ne faut pas privilégier ce qui est basé sur la spéculation. Il faut relancer cette économie, arriver à maitriser notre environnement. Ce point est déjà engagé non comme le voulait le Président Sarkozy, car les accords de « Grenelle » n’ont jamais été appliqués ou si peu. C’est une politique du virtuel. Or il nous faut du concret pour sortir de la crise. Il nous faudra améliorer toutes les offres possibles aux citoyens de cette 8ième circonscription, tant aussi bien aux niveaux des transports que des mobilités, que des services aux personnes. J’ai une grande espérance avec l’arrivée de M. Hollande à la Présidence que tout cela va être décliné, plus ou moins rapidement, selon les possibilités, mais surement ! Je crois que le nouveau Président « gouvernera »  plus près du peuple et de ses besoins plutôt qu’au bénéfice d’autres intérêts spéculatifs, par exemple. On voit bien tout ce qui s’est passé sur les cadeaux fiscaux, c’est déjà une illustration flagrante !

 

IG : En fait après ces présidentielles on peut tirer les conclusions suivantes et ce à partir des résultats obtenus lors du 1er tour de la présidentielle et concernant plus particulièrement le vote des Varois, et à partir des votes exprimés. L’UMP, partie de droite, reste majoritaire si ce n’est qu’il régresse  en pourcentage, maintenant à 33 ,5 % (précédemment près de 40 %), second, le FN (parti d’extrême droite) se renforce avec 27,5 %  coiffant ainsi le PS (parti de gauche) à 18,9 %. Quels commentaires faîtes-vous de ce classement ?

 

BC : Effectivement l’UMP a perdu des voix ce qui est la conséquence d’une politique nationale, de ce fait les électeurs n’ont plus voté pour M. Sarkozy. On sait que les résultats du second tour pour M.  Sarkosy ont bénéficié d’un fort report du FN (Front National), ce qui se retrouvera sans contexte dans les élections législatives, chaque parti voulant ainsi reprendre ses voix. En fait on dit qu’une grande majorité des votes du FN sont issus d’un vote contestataire à la politique décriée du gouvernement en place. Mais le décompte exact des pourcentages de ces deux partis n’est pas aussi évident que cela ! Parce que lorsque l’on examine les résultats croisés il faut prendre aussi en considération la multitude des petits partis d’obédience de droite qui ont influencé les résultats. Il faut aussi constater que la 8ième circonscription du Var, donc du Haut Var se veut par définition à majorité rurale. Or le parti socialiste est beaucoup mieux implanté dans les villes que dans les campagnes. Auparavant le discours du parti socialiste était beaucoup plus rural. Il est aussi moins bien connu dans ce territoire. D’autres questions se posent aussi. Pourquoi des maires socialistes sont très tolérants envers le FN ? Moi dans ma commune, je suis un maire PS et j’ai le même nombre d’habitants que  dans la commune voisine, « mes » électeurs ont voté à 75 % pour François Hollande et dans la ville distante de 10 Km dirigée par un maire socialiste, François Hollande n’obtient pas 50 % des voix ?  Et pourtant, il s’agit du même territoire, et dans des villages d’importance équivalente. Il faut donc que ces maires ne soient uniquement des gestionnaires mais aussi des politiciens. Il faut que ces maires portent haut et fort leurs convictions politiques et ne soient plus dans un copinage qui fait que demain, droite ou gauche, pour eux, c’est du pareil. Il s’agit là d’un problème de la politique varoise. C’est d’ailleurs ce qui a permis de dire au FN «  regarder vos maires de gauche ou de droite c’est du pareil ! ». C’est pourquoi je souhaiterais que les maires élus sous une bannière sachent bien défendre leurs convictions  pour donner plus de force à notre combat et relativiser les actions du FN. Mais il me faut relativiser car on ne peut pas oublier que le Var est un département, un peu spécial !

 

IG : A votre avis, croyez-vous que les valeurs défendues par le FN  auxquelles semblent adhérer plus d’un quart d’électeurs Varois, soient porteurs d’avenir ? Par exemple croyez-vous que la fermeture des frontières préconisée par ce parti pourra déclencher un relent d’économie dans le pays ?

