UNE CANDIDATURE NOUVELLE POUR UNE NOUVELLE CIRCONSCRIPTION

Description: Description: i Love Peres:Users:GMPent:Desktop:2012-04-03:2012-04-02 Article Une candidature nouvelle pour une nouvelle circonscription Bernard Clap Photo CLAP Bernard.jpg Description: Description: i Love Peres:Users:GMPent:Desktop:2012-04-03:2012-04-02 Article Une candidature nouvelle pour une nouvelle circonscription Photo1 BROCHET Christelle.jpg

         Bernard Clap   Christelle Brochet

 

8ieme circonscription du Var

 

Monsieur Bernard Clap

 

 

 

 

Isidore Grao

Le, 2 avril 2012

http://www.lavoixdecartier.com

 

Interview du jeudi 22 mars 2012

 

 

IG: Bonjour M. Bernard Clap. Merci d’avoir accordé cette interview au journal électronique « La voix de cartier ». Vous êtes candidat du Parti Socialiste aux législatives dans la 8 ième circonscription du Var. Il s’agit d’une nouvelle circonscription, de création récente et qui de par ce fait ne possède pas de passé historique politique. Dans cette première interview nous allons faire connaissance ainsi que de votre colistière Mme Christelle Brochet. Les prochaines interviews seront réservées à l’étude thématique de votre programme d’action, si vous le voulez bien.

Après ce petit préambule, pouvez-vous nous présenter le citoyen Bernard Clap ?

 

BC: Je suis né le 7 mars 1955 à Draguignan, place du dragon,  quartier populaire de la ville. Après mes études j’ai fait un apprentissage de cuisine à Draguignan et suite à différents postes je me suis installé  comme artisan restaurateur à Trigance, et suis toujours en activité. En tant qu’homme j’ai l’amour pour mon village, la tradition, et la vie rurale. Je suis chasseur mais en même temps proches des thèmes de l’environnement. Cette culture m’a poussé tout naturellement à me présenter à l’élection municipale de Trigance en 1989. En 1995, je suis devenu maire de Trigance. En 2008, j’ai été élu Président de la communauté de communes « Artuby-Verdon », plus tard, élu Président du Parc naturel régional du Verdon. En 2010 j’ai été  choisi donc élu par les conseillers sociaux économiques de région pour représenter les parcs. Voici donc mon parcours professionnel et d’homme de terrain, au niveau de mes différents mandats.

 

IG: Donc vous êtes bien un homme du pays et personne ne pourra vous adresser le reproche « d’être, sur le plan politique » un candidat  « parachuté ».

                                                                              

BC: Effectivement je suis un homme du pays. J’ai une parfaite connaissance du territoire de cette  8 ième circonscription. Quand cette circonscription a été créée je me suis tout naturellement reconnu en elle puisque je suis né à Draguignan. J’habite ce haut Var. Je le comprends, je connais les problèmes que l’on y rencontre aussi bien dans la préservation de son environnement que dans le maintien de son service public  (le service public est actuellement très affecté  par les fermetures annoncées qui concernent des bureaux de poste ou des recettes perceptions), que dans la précarité sociale. En ce qui concerne le domaine médical, des soucis existent aussi. Par ailleurs, on a aussi  des difficultés pour maintenir les services liés à la personne, à la santé. C’est difficile de vivre d’une économie la plupart du temps qualifiée de saisonnière, aussi bien dans le domaine agricole que dans celui du tourisme. Tout ceci caractérise cette diversité territoriale. Et je crois qu’on veut bien me reconnaître une connaissance des problèmes du terrain. C’est ce qui m’a incité à me présenter dans cette 8 ième.

                                                                                                                                                               

IG: Avec 128 000 habitants il s’agit d’une création récente de circonscription. Mais au fait quelles sont les raisons qui ont présidé à cette création ?

