LE BLOC QUEBECOIS : EN CONVALESCENCE

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Isidore Grao

Le 20 décembre 2011-12-19

www.lavoixdecartier.com

 

Interview de Mme Vivian Barbot

Présidente par intérim du Bloc Québécois

Le 6 décembre 2011

 

 

IG : Bonjour Madame Barbot, sept mois se sont déjà déroulés depuis que l’ouragan des élections fédérales dévasta le Bloc Québécois. Sept mois aussi depuis votre dernière interview au journal informatique « lavoixdecartier.com ». Où en est le Bloc Québécois aujourd’hui ?

 

VB : Aujourd’hui on peut dire au moins que ce qu’on avait mis en place après la débâcle du 2 mai 2011 a bien fonctionné, puisqu’un de nos premiers objectifs était d’arriver à l’élection d’un nouveau ou nouvelle Chef . Sur ce point on a ouvert une période électorale et nous avons trois candidats, en fait une candidate et deux candidats et nous sommes actuellement, au moment où nous nous parlons, en plein déroulement de ces élections et le dévoilement se fera ce dimanche 11 décembre 2011.

 

IG : Avec le recul du temps est-ce que le Bloc Québécois a pu analyser les causes de cet échec électoral ?

 

VB : Ce fût notre première étape. J’ai fait une tournée de tout le Québec. J’ai rencontré de nombreux militants et militantes dans les différentes circonscriptions. On a entamé cette longue réflexion qui à ce jour n’est pas terminée dans le sens que d’ici la prochaine élection il faudra étudier pour voir si de nouveaux niveaux de signification émergent. Cependant ce qu’il ressort et ce depuis le début de notre enquête, c’est que nous avons eu affaire à une vague qui a causé ce détournement des électeurs au delà de toute attente. En particulier, les souverainistes nous ont lâché pour plusieurs d’entre eux et se sont tournés vers quelqu’un que l’on savait très malade mais qui a néanmoins fait des promesses qu’il ne pouvait pas tenir, mais enfin ! Les gens se sont laissés prendre par ce chant de sirène là. Il apparaît, après coup comme après chaque campagne électorale, lorsqu’on analyse les faits, quelques insuffisances de notre part. Cependant de l’avis général rien de ce qui est arrivé n’aurait pu être la cause d’un échec d’une telle ampleur.

 

IG : Comment s’est déroulée votre Présidence par intérim ?

 

VB : Je la qualifierai de bonne. Il ne s’agit pas d’une période facile surtout quand on est à la vice-présidence. Ce que l’on souhaite c’est de ne jamais accéder à la Présidence. J’ai quand même pu bénéficier de l’appui de la plupart des militants et des militantes et, en particulier de l’appui du bureau national qui est l’instance responsable de la vie du parti et qui prend toutes les décisions importantes. J’ai eu l’appui de quelques membres du cabinet de M. Duceppe qui sont restés avec moi pour faire la transition. Donc avec un effectif très réduit, mais  parce que nous avons eu aussi l’appui de quelques membres syndiqués (environ 7 à 8 personnes) nous sommes arrivés à faire les opérations courantes, c’est à dire rencontrer les gens, faire la tournée des circonscriptions, perpétuer le bureau de l’instance nationale, donc au total près de 300 personnes, pour décider de la course à la présidence, organiser un collège électoral avec son président. Donc nous avons pu effectuer toutes les opérations prévues jusqu’à ce jour.

 

IG : Mais sur le plan financier car l’Etat n’intervient pas à même hauteur dans ses subsides aux partis pour un parti à 4 députés qu’à 50. Est ce que cela pose problème au fonctionnement du parti ?

 

VB : Dans l’immédiat le problème n’est pas si grave que cela car nous avons réduit considérablement nos activités. Malheureusement nous avons du nous défaire du maximum possible de personnel. Nous arrivons à boucler correctement notre année financière comme prévu initialement. Nous avions présenté un budget équilibré qui tenait compte des entrées d’argent parce que le Fédéral, dans un premier temps, diminue avant de cesser complètement, le financement d’un parti, dans le cas comme le nôtre. Pour cette année, nous ne connaitrons pas de problèmes car avec notre gestion rigoureuse ; nous avons pu « engranger » plus que l’on pensait. En effet, on pensait avoir un million du fond électoral, or on a pu en mettre 1,250 000 dollars. Et peut être même qu’on arrivera à 50 000 dollars de plus à la reddition du prochain état financier. Mais on ne peut se satisfaire de ce constat car nous savons très bien que dès l’année prochaine ou l’année suivante nous n’aurons plus du tout de fonds étant donné que nous avons cette année moins de votes que lors des scrutins précédents. Cela diminue d’autant la contribution. Il s’agit là d’un problème dont la nouvelle personne élue devra faire face et se dire « dorénavant qu’est-ce qu’on fait avec les moyens qui sont les nôtres ? »

