DIALOGUE DE SOURDS ENTRE QUEBEC ET OTTAWA ?

 

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Interview du Premier Ministre Québécois (ex):

Bernard LANDRY

 

 

 

 

 

 

Isidore Grao

Le 30 mars 2012

www.lavoixdecartier.com

 

Interview mardi 13 Mars 2012

 

 

IG : Bonjour monsieur Le Premier Ministre. Depuis notre dernière interview, dix-huit mois se sont écoulés ! Dix-huit mois pendant lesquels on ne peut pas dire que la vie politique Québécoise « ait été un long fleuve tranquille » surtout si l’on regarde du côté des partis souverainistes. Le 2 mai 2011, contre toutes attentes, le Bloc Québécois a été balayé par la vague orange du NPD (Nouveau Parti Démocratique).

                                                                                                                     

BL : En effet il est survenu des choses d’abord difficiles et surtout pénibles à interpréter. Mais tout est rentré dans l’ordre, aujourd’hui. Le Bloc Québécois a connu une défaite cuisante. Mais les sondages démontrent depuis quelques jours, sinon quelques semaines, que le Bloc Québécois a repris la tête dans les sondages, dépassant tous les partis y compris le Parti néo-démocrate qui l’avait balayé. Ceci est de bon augure. Il y a eu aussi des crises majeures au Parti québécois qui se sont manifestées par des départs et par des mises en questions du leadership. Tout cela se remet peu à peu en place. Sauf peut-être pour les départs. Ceux qui sont partis à l’été 2011 vont peut-être revenir, mais ne sont pas revenus encore. Il y a quelques semaines le Parti Québécois était menacé de désastre électoral. Mais les nouveaux sondages démontrent qu’il aurait repris la tête. Il devance maintenant les Libéraux, la CAQ (Coalition Avenir Québec) et vraisemblablement prendrait le pouvoir s’il y avait des élections demain. C’est une très bonne nouvelle. Parallèlement l’appui à la souveraineté devient plus affirmé qu’il ne l’était à dix mois du référendum en 1995. A l’époque nous étions partis de 39 % et nous avons fini à 50 %. Actuellement nous sommes aux environs de 43, 44 %. Cela signifie que les circonstances sont intéressantes.

 

IG : Il est vrai que c’est au moment où Madame Pauline Marois obtient un très beau score à son congrès de fin avril 2011, qu’elle devient très contestée et que cela entraine le départ de certains députés.

 

BL : Il est vrai que le départ de certains députés a été ressenti comme un véritable crève-cœur par les péquistes car il s’agissait de députés de première qualité. Mais maintenant que tout est revenu en ordre à l’intérieur du parti, je crois que l’on va assister à des retours. Madame Marois a annoncé déjà la création d’un comité de gens très responsables pour remettre en avant la question de l’indépendance. Ceci devrait régler je l’espère de nombreux problèmes. Je crois que de nombreuses personnes qui avaient tourné le dos au PQ (Parti Québécois) vont pouvoir maintenant y revenir au nom du service de la cause nationale.

 

IG : On peut espérer le retour de Louise Beaudoin et de Pierre Curzi mais pas de Lisette Lapointe qui serait susceptible de se retirer de la vie politique ?

 

BL : Effectivement il faut aussi respecter les décisions individuelles  et personnelles. Je n’en sais pas plus à ce sujet. Mais par ailleurs je constate que M. Jean Martín Aussan qui a créé son parti ON (Option nationale) est très ouvert pour son retour si le Parti québécois met le thème de l’indépendance en avant dans son programme d’action. Il est même ouvert dans ce cas à une fusion de son parti avec le PQ.

 

IG : D’autant que ce parti de création récente (en 2011) serait en nette progression. 

 

BL : Le parti ON est à 2 % dans les sondages. Il rassemble beaucoup de militants et de militantes de grande qualité. Une chance que tout cela pourrait revenir au Parti québécois si celui-ci se recentre sur ses objectifs et fournit des efforts en la matière.

 

IG : Vous participiez ces jours derniers avec Daniel Turp et certaines autres personnalités québécoises à un colloque  à Toronto sur l’avenir du Québec. Quelles conclusions en tirez-vous ?