 

BC: D’abord, dans le cadre de la loi. Auparavant le département du Var comprenait 7 circonscriptions, l’accroissement de la population a nécessité la création de cette nouvelle circonscription. Dans le passé le découpage des circonscriptions se faisait du Nord au Sud, maintenant il s’agit d’Est en Ouest. La 8 ième comprend 65 communes ,10 cantons, ça part du canton de Fayence (limite des Alpes Maritimes) et va jusqu’ au canton de Rians (limite des Alpes haute Provence),  touchant  ainsi plusieurs départements. Vinon est au carrefour du Vaucluse, des Bouches du Rhône, du Var, des Alpes de Haute Provence, alors qu’avec Fayence et Montauroux on va toucher les Alpes maritimes. Ainsi il fut donné suite à l’obligation de créer une nouvelle circonscription  consécutive  à l’accroissement de la démographie. Mais avec une seule grande ville, Draguignan. Il s’agit donc d’une circonscription rurale, et dont toutes les communes ont la même approche de la ruralité. Cette circonscription  constitue une entité particulière et spécifique, avec des enjeux et des problèmes

qui ne sont pas forcément les mêmes d’un côté ou de l’autre, une véritable mosaïque de territoire.

 

Description: Description: i Love Peres:Users:GMPent:Desktop:2012-04-03:2012-04-02 Article Une candidature nouvelle pour une nouvelle circonscription  photo2 Bernard CLAP.jpg2.jpg

 

IG: On peut constater que cette zone géographie a, du point de vue administratif, évolué plusieurs fois. Ainsi il y a peut-être une quarantaine d’années, Draguignan était la préfecture du Var et Toulon, la sous-préfecture. Aujourd’hui c’est l’inverse.

 

BC: C’est le gros problème de ce Haut Var. C’est-à-dire qu’en 1973-1974, et je m’en souviens très bien car je manifestais dans les rues contre le départ de cette préfecture à Toulon. Ce départ a sonné le glas de cette ville de Draguignan. A cette époque, il y avait beaucoup de fonctionnaires qui y travaillaient. Le choix a été vite fait et imposé : Il y a tout eu la même année. Il y a eu le transfert de la préfecture de Draguignan à Toulon, la mise en eau du barrage de Sainte Croix et la création du camps militaire de Canjuers avec les conséquences négatives  que l’on connait maintenant  tant sur les plans économique et culturel, que sur celui de l’activité qui ne circulent plus entre le Haut Var et les autres zones. En peu d’années, trois grands évènements qui ont complètement renversé l’attractivité du Haut Var et de Draguignan parce qu’en définitive cela a laissé des séquelles énormes. Il y a donc eu des déplacements de population. Là aussi c’est une curiosité française avec la ville de Toulon qui possède deux préfectures : une première maritime, la seconde, administrative. A cette époque-là on a voulu recentrer toute l’économie du département vers Toulon pour le profit du  développement de l’ère Toulonnaise, et ceci, aux dépens de M. Soldani, à Draguignan ; si mes souvenirs sont exacts. Tout cela fut la conséquence  d’un combat politique ! A cette époque nous vivions dans un autre contexte politique qu’actuellement. Draguignan a donc souffert de ce déplacement et a longtemps végété. C’est une ville qui ronronnait sans pouvoir se développer. Tout ceci a été mal vécu par la population Dracénoise et celle des communes environnantes. Les années 1970 ont été un peu les années noires pour notre  Haut Var.

 

IG: Mais il semblerait que cette circonscription ne se soit pas trop développée, qu’elle ait conservé  son caractère d’enclavée faute d’ouverture et de moyens de communication. Il n’en demeure  pas moins que le réseau routier et autoroutier est faiblement développé et que l’accès à la mer, qui à vol d’oiseaux est très proche de Draguignan, ne soit pas aisé.

 

