DILUN ISTOURIC

« Oublier le passé, c’est se condamner à le revivre »

Thierry Jan

 

 

 

 

Isidore Grao

Le 19 mars 2012

www.lavoixdecartier.com

 

 

Notre ami, Thierry Jan nous envoie deux petits textes : le premier à connotation politique. En ce sens le journal électronique « La voix de cartier » se défini comme apolitique, mais n'hésite pas à publier tous les courants politiques.

 

Le second, est une peinture d'un petit village de l'arrière pays niçois, Guillaumes, où il fait bon musarder dans les ruelles. Ne serait-ce que le voyage de Nice à Guillaumes vaut la peine du détour pour la traversée des gorges de Daluis, le pont de la mariée (de sinistre mémoire!). Une belle escapade touristique.

 

Isidore Grao

 

 

ÉDITORIAL NUMÉRO  8 DU LUNDI 19 MARS 2012

 

La campagne électorale devient de plus en plus un combat de gladiateurs. On assiste en effet à des empoignades entre les candidats, lesquelles trahissent une soif de pouvoir qui en aveugle certains et les pousse à une opposition systématique aux projets ou propositions du président sortant. Ce dernier se retrouve ainsi, un peu comme saint Sébastien sous les traits des flèches de ses adversaires. Cette élection, ce qui montre la tristesse intellectuelle du débat, est uniquement axée sur l’attaque, souvent malhonnête, de ce président dont on ne retient que les maladresses et dont on oublie les réussites. Si aujourd’hui la France n’est pas dans la situation régressive de certaines nations, c’est à ses décisions, certes impopulaires, que l’on doit notre situation relativement privilégiée. Oublions ces joutes politiques et la position partisane de certaines chaînes de télévision qui ne favorisent, montrant leur manque d’esprit objectif, que certains candidats, ce qui est une faute déontologique de leur profession et de leur mission. Un journaliste doit être neutre et objectif. Allons donc musarder sur les rives du Var, fleuve tant déchiré par les aléas de l’histoire. Avec le retour des beaux jours, nous allons remonter son cours capricieux, lequel fut une frontière entre le royaume des Lys et notre cher Comté de Nice et découvrir un village jadis bastion fortifié par Vauban : Guillaumes

 

T Jan.

 

 

 

 

 

GUILLAUMES

 

On accède à ce petit village provençal après avoir traversé les gorges de Daluis qui à elles seules méritent l’excursion. Notre car semble danser sur cette route qui serpente entre les parois rocheuses  ici  presque violettes. Les précipices sont fascinants ainsi que cette femme qui garde l’entrée des gorges et doit certainement connaître le secret du pont de la mariée. C’est en effet un fait divers survenu en juillet 1927 qui a donné son nom à ce pont. De jeunes mariés en voyage de noce, le choix est étonnant, décident par une nuit d’été d’aller se promener dans les gorges, la suite appartient au roman noir. On a quitté à regret les gorges et l’on arrive dans ce village au confluent du Tuébi et du Var. Il faut ici souligner que les gorges de Daluis sont en fait celles du fleuve qui fut jusqu’en 1860 la frontière entre la France et les Etats de Savoie. Guillaume doit son nom à Guillaume II chassa les Sarrasins et fonda la commune en 972. C’est une ancienne cité fortifiée par Vauban qui y viendra 3 fois à la fin du XVII° siècle. Son église est surtout remarquée par son clocher Lombard Roman du XIII° siècle. La montée des pénitents nous signale la présence d’une confrérie de pénitents blancs, leur chapelle fut démolie en 1960. Quand le Comté de Nice se dédiait aux ducs de Savoie en 1388, Guillaume resta fidèle à la maison d’Anjou. Ce n’est qu’en 1760, quand on fixa la frontière sur le Var, que le village, passa aux Savoie étant sur la rive gauche du fleuve. On peut d’ailleurs observer sur cette rive des anciennes bornes frontières avec le lys de France et la croix de Savoie. Le lavoir qui fut bâti à l’emplacement de l’ancien hôpital saint Jacques, nous permettra de découvrir en cinq ou six tableaux l’histoire de ce petit village qui reste très attaché au roi René et à la reine Jeanne. La reine Jeanne, une polémique conteste sa présence, avait un château dont il ne nous reste que des ruines. Il fut détruit après les rectifications de frontières de 1760. Ces ruines historiques dominent le village. Vous pouvez y accéder par un sentier. Sur une petite place, vous dominerez le village et la vallée, encerclés par les sommets dentelés. La magnificence des lieux vous incitera a y rester, d’ailleurs c’est l’heure du pique-nique.

En 1814 des soldats du village firent durant la campagne de Russie un vœu et ayant été exaucés, depuis chaque 15 août le village se rend à Notre Dame du Buyeï en souvenir de ces enfants du village Cette madone avait déjà protégé les habitants lors de l’incendie du 22 août 1682. Un ex voto est exposé dans cette chapelle de la Madone du Buyeï, laquelle se trouve à l’entrée du village. En venant des gorges. Place Jean Pazzi du nom d’un ancien champion de ski, on pourra admirer le pressoir.  Le musée des arts et traditions ouvre seulement en été. Il y avait un ghetto juif au XIII° siècle et rue Raymond Béranger, hommage au Comte de Provence Comte de Provence, on peut en étant observateur découvrir un linteau de porte avec une étoile à 6 branches et une date : 1774, c’était la synagogue. Une fontaine avec la mention : « fontaine des bêtes heureuses » nous rappellera que ce village est une étape importante sur la route de la transhumance.

 

 

T Jan.

 

Renseignements : thierry_j06@yahoo.fr

Deuxième année de parution