 

IG : M. Duceppe qui démissionne de sa présidence immédiatement après cet échec électoral a laissé le Bloc en pleine difficulté. On peut admettre un échec électoral mais quitter le navire immédiatement en abandonnant le navire », a été mal ressenti par certains Québécois. Qu’en pensez-vous ?

 

VB : C’est dommage mais à mon avis c’était la seule chose à faire. Devant une telle défaite, quand elle se présente d’une manière si abrupte, la première personne qui se sent responsable c’est le chef, même s’il n’y a rien à y voir. Donc tout ce qu’il peut faire c’est de dire « je vais laisser cela à d’autres ». Bien sur sentimentalement et politiquement, on aurait aimé que M. Duceppe reste avec nous. Je pense qu’au cas ponctuel des circonstances, il a pris une décision qu’il aurait respecté lui-même en sa qualité de chef ainsi que de l’ensemble des militants et des militantes. Il est de coutume quand même qu’un chef qui perd dans ces conditions ne reste pas dans les parages. C’est ce qui est arrivé à M. Ignatieff du Parti Libéral. C’est une question de responsabilité. Je comprends les membres qui voulaient prolonger le mandat de chef mais cela n’était pas possible.

 

IG : Mais la situation reste assez paradoxale. En effet certains sondages laissent entendre que si M. Duceppe prenait le leadership du PQ, celui-ci remporterait les prochaines élections. Donc c’est lui reconnaître une certaine compétence sur le plan politique. Il ne serait pas leader pour mener un parti fédéral mais incontournable pour gérer un parti provincial. Qu’en pensez-vous ?

 

VB : Tout à fait. Il ne se passe pas une journée sans que nous recevions des mots pour déplorer son départ du Bloc. Mais M. Duceppe a dit lui-même qu’il appuierait Mme Marois à 100% et que pour le moment il n’est pas disponible. Il n’a pas l’intention de refaire de la politique. Mais il faut reconnaître un peu l’ambiguïté Québécoise sur le plan politique. Ce qui nous est arrivé est déjà arrivé à l’ADQ. Les gens changent d’idée sans que l’on s’aperçoive de cette évolution. L’électorat est comme cela, et, il faut vivre avec !

 

IG : Les premières déclarations des électeurs après le 2 mai 2011 pour justifier de leur vote de défiance envers le Bloc, laissaient entendre qu’ils souhaitaient un changement. Mais alors, un changement de Quoi, de Qui ?

 

VB : C’est justement ce que nous cherchons à savoir depuis le 2 mai 2011. Quand nous arrivons à repousser l’électeur dans ses derniers retranchements pour nous faire connaître son avis, là nous n’obtenons pas de réponses précises. « On veut faire de la politique autrement », ou « on vote que la politique soit plus près des gens », rien que des notions générales, mais le discours manque de clarté.

 

IG : Pour ma part, pour avoir interrogé certaines personnalités sur le sujet, il semblerait que ce que l’on reprochait au Bloc Québécois ce serait un certain manque de combativité au parlement fédéral pour défendre les thèses souverainistes et en particulier le problème linguistique et l’usage de la langue française au Québec !

 

VB : Sauf que là on arrive avec des problèmes de juridiction. Quand le Bloc Québécois a été fondé, il a été décidé que l’on devrait respecter les juridictions. La question de la langue est sous juridiction Québécoise donc ce serait au Parti Québécois de traiter de ce sujet là. Nous ce que nous avons fait à Ottawa c’est de demander que les institutions fédérales qui sont sur le territoire Québécois respectent la loi 101. C’est à dire qu’on utilise la langue française. Mais manifestement pour les gens ce n’est pas suffisant. On dirait que le mandat qui avait été donné au Bloc Québécois à sa fondation a été oublié par les électeurs. Ils souhaiteraient que l’on se mêle de tout. Mais pendant les élections dans lesquelles j’étais candidate, des électeurs m’ont dit : «  mais vous ne parlez pas de certains problèmes Québécois ! »  Comment faire alors ? IL aurait fallut parler des gaz de schiste, de la langue, de la santé. Mais ce sont tous des objets qui sont sous juridictions québécoises. C’est à ce niveau que s’instaure une difficulté !

