Repenser la Démocratie au Québec

Ou

Mais il faut susciter beaucoup de questionnements et les fruits de la souveraineté

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Isidore Grao

Le 2 janvier 2012

www.lavoixdecartier.com

 

Interview du Député Bernard Drainville

Le 14 décembre 2011

 

 

IG : Dans les turbulences actuelles du monde politique Québécois, vous venez de préconiser  dix propositions pour, comme vous le dîtes si bien « remettre les citoyens aux commandes ». Pour avoir interviewé précédemment des citoyens et des personnalités politiques québécoises, votre article, au demeurant très intéressant par la justesse de son analyse, a paru  frappé du bon sens et bien au delà de la langue de bois politicienne, ce que semble reprocher à la plupart de leurs représentants les citoyens ?

En première proposition vous écrivez « Elire le Premier Ministre au suffrage universel ». En le légitimant ainsi vous en faites un personnage politique plus important que le Premier Ministre Canadien qui lui, restera désigné par les partis. Mais ce faisant, vous montrez une certaine réserve vis à vis des partis. Qu’en pensez-vous ?

 BD : Les partis politiques sont un mal nécessaire. Idéalement la vie politique pourrait s’organiser sans eux au fils des coalitions qui pourraient se faire entre citoyens. Mais dans la vie réelle des choses, il faut savoir faire preuve de pragmatisme, et reconnaître que les partis jouent un rôle utile. Ils permettent justement de coaliser les citoyens autour d’idées fortes et de procéder aux arbitrages au consensus, aux compromis qui permettent à la société de se gouverner. Le fond de mes propositions vise à permettre aux partis politiques de se rebrancher sur la vie citoyenne. Le sens général de mes propositions c’est d’ouvrir des canaux entre les citoyens et les partis politiques de telles façons que les partis politiques jouent davantage leur rôle de caisse de résonnance citoyenne. Actuellement ce que je reproche aux partis politiques c’est qu’ils fonctionnement trop souvent en vase clos, refermés sur eux-mêmes, et les citoyens ont l’impression que les partis politiques défendent davantage leurs intérêts partisans que l’intérêt citoyen. Pour corriger cette situatio, il faut donner aux citoyens une meilleure prise sur les partis et sur la démocratie en générale. Donc il faut donner plus de pouvoir aux citoyens. Il faut permettre aux citoyens d’influencer davantage les partis politiques entre les élections. Aujourd’hui, les citoyens ont l’impression que les partis politiques les écoutent lorsqu’ils ont besoin de leurs votes et entre les élections ils ont l’impression que les partis politiques les ignorent. Donc le sens général de mes propositions visait à corriger cette espèce de détournement de démocratie auquel on assiste trop souvent.

 IG : Pour avoir effectué d’autres interviews je reconnais la justesse de vos propos.

 BD : Il faut rapprocher la politique des citoyens. Je propose par exemple que les députés tiennent une assemblée publique obligatoire dans chacune des circonscriptions du Québec. Il faut que les députés soient tenus de rencontrer leurs électeurs sur une base régulière lors d’un forum au cours duquel le citoyen aurait un accès direct avec son député. Moi j’en tiens déjà des assemblées publiques. J’en fais depuis que je suis député. Je les juge nécessaire pour recevoir justement les suggestions, les idées, les critiques, et pour pouvoir répondre aux questions de mes concitoyens. Je pense qu’il s’agit d’une pratique qui devrait être institutionnalisée en réponse, justement, à tous ceux qui ont l’impression parfois que leur député n’est pas suffisamment à l’écoute.

 IG : Mais pour reprendre votre proposition n°7 relative à la tenue obligatoire de réunions publiques vous indiquez ces assemblées devraient se tenir au terme de chacune des sessions parlementaires. Ne trouvez-vous pas que la précision du terme modifie le sens de ces réunions ? Elles en deviennent des réunions de jugement de la qualité de service rendu et s’écarte ainsi de la notion précédente de dialogue.

 BD : Oui mais c’est l’objectif également. Chez nous il y a deux sessions parlementaires, celle de l’automne et celle de l’hiver. La première commence en septembre et s’achève en décembre, la seconde commence en janvier-février pour se terminer au mois de juin. On pourrait instituer une assemblée publique au terme de chaque session. On pourrait également décider de la faire avant la fin de la session, si on la juge plus utile à ce moment-là. J’ai toujours dit que mes propositions n’étaient pas des vérités absolues et  qu’on pouvait toujours les améliorer si on juge, par exemple, que le dialogue social commande que l’Assemblée publique se tienne en milieu de session. Il faut savoir être flexible là-dessus. L’avantage de la tenir à la fin de session c’est que cela permet au député de faire un compte rendu complet de son travail de la dernière session.

 IG : C’est le mot de terme qui pose problème. Il y a sous-jacent comme un jugement de valeur d’une session achevée. En cours de session le député pourrait tenir compte des commentaires reçus et modifier son programme d’action, alors qu’arrivé au terme on peut lui reprocher de n’avoir pas pris d’autres  meilleures décisions.