BC: Le choix a été fait bien avant. Le choix de ne pas mettre de l’industrie à Draguignan, le choix de ne pas faire passer le train, puisqu’on a préféré la ville des Arcs à celle de Draguignan, le choix de garder à cette ville  « préfecture », uniquement dans le cadre de l’administration, ce fut un choix politique de l’époque fait par M. Soldani qui avait favorisé l’arrivée du camp  militaire de Canjuers. Tout cela a été réalisé dans une période où la perspective économique était différente de l’actuelle. Il ne faut pas oublier qu’à l’époque les élus n’étaient vraiment pas en charge du développement économique. Ils étaient beaucoup plus centrés vers les problèmes administratifs, la gestion des  communes, etc. Draguignan a donc toujours conservé ce rôle de pôle administratif fort. Une fois que ce rôle a disparu, comme on n’avait pas créé d’économie il ne restait plus grande chose. Donc l’axe économique actuel n’est même pas dans la Dracenie, il s’est déplacé vers Le Muy, aux abords de l’autoroute (ce qui semble logique), vers la voie ferrée et le train. Il est vrai que pour développer un secteur industriel il faut au moins des trains. A l’heure actuelle on est sur une file qui ne possède pas de pôle d’attraction économique fort. On travaille un peu sur le tourisme, un peu sur l’industrie, sur le bâtiment mais les gros travaux concernent uniquement  Draguignan, et encore ! Car il faut remarquer que la plupart de ces gros travaux ont été attribués récemment, à des entreprises étrangères à la circonscription, (c’est peut-être le choix du marché mais on peut s’interroger sur ce choix !), puis vient le secteur du tertiaire, en décroissance  avec le repli du service public. Il manque donc un pôle d’attraction économique où l’on pourrait développer tout ce que l’on possède au niveau de l’agriculture, du tourisme, du service à la personne. On possède des atouts mais on ne sera jamais  un pôle de développement économique industriel. On n’est pas dans le Nord, on n’a pas de grosses industries. Aujourd’hui il nous faut plus développer davantage une économie proche, plus sociale et solidaire  qui permette d’obtenir un emploi stable et une économie non dé-localisable. Encore faut-il arriver à mettre en place  des plateformes  avec des chambres consulaires, la banque, l’état, les collectivités, pour arriver effectivement à développer des besoins (que ce soit dans l’est ou dans l’ouest) ainsi que tout ce qui peut être l’économie verte. Il faut peut-être réfléchir différemment l’économie. C’est vrai que pour moi Draguignan est la grande ville du Haut Var mais elle n’est pas la ville  centre de cette circonscription, par exemple Vinon ne se reconnaît pas en Draguignan, Vinon est plus attirée par Manosque,  ailleurs ce sera peut-être Brignoles, pour Fayence ce sera peut-être Les Adrets ou peut-être Saint Raphael. La 8 ième est très compliquée. Je ne pense pas que Draguignan sera l’épicentre économique  de la circonscription  car il existe plusieurs centres, plusieurs pôles, plusieurs attraits différents selon que l’on habite l’ouest ou l’est.

 

IG: Je suppose donc que si vous êtes élu, votre préoccupation première  sera de créer une entité à part entière. Non seulement une entité législative, administrative, économique mais une entité  de solidarité humaine.

 

BC: Effectivement il sera important de chercher à constituer une entité commune dans cette circonscription qui est une vraie mosaïque d’entités de Fayence à Vinon, en passant par Draguignan, le centre de cette 8 ième . Il faudrait donc recentrer toutes ces entités. On a bien dit dans le passé que tout ce qui était au-dessus de la Nationale 7 ne comptait pas et c’est malheureusement notre cas. Le rôle du futur député de cette circonscription sera de s’atteler à créer une certaine osmose, et des liens entre des pôles différents, de créer cette réunion qu’elle soit économique, sociale, solidaire et environnementale. La tâche sera rude et longue. Mais je commence déjà mon tour des maires et des citoyens de la circonscription avec une caravane thématique. On sent déjà qu’il existe des soucis communs, par exemple autour de l’eau, autour de l’emploi, des services publics, de la justice, de la réforme des collectivités locales.  A travers cette recherche, on arrivera je crois à obtenir une autre perspective de cette géopolitique. Les prochaines législatives ne ressembleront plus du tout à cette première  parce qu’il y aura quelque chose de nouveau qui se sera construit. Mais je répète, je sais qu’il s’agira là d’une tache très importante et ardue.

 

IG: Donc en quelque sorte, aider le pays à sortir de sa léthargie économique. Mais pour reprendre votre qualificatif de mosaïque il faut bien remarquer que « qui dit mosaïque géographique dit aussi mosaïque d’intérêts divergents, »  qui sans être opposés seront difficiles à fédérer. Il s’agirait peut être de trouver une idée majeure capables de créer cette cohésion.

