LANGUE DE  MOLIERE  OU  DE SHAKESPEARE  AU  QUEBEC

2ième partie :

 

La marche sur l’Indépendance

 

Entrevue avec Monsieur Mario Beaulieu

 

Isidore Grao

Le, 19 janvier 2012

www.lavoixdecartier.com

 

 

Entrevue le 22 novembre 2011 avec : Monsieur Mario Beaulieu.

- Président de la Société Saint Jean Baptiste (SSJBM)

- Président du Mouvement Québec Français (MQF)

 

 

IG : Monsieur Labeaume, le maire de Québec est venu visiter son collègue à Paris. A cette occasion il a déclaré être très indigné qu’une grande partie des enseignes commerciales parisiennes soit rédigée en anglais. Il est certain que les français ne peuvent pas accorder la même importance à ce problème de langues. Ce qui pour les Québécois est un fondement politique, pour les français ce n’est qu’une curiosité commerciale. En effet les consommateurs français s’attendent à être servis en français, dans le cas contraire je suis sur qu’une sélection économique ne tarderait pas à se faire. Que pensez-vous de cela ?

 

MB : Je pense que la langue française n’est pas menacée en France. Les autorités politiques  françaises utilisent l’anglais comme langue internationale et elles semblent avoir abandonnées l’idée du français en tant que langue internationale alors que je pense qu’il y aurait avantage à défendre l’usage du français et la diversité culturelle des échanges internationaux. Par contre à l’intérieur de la France le français n’est pas menacé, le gouvernement français donne la plupart des services  exclusivement en français, c’est ce que l’on tente d’établir au Québec. Nous avons ciblé en premier les mesures linguistiques à l’intérieur même du gouvernement québécois parce que l’on se dit que si l’on veut inciter les entreprises  privées à utiliser le français comme langue commune alors que pendant ce temps là, le gouvernement québécois transigera avec elles en anglais cela ne fonctionnera pas. Pour ce qui est des services commerciaux c’est de plus en plus difficile de se faire servir en français à Montréal, les commerçants anglophones profitent du laxisme du gouvernement qui n’applique pas vraiment les lois. On a des gouvernements « aplaventistes »,  mous qui ne s’affirment pas : par exemple suite à notre manifestation à Montréal sur l’affichage commercial le 5 novembre 2011, le gouvernement québécois a lancé un nouveau programme de mesures incitatives inefficaces. Le gouvernement libéral québécois actuel, celui de Monsieur Jean Charest, est entièrement soumis. Sa clientèle traditionnelle, la plus solide, est anglophone c’est celle de West-Island, celle de l’ouest de l’île de Montréal. C’est un peu le château fort anglophone au Québec. L’affaiblissement de la loi 101 abouti à une anglicisation et choque de plus en plus de gens. Cela va créer une nouvelle vague, un nouveau mouvement pour la langue française. Toutes ces interférences fédérales vont renforcer le mouvement pour l’indépendance.

 

IG : Croyez-vous que la langue en tant que véhicule principal de communication soit un élément déterminant pour une nation ? Ou ne croyez-vous pas qu’il fasse apporter aux citoyens un supplément d’âme aux travers des valeurs telles que la solidarité, et ce dès leur jeune scolarité ? Par exemple, en développant davantage l’éducation de l’histoire de leur pays et de la géographie afin de transférer les traditions et de pouvoir ainsi créer des éléments de cohésion. 

 

MB : La langue française est le véhicule de la culture québécoise. La Société Saint Jean-Baptiste depuis 1834 a aussi mené plusieurs batailles pour que l’on maintienne l’enseignement de l’histoire. Pour un peuple ne pas connaître son histoire c’est comme être amnésique pour la culture et l’identité nationale. Il y a eu un affaiblissement de l’enseignement de l’histoire. Même à l’heure actuelle dans les universités québécoises il n’existe aucune chaire d’histoire du Québec. On enseigne très peu l’histoire politique. Il y a peut être une certaine forme de tabou. Les jeunes québécois perdent petit à petit leur identité nationale. Il y a malgré tout des études qui démontrent que les jeunes québécois se considèrent de plus en plus comme québécois avant d’être canadiens. Le gouvernement fédéral, notamment  par le financement de chaires de recherches du Canada a cherché à évacuer l’enseignement de l’histoire nationale des écoles. La société Saint Jean- Baptiste contribue fortement à relancer une coalition pour l’histoire du Québec. Celui-ci vise à renforcer cet enseignement à tous les paliers de l’enseignement et de l’éducation Québécoise. Ceci est fondamental.