 

BC : Non, là on est dans un discours très populaire et populiste du Front National, « les Maghrébins dehors, la France aux Français, travaillons français, vive la France, plus d’euros et le retour aux francs, fermons les frontières ». A l’heure actuelle, vu la politique mondiale dans laquelle nous vivons, ceci n’est plus applicable. Ce discours est surtout adressé à des gens dont le comportement politique est un peu primaire, faciles à convaincre. Moi j’appelle cela la politique des « petits cafés » où en définitive on discute sur des thèmes  de peu d’intérêt, alors qu’on ne comprend pas les tenants et les aboutissants de l’échiquier politique, national, européen, et mondial. On ne peut plus concevoir la politique actuelle comme celle  d’il y a cinquante ans. Je m’explique. Si demain on venait à appliquer les thèses du discours du FN qui  conviendraient  à certains français qui ne veulent pas davantage réfléchir sur les fondements des valeurs françaises, il faudrait alors en tirer les conséquences  qu’elles entraineraient. Quand on aura reconduit tous les  étrangers à la frontière alors que l’on sait que l’économie française en nécessite une grande partie (plus de 20 000 ou 30 OO0 étrangers) pour des travaux que les français ne veulent pas effectuer (par exemple : ramasser des courgettes ou des petits pois). Qui effectuerait ces travaux pénibles ? Le FN développe ce terreau de racisme un peu à l’image de ce coq gaulois, et Marine Le Pen sait très bien surfer sur cette vague, et avec un langage beaucoup moins agressif que son père et assure qu’elle  pourrait redonner « la France aux français », « on va vous redonner ce pouvoir, on n’aura plus affaire aux émigrés, la sécurité sociale coutera moins chère » dit-elle !
Ce n’est pas ce que veut le parti socialiste qui lui souhaite, pour les citoyens, plus de raisons sociales, économiques. Le projet de marine Le Pen aux présidentielles sonnait creux : aucun projet chiffré, que des grands mots vides de sens à bien y réfléchir qu’elle distille à des oreilles françaises très complaisantes à son égard. C’est plus facile de flatter que d’amener la discussion, on évite ainsi les points d’achoppements, un peu à la manière de l’histoire que tout le monde connaît de l’oiseau qui est tombé dans une bouse de vache !

 

IG : Avec l’arrivée d’un gouvernement de Gauche, croyez-vous que les électeurs de la 8ième circonscription  du Var seront plus aidés pour sortir de la crise, qui affecte aujourd’hui grandement la France ?

 

BC : Je veux bien le croire. Je dirais même que j’en suis sur. Si je suis élu député, les retombées politiques seront plus importantes car j’aurai quand même le soutien d’une majorité de ministères actuels que s’il s’agissait du contraire avec un gouvernement de droite. Si demain c’est un député FN qui est élu dans cette circonscription je ne pense pas qu’il pourra bénéficier de la même qualité d’écoute du gouvernement de gauche, que moi. Mais en attendant il nous faut beaucoup travailler pour que nous ayons de vraies chances de l’emporter et ainsi pouvoir enfin sortir notre territoire de cette crise là.

 

IG : Et pour le problème crucial de votre département contre l’exploitation du gaz de schiste, croyez-vous que vous seriez mieux entendu des autorités gouvernementales ?

 

