EN  PLEINE  CAMPAGNE  ELECTORALE :

 

UNE RADIOSCOPIE DE LA 8 ième CIRCONSCRIPTION DU VAR

Législatives 2012 : 8 IIème circonscription du VAR

 

Description: Description: Description: i Love Peres:Users:GMPent:Desktop:2012-04-03:2012-04-02 Article Une candidature nouvelle pour une nouvelle circonscription Bernard Clap Photo CLAP Bernard.jpg Description: Description: Description: i Love Peres:Users:GMPent:Desktop:2012-04-03:2012-04-02 Article Une candidature nouvelle pour une nouvelle circonscription Photo1 BROCHET Christelle.jpg

         Bernard Clap   Christelle Brochet

 

 

 

 

Isidore Grao

Le 12 mai 2012

www.lavoixdecartier.com

 

 

Interview  du candidat Bernard Clap du lundi 23 avril 2012

 

 

IG : Bonjour M. Clap,  le temps passe et s’approchent les élections législatives. Déjà, hier, le premier tour des élections présidentielles vient de se dérouler. A ce propos, que pensez-vous des résultats obtenus ?

 

BC : Pour le parti socialiste que je représente il s’agit de bons résultats puisque François Hollande obtient 28,5% des voix et Nicolas Sarkozy 27 %. C’est la première fois qu’un président de la république sortant ne sort pas vainqueur du 1er tour de ces élections, donc je pense qu’il y aura un bon report de voix de certains candidats, notamment du Centre, plus certainement celles du Front de Gauche et peut être une partie des électeurs qui se sont sentis abandonnés et qui devraient se retrouver dans le programme de François Hollande. Je pense et j’ai grand espoir que nous devrions avoir un Président de la République socialiste. Nous avons déjà un Sénat qui vient de basculer à gauche et j’espère qu’il en sera de même pour l’Assemblée Nationale parce que si on doit avoir un Président de gauche il faut pouvoir se donner une majorité pour gouverner.

Sur la 8 ième circonscription où je suis candidat, c’est vrai que Marine Le Pen a fait un beau score, de même que Nicolas Sarkozy. On sait que le VAR vote traditionnellement à droite, l’essentiel est pour moi, de trouver un second souffle et pouvoir se présenter avec les 12, 5% minimum de voix requis, tout d’abord, pour se présenter au second tour, et ensuite peut être qu’avec un projet bien construit on arrivera à inverser la tendance des votes des électeurs :

 

IG : C’est vrai qu’au niveau de ces présidentielles la grosse surprise vient surtout du score important réalisé par Marine Le Pen et qui avec ses 18,1 % obtenus, arrive en troisième position. A noter que dans les élections de votre « circonscription », le Front National a toujours réalisé de très forts scores ; souventes fois supérieurs à ceux du Parti socialiste tant à Draguignan qu’à Fayence. Or le vote du FN s’exprime majoritairement comme un vote de contestation. A votre avis à quoi peut-on attribuer cette contestation ?

 

BC : Il y a plusieurs problèmes dans ce vote, de partie, de contestation : d’abord sur la sécurité dans certaines communes, puis un relent de racisme accentué peut être depuis l’intervention récente du président Sarkozy  à Toulon, ensuite sur l’économie ; les gens ont de plus en plus du mal à boucler leur fin de mois et ils ne se reconnaissent pas en Sarkozy à cause de sa politique  pro libérale, de même qu’ils n’ont pas confiance en François Hollande. Vous dire la raison  de cette défiance, je l’ignore ; bien que son programme me semble cohérent. A ceci s’ajoute un certain savoir faire populiste de Marine Le Pen qui prononce des discours que les gens aiment entendre, à savoir construits avec des phrases simples, facilement compréhensibles et avec des thèmes partagés par certains tels que « le travail aux français », « le retour au franc » pour avoir une monnaie forte en sachant très bien que ce discours n’est pas réaliste. Les gens ne vont pas tous aux fonds des problèmes, comme leur réflexion est quelquefois un peu superficielle, ils préfèrent entendre des discours qui répondent a priori à leurs attentes sans savoir si les propositions sont réalistes et peuvent être mises en place. De Gaulle avait dit, en son temps, que les « Français étaient tous des veaux », peut-être n’avait-il pas tort ! Donc, dans de ce vote pour le FN, il n’y a pas qu’un seul problème ! C’est tout un ensemble ! C’est aussi intergénérationnel des personnes âgées qui craignent  pour eux la remise en cause de leur tranquillité par les jeunes  et qui pensent que seul le Front national peut répondre à leur inquiétude.

