JARDIN DU LUXEMBOURG

 

 

THIERRY JAN

 

 

 

 

 

 

Isidore Grao

Le, 4 mai 2012

www.lavoixdecartier.com

 

 

 

Ce jardin de Paris est probablement le plus emblématique. Il se situe en plein quartier Latin, là où les étudiants à l’esprit sulfureux animent, contestent et revendiquent. C’est le privilège de la jeunesse de remuer les habitudes empoussiérées de la société. L’un des paradoxes de cet endroit est d’abriter la haute assemblée, celle des sages, ceux qui, justement vont  tempérer les ardeurs du palais Bourbon.

 

Le jardin du Luxembourg est aussi le rendez vous des navigateurs en culottes courtes et l’on voit les gamins pousser avec des gaules en bambous de petits voiliers multicolores traçants leur trait dans l’onde paisible des flots, les enfants les suivants, courants  d’un bout à l’autre du bassin circulaire. Les chaises s’égayent selon les caprices des passants. Certains se réunissent et discutent âprement, d’autres, profitants du soleil, lisent un livre ou s’assoupissent en une douce rêverie. On laisse volontiers le palais aux débats politiques et on arpente les allées de ce lieu où le dépaysement est total. On a du mal à se croire en pleine ville de Paris, le bruit a cessé, le silence est à peine perturbé par les cris de vie des gamins. Tous : les promeneurs, les familles, ceux qui profitent de l’herbe fraîche pour s’allonger avec l’impression d’être à la campagne, respectent les céans.

 

 

Les tours Eiffel et Montparnasse se dressent vers le ciel et nous ramènent à la réalité. La Sorbonne et le Panthéon, les grands lycées, eux aussi tous proches, témoignent du caractère de ce quartier voué aux lettres et à la culture. D’ailleurs de nombreuses statues et stèles honorent les arts et les lettres. Nous citerons le marchand de masques qui nous offre pèle mêle : Hugo, Delacroix, Carpeaux, Balzac, Berlioz, Fauré, Corot, Dumas fils, Gambetta et Barbey D’Aurevilly. On jugera de l’éclectisme de ce choix honorant plusieurs muses des arts.

 

Le jardin du Luxembourg se trouvant entre le boulevard saint Michel et la rue d’Assas est un oasis de paix pour tous ces étudiants qui après les cours viennent s’y relaxer, espérant surprendre l’ombre ou découvrir les traces d’illustres prédécesseurs tels les existentialistes. Puis le soir venu, le jardin fermera ses lourdes imposantes et hautes grilles, alors les apprentis navigateurs, leur petite âme pleine d’idées d’aventures, laisseront les voiliers à quais et les étudiants rejoindront le boulevard saint Germain où la musique endiablera les esprits jusqu’à tard. Le Luxembourg, quant à lui, s’assoupi  dans une nuit étoilée et illuminée par la ville lumière.

 

 

T Jan.