 

BC: Effectivement il faudra trouver des points d’attraits, quelque chose d’attractif, quelque chose de commun. L’histoire n’est pas la même au pays de Fayence, qu’au pays de Vinon, on n’est pas dans le même passé. Par contre c’est vrai qu’une mosaïque peut se souder au travers de ses problèmes. Ce n’est pas parce que vous êtes dans des problèmes et des visions différents que vous ne vous reconnaitriez pas dans une union. A l’image de l’Europe, on est pro ou pas Européen, on restera toujours des Français.

 

IG: Exact, à condition de disposer d’un élément fédérateur.

 

BC: Oui, mais il peut y avoir plusieurs éléments fédérateurs, qu’il soit social, économique, ou environnemental. Ce sont ces trois éléments importants qui doivent permettre la création d’une cohésion avec des degrés différents de social, d’économique ou d’environnemental selon l’endroit où vous vous trouvez. Mais on doit y arriver. Je suis actuellement en train de travailler sur un projet  qui part du canton de l’Artuby et qui pourrait alimenter Montmeyan et même plus loin, au travers des services à la personne notamment le portage des repas, la création des repas issus de la production des produits locaux. On peut avoir une cohésion économique, agricole à condition qu’elles correspondent à des besoins. C’est à travers des actions concrètes plus que de belles paroles qu’on doit pouvoir unir cette mosaïque à travers les trois axes précités. Par exemple, le problème de l’eau intéresse tout le monde que ce soit le pays de Fayence ou les autres avec les trois barrages majeurs Sainte Croix, Carcés et Saint Cassien. On parle des risques de l’eau à cause des inondations qui malheureusement se reproduiront. On parle de l’eau parce que c’est la Vie et qu’il est indispensable d’avoir sa gestion en régie. Ce problème de l’eau touche tout le monde et va toucher aussi les trois axes précités. Il va donc falloir décliner tous les aspects de ce dossier pour arriver à une cohésion humaine. Certes le dossier sera ardu à régler, il ne sera pas facile. Mais je pense qu’avec beaucoup du travail on peut y arriver. Il faudra rester à l’écoute de tous les citoyens et de leurs besoins  pour arriver à effectuer une synthèse qui recueille une adhésion et grâce à laquelle vous allez pouvoir créer une entité. En tous les cas elle ne pourra pas se faire s’il ne s’agit pas de quelque chose de partagé et de collectif

 

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IG: Vous êtes dans une zone avec un grand passé historique  et rural, un peu à l’écart des grands centres, donc dirons-nous une zone où les citoyens donnent beaucoup d’importance à leur tranquillité et privilégient leur mode de vie à l’économie. Mais a contrario ces éléments sont un obstacle au maintien de la jeunesse sur place qui ne trouve pas suffisamment d’emplois dans une économie dirons-nous très peu évolutive. Si la jeunesse part, à terme c’est la mort du pays. Comment concilier ces deux aspects ?

 

BC: Déjà pour ma part je préfère privilégier la solidarité entre les générations. C’est à dire qu’un territoire qui ne vit que pour un but (par exemple : on ne va pas faire que des maisons de retraite pour des personnes âgées, ou du gardiennage des résidences secondaires) perd toute vision de l’avenir. Pour moi la jeunesse a un rôle très important car l’avenir c’est eux. On doit leur donner une perspective d’avenir, quelque chose à laquelle elle va croire et pouvoir espérer. A l’heure actuelle si on les cantonne dans une catégorie d’emploi bien définie, par exemple l’aide aux personnes âgées, je ne crois qu’on pourra les retenir. Il va falloir conserver ce lien sacré entre jeunes et personnes âgées et trouver aux jeunes un espoir de vie, leur confier des responsabilités. J’ai dans l’idée de développer le contrat de génération jeunesse pour soutenir leurs  propres créations d’activité à travers la formation, mais aussi le portage. On ne crée pas une entreprise comme cela. Il faut donc aller les soutenir. Je faisais allusion un peu plus haut à la mise en place de plateformes. Effectivement celles-ci seront constituées de tous les acteurs afin de pouvoir mieux suivre les projets de cette jeunesse, tout faire pour que nos jeunes puissent rester au pays. Car beaucoup de jeunes préfèrent rester au pays que d’aller vivre en ville. Il vaut mieux rester à la campagne rester chez les parents et rentrer très tard  le soir qu’en ville ne trouver que des petits boulots. En ville ils n’y vont que pour faire des études nonobstant qu’il est quelquefois difficile de faire des études en ville parce que les parents n’ont toujours pas les moyens financiers pour les aider. Par ailleurs, il faut aussi qu’ils aient le choix de revenir au pays et pour cela il faut donc leur donner l’opportunité de créer leurs propres activités. Et là l’emploi passera par l’innovation, la création, leur imagination,  et par les besoins réels et concrets. Cela passera par le social, l’environnement, par toutes les richesses que l’on peut avoir et qui ne sont exploitées à l’heure actuelle. On parle de nouvelles énergies et on constate qu’elles ne sont pas, ou très mal, ou très peu, exploitées. Il s’agira donc d’arriver à mettre tout cela en place avec le maximum de cohérence avec les ainés. Car les ainés ont aussi besoin d’être aidés et accompagnés dans la dignité. J’ai en gestation pour ces ainés une grande idée. Il s’agit de ces maisons où il existe des jeunes qui ont la possibilité d’aider leurs ainés