 

L’indépendance ne se cantonne pas uniquement à l’enseignement de la langue, l’indépendance est avant tout de faire nos propres lois et d’aménager nos relations internationales, le domaine de nos impôts et de nos taxes. Actuellement ce n’est pas du tout cela qui se passe. Il faut expliquer cela aux Québécois. Il y a eu une façon très peu cohérente, très peu systématique, d’expliquer ce qu’est l’indépendance du Québec aux québécois. Au fils des événements de l’actualité il faut expliquer qu’on ne contrôle pas nos lois que ce soit en matière d’environnement, que ce soit en matière d’économie. On a vu récemment l’institution québécoise qui est un peu le bas de laine des québécois qui s’appelle la Caisse des dépôts et de plusieurs fonds de retraite importants et où il y a  depuis deux ou trois ans mis à la tête de cet organisme, un anglophone qui s’appelle Michael Sabia. La semaine dernière il y a eu un scandale parce que  M. Sabia a engagé des vice-présidents unilingues anglais dans cette institution là. L’un  des deux devait être responsable des ressources humaines. Quand les journalistes ont eu la nouvelle et quand ils ont dit que cela était tout à fait inacceptable, on leur a répondu que cela n’était pas grave parce qu’il y avait des employés subalternes qui parlent français et qui peuvent traduire. Cet incident a fait réagir de nombreuses personnes. Il faut donc continuer à contrôler nos institutions économiques. L’indépendance du Québec n’a pas de sens si l’on ne peut pas agir collectivement pour développer en intérieur l’expertise économique et gérer nos relations internationales, les points principaux de notre vie économique. A ce moment-là on arrête de se développer comme nation.

 

 

 

IG : Pour revenir aux récentes  nominations anglophones de la Caisse des Dépôts, l’un occupera une fonction très technique  puisque financière mais, l’autre de DRH. Il faut reconnaître que sans faire référence à leurs compétences professionnelles, la fonction de Directeur de Ressources Humaines implique obligatoirement des relations avec le personnel. Il est donc difficile d’admettre sur ce poste spécifique un responsable qui ne puisse communiquer avec la grande majorité du personnel. N’est-ce pas votre avis ?

 

 

MB : C’est complètement inacceptable, même pour le poste aux activités financières. Je doute que l’équivalent en France puisse se réaliser si on engageait des gens qui ne parlent pas du tout français. Dans le reste du Canada, il est certain qu’on refuserait d’engager des francophones unilingues. Tantôt je parlais d’une étude sur les services publics fédéraux, provinciaux et municipaux au Québec, où les services en anglais sont surreprésentés. Pour rendre ses services en anglais, quand on engage des francophones et des allophones on leur impose l’usage obligatoire de l’anglais. Selon cette même étude, dans le reste du Canada, on trouve la situation inverse. C’est à dire qu’on sous finance les services publics destinés à la minorité francophone. On est donc dans une situation où les québécois se laissent tondre comme des moutons. Le mouton était notre symbole dans le passé. Il faut faire en sorte que les Québécois prennent conscience de cette situation. Il serait bon qu’ils se remettent à manifester pour que dans les plus brefs délais on puisse assumer notre liberté collective et qu’on reprenne le processus vers l’indépendance.

 

 

 

IG : A mon avis si vous le permettez, la situation politique au Québec n’est pas très claire. Tous les politiciens ne souhaitent pas une accession à l’indépendance rapidement. C’est le cas d’une partie du PQ, de François Legault dont les sondages donnent gagnant en cas d’élection prochaine. Le Parti Libéral lui non plus ne semble pas intéressé par la souveraineté. Il ne semble pas être très affecté par les problèmes linguistiques puisque l’OQLF va attribuer des subventions aux entreprises commerciales dont les enseignes sont rédigées en anglais. Dans le même temps,vous avez M. Gilbert Paquette qui indique que les problèmes seront mieux réglés  après l’indépendance. Qu’en pensez-vous ?