 

IG : Oui mais pour l’observateur externe au Québec que je suis, il me semble que le PQ soit tourné vers les dossiers internes au Québec et le Bloc Québécois aux dossiers externes, sans que pour cela il n’y ait pas de continuité possible. A mon avis plutôt que de faire une distinction et une spécialisation par  thèmes pour les deux partis pourquoi ne pas concevoir une certaine complémentarité géographique. Le dossier linguistique se vit au Québec mais se défend au niveau fédéral contre les intrusions de Stephen Harper. Ne croyez-vous pas ?

 

VB : Mais c’est exactement ce que nous faisons au Bloc Québécois. Il n’existe pas un dossier au Québec que nous ne défendions à Ottawa sans en parler préalablement au PQ. Et bien souvent quand nous proposons quelque chose c’est ce qui a été adopté à l’Assemblée Nationale du Québec. Autrement dit, tous les consensus de la famille nationale, on les défend à Ottawa. Mais quelque part, les gens ne voyaient plus cela. Ils avaient l’impression que nous étions « installés » définitivement là-bas. Nous avons l’impression de ne pas être compris et même par les gens instruits qui ne comprennent pas la continuité historico politique. Car ces derniers ne s’informent pas suffisamment auprès des médias. Heureusement il ne s’agit pas d’une majorité. Mais il faut reconnaître qu’ils ont de la difficulté à saisir la nuance que nous faisons. C’est ainsi qu’après la campagne des élections du 2 mai 2011 certains électeurs m’ont dit : « Ecoutez madame Barbot, on ne fait pas de la politique sans faire un peu de démagogie ». Sur le dossier du gaz de schiste je leur indiquais qu’il relevait de la compétence du PQ et non du Bloc Québécois. Mais peut être qu’il s’agit là d’un débat au prochain congrès pour savoir ce que les électeurs veulent vraiment ! Parce qu’en même temps il y a d’autres personnes qui déclarent « ce qu’on vous a dit c’est que nous voulons que vous reveniez travailler au Québec pour défendre la souveraineté du Québec ». Je leur réponds alors qu’il s’agit, de par les statuts actuels, de la compétence du PQ. Le Bloc Québécois a été créé pour défendre les intérêts du Québec à Ottawa. D’autres ajoutent « on ne veut plus de vous à Ottawa, revenez au Québec », d’accord mais où ? Et avec quels moyens ? Quelle structure va nous accueillir ?

 

IG : En fait ce que vous reprenez comme déclarations semble bien être confirmé par les sondages quand ils prédisent une victoire du PQ avec M. Duceppe comme leadership. C’est assez paradoxal. Vous ne croyez pas ?

 

VB : Oui et même temps on a vu avec quelle facilité ils vilipendaient leur chef. C’est un comportement un peu surprenant et kamikaze. C’est certain qu’en absence de l’intéressé on peut lui dire que l’on l’attend avec des fleurs mais il faut se méfier. De la même manière on avait accueilli Pauline Marois, après avoir dit que l’on ne voulait pas d’elle on est allé la chercher avec des tas de problèmes pour arriver à une situation actuelle. Rien ne trouve d’excuses à leurs yeux même le fait d’avoir un mari qui a de l’argent est vu comme un handicap, c’est dire !

 

IG : Mais le cas de Mme Pauline Marois est tout aussi paradoxal. C’est au moment où son congrès lui assure une victoire éclatante jamais atteinte par aucun chef du PQ auparavant que tout s’écroule le mois suivant avec la démission de 3, puis 4 députés , etc. On sent bien que le PQ rencontre actuellement de grandes difficultés de management.

 

VB : Effectivement et si on veut faire le parallèle avec le Bloc, en avril 2011, nous avions encore 50 députés à en croire les sondages. Et pourtant quinze jours après, les gens nous tournaient le dos.

 

IG : Est-ce à dire que les électeurs Québécois sont versatiles ?

 

VB : Pour dire le moindre !

 

IG : En tous les cas tous ces turbulences au PQ et surtout au Bloc Québécois font l’affaire du Premier Ministre canadien Stephen Harper qui a vu ses pouvoirs s’accroitre puisque maintenant son parti, le Parti conservateur, est majoritaire dans le pays.