BC : Pour le gaz de schiste, je suis entièrement convaincu de ce soutien. Personne ne veut de ce procédé d’extraction par la fracturation hydraulique. Par contre je crois qu’il existe d’autres manières pour arriver à une autonomie énergétique. François Hollande est opposé à la détérioration par ce procédé des nappes phréatiques. A l’heure actuelle je ne connais pas un maire qui soit « pour » car il s’agit d’expériences hyper dangereuses sur nos ressources notamment en eau. Le droit de l’eau interdirait ce type d’extraction qui nécessite aussi l’adjonction de produits chimiques néfastes à l’Homme. Ce que je suis certain c’est que je serais plus écouté si je porte ce dossier là à l’Assemblée Nationale, j’obtiendrai plus facilement l’interdiction de ce procédé même s’il ne s’agit qu‘expériences et de recherches. A ce sujet là je suis extrêmement confiant et n’hésite pas à m’engager sur ce thème. On a vu dans mes précédentes interviews que la gestion de l’eau pour notre Côte-d’Azur était un domaine primordial. Ce qui ne saurait  autoriser aucune industrie néfaste à l’humain. Cette eau qui nous permet avec nos cinq barrages de produire 200 % de plus d’énergie que de besoin. Cette utilisation du gaz  de schiste n’est défendue que  par des hommes qui veulent toujours plus de profits et qui ne se préoccupent pas des riverains. Certes les ressources en pétrole risquent de se faire rares dans un avenir plus ou moins lointain et donc risquent de manquer. Il est toujours plus facile de recourir à ces types de procédés que de rechercher des moyens d’énergie propres. Peu importe de détruire la richesse ! La richesse chez nous est en surface et elle n’est pas dans le sous-sol. Donc nous avons un choix et ce choix là, il faut le respecter ! Les Américains sont partis dans un système ultra-libéral au niveau des énergies fossiles, il nous faut sortir de ce système là. Il existe d’autres choses  en matière d’énergie : l’eau, l’air, le bois, etc. D’autres alternatives  par exemple les mégawatts, avec la condition de ne consommer que l’énergie produite. D’autre part je crois que le monde a subi un grand traumatisme avec le  tsunami et la catastrophe de la centrale nucléaire du Japon. Certes les japonais n’ont pas la même mentalité que nous qui sommes moins rigoureux qu’eux sur le plan de l’énergie mais ils sont arrivés à diminuer les quantités de leurs besoins énergétiques. C’est un peu restrictif mais s’ils sont arrivés je ne désespère pas que nous le puissions le faire à notre tour. Donc il est hors de question d’autoriser même à titre expérimental un procédé hydraulique d’extraction. François Hollande a été très précis et strict dans ce dossier.

 

Description: iLovePeres:Desktop:2012-05-23 Articles:2012-05-23:2012-05-23 Article 1-ET  APRES  LA  PRESIDENTIELLE Bernard CLAP.Assemblee nationale de Paris.jpg

 

IG : Comment concevez-vous la fonction de Député de la République ?

 

BC : Le député a un devoir de lien social, c’est à dire qu’il doit être un peu cette courroie d’entrainement de social démocratique et représentative aussi bien de l’Etat que des électeurs et vice versa. Je pense qu’un député doit assurer d’une manière impérative cette représentation là auprès des citoyens car il ne doit surtout pas être déconnecté de la réalité. Quand un élu est déconnecté de la réalité, quand  il n’est plus capable de sourire, de serrer des mains hors campagne électorale, cela amène forcément à ce que nous avons vu pendant des années, une crise, car les gens finissent par ne plus croire en la politique. Et comme ils ne croient plus en la politique ils votent pour le parti du FN ! Il faut donc redonner l’envie aux citoyens de croire à nouveau à cette politique qui fait partie d’une saine démocratie. Et cela passe par la remise en questions des politiciens eux mêmes. Il faut qu’il reste accessible aux citoyens et ce malgré ces fonctions. C’est le cas de François Hollande qui veut rester à l’écoute de tous les français, de tous les citoyens alors que son comportement est totalement opposé à celui de Nicolas Sarkosy. Un député ne doit pas être uniquement à l’Assemblée Nationale mais il doit rester en permanence en contact avec le terrain. On s’aperçoit que maintenant on a des politiciens qui doivent rester près de la population et non chercher à privilégier les nantis. Il faudra faire évoluer les choses si l’on veut mettre en place une politique plus cohérente et qui corresponde aux besoins de la nation et non plus dans le sens voulus par certains.

Pour ma part si je suis élu j’aurai l’obligation de rendre compte aux citoyens de mes actions, il ne faut pas avoir peur de rendre compte, et d’aller vers le citoyen. Car l’être humain peut se tromper et reconnaître qu’on s’est trompé c’est admettre qu’on peut reculer. De fait que reculer quelquefois permet d’avancer et de relancer les dossiers. Il faut quelquefois reculer pour pouvoir corriger. Dans le cas contraire c’est que nous ne sommes pas à l’écoute du citoyen. Quelquefois il faut savoir faire preuve d’humilité et de reconnaître que le rôle d’un député est celui d’un citoyen élu. Et après cette élection il ne s’agit que de convictions, de choix, de priorités, politiques. Une fois élu il faut tout donner pour assumer ses fonctions, l’élection n’est pas une fin en soi mais plutôt un commencement. Il existe des députés qui sont sans cesse réélus,  mais est-ce qu’ils se remettent en question ? C’est certain que s’ils sont élus c’est qu’ils sont appréciés de leurs électeurs. Le problème c’est de savoir si on vote pour quelqu’un pour sa personnalité que pour ses projets. Le mandat électoral doit être considéré comme une mission confiée, un devoir du aux citoyens.