C’est vrai que Marine a une autre approche des dossiers que son père, beaucoup moins agressive, c’est un peu l’appel des sirènes. Donc c’est quelque chose qui est dans l’air du temps ; pour l’instant on reste un peu dans l’expectative, on n’a pas de solution immédiate, mais on y travaille, car il nous faut répondre à l’attente des citoyens.

 

Description: iLovePeres:Desktop:2012-05-12:2012-05-12 SALE TEMPS.jpg

 

IG : Revenons maintenant au niveau local de la 8ième circonscription du Var  et de votre candidature. Dans la première interview, nous avons fait connaissance. Dans la seconde, nous avons évoqué les thèmes de l’eau, du gaz de schiste et des énergies. Aujourd’hui nous aborderons, si vous le voulez bien, le plan économique. A votre avis, sur ce plan, quels sont les avantages et les inconvénients de votre circonscription ?

 

BC : D’abord il faut la définir géographiquement car cette circonscription se compose de 3 axes : L’est, le centre et l’ouest, et, l’économie n’est pas la même d’un coté à l’autre.

-  A l’Est le canton de Fayence est beaucoup plus, par sa proximité, tourné vers le département des Alpes Maritimes, où les habitants  préfèrent aller travailler vers le O6 (département des Alpes Maritimes) que de créer sur place leur propre économie, et ce, bien  que des ressources existent sur place. Dans ce territoire on pourrait dire que les services publics, les services à la personne, celui des finances, sont peu développés, il manque en effet ce lien là d’attachement au terroir. Donc la question reste posée : est-ce que l’on pourrait créer  une économie locale plus attractive à partir, des ressources locales : par exemple du côté de Tanneron  avec la culture du mimosa ?

- Sur l’axe du centre, il faut constater immédiatement le pourcentage important du chômage : 12 %, un taux supérieur à la moyenne nationale, le plus fort dans le Var. Les jeunes dans ce pourcentage local représentent 25 %. A remarquer qu’il s’agit d’une zone, où existe une fausse économie, à savoir celle consécutive à la forte présence de l’armée et des militaires. Autrefois c’était une zone à forte concentration de fonctionnaires, remise en cause par le  transfert de la préfecture à Toulon. Mais dans cette zone il n’existe pas d’industrie, hormis dans le bassin du Muy et des Bréguiéres, mais qui en définitif, offre très peu d’emplois.  On est dans une économie à base de secteur tertiaire mais qui ne vit pas de ses ressources propres. C’est une économie qui vit aussi du tourisme. C’est donc une économie précaire, une économie de saison, on ne peut pas parler d’une économie à part entière, et où les gens vivent de contrats à durée déterminée. Il existe une étude sur cette zone qui met en exergue des possibilités d’une émergence économique pour laquelle on pourrait faire appel à des employeurs ; mais voilà on n’a pas la possibilité d’avoir une économie stable.

- Troisième axe, celui de l’Ouest (ou du nord), vers le bassin d’attraction de la Durance où là on sent que l’énergie occupe une place majeure, avec un barrage. Un fort développement qui bénéficie du train et de l’autoroute. Le pole économique est en train de se déplacer sur Manosque. C’est une économie  en expansion qui fait appel tant à des ressources internes au bassin qu’en externe et qui a pour conséquence de créer beaucoup d’emplois.

