DILUN ISTOURIC

« Oublier le passé, c’est se condamner à le revivre »

Thierry Jan

 

 

 

 

 

Isidore Grao

www.lavoixdecartier.com

Le 24 février 2012

 

 

 

ÉDITORIAL NUMÉRO :  5  DU LUNDI 27 FEVRIER 2012.

 

Pour les chrétiens, c’est l’une des périodes les plus importantes de l’année. La grande douche de nos corps et de nos âmes souillés par les distractions du monde. Le Carême est en effet une période privilégiée où l’on peut se réconcilier avec soi même, avec Dieu qui est en nous qu’on le veuille ou pas. Nous avons ainsi une chance inouïe, chaque année, comme la course d’un astre, il  nous est possible de renouer notre lien filial avec ce père et de recevoir son pardon.  Carême ce n’est pas le jeûne et le renoncement, c’est au contraire un grand nettoyage ‘ de printemps’, une remise en cause de nos fausses certitudes et il faut des forces pour surmonter cette épreuve et vaincre nos mauvaises habitudes et la Foi en est l’essence et le moteur principal. Cette semaine nous allons découvrir un curieux village ignoré par les masses touristiques et qui pourtant est le berceau du prince de la gastronomie française.

T Jan.

Villeneuve Loubet Village

 

Le village situé au confluent du Loup et du Mardaric, s’élève sur son tertre dominé par le château du marquis de Panisse Passis. L’église saint Marc abritant le tombeau de sa famille. Depuis celle-ci, c’est un panorama sur un paysage de collines vallonnées et verdoyantes. La mer nous apparaît dans un recoin, marbrée, allant du vert au bleu, lequel se confond avec celui d’un ciel immaculé à peine déchiré par le trait furtif d’un avion. La chapelle N D d’Espérance au dessus du cimetière, est le second édifice religieux du village. Le mur d’enceinte du château, protège un espace boisé, écrin de ce château dont la tour du XII° siècle est le plus ancien édifice de Villeneuve Loubet. Une flamme flotte, dansant sous un vent léger, au plus haut de l’édifice : « Monsieur le marquis est là ! » nous dit une vieille pliée en deux qui s’éloigne en trottinant. À l’ouest, sur notre gauche, on distingue une autre tour, mince silhouette effilée. Ce serait une ancienne propriété de Viviane Romance que les habitants nomment tour de la Madone. Les armoiries du village sont deux cocons de vers à soie croisés sur un écu à fond jaune. Villeneuve Loubet, c’est avant tout Augustin Escoffier, né ici en 1846. C’est lui qui a fait de la cuisine française cet art connu dans le monde entier. Un musée lui est dédié ici. Ce sont une dizaine de salles qui nous plongent dans l’univers d’Escoffier, dans cet art culinaire que certains nomment le 8° art. Le musée attire beaucoup de visiteurs. Il est le seul de ce type en France. Déambulant dans les salles, on découvre tour à tour : les cuisines (là où se fait le coup de feu avec le chef à son piano !) C’est lui qui orchestre le menu et les repas.  Les menus, il y en a toute une collection. On se croit dans : un des plus grands palaces Européens,  une réception d’ambassade, un paquebot de croisière ou encore à la table d’un chef d’Etat. Leur lecture fera saliver les gourmands que nous sommes. Le bureau d’Auguste Escoffier au Carlton de Londres où il officia entre 1899 et 1919, est reconstitué. Ce musée est un hommage au bon goût, au beau et au raffinement. L’histoire n’est pas oubliée avec ce menu de quatre services, servit au roi Louis XV en 1757. « Le menu alignait autant de vers un sonnet » disait Colette. Des eaux fortes de Théodule Ribot (1823-1899), caricatures où l’humour est présent, sont exposées pour notre plaisir.  Le conservateur, monsieur Michel Bourdin nous fait quelques confidences sur l’avenir de son musée : « Le musée est appelé à devenir le Panthéon des cuisiniers célèbres. ». Comme tout maître, Escoffier avait et a toujours des disciples. Ces derniers sont de par le monde les ambassadeurs d’Escoffier et de la cuisine française. Le guide Michelin a sa salle. Puis c’est une large fresque qui nous explique l’évolution de la cuisine à travers les temps. Le premier restaurant ‘De Beauvillier’ ouvrira à Paris en 1782. Le métier de cuisinier va alors changer du tout au tout. Cà n’a plus rien à voir avec le cliché des auberges des films de caps  et d’épées de notre enfance. Talleyrand collectionnait les péchés capitaux dont la gourmandise. Son cuisinier Antoine Carême (1783-1833) l’aidait dans sa quête gastronomique. Auguste Escoffier va innover avec l’invention du menu à prix fixe. Le visiteur flatté dans ses papilles, sera  récompensé par la dégustation d’un café au café Divin. Un autre musée mérite votre visite. On devrait plutôt dire deux musées. Une première partie est consacrée à des expositions de peintures qui changent tous les mois. L’ambassade des arts est une galerie réservée à ses adhérents. L’originalité étant que chaque jour, une œuvre est exécutée en public. Aujourd’hui, c’est un tableau de Ghislaine de Seulian qui attire tout particulièrement notre attention : « Le temps est figé, ce petit garçon en costume marin avec son chien, c’est au parc Monceau en 1870 ! » nous dit l’artiste. Dans les deux étages supérieurs, c’est le musée militaire. Tout un amoncellement de documents, uniformes, maquettes, photos, armes, casques, képis et insignes, qui nous replongent dans l’histoire avec des reconstitutions de batailles dont le débarquement. Ce musée passionnera les adultes et les enfants. Chacun se reverra jouer avec ses petits soldats et la maxime : « L’homme est comme un enfant, il n’y a que la taille des jouets qui change. » se vérifiera.

 

T Jan.

 

Renseignements : thierry_j06@yahoo.fr

Deuxième année de parution