Ce type de résidence existe déjà dans certaines régions à la grande satisfaction des intéressés. Ca ne remplace pas la maison de retraite mais ce peut être un moyen terme. Tout ceci démontre aussi qu’il faut une grande cohésion entre les générations, de la tolérance des ainés vers les jeunes et du respect des jeunes vers les ainés. Certes il n’existe pas ou peu d’universités dans les zones comme les nôtres. Certes un territoire comme Fayence est un territoire constitué de plus de retraités que d’actifs. Le Haut Var est surtout une zone de résidences secondaires : 70% pour certaines communes ; donc plus que d’actifs ou de résidents. Est-ce qu’un jour on finira par se retrouver à 100% de résidences secondaires ? Qui gardera alors le village ? Qui s’occupera alors des personnes âgées ? Il faut donc constituer ce lien générationnel pour obtenir aussi cette cohésion sociale.

Je crois que cela est aussi une question de volonté  et qu’il faut, dès maintenant, mettre la première pierre à l’édifice, même si l’on ne le verra jamais achevé.

 

 

                                                                                                        

IG: Vous allez donc  être opposé à une forte opposition de l’UMP dans votre circonscription. Qu’est-ce que le Parti Socialiste, au travers de votre candidature, pourra apporter de plus que les autres partis en lice ?

 

BC: Dans une première analyse la circonscription apparaît comme majoritairement à droite, l’UMP et le Front National réunis. A l’Est du côté de Fayence, c’est majoritairement à droite, au centre, sur Draguignan on est sur du 40%, 60%, dans l’ouest on est déjà majoritairement  plus à gauche qu’à droite. Actuellement la droite apparaît comme divisée. A Draguignan le Maire est en différend avec son premier adjoint, Audibert, qui lui a reçu l’investiture de l’UMP. Quand je vois que tous les deux ont fait un choix bizarre en matière de colistier. Pour M. Piselli c’est M. Cavalier qui est le  conseiller général du canton de Fayence. Pour M. Audibert c’est M. Bottero le maire de Montauroux, avec comme président de son comité de soutien M. Fabre maire de Fayence. Quand je vois que le candidat du MODEM de la 8 ième circonscription  est de Callian, je me pose des questions ! Est-ce que cette 8 ième circonscription ne serait pas que la circonscription des gens de l’Est ? C’est une première interrogation, mais c’est grave pour l’avenir car cela veut dire que tout l’Ouest risque d’être oublié. Moi je suis candidat, maire de Trigance dans le Haut Var. J’ai pris une suppléante qui habite  Draguignan et qui ne fait  même pas  de politique. Une citoyenne qui  ne possède aucun mandat électoral. Eux ont voulu prendre des élus forts de leur expérience ; moi je préfère prendre des gens forts de leur citoyenneté. C’est un choix ! Mais qui signifie quoi ? Que demain tous les efforts vont privilégier la partie Est de la circonscription au détriment du côté Ouest ? Il y a là un vrai risque !