Alors est-ce un exemple à  développer pour cette 8ième circonscription, et ce,  malgré que les distances ne soient pas négligeables car d’un côté comme de l’autre il y a deux heures de route. Or, en fait pour nous ; les axes ferroviaire et d’autoroute  passent plus dans le sud, selon la direction de Nice - Saint Raphaël - le centre du Var (en évitant le Haut Var). Alors comment désenclaver notre territoire  pour intéresser des entreprises à venir s’installer, chez nous. En fait il faut considérer le territoire du Haut Var, à l’image du département  des Alpes de Haute Provence, c’est-à-dire qu’il s’agit de territoires très enclavés sans économie  industrielle  ou avec un développement très limité. Il  faut donc travailler sur nos ressources, ce peut être le bois, ou les énergies renouvelables, ou la création de lycée ou de la formation pour ces emplois nouveaux pour nos jeunes. Nous avons peu de jeunes, encore faut-il les conserver ! Il faut aussi accompagner nos seniors qui participent aussi à l’économie. Il faut aussi accroitre le nombre de Services publics dont les nombreuses fermetures ont participé à la sclérose de notre territoire. Il faudrait aussi développer le service de la Santé, et plus, particulièrement celui des soins palliatifs ; car le Var est le seul département français où ce service n’existe pas. Il y a beaucoup de choses à mettre en place, à créer. Au terme de mes nombreuses réflexions je ne sais encore si la réponse sera une ou plusieurs solutions, selon le territoire concerné  et selon où l’on se trouve. Le gros problème de cette 8ième circonscription est son manque d’homogénéité, et son manque d’union et de cohésion. Or pour unir un territoire il faut pouvoir le traverser sans difficulté. Mais il y a eu des ruptures géographiques consécutives  par exemple à la présence du camp militaire de Canjuers, le lac Sainte Croix. Ces obstacles  ont empêché à ce que l’économie ne se fasse plus d’Est en Ouest et permette des liens sociaux ou culturels. Or on constate que de plus en plus, elle se fait du nord vers le sud et en fonction de certains pôles ;  d’abord, à l’ouest vers Brignoles, de l’autre côté, à l’est, ce sera Grasse ou Cannes, et enfin vers le centre, d’un troisième avec Manoque et enfin vers Draguignan. Comment donc arriver à unir tout cela avec un seul projet économique structurant  et sur un axe porteur. La chose n’est pas aisée. A mon avis il faut travailler « local pour un global ». La réflexion est celle-ci : si on arrive à trouver localement une économie distincte l’une à l’autre, il nous faudra donc les  réunir pour obtenir une économie globale. C’est vrai que son  développement est  très limité, et que par ailleurs, la solution n’est pas facile à élaborer, mais c’est là aussi mon challenge. Je suis conscient qu’il y aura beaucoup d’efforts à fournir et j’en fournirai.

 

IG : On constate donc que le découpage de cette circonscription est plus administratif, qu’économique ou géopolitique. Cela me fait penser au département de la Haute-Loire découpé économiquement par trois bassins d’attraction : Yssingeaux, Brioude et le puy.
S’agissant donc de cette circonscription on a vu que les piliers économiques pourraient être : le tourisme, l’agriculture et les résidences secondaires. Mais le tourisme connaît son apogée en été avec le soleil du sud, les campings, les plaisirs nautiques des lacs de Saint Cassien et de Sainte Croix. Mais est-ce suffisant pour soutenir une économie locale ?

 

BC : Ce ne peut être suffisant pour soutenir une économie, même locale et ce pour plusieurs raisons. Le tourisme n’existe qu’en été et non en hiver. C’est au maximum six ou sept mois de travail avec des emplois saisonniers  et avec une économie précaire, donc dans ce cas comment vont vivre les gens le reste du temps ? Vont-ils s’inscrire au chômage ? Quel complément d’emploi peut-on leur trouver pour combler l’année ? Le problème est celui-ci : comment à partir de nos plateformes peut-on arriver à décaler une économie à partir de nos ressources ? C’est à dire sur le bois, sur l’agriculture. Mais il peut y avoir d’autres possibilités telles que le bâtiment, ou l’énergie? Pourquoi pas  demain, par exemple, on ne se spécialiserait pas dans la construction méditerranéenne à très basse énergie (près de zéro) ? Dans ce cas on pourrait créer une économie spécifique pluriactive. Ce qui permettrait d’avoir une économie continue toute l’année alors qu’en décembre ou en janvier le tourisme est quasi inexistant. De même il faudrait concevoir une grande adaptabilité des actifs aux possibilités séquentielle de travail : par exemple, l’été du tourisme, l’automne de la taille des vignes, ou des oliviers ou du service à la personne. Oui mais encore dans les faits cela va correspondre à quoi ?  A une économie autarcique ! Car nous ne serons pas capables d’exporter. Si l’on se tourne que sur nous mêmes dans cette circonscription il arrivera un moment où on s’asphyxiera. La seule solution  possible, reste donc de trouver une économie industrielle propre  et qui soit source d’emploi !