 

BL : Le colloque a été très inspirant d’une certaine façon pour connaître la vérité. Le Canada anglais ne veut faire aucun changement à la constitution et ne veut faire aucune concession au Québec. Pour eux le dossier est terminé. C’est ainsi que l’on peut globalement conclure le colloque. D’ailleurs l’organisateur, M. Irvin Studin de ce colloque a écrit un article sur le Devoir qui est assez significatif à ce sujet. C’est clair, on s’accommode. Ce que je pensais auparavant, ce colloque me l’a confirmé dans cette conviction. Pierre Trudeau  qui nous a imposé d’une façon unilatérale la constitution en 1982, avait déclaré : « Cette constitution durera mille ans ». Lui-même avait déclaré que le dossier était clos. Plus tard jean Chrétien dira : «  Le magasin général est fermé, le Québec n’a qu’à s’accommoder ». C’est un puissant stimulant pour la bataille pour l’indépendance, si certains rêvaient que le Canada ferait des concessions, et que l’on pourrait s’arranger. Mais maintenant cela devient illusoire. Il ne reste donc qu’une option. L’option de toutes les nations qui veulent aller à l’indépendance de la façon démocratique que nous avons choisie. Mais il faudra pour cela que le Québec soit le plus rapidement possible aux Nations Unies et sois maître de tous ses moyens juridiques et financiers comme un pays membre de l’Union européenne.

 

IG : Suite à ce colloque, M. Irvin Studin rédacteur en chef du magazine Global Brief et professeur adjoint à l’Université de Toronto, a déclaré dans un article paru sur Le Devoir.com :

-« Sans le Québec, il n’y a pas de Canada : Sans le Québec actuel, le Canada ne jouirait d’aucune continuité territoriale. Le Canada ne survivra pas à cette rupture territoriale ni économiquement, ni sur le plan de la cohérence de son identité, ni sur le plan géopolitique. »

Que pensez-vous de cette déclaration ?

 

BL : Il se trompe sur tous les items. Premièrement, les frontières géographiques ne sont plus celles qu’elles étaient autrefois. Entre l’Allemagne et la France, il n’y a plus de frontières économiques. Ce que nous allons proposer au Canada, suivant le modèle européen, c’est la libre circulation des biens et des services, des capitaux et des personnes, ce qui signifie que le lien, d’un habitant du Nouveau  Brunswick qui est à l’est du canada et un autre de l’Ontario qui est à l’Ouest, ne soit pas rompu. Il s’agira de la libre circulation pour les personnes comme pour les biens. En quoi le Canada pourrait-il souffrir de cela ? Deuxièmement,  l’unité territoriale du Canada. D’après la constitution du Canada actuelle, on ne peut changer les limites territoriales d’une province sans autorisation de cette province, donc ils ne peuvent rien faire présentement. Le jour où l’on deviendra indépendant, on tombe dans le droit international. Or, le droit international dit qu’un ancien pays qui devient indépendant garde ses frontières originales. Donc M. Studin se trompe dans son analyse. Le Québec territorial doit rester le Québec territorial, et le Canada territorial, aussi.

 

IG : Toujours du même auteur, celui-ci ajoute : « Sans le Canada, il n’y a pas de Québec ou du moins qu’un Québec appauvri, amoindri et replié sur lui-même ».

 

BL : C’est presque ridicule. Le Québec est une terre d’ouverture extraordinaire. Nous avons des relations  intimes avec plusieurs pays d’Europe de l’Ouest, de l’Amérique latine. Nos créateurs, nos interprètes se produisent dans le monde entier. On reçoit ici, cinquante mille émigrants par an. Au Canada, c’est le Québec qui a fait la bataille pour le libre-échange avec les Etats-Unis. C’est tout le contraire de la fermeture. Le Québec est un modèle d’ouverture. Le Canada est plus angoissé car il a des problèmes de domination  culturelle américaine  car ils ont la même langue. Nous notre langue nous sauve et notre distinction nous sauve. Alors sur le plan économique c’est ridicule de déclarer que le Québec ne pourrait pas être indépendant  car il se situe dans les trente plus grandes puissances économiques du monde. Il bénéficie d’une économie dynamique avec une haute technologie, nos multi nationales pour un pays de huit millions d’habitants sont impressionnantes par le rôle qu’elles jouent dans le monde. On a des richesses naturelles extraordinaires, on voit ce que l’on trouve dans le Grand Nord. Tous les indices suggèrent que le Québec va devenir une puissance pétrolière d’ici quelques années avec d’énormes ressources. Alors dire que le Québec ne peut pas être indépendant relève de la haute fantaisie