 

IG : En cas d’élection, ce que je vous souhaite, quel serait  votre approche à la démocratie ?

 

 

BC : Pour moi, en matière de démocratie il ne peut s’agir que de démocratie participative. Cette démocratie doit être proche de la participation des citoyens. Pour essayer de mettre de la démocratie dans les décisions ce n’est pas toujours facile d’abord parce que les gens ne se sentent pas toujours concernés ou mobilisés. C’est ainsi qu’il faut prendre la démocratie. Un exemple, celui de la gestion du Parc avec un conseil de développement où la démocratie participative apparaissait comme un contre pouvoir. En fait, une participation à la discussion est libre mais la décision ultime  appartient  toujours au responsable élu. Il est important que les citoyens participent aux décisions importantes qui vont impactées leur vie. Plus la hiérarchie augmente au niveau du responsable de la prise de pouvoirs, plus la chose est difficile à mettre en œuvre. Au Conseil économique et social ce sont aussi des personnes qui participent à cette vie démocratique par leurs expériences et leurs expertises et qui apportent une rigueur supplémentaire à la prise de décision finale. Tout cela serait à mon avis à mettre en place car on parle beaucoup de stratégie de territoire, de publique mais cette démocratie là serait une bonne forme de gouvernance. Mais une gouvernance qui passerait aussi par une mobilisation sociale et économique de tous les citoyens qui voudraient faire avancer les choses sur le territoire. La démocratie participative ne peut être qu’une chose de positif.

 

Description: iLovePeres:Desktop:2012-05-23 Articles:2012-05-23:2012-05-23 Article 1-ET  APRES  LA  PRESIDENTIELLE Bernard CLAP Toulon.jpg

 

IG : Au cas particulier des relations avec les services préfectoraux de Toulon, comment est traitée la circonscription du Haut Var, comme un territoire de moindre ou d’égale importance eu égard à son poids économique dans le département ?

 

BC : Je dirais que le Haut Var a toujours été considéré comme l’enfant pauvre du département. Il est de bon usage  de dire qu’au-dessus de la 7ième (RN 7) il n’y a plus grande chose ! C’est vrai que les grands efforts les gros investissements sont pratiquement réservés à la zone Toulonnaise et les villes du bord de mer à part l’aire Toulonnaise, l’aire des villes du bord de mer pour le tourisme, l’arrière pays présente moins d’intérêts économiques. A l’heure actuelle quand je constate que la fameuse réforme des collectivités locales où en définitive on fait des calculs savants, très savants, du ratio nombre d’habitants au Kilomètre carré, de sorte que bientôt c’est le monde rural qui sera  solidaire des zones désertifiées je me pose des questions. Parce que les services administratifs de la Préfecture considèrent qu’il faut privilégier les zones très urbanisées.  On fait toujours le pourcentage du nombre d’habitants et jamais des surfaces occupées ! Tant qu’on conservera cette logique et non celle de dire que le nombre d’habitants est proportionnel au nombre d’hectares, en faisant une règle de trois, effectivement il faudra toujours plus d’argent pour les zones très urbanisées. Pour preuves de ce que j’avance, on voit bien où se font les travaux d’aménagement routier, il en est de même pour le réseau ferré, pour l’aménagement industriel et artisanal, certainement pas dans le Haut Var. On peut considérer que le département du Var, est toujours gouverné par l’aire Toulonnaise. C’est une situation récente car il ne faut pas oublier que dans un récent passé le siège de préfecture était à Draguignan. Donc cette aire toulonnaise fière de faire 300 ou 400 000 habitants sur le million du département représente à elle seule près de la moitié de la population du département. On peut donc dire que l’aire toulonnaise aspire à elle seule, tous les crédits du Var. Mais si j’étais au Gouvernement c’est certain que je ferais l’inverse.