 

IG : De tous ces aspects évoqués il faut bien constater que l’industrie est quasi absente de cette circonscription enclavée et par le manque de réseau de communication efficient : pas de train SNCF, (on a vu récemment les bienfaits à l’économie Grassoise qu’a apportée la mise en conformité de la ligne SNCF « Cannes-Grasse » pas d’autoroute. Je m’adresse maintenant au candidat socialiste que vous êtes pour reprendre un des engagements du candidat Hollande à la présidentielle, en l’occurrence, le 28ième, dans lequel il indique : « Je relancerai la politique des transports pour lutter contre la fracture territoriale qui exclut  une partie des habitants de l’accès aux emplois et aux services publics… une réponse à la qualité de service des trains du quotidien et à la desserte des territoires enclavés ». Partagez-vous pour votre circonscription ce point de vue ?

 

BC : Pour moi le désenclavement est obligatoire : désenclavement tant routier que ferroviaire. Et en parlant d’autoroutes, je m’aperçois que lors que nous évoquions les possibilités d’emplois, je n’avais pas cité celle relative aux autoroutes de l’information, numériques, ces autoroutes de l’emploi du vingt et unième siècle à travers le télétravail. Si demain on arrivait à désenclaver ce territoire et à en faire une priorité on arriverait peut être à stabiliser les mouvements de population et à conserver ces gens à la recherche d’un emploi. L’essentiel est de pouvoir travailler au pays  et de pouvoir en vivre. Cela fera partie de mes propositions car je suis en train de rédiger ma profession de foi pour les toutes prochaines législatives et c’est un sujet qui reste primordial.

 

IG : On a parlé de tourisme, maintenant passons aux résidences secondaires. Est ce qu’il ne faut pas craindre qu’en absence de développement industriel votre circonscription ne devienne une banlieue des grandes villes  de l’Est que sont Cannes, Nice, etc. Ceci entrainerait peu de retombées économiques si ce n’est qu’au niveau de la restauration. Par ailleurs il faut remarquer que ces résidents « secondaires » participent plutôt à la vie politique de leur résidence principale. Que pensez-vous de cette situation ?

 

BC : Je crois qu’il faut élargir le problème à toute la Côte-d’azur qui est une zone très attractive. Notre problème dans cette circonscription c’est qu’il y a eu trop de mutations de personnes de notre territoire. Ces départs de population ont affecté le Haut Var qui était  certes une zone rurale mais très habitée. Un territoire sur le plan politique plus de gauche que de droite. Dans ce territoire la diversification est passée par là. Il y a eu des transferts de gens qui sont venus de toutes les régions. Il faut donc être réaliste de la situation actuelle et réfléchir aux réponses que nous pouvons apporter. Mais il est vrai qu’un village qui est composé de 70 % de résidences secondaires, c’est énorme ! Mais cela n’empêche pas que certains « résidants secondaires » votent dans notre circonscription, et que nonobstant cet aspect le village reste marqué à gauche. On a su accueillir et intégrer ces gens qui venaient de l’extérieur. Que malgré cela le front National ait fait de très beaux résultats dimanche dernier prouve que cela pourrait mettre en cause la politique suivie par certains élus. Ces élus de gauche font peut être une politique peu sociale ! Il faut remarquer  que les français affectionnent particulièrement deux élections : les présidentielles et les municipales. Alors certains citoyens vous feront remarquer que les votes exprimés à ces deux élections ne suivent pas toujours la même obédience politique. Pour ma part si aux municipales je vote pour un homme qui fait bien son métier, il est certain que je voterai pour le même parti aux présidentielles. Quand je vois les maires qui font partie de mon comité de soutien, cela me conforte dans mon jugement ! Mais peut être que je me trompe ! Peut être que demain ils voteront plus pour moi que pour un parti ! Il serait bon que cette 8ième ne soit pas tout à fait à droite. Il faudrait conserver un peu ce front républicain. Avant le putsch de 1851, le VAR était rouge.