 

IG : Pourtant, récemment encore on a constaté que de grandes multinationales déplaçaient leurs sièges sociaux du Québec pour d’autres provinces canadiennes, en Ontario par exemple ?

 

BL : Non elles ne quittaient pas le Québec pour aller vers l’Ontario, mais plutôt vers l’Alberta. Et pendant ce temps les entreprises Québécoises ont pris des précautions. Leurs sièges sociaux de Montréal pouvaient remplacer d’autres de moindre importance. Par exemple Lavalin qui est la première firme de génie conseil du monde, Bombardier qui est le premier fabriquant de matériels de chemin de fer, Bombardier est le troisième avionneur, tous ont leurs sièges sociaux à Montréal alors que les compagnies de seconde importance ont décidé d’aller à Calgary. On peut  les comprendre puisque  Calgary jouit actuellement d’un boom pétrolier. Mais à Montréal, ce que nous avons ; nous appartient. C’est plus solide que d’avoir des sièges sociaux qui se déplacent.

 

IG : Pourtant il me semble que dans les mois précédents avoir lu qu’Hydro Québec manifestait une semblable éventualité de transfert, non ?

 

BL : C’est absolument impossible. Hydro Québec appartient à 100% à l’Etat du Québec et a son siège social à Montréal. Hydro Québec c’est près de Cinquante mille mégawatts d’électricité hydraulique donc propre, c’est un avantage fabuleux.

 

IG : Pour revenir au  récent colloque de Toronto il a été question de constitution et surtout de l’absence de constitution au Québec depuis son  refus de signer un texte imposé par le fédéral en 1982.

 

BL : Contre la volonté unanime de notre Assemblée Nationale, le Canada a voulu nous imposer un texte dont un des buts était de diluer l’identité nationale du Québec, en faisant du Canada un pays multiculturel et bilingue.

 

IG : A ma connaissance, le professeur Daniel Turp devait préparer un projet de constitution pour le Québec. Savez-vous dans quel état de développement est actuellement ce projet ?

 

BL : Daniel Turp est un très bon juriste, un très bon expert, et son projet est extraordinaire. La constitution canadienne qui nous est imposée sera remplacée par la constitution du Québec  que nous aurons choisi nous-mêmes.

 

IG : Selon M. Gilbert Paquette, président de l’IPSO  et coordonateur du mouvement « Cap sur l’indépendance », qu’une province veuille se doter d’une constitution, ce serait se doter d’une constitution de second ordre, la préséance étant toujours donnée sur le plan juridique à la constitution canadienne. Qu’en pensez-vous ?

 

BL : Oui mais moi je me situe dans un contexte d’indépendance. Quand nous aurons choisi l’indépendance la constitution canadienne n’aura plus aucun droit au Québec.

 

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IG : Au Québec, on étaye beaucoup cette volonté de souveraineté par le langage (c’est le français et la loi 101) et une constitution Québécoise spécifique. Mais il semble pour le Français  que je suis, que ces deux éléments soient insuffisants pour recueillir une majorité de Québécois à cette indépendance. Il semblerait manquer un troisième élément fondateur que sont les valeurs de tradition, de morale, voire même de civilisation. L’exemple le plus fragrant entre autres c’est l’existence d’un registre des armes rejeté par Stephen Harper mais voulu par le Québec. Qu’en pensez-vous ?

