DILUN ISTOURIC

 

« Oublier le passé, c’est se condamner à le revivre »

 

THIERRY JAN

 

 

ÉDITORIAL NUMÉRO 13 DU LUNDI 23 AVRIL 2012

 

 

 

 

 

 

Isidore Grao

Le, 20 avril 2012

www.lavoixdecartier.com

 

 

Ce dimanche, chacun d’entre nous se rendra dans un bureau de vote, souvent une salle de classe, peut-être même celle où vous avez appris à tracer des barres avant de pouvoir former des lettres et des mots. En France nous avons un privilège, celui de pouvoir exprimer notre opinion sans aucune contrainte. Il n’y a pas de parti unique, au contraire, il y en aurait même trop. Mais ce droit, certains oublient ou délaissent à l’exercer. C’est une grave faute, car ce droit est avant tout un devoir. Votre choix est celui de vos intimes convictions et en plus un respect pour ceux qui ont lutté, souvent au prix de leur vie, pour que vous puissiez glisser cette enveloppe et votre bulletin dans l’urne. Ne pas voter, s’abstenir, c’est comme déserter devant l’ennemi. Cette semaine nous visiterons un village où l’amitié est la rime poétique de ses habitants. Le visiteur quittera toujours Gorbio avec tristesse et amertume.

 

T Jan.

 

 

 

GORBIO

 

 

Le nom signifie rocher perché et retiré (Golbi). Ce fut un fief des Comtes de Vintimille, passé à la Provence en 1257, il revint aux Vintimille 28 ans plus tard. Après 1388,  Gorbio passe aux Savoie. En 1522, les Lascaris cèdent leurs droits à la communauté. Gorbio, comme tout le Comté, est rattaché ou annexé (selon les avis) à la France en 1860. La localité accrochée à sa colline, domine à 365 mètres d’altitude la mer. Ce qui en fait le plus haut bourg littoral d’Europe nous affirme monsieur Michel Isnard, maire de Gorbio, lequel nous reçoit sous la tonnelle de sa maison. «  C’est Gorbio que l’on voit en premier depuis l’autoroute en venant d’Italie et son château des Malaussène lui donne cet aspect de nid d’aigle »., ajoute t-il. Quand on arrive sur la place du village, un orme majestueux vous offrira son ombre  généreuse. Il date de 1713.  Le jour de notre visite, était celui de la Branda. Cette fête clôture habituellement les vendanges. Du moult du raisin que, l’on distille, on obtient un marc, une eau de vie, cette Branda.  Le bouilleur de cru devant son alambic, distribue  cette liqueur claire comme de l’eau vive. Elle réchauffe les gosiers et les cœurs. On commence alors notre visite, traversant des ruelles pavées, bordées de vieilles maisons dont certaines datent du XIV° siècle. Des passages sous voûtes nous emmènent au haut  de cette commune typique. Les premières traces de Gorbio remonteraient autour de l’an mille. On  arrive à la tour des Lascaris de 1246, elle fut restaurée en 2004 et sert aujourd’hui de lieu d’exposition. Vous vous rendrez à son sommet, afin de bénéficier d’un panorama exceptionnel qui va de capo Nero et Bordighera, jusqu’au cap Ferrat, embrassant ainsi toute la côte. Dans le village vous admirerez son église saint Barthélemy de  1683, sa chapelle des pénitents blancs de 1445, celle dédiée à saint Lazare du XII° siècle qui serait la plus ancienne de Gorbio et enfin saint Roch du XVII° proche du cimetière : « La peste venait toujours de l’ouest. » nous dit monsieur le maire. Il ne faut pas oublier le four à pain communal  du XVII° qui sert aujourd’hui à une fête où la population se réunit pour partager le pain et la méranda. Ce qui a rendu Gorbio célèbre, c’est son festival de flamenco. Ce dernier se déroule autour du 15 août et attire de nombreux aficionados. Gorbio est aussi le point de départ de nombreuses balades et randonnées, dans la garrigue et les oliveraies Avec regrets, nous laissons monsieur le maire sous sa tonnelle, le remerciant de son accueille chaleureux. Gorbio est toujours animé par des chants et son bouilleur continu à distiller, laissant échapper un arôme envoûtant. Le soleil joue sur les toits de tuiles, donnant cet aspect irréel qui a tant inspiré les peintres. Gorbio n’a pas cédé aux sirènes du modernisme et le village conserve ainsi, cette éternelle image qui donna à notre région le nom de côte d’azur.

 

T Jan.

 

 

 

Renseignements : thierry_j06@yahoo.fr

Deuxième année de parution