 

Description: iLovePeres:Desktop:2012-05-12:2012-05-12 champ de lavande.jpg

 

IG : Apres le tourisme et les résidences secondaires passons maintenant à l’agriculture. Compte tenu du terrain très accidenté géographiquement on ne peut pas espérer de cette agriculture un grand essor, hormis les oliviers et la vigne, l’élevage doit être juste suffisant. Et pourtant François Hollande, dans un autre engagement déclare : « J’encouragerai la promotion de nouveaux modèles de production et de l’agriculture biologique ». Qu’en pensez-vous ?

 

BC : Je note deux questions : La première concerne l’agriculture, celle-ci est très adaptée à notre région, c’est une agriculture forte, il n’y a pas que de la vigne, il y a de l’élevage, le maraichage, les fleurs (avec le mimosa, autour de Tanneron). Cette agriculture doit agir d’une manière responsable à partir  de ses ressources  (en eau par exemple), mais aussi de préserver ses terrains agricoles pour que demain on puisse effectivement implanter, là aussi on est  sur la pluri activité. Il n’y a pas qu’une seule activité, et on note que déjà des jeunes veulent venir s’installer. C’est sur qu’ils créeront leurs propres emplois peut-être se feront-ils aider  au maximum, d’un ou de deux ouvriers. Mais cette agriculture là qui représente quand même une force sur notre territoire parce qu’elle existe, est présente sur tout notre territoire. Il est vrai que la viticulture représente un domaine économique plus fort. On a aussi un territoire d’élevage et quoi qu’on en pense, figure parmi les premiers de France notamment sur le Haut Var. La valeur ajoutée à nos produits, par exemple la culture bio (précisons à tendance bio !) peut déboucher aussi sur un marché, encore faut-il avoir la possibilité de développer cette ressource. Donc les possibilités sont nombreuses et multiples : par exemple le portage des repas aux personnes âgées, à nos jeunes à travers les cantines scolaires, cela existe déjà mais il faut penser à les développer davantage. C’est donc une forme de plus value apportée à nos producteurs parce que nous sommes dans un circuit court, et dans une économie sociale et solidaire, tout à fait à l’opposée de cette économie spéculative de marchandisation en définitive de l’argent qui n’existe pas. Tout cela est à mettre en place !  On peut considérer que le nombre d’emplois ainsi créé est limité mais cela participe à un ensemble de projets, dont l’axe central demeure le tourisme.

Je crois qu’il faut se diriger vers des cultures de plus en plus bios qui permettent à leurs producteurs d’en vivre  correctement.

 

IG : Ne craignez-vous pas que toutes ces productions n’aient tendance à se développer d’une manière individuelle et qu’il faudrait, pour obtenir un effet de force, créer un réseau de partenariat entre agriculteurs ?

 

BC : C’est  ce que je disais précédemment, un peu à la manière de se qui se fait  déjà à l’Occitane, et, aux travers d’économies solidaires, mais je pense aux coopératives qui se développent de plus en plus. Je connais des viticulteurs qui se sont regroupés pour faire du vin bio, d’autres à travers le maraichage et ainsi de suite. Tout cela est en train de se mettre en place. Mais c’est vrai que c’est en étant unis qu’ils arriveront à créer un marché et une économie beaucoup plus forte, et ainsi à optimiser un réseau. Mais il ne faudrait se garder d’aller dans la spéculation. Il ne faut pas créer pour créer sinon cela devient un cercle infernal. Il faut crée à bon escient pour avoir une juste économie qui permette de vivre dans ce territoire il y a des choses qui sont en train de se développer, par exemple des chambres consulaires. Au niveau du Parc, des agriculteurs arrivent. Mais un agriculteur, c’est un conservateur, çà a beaucoup de sensibilité, d’états d’âmes, on ne partage pas son terrain, c’est sa terre donc partager et mettre en commun le fruit de son travail n’est pas toujours chose aisée. Tout cela n’est pas encore possible !

 

IG : Donc si je comprends bien il s’agit plus d’un état d’esprit que de possibilités techniques.