 

BL : De facto il y a déjà deux pays. Le Canada avec ses valeurs, ses mentalités qui souvent se rapprochent de celles des Américains et souvent  du sud des Etats-Unis et le Québec qui est beaucoup plus Européen. Le Québec c’est la partie la plus européenne des Amériques. Souvent quand on fait un sondage d’opinion sur à peu près n’importe quel sujet, les réponses obtenues à Montréal sont plus près de celles de Paris, Rome et Londres que celles de Toronto ou Calgary. Déjà de facto sur le plan affectif, sur le plan culturel, sur le plan identitaire, sur le plan des mœurs, même de la gastronomie, le Québec est déjà un pays différent. L’indépendance va uniquement consacrer la réalité déjà existante. Dans la génération de mes enfants et de mes petits-enfants l’identité Québécoise ne fait aucun doute. Quand j’étais à l’école élémentaire nous étions des canadiens français, mais cela est dépassé, derrière nous, nous avons découvert notre nom et notre identité et ceci est la base de tous les combats pour notre indépendance. Il s’agit de rendre physique ce qui déjà s’applique dans les faits.

 

IG : A votre avis, en 1995, la victoire pour le moins litigieuse du non au référendum s’est faite dans des conditions que la majorité des Québécois critique et qui leur a laissé un gout amer. Alors pourquoi puisque le contexte « revanchard » s’y prêtait ; le PQ  qui était au pouvoir à l’époque n’a pas initié, à court terme,  un nouvel référendum ?

 

BL : Vous avez raison mais on ne peut pas revivre l’histoire à l’envers. L’exemple Irlandais a par exemple parfaitement démontré que l’on peut obtenir une réponse une année et son contraire l’année suivante. Pour nous ce fut une erreur historique. Jacques Parizeau est parti dans les conditions que l’on connaît  et a été remplacé par Lucien Bouchard. Ce dernier n’a pas saisi l’occasion qui se présentait. Ce n’est pas un reproche que je lui fais. D’ailleurs j’étais membre de son gouvernement. Mais peut être qu’on a manqué de réflexe au cas particulier. Mais si un an après, avec Parizeau, Bouchard et Dumont on avait organisé un autre référendum, mais cette fois-ci en prenant toutes les précautions qu’imposaient les circonstances pour empêcher les fédéraux d’avoir le comportement illégal qu’ils ont eu, on aurait peut être gagné ; Mais là on est dans l’hypothèse totale.

                                                                                                                                                    

IG : Effectivement on peut dire que vous étiez dans un contexte favorable.

 

BL : Oui très favorable mais attention qui est en train actuellement de se reconstruire, car le gouvernement conservateur est en train de créer, de par son comportement envers le Québec, un contexte extrêmement favorable. La mentalité canadienne entièrement fermée à tous changements crée aussi un mouvement  favorable.

 

IG : Pourtant Daniel Turp aurait déclaré que rien ne se produira à moins que le Québec ne prenne l’initiative et cela ne surviendra que si le PQ ne remporte les prochaines élections. Partagez-vous ce point de vue ?

 

BL : Le PQ se dirige vers une victoire aux prochaines élections.

 

IG : Le PQ risque de remporter les prochaines élections mais sera-t-il en mesure de former un gouvernement majoritaire car il risque de se heurter à une forte opposition de la CAQ et du PLQ.

 

BL : C’est vrai que cette opposition des 2 partis peut nuire mais une projection des résultats virtuels d’aujourd’hui, donnerait un décompte des sièges à l’assemblée nationale favorable au P.Q. Le  PQ deviendrait aussi majoritaire que le Parti conservateur au fédéral.

 

IG : Pendant ce temps-là Stephen Harper prend des décisions manifestement incomprises au Québec : exemple : nomination de juge unilingue à la Cour suprême, suppression du registre des armes à feu, etc.

 

BL : Sans oublier la passion royaliste, la Reine d’Angleterre, au Québec est considérée comme un personnage étranger, que l’on respecte personnellement, mais qui n’est considérée que folklorique au niveau de la justification juridique. Comment considérer le chef de l’état auquel j’appartiens, « l’Etat Canadien et la Reine d’Angleterre ». Cela n’a aucun sens pour nous. Alors que Stephen Harper est en train actuellement de remettre en avant la royauté. Pire les institutions qui étaient royales autrefois, qui ne l’étaient plus, sont en train de le revenir comme dans l’armée, par exemple, avec de nombreuses photos de la Reine. Je les comprends ce sont des britanniques qui sont étroitement attachés à tout cela, mais au Québec c’est le contraire.