Moi je pense qu’être Député ce n’est pas cela ! Etre député c’est représenter effectivement les citoyens de la totalité de cette circonscription. Pour moi cela annonce déjà qu’on va préférer une partie des citoyens plus à droite que l’autre, même si dans cette zone, 30 % des électeurs votent à gauche.

Pour moi les faits et l’action politique sont majeurs et sont à privilégier  plutôt  que de parader dans les marchés. Mais je crois que  c’est plus dans le fond qu’il va falloir aller, et, on verra aux mois de mai et de juin s’il y a, de leurs parts, de véritables projets politiques concrets sur l’ensemble de ce territoire. Je suis dans l’attente de savoir comment vont se dérouler les présidentielles et dans ce cas si les sondages sont confirmés le nouveau président de la république sera François Hollande. Et être le candidat du nouveau  Président de la république ; je pense que cela peut beaucoup modifier les choses sur cette 8 ième. Si ce n’est pas le cas, il faut avouer que j’ai un très gros défaut : je suis entier. J’irai donc jusqu’au bout. Je suis déterminé à y aller parce que j’y crois. J’y crois fortement et ainsi que toutes les personnes qui sont autour de moi, qui me soutiennent (elles sont à peu près 90 qui forment le comité de campagne). Tous ensemble nous sommes capables de remporter la victoire. Je sais qu’il faut beaucoup de forces et de conviction pour cela. Dans tout le programme que développe François Hollande j’en reprends une grande partie à mon compte, sur d’autres aspects je serais plus circonspect ;  notamment sur le contrat jeune et l’innovation jeunesse où je pense, par exemple qu’il appartient à cette jeunesse de porter  davantage le contrat entreprise. Je crois que ce sont eux, les jeunes, qui doivent porter leurs emplois. Il s’agit là d’une déviance  mais qui reste minime. Je crois que tout ce que propose le candidat François Hollande a bien été repris dans mes thématiques. Il s’agit de réponses à des besoins qui s’adaptent bien à notre territoire.

 

IG: S’agissant d’élections législatives qui se dérouleront très proches des présidentielles, on ne peut nier l’étroite imbrication des unes sur les autres et constater que les résultats des présidentielles influenceront énormément sur ceux des législatives. Pour achever cette interview pourriez-vous nous présenter votre colistière Christelle Brochet ?

 

BC: Christelle Brochet est une jeune maman, qui fait de la formation informatique vidéo, numérique pour des personnes en difficultés socialement. C’est une jeune citoyenne sans engagement politique mais avec un engagement citoyen. J’ai beaucoup milité pour avoir une suppléante, quelqu’un de jeune qui incarne l’avenir. Quelqu’un qui puisse avoir cette approche et ce discours citoyen  pour construire en définitive cette 8 ième circonscription. Il n’est pas dans son tempérament  de croire que son rôle s’arrêtera le jour de la fin des élections. Elle aura beaucoup à faire notamment avec les jeunes. On n’aurait pas pu parler de suppléante d’avenir si j’avais opté pour une suppléante ou un suppléant d’un certain âge, car entre génération différente on n’a pas la même approche, le même discours, la même vision des choses. Quand je parle de mosaïques c’est de tous ces éléments auxquels je fais référence, car je veux faire de cette diversité une richesse plutôt qu’une charge.  Je suis sûr qu’elle saura très bien répondre à tout ce qui est social et solidaire, de par son métier  et de par sa jeunesse. D’autres candidats ont fait appel à des personnes ayant une grande expérience de mandat électif. Mais est-ce cela la politique moderne ? Je ne  le crois pas. On est surtout là pour rendre service aux citoyens et oublier un peu son ego ou une ambition personnelle. Voilà pourquoi mon choix s’est arrêté sur Christelle Brochet. C’est quelqu’un qui fera de belles choses dans l’avenir.

 

IG: Merci, quel sera votre mot de la fin ?

 

BC: Pour terminer je vous préciserais uniquement notre profession de foi :

« Etre au service des citoyens  pour agir tous les deux  dans le meilleur respect et l’efficience possible, du mandat éventuel que voudront bien nous confier ces citoyens de la 8iéme circonscription du VAR ».