 

VB : Il faut bien comprendre que pour une fois Stephen Harper à un gouvernement majoritaire sans le Québec. Cela ne s’était jamais vu auparavant. Cette fois-ci ils ont fait la preuve qu’ils étaient capables de le faire. Et on peut découvrir vraiment maintenant leur vrai comportement politique. Ils ne gouvernent pas comme des gens qui ont la majorité mais comme des esprits totalitaires.

 

IG : Mais est-ce que le NPD qui a bénéficié de la chute du Bloc Québécois, peut mener le combat à Ottawa avec la même détermination, pour défendre les intérêts du Québec ?

 

VB : Pas du tout. Dans les récentes semaines, on a eu de nombreux exemples où le NPD était absent des débats parlementaires. D’ailleurs toutes leurs têtes d’affiche sont en élection pour la désignation du chef après le décès de M. Layton. Ils sont 8 candidats. Par ailleurs, ils ne sont pas équipés non plus car avant le 2 mai 2011 ils avaient un député au Québec et maintenant ils en ont près de cinquante. Et de plus, une majorité d’entre eux sont encore des étudiants ou des universitaires qui n’ont pas beaucoup d’expérience politique. Ils ne se sont jamais rendus à Ottawa. Vous imaginez leur désarroi d’autant que certains d’entre eux ne parlent même pas le français et qui, nonobstant, représentent  une population francophone à 95 % et plus. C’est tout cela qui nous interpellent sur le comportement des électeurs et des électrices.

 

IG : Avec Quatre députés fédéraux seulement, croyez-vous que le Bloc Québécois pourra encore s’affirmer à Ottawa et faire entendre la voix du Québec ?

 

VB : Mais c’est surprenant ce que les quatre députés peuvent faire. Il est vrai que deux d’entre eux sont en campagne électorale actuellement. Mais quand même, ils arrivent à faire valoir des points de vue intéressants, d’autant que les ministres du gouvernement de M. Harper n’ont que faire des jérémiades des autres partis. Avec un gouvernement majoritaire le gouvernement n’a qu’à laisser parler les NPD, les libéraux et les autres, eux font ensuite à leur tête.

 

IG : Malgré tout ce contexte délicat, la course au leadership au Bloc Québécois attirent toujours autant de candidats. Ils sont au nombre de trois : deux députés fédéraux, Mme Mourani et Jean-François Fortin et un représentant de la société civile, M. Daniel Paillé soutenu par le député André Bellavance. A votre avis, en quoi leur programme d’action de chacun d’entre eux se rejoint et ou se caractérise-t-il ?

 

VB : Ils se rejoignent sur la volonté de faire en sorte que le Bloc Québécois continue à fonctionner et à y mettre les énergies nécessaires. En termes d’idées ils ont eu l’occasion de débattre sur Internet. Avez-vous eu l’occasion de le visionner ?

 

IG : De France, je me suis rendu sur le site du Bloc Québécois. J’ai bien vu une présentation résumée en termes généraux de ce débat mais rien de plus précis.

 

VB : Adressez-vous au webmaster du Bloc Québécois et il vous indiquera la marche à suivre.

 

IG : Pour revenir sur le rôle des quatre députés au Parlement fédéral, je voudrais savoir si compte tenu de leur nombre -quatre-, le règlement intérieur de ce parlement leur permet de prendre la parole ?

 

VB : Oui, car tous les jours il y a une prise de parole. Ils interviennent sur tous les débats. Malheureusement leur nombre ne leur permet pas de les considérer comme un parti au parlement. Ils siègent comme des députés indépendants. Cependant on a réussi à obtenir que quand on les nomme on indique aussi le nom du parti. Par ailleurs, tous les jours  une question  est donnée au groupe. Il y a donc, un semblant de cohésion reconnue qui leur permet de travailler ensemble. Evidemment cela n’a aucune commune mesure  avec ce qu’on avait avant

 

IG : Dans les élections pour la course au Chef Bloc Québécois, comment va se dérouler le scrutin ?

 

VB : Ce sont les membres  du parti en règle de leurs cotisations qui peuvent voter. A ce jour nous avons près de 53 000 membres, mais pour le scrutin ils ne seront que 36 000 environ. Il s’agit d’un scrutin qui s’effectue par correspondance. Vers le 25 novembre 2011 nous avons envoyé les bulletins. Tout a été bien vérifié. Surtout qu’il n’y ait pas plus de bulletins  en circulation que de membres. Ensuite les électeurs nous retourneront leurs bulletins par la voie postale. Ils auront jusqu’au 9 décembre 2011 pour le faire  qui est la date limite de réception de ces documents. Le dévoilement se fera le dimanche 11 décembre avec toute une logistique rigoureuse et  des scrutateurs en place pour le contrôler.