 

Description: iLovePeres:Desktop:2012-05-23 Articles:2012-05-23:2012-05-23 Article 1-ET  APRES  LA  PRESIDENTIELLE Bernard CLAP.Port Toulon.jpg

 

 

IG : Dernière question pour achever cette interview. Comme nous l’avons déjà dit la 8ième circonscription du Var de création très récente et ex-nihilo, semble être un territoire constitué sans aucune homogénéité par l’adjonction de trois zones (est, centre et ouest)  économiques  spécifiques et individualisées. Il ne semble pas que dans ce découpage électoral fait par l’Etat, on ait voulu privilégier une certaine unité de territoire et rehausser de facto son économie, d’autant que nous venons de voir, la zone côtière du Var est très florissante, la zone centrale bénéficie de la traversée de l’autoroute. Croyez-vous qu’il soit possible de dynamiser, malgré tous ces handicaps, ce Haut Var ?

 

BC : Il faut bien voir que malgré tout ceci le Haut Var possède des ressources que ne possèdent pas les autres zones. Le principal problème jusqu’à présent était de posséder la possibilité de pouvoir les développer. Donc pour cela il faut une volonté politique. Une volonté politique  que voudra bien prendre en charge une personnalité politique, qui veuille bien jouer le rôle de poisson pilote et qui sache insuffler le dynamisme nécessaire pour le terroir et convaincre avec l’aide des élus, de la Région,  l’Etat, du bien fondé de cette volonté de développement de ces ressources qui sont multiples. Elles partent aussi bien des emplois « verts » à créer, avec la mise en place de formation spécifique. Je ne doute pas que tous réunis nous arriverons à faire changer les choses  tant au niveau du commerce, de l’agriculture, de l’artisanat, etc.

C’est vrai que cette 8ième est très divisée tant sur les plans économiques que politiques, entre Rians et Fayence, aux deux extrémités. Il faudra surtout ne pas négliger l’innovation et la recherche en la matière. J’y crois beaucoup à ces possibilités de réussite. Je crois qu’il faudrait cristalliser autour de projets concrets les envies car il faudra créer cette unité géopolitique qui fera la force de notre économie. Sans cette unité les efforts resteront vains car il faudra accompagner socialement ce travail d’élaboration et surtout se servir du socle de cette unité que seuls les Services publics peuvent  créer et accompagner. Notre économie est dans cette direction, et elle ne peut pas être qu’exclusivement résidentielle.

La  conclusion est de dire qu’il nous faudra être suffisamment forts et convaincants  pour obtenir de l’Etat les moyens nécessaires. Ce ne sera pas aisé à obtenir mais si je suis élu je m’attacherai à lutter sans cesse pour notre Haut Var, à investir les moyens obtenus dans les investissements collectifs rentables et prometteurs. Donc j’espère, avec l’aide des maires et des élus,  pouvoir créer un climat de confiance pour  pouvoir développer cette créativité. Cette créativité pourra aussi bien passer par l’initiative privée que publique. Aucun apport pour ce faire ne sera refusé.

Le haut Var mérite que l’on se donne de la peine, pour y arriver. Il est vrai qu’un langage franc et rigoureux ne plait pas toujours à être écouté et entendu, car il s’agit d’efforts à fournir. Mais il faut donc s’atteler à ce gros travail d’innovation économique. Aussi je suis sur que si nous obtenons quelques réussites dès nos premières créations, le reste viendra tout seul. Il faut donc nous mettre sans tarder à creuser notre tour et les autres viendront ensuite nous aider.

Ce ne sera pas toujours facile mais avec le temps, car ces choses là ne sont pas éphémères et quand on parle de durable il faut savoir que le durable est toujours long à mettre en place, de toute manière beaucoup plus long que toute cette économie spéculative, fugace par définition. On construira ensemble un territoire qui saura garder sa jeunesse et sa population.

On nous dit, parent pauvre du Var mais il n’y a pas cent ans les zones pauvres se situaient sur le bord de mer et nous, nous étions les zones riches car nous possédions les terres fertiles de département, donc il faudrait rétablir une certaine richesse pour qu’elles puissent apporter de nouveau beaucoup de ressources, redonner beaucoup d’espoir aux gens, aux citoyens qui vivent dans ce Haut Var.