MB : Le Parti Québécois est devenu un vieux parti dont certains éléments posent questions. On se demande s’ils sont vraiment souverainistes. C’était le cas de Lucien Bouchard et de François Legault. M. Legault a d’ailleurs été recruté par Lucien Bouchard. Quand il était au Parti Québécois il a toujours refusé de défendre la charte de la langue française. Quand il était à l’éducation M. Legault a continué à subventionner  à coups de millions les institutions anglophones. Donc nous avons une grande proportion de l’élite québécoise qui est soumise, pour ne pas dire colonisée, et qui semble se sentir un peu coupable. Au début des années 1990, une psychologue a fait une étude et sa conclusion indiquait que les Québécois se sentaient coupables, « un peu comme une femme qui aurait été abusée ou battue pendant longtemps ». Lorsqu’elle va décider de se reprendre en main, elle va se sentir coupable. Ce fut un grand geste de fierté nationale que l’établissement de cette charte française. Par la suite on a perdu le référendum en 1980 puis on s’est mis à affaiblir la loi 101 sous la pression du  gouvernement du Canada anglais qui est allé devant la Cour Suprême. Cette Cour suprême que l’on ne contrôle pas et qui est constituée majoritairement d’anglophones, qui a pris des décisions défavorables aux Québécois. Depuis l’établissement de la loi 101 jusqu’à la décision de l’an dernier où elle nous a imposés de permettre que des gens puissent acheter un contournement du droit constitutionnel de l’accès aux écoles anglaises au Québec. Quand le Parti Québécois était au pouvoir, dans son deuxième mandat, il aurait pu faire énormément de choses en faveur de la souveraineté, et pour le français, mais il ne l’a pas fait. M. Bouchard n’a fait aucun effort pour cela, ni mis aucune ressource pour faire la promotion de l’indépendance. Ensuite quand il y a eut la loi sur la clarté qui voulait contrer le projet de souveraineté M. Bouchard a dit qu’il était déçu de la réaction des Québécois. A ce moment là j’étais au sein du parti québécois et j’avais commencé à organiser des manifestations pour soulever la population. Le bureau de Monsieur Lucien Bouchard nous a téléphoné pour ne pas faire cela, de ne pas organiser des manifestations en prétextant qu’il voulait faire une entente avec l’opposition qui était le parti libéral à ce moment là. Donc plutôt que de favoriser les québécois de canaliser leurs réactions envers le gouvernement fédéral, M. Bouchard a constamment essayait d’apaiser la population. Donc au sein même du parti québécois il y a des gens pour qui l’indépendance est une question secondaire. Jusqu’à très récemment encore le programme du parti québécois était resté à peu près à ce qu’il était sous Lucien Bouchard. Au dernier congrès du PQ, que Madame Pauline Marois présidait, le député Pierre Curzi a fait un excellent travail sur le dossier linguistique. Mme Marois a laissé passer la proposition d’appliquer la charte de la langue française aux CEGEPS.  Mais Mme Marois n’a pas voulu trop s’impliquer elle-même, ni trop donner d’elle même. Le parti québécois est devenu très «bon ententiste» donc très peu actif pour promouvoir l’indépendance. C’est ce parti là qui était  au pouvoir après 1995. Il n’y a pas eu encore de renouvellement dans sa classe dirigeante. Le parti québécois a toujours fait élire un grand nombre de députés permettant ainsi à « l’establishment » du parti  de garder le contrôle pour empêcher son renouvellement. Donc à la dernière élection, les gens se sont montrés lassés de voir le Bloc Québécois à Ottawa  bon « ententiste » qui dénonçait