 DB : Je comprends. Mais en même temps si un événement quelconque survient et que le député doive modifier son programme, il peut toujours tenir une assemblée citoyenne. Pour ma part je viens de tenir la mienne, dimanche dernier, donc en fin de session, mais la précédente, je l’avais tenue au mois d’avril donc en plein milieu de la session. Tenir une ou deux assemblées obligatoires n’exclut pas qu’on tienne des assemblée citoyennes complémentaires.

 

IG : Je trouve que deux sessions annuelles permettent d’instaurer un bon dialogue avec les électeurs. Le député a aussi d’autres occupations !

Autre question : Vous préconisez dans votre proposition n°2 « tenir des élections à dates fixes ». Tout le monde aura compris que la rigueur de ces dates était synonyme de plus de transparence et de moins de manipulation dans le système électoral.

BD : C’est exact. Il s’agit d’éviter les manipulations des élections à des fins partisanes. Il faut éviter que l’élection soit utilisée par le parti au pouvoir pour servir les intérêts du parti au pouvoir. Actuellement dans notre système, l’élection est décidée par le Premier Ministre en fonction des intérêts du parti au pouvoir. Je pense qu’il faut lui enlever ce pouvoir, parce que sa première motivation, c’est de chercher des dates qui conviennent le mieux à ses chances de réélection. Je ne crois pas que les chances de réélection devraient déterminer la date des élections. Je pense qu’une élection doit d’abord servir le bien être démocratique. Ce doit être la valeur première. Une élection fixée un dimanche serait susceptible d’accroître la participation électorale. Il est plus facile pour les personnes âgées de se trouver un transport le dimanche, de faire appel à la famille pour s’assurer de pouvoir aller voter, par exemple.

IG : Effectivement un dimanche permettrait plus facilement la participation non seulement des ainés mais aussi de la jeunesse en prise avec des difficultés de scolarité ou d’étude, en semaine. D’autant que l’on sait que la jeunesse Québécoise participe très peu aux élections démocratiques.

Partagez-vous l’idée de ramener l’âge des électeurs de 18 à 16 ans ?

BD : Je pense qu’il y a de bonnes raisons de le faire effectivement. Elle ne fait pas partie de mes dix propositions mais je suis prêt à retenir cette idée là. Si l’on peut conduire une voiture, si l’on peut travailler à 16 ans, on peut aussi voter. Je pense que cela pourrait inciter les jeunes à s’intéresser davantage à la politique. Il y a une frange très importante de notre jeunesse qui ne s’intéresse pas du tout à la politique.

 IG : Proposition suivante : « Nous doter d’un processus de référendums d’initiative populaire ». Il s’agit là d’un procédé de démocratie directe un peu comme la Suisse. Croyez-vous que les citoyens Québécois soient prêts à accepter ce mode d’expression, ( très peu usité par ailleurs, peut être le souvenir d’un référendum litigieux en 1995 ) ?

BD : Avec le droit d’initier un référendum, les Québécois pourraient effectivement décider un jour que la question du statut politique du Québec doit à nouveau être posée. Les électeurs auraient ce pouvoir d’obliger la tenue d’un référendum sur la question nationale, comme on l’appelle ici. Je pense que de donner aux citoyens ce droit, est une façon de réaffirmer que le concept d’indépendance appartient au peuple. Il s’agit d’un projet politique. Il ne s’agit pas d’un projet partisan. L’avenir du Québec appartient à la nation. Par ailleurs, le droit d’initier un référendum ne concerne pas exclusivement la question nationale. On pourrait décider de tenir un référendum sur un autre sujet. Par exemple la Suisse ne tient pas des référendums uniquement sur des questions constitutionnelles. Il y a eu des référendums sur toutes sortes de sujet et on pourrait faire la même chose ici au Québec.

IG : En proposition n° 5 vous suggérez de « Mettre en place un jury citoyen chargé d’évaluer le travail des parlementaires allant jusqu’à la possibilité de révoquer le mandat d’un parlementaire ». Ne croyez-vous pas qu’il s’agisse là d’une initiative délicate qui risquerait de transformer le mandat de représentativité universelle des députés en un mandat impératif ?

 BD : De toutes mes propositions c’est sans doute celle-là qui a été la plus critiquée.

 IG : En France les parlementaires sont jugés par une cour spécifique composée de parlementaires. Ne croyez-vous qu’une bonne idée risque à l’usage d’être détournée de sa raison initiale ?

BD : Effectivement cette proposition est perfectible. Dans mon esprit, sur les 10 propositions c’est celle qui a le plus besoin d’être travaillée.

IG : La proposition suivante : « Plafonner les dons politiques à 100 $ par personne »  suggère une mesure qui pourrait permettre une plus grande intégrité politique ?

BD : Sans aucun doute. Nous avons déjà une loi sur le financement des partis politiques qui est parmi les plus exigeantes du monde occidental. Malheureusement cette loi est contournée présentement. En plafonnant à 100 $ les dons aux partis politiques, nous réduirions l’influence de l’argent sur le monde politique et sur les décisions