 

IG : C’est aussi Ian Brodie, ancien chef de cabinet de Stephen Harper, qui déclarait récemment que tous les débats actuels provoquaient une certaine incertitude qui finissait par nuire à l’économie du Québec exemple : transfert de certains sièges sociaux,  ralentissement des investissements étrangers, etc. Qu’en pensez-vous ?

 

BL : C’est du n’importe quoi. C’est pendant que les indépendantistes étaient au pouvoir que le Québec a rattrapé l’Ontario sur le plan économique. Il y a trente ans quand un Ontarien gagnait cent dollars, les Québécois en gagnaient soixante. Aujourd’hui c’est cent dollars pour cent dollars. On les a rejoint, en terme de contrôle d’économie on est en train de les dépasser. Ils n’ont pas l’équivalent de Bombardier, ni de Lavalin. Au contraire si l’indépendance éventuelle du Québec venait à se faire quelles seraient les incertitudes qui viendraient à se déclarer ? Réglons ce problème d’incertitude par l’indépendance et tout sera dit. On pourra ensuite se consacrer principalement à la création de la richesse et à sa répartition et le Canada fera de même.

 

IG : Récemment j’ai eu l’occasion d’interviewer un héros Québécois, il s’agit du Commandant Robert Piché qui me faisait connaître un peu son état d’âme devant le problème de la langue. Par son métier, pilote d’Airbus, il doit s’exprimer exclusivement en anglais, qui est le langage de communication international, mais il ne souhaite pas pour cela ne plus adhérer à la notion de souveraineté de son pays ; Qu’en pensez-vous ?

 

BL : Effectivement j’ai eu l’occasion de décorer pour son acte de bravoure, le Commandant Robert Piché. Sur le problème de la langue, quelles que soient ses aspects, cela n’empêche pas les pays de protéger  leur langue nationale. Par contre au sujet de ce respect, j’ai l’impression que quelquefois la France le fait moins ardemment que nous. Je viens de rentrer d’un séjour en France et j’ai eu l’occasion de constater un affichage en anglais à tous propos et plus inquiétant en certaines manières qu’au Québec. Je crois que vous avez des efforts à faire pour cela car vous allez vous réveiller un jour avec peut être une mauvaise surprise. De ce côté-là les Allemands et les Russes sont plus résistants et plus protecteurs de leur langue nationale.

 

IG : Oui, mais pour nous français l’utilisation de l’anglais relève surtout de l’effet de mode. Savoir parler anglais pour certains signifie que l’on est cultivé. Je dis bien, à mon avis, cultivé et non instruit. Votre observation relève du bon sens, mais pour nous je ne crois pas qu’il faille craindre l’invasion de la « perfide Albion » qui est le terme que nous utilisons quelquefois pour qualifier l’Angleterre.

Par ailleurs, s’agissant du Québec je voulais soulever les multitudes de tracasserie administrative que rencontrent à leur arrivée chez vous, des postulants français à l’immigration. J’aurai cru que cette communauté de langage aurait fait des français des privilégiés et qu’ils auraient pu avoir aide et assistance des pouvoirs Québécois en la matière ! Or ce n’est pas le cas ! J’ai parmi mes amis un couple d’infirmiers qui de guerre lasse a abandonné toute velléité de départ.

 

BL : Si vous parlez de la langue française (de Belgique ou de France ou Luxembourg), c’est considéré comme du positif, dans un dossier d’immigration.  On a encore du chemin à faire mais les derniers accords du Québec vont beaucoup aider à l’immigration française qui est déjà  très importante. On compte six mille cas par an, et on en a besoin. On est en train de régler toutes les difficultés que vous venez de citer. D’autre part, il y a eu aussi, en la matière, des efforts très importants faits par la France dans ce dossier.