 

BC : Vous savez la PAC européenne apporte des aides aux agriculteurs, il existe des primes vertes, etc. Encore que cette PAC européenne a intégré de nombreuses aides nationales que ce soit sur l’agriculture biologique, ou sur l’agriculture de montagne, ou pour tenir compte des variations climatiques et les répercussions au niveau de l’eau et de la sècheresse, au niveau des catastrophes naturelles, d’inondations, etc. Au cas particulier, le rôle d’un député est d’aider le gouvernement, d’inciter, de forcer, à trouver les meilleures solutions. Mais je dis qu’on a faussé des choses dans l’agriculture ! Car en définitive ce que veut un agriculteur, c’est vivre correctement de son travail. Or on a fait maintenant une agriculture d’assistés ! Pourquoi ? Parce que c’est l’Europe qui l’a voulu ainsi ! On créé des quotas, en cas de surproduction de certains produits, on les congèle et par derrière on subventionne par des primes. A partir d’un certain moment on est arrivé à créer un système qui ne convient pas, selon leurs  propres dires, aux agriculteurs, car ils se font toujours montrer du doigt, alors que l’on sait que la régulation de notre agriculture au niveau européen entraine des difficultés.

 

Description: iLovePeres:Desktop:2012-05-12:2012-05-12 CIRCONSCRIPTION DU VAR Bernard CLAP (2).jpg

 

IG : Sans industrie qui  puisse drainer des emplois, il sera difficile de conserver les jeunes dans cette circonscription. Or sans jeunesse les terroirs se sclérosent et risquent de disparaître. A contrario, certaines personnes ne souhaitent pas l’arrivée de cette industrie susceptible de perturber leur tranquillité ! En définitif, il s’agit d’un choix de société. Quel est votre point de vue en la matière ?

 

BC : Tout dépend de ce qu’on appelle industrie. S’il s’agit de l’industrie minière on ne peut pas la qualifier de réussite car le socle économique dans des secteurs très industrialisés est redoutable quand elle subit de plein fouet, la délocalisation ou pire l’arrêt d’extraction et la fermeture des mines. Donc en premier lieu les  questions  se posent : « Veut-on une industrie ? », « Veut-on une industrie propre ? », puis « De quelle industrie propre veut-on ? ». Donc si elle est propre, pourquoi serait-elle forcément perturbante ? Je ne vois pas pourquoi l’industrie  doit porter atteinte  à l’environnement ou au bien être des gens. Tout dépend du choix d’industrie souhaitée. Cela doit faire l’objet de réflexions. Donc la vraie question à se poser serait à mon avis « Comment promouvoir un vrai développement économique qui passerait par une  forme positive pour tout le monde ». L’autre question est de savoir si tout le monde a cette volonté d’adhérer à ce débat afin que nos jeunes puissent rester et vivre au pays ? De toutes les manières, il ne faut pas non plus se leurrer car tôt ou tard l’appel du retour au pays se fait très pressant, que ce soit avec ou sans travail. Il est certain qu’ils préfèreraient être actifs que passifs car l’oisiveté peut dégénérer dans certains cas en conflit de génération. Je suis partisan de la nécessité d’une industrie propre qui ne soit pas ni dérangeante ni polluante. Quant on parle d’industrie l’image d’Épinal est d’associer souvent industrie et métallurgie mais il y a aussi des industries pharmaceutiques, par exemple, qui ne sont pas polluantes et qui rapportent beaucoup d’emplois. On a un potentiel de ressources humaines importantes et disponibles. On a aussi de la matière première. Mais là il faut avoir de la volonté et des entreprises. Mais pour l’instant que constate-t-on au niveau des industries françaises ? Elles vont produire au Maroc, en Inde, en Chine. Est-ce qu’il faudrait créer des zones franches, dites défiscalisées pour que les entreprises s’intéressent à la France, pour vouloir s’implanter et créer des emplois ? Quand on parle d’industrie on parle grosses économiques. Donc on peut avoir une volonté politique, encore faut-il trouver une volonté industrielle,  trouver des chefs d’entreprises désireuses d’investir dans notre circonscription. On a parlé de routes, on a parlé d’accès mais il ne faut pas oublier que nous avons la proximité de la mer, de la montagne et le soleil. C’est un aspect non négligeable pour le bien être et le bien vivre des gens. Donc en résumé il faut entamer un grand débat sur ce thème. Il faudrait  peut être commencer par connaître les avis des élus. Il  faut donc se rapprocher d’eux pour connaître leurs souhaits. Il ne faut pas  aussi oublier les souhaits de la population et lui demander ce qu’elle souhaite pour les futures générations. Nous sommes donc en face d’une grande question incontournable pour l’avenir de notre circonscription, mais je reste positif.