 

IG : Quelle est la qualité des acheminements postaux Québécois? Recevrez-vous tous les plis en temps opportun ?

 

VB : En règle générale, en interne au Québec, on ne peut pas trop se plaindre. Je présume que les membres qui habitent dans des régions éloignées auront pris le soin de répondre des la réception des bulletins. Néanmoins, certaines personnes nous ont téléphoné pour signaler qu’ils n’avaient pas encore reçu ces documents. Ce n’est pas grave car nous avons pu prendre immédiatement les mesures qui s’imposaient soit par internet ou par un autre procédé. On va faire en sorte que tous ceux qui veulent voter pourront le faire. Le problème c’est que la semaine dernière, certains nous ont dit qu’ils ignoraient l’existence de cette course, alors que nous l’avons annoncé partout. Resteront les cas des personnes qui n’auront pas fait leur changement d’adresse ou qui ne disposent pas d’Internet. Pour nous, ces cas deviennent difficiles à résoudre.

 

IG : Nous nous acheminons vers la fin de l’interview et la dernière question vous concerne personnellement.

La course à la Présidence du Bloc Québécois ne semble pas vous intéresser. Après la nomination du nouveau ou de la nouvelle Présidente, continuerez-vous à assurer la Vice-présidence ?

 

VB : Oui, j’achèverai mon intérim de présidente pour retourner à la vice-présidence. Normalement je suis élue jusqu’en 2013 mais il faut dire que compte tenu des circonstances et la nouvelle élection du chef il faudra une réunion du bureau national  pour définir les nouvelles orientations du parti et les meilleures décisions pour le Bloc Québécois. Car le poste de vice-président est un poste rémunéré. Dans les mesures qui ont été prises après les élections, déjà des baisses de salaires d’au moins 26 % avaient été prises. Il va falloir poursuivre dans cette direction là pour gérer au mieux nos moyens financiers. Nous connaissons maintenant les sommes que nous pourrons disposer dans l’avenir. Nous tiendrons compte des versements des membres et nous prendrons les décisions qui s’imposent.

 

IG : Êtes-vous optimiste pour l’avenir et  pensez-vous comme je l’avais écrit dans mon interview de mai, que le Bloc renaitra de ses cendres ?

 

VB : Les gens sont curieux. Cependant on voit bien avec les membres que l’intérêt est toujours là. Ils sont en attente d’action et ne demandent qu’à travailler pour la souveraineté du Québec. Il est évident que dans le contexte actuel, pour ne pas dire le marasme actuel, avec l’arrivée de François Legault sur la scène politique provinciale. Celui-ci déclare que pendant dix ans on ne parlera pas de souveraineté et ceci malgré avoir été un député péquiste, que dis-je, ministre même d’un gouvernement péquiste. Cela perturbe les gens. Ils ne savent plus quoi penser. Mais le temps est à la réflexion et à la sagesse pour que les meilleures décisions soient prises pour le Bloc Québécois. Je pense que l’intérêt des québécois est de continuer à travailler pour la souveraineté du Québec. Les gens se rendent bien compte qu’à part le PQ et le Bloc Québécois peu de personnes défendent les objectifs de cette souveraineté. Donc si l’on veut que cette souveraineté arrive il faut continuer à travailler sur ce thème.

 

IG : Effectivement car depuis la fin du printemps les manifestations de rues se développent sur le thème de la souveraineté tels que : Cap sur l’indépendance, et sur la loi 101.

 

VB : Oui on dirait qu’il y a une différence entre le vote et la souveraineté, c’est assez paradoxal ! Les gens votent pour un fédéralisme et ils nous disent qu’ils n’ont pas laissé tomber la souveraineté.

 

IG : Effectivement, il faudrait peut être donner une communication prédigérée, qu’en pensez-vous ?

 

VB : Oui d’autant que les médias ne sont pas pour nous. Les médias Québécois sont quand même dirigés par une idéologie plus libérale. Donc il faudrait améliorer les réseaux des médias sociaux pour atteindre les hommes directement. Mais une fois qu’on a dit cela on se rend compte que ce débat qui s’avère très important pour nous, n’est pas facile à résoudre. Il faut donc mieux analyser le contexte actuel et en tirer les enseignements nécessaires pour l’avenir.