mollement les affronts et les ingérences du gouvernement fédéral et du Canada anglais. Quand il y a eu lieu l’an dernier plusieurs manifestations lors du jugement de la Cour Suprême du Canada pour contourner la loi 101 pour les écoles anglaises, le Bloc Québécois a été très peu visible et très peu actif. Le Nouveau Parti Démocratique, le NPD, a été pratiquement plus visible que le Bloc Québécois et en a profité. Monsieur Mulcair, député du NPD, pratiquement déchirait sa chemise  pour dénoncer cela. Mais dans les faits, les gens du NPD se sont défilés de la coalition à la dernière minute. C’était de la poudre aux yeux mais plus visible, donc le Bloc Québécois se trouve à avoir contribué à démobiliser les gens du dossier linguistique et là on lui a bien joué un tour aux dernières élections. Le Bloc a été complètement évacué de la scène politique, il lui reste seulement 4 députés et au parti québécois s’il n’y a pas un renouvellement important, c’est le même sort qui va lui être destiné et après cela l’élite politique indépendantiste va se renouveler finalement. Si Madame Pauline Marois démissionnait ou s’il y avait un renouvellement  réel du parti québécois et s’il revoyait ses orientations fondamentales pour se concentrer sur la souveraineté à ce moment là alors, je pense qu’il pourrait reprendre le pouvoir. Selon les sondages, 40 % de la population du Québec seraient favorables à la souveraineté. Si le parti québécois avait ces votes là, il resterait au pouvoir et serait majoritaire à toutes les élections. Aux dernières élections le parti québécois a eu moins de 20 % du vote des électeurs inscrits sur la liste électorale (compte tenu d’un fort taux d’abstention). Aux dernières élections aux Québec il y a eu des sondages qui indiquaient que la moitié des souverainistes n’avaient pas l’intention voter pour le parti québécois. Malgré cela le PQ a continué un peu dans la même stratégie dans laquelle on favorise la bonne entente avec le gouvernement fédéral, on évite d’être en confrontations avec le Canada anglais. On a littéralement endormi la population. Je pense que les 93 % de votes de confiance  ont été accordés à Mme Marois  parce qu’elle semblait vouloir prendre des positions plus patriotiques ou en tous cas plus fermes sur la langue. Elle semblait vouloir établir une stratégie davantage proactive dans le dossier de l’indépendance. Les gens lui ont donné leur vote de confiance. Mais après le congrès il n’y a pas eu vraiment de changement. Il y a eu des erreurs de commises, un appui à une loi où l’on soustrayait l’entente en faveur d’une entreprise privée, où l’on soustrayait cette entreprise privée aux lois de l’assemblée nationale. Alors il y a des gens qui ont démissionné. Il y en a plusieurs qui ont démissionné trouvant que dans les faits, il n’y avait pas vraiment de changement. Le parti québécois ne mettait pas davantage le cap sur l’indépendance. Comme une bonne partie des congressistes était pour l’indépendance, il y a eu alors des démissions et la formation d’un nouveau parti politique par un député démissionnaire, Jean-Pierre Aussant. On va voir comment cela évolue. Nous, à la Société Saint Jean-Baptiste, on ne veut pas s’ingérer dans les affaires du parti québécois. Mais à titre personnel je vous fais part de mes convictions parce qu’on a besoin d’un renouvellement de la stratégie à l’intérieur des partis politiques indépendantistes. Je pense que si les partis politiques deviennent plus indépendantistes, plus proactifs dans ce dossier là. Je pense qu’on va reprendre la bataille pour la souveraineté et on va la gagner.

 

IG : La difficulté peut être concerne la proximité des prochaines élections. Au printemps encore les sondages donnaient le PQ gagnant « haut la main ». Aujourd’hui il n’arriverait toujours selon ces sondages qu’en seconde ou troisième position et le parti de François Legault grand gagnant. Ne croyez-vous qu’il existe un risque d’éclatement du PQ imputable aux diverses démissions de députés et à la création de nouveaux partis, et le PQ serait en train de se vider de sa substance ?

 

MB : Oui mais je pense que c’est le PQ qui s’est vidé lui-même de sa substance. Il faut que le PQ reprenne la marche vers l’indépendance de façon active sinon il risque l’implosion. Depuis le dernier référendum de 1995 il n’y a plus eu vraiment de nouveaux référendums ni de campagne pour l’indépendance. Il faut remarquer le PQ était un parti qui rassemblait des gens de différents horizons politiques, mais autour de la même volonté de faire l’indépendance. Puis l’indépendance a été mise de coté, plus la coalition s’est effritée. Ce sont les conséquences de cette stratégie là qu’on voit aujourd’hui apparaître. L’indépendance ne se fera pas du jour au lendemain mais on ne peut pas non plus attendre éternellement. En ce moment toutes proportions gardées, on reçoit cinq fois plus d’immigration qu’en France et c’est sur que si on ne réussit à redresser le cap, on ne gagnera pas. Moi je pense qu’on devrait tout simplement rétablir la loi 101 et la renforcer. Malgré les délais on ne peut attendre indéfiniment. Je pense que ce qui est important actuellement ce serait de refaire l’unité du mouvement indépendantiste pour reprendre une campagne pour l’indépendance. Avec « Cap Sur l’Indépendance » on a réussi à réunir tous les organismes qui prônent la souveraineté. La semaine dernière le lancement de « Cap sur l’Indépendance » s’est effectué par un rassemblement au théâtre Olympia à Montréal. Aucun député du Parti québécois n’était présent. En règle générale le mouvement indépendantiste de la société civile a été très peu appuyé jusqu’à maintenant par le parti Québécois ou le Bloc Québécois. Alors si on veut refaire un pays il faut être proactif. On est dans une situation où le PQ voudrait que les gens reviennent au bercail sans nécessairement modifier sa stratégie. Le Parti québécois est resté pendant une longue période assez uni sans trop agir pour l’indépendance mais il semble avoir tiré sur  « l’élastique » un peu trop longtemps et cela peut éclater. Par contre, il y a un sondage d’environ deux semaines qui disait que si l’on changeait de chef au PQ (peut être Monsieur Gilles Duceppe ?), celui-ci redeviendrait majoritaire.

 

IG : Oui mais le problème c’est que M. Duceppe a déclaré ne pas vouloir prendre la place de Mme Marois ?

 

MB : Disons qu’il ne peut pas dire cela, en tous cas il ne prend pas cette stratégie là.

 

IG: Mais je crois que vous venez de révéler le point sensible c’est à dire qu’à ces mouvements souverainistes, il manquerait un leader charismatique ?

 

MB  Je pense que déjà il est avant tout essentiel d’établir une direction clairement indépendantiste parce que les gens  ne peuvent attendre éternellement un sauveur. Lucien Bouchard a été mis là parce qu’il semblait le dirigeant le plus charismatique. Mais un dirigeant charismatique qui ne nous amène pas où on veut aller, ce n’est pas mieux. Il faudrait un parti souverainiste déterminé qui établirait clairement ses positions. Si le PQ faisait cela, il obtiendrait le vote des électeurs souverainistes. Il pourrait reprendre facilement le pouvoir. M. Legault c’est un peu la nouveauté. Ce qui influence véritablement les gens c’est un écœurement de la classe politique, parce qu’il y a des  scandales financiers et cela apparaît comme un cancer au niveau politique. Avec M. Charest on a connu toutes sortes de scandales, idem au gouvernement fédéral, dans les services municipaux. Les gens sont devenus véritablement un peu écœurés de cette situation là d’où des mouvements comme on a vu le 2 mai 2011, avec les élections fédérales. Ils se sont dit « les gens sont là depuis 20 ans, et il n’y a pas grande chose qui change ». Alors ils ont voté pour essayer de changer de Premier Ministre, en l’occurrence Monsieur Stephen Harper. Au début de la campagne fédérale, je crois que cela a été une erreur parce que Monsieur Gilles Duceppe et le bloc québécois ont axé leur campagne en disant «  votez pour le Bloc québécois c’est la façon de battre M. Harper et l’empêcher d’avoir une majorité ». Sauf qu’il y a beaucoup de Québécois déçus, en particulier les souverainistes du Bloc Québécois qui ont préféré voter pour un parti qui avait des assises partout, le NPD, avec Monsieur Jack Layton. Mais paradoxalement c’est ce qui a fait obtenir une majorité à M. Harper parce que cette vague pour le NPD au Québec, n’a été aussi forte dans le reste du Canada et a affaibli l’opposition dans d’autres provinces. En ce moment il n’y a pas de directions claires.La population est perplexe et désabusée de la classe politique. Il faut absolument établir une direction qui suscite la confiance, qui dit ce qu’elle doit faire et qui fait ce qu’elle a dit. Il faut une direction qui soit clairement indépendantiste qui ramène les enjeux fondamentaux et qui puisse développer l’indépendance en termes de liberté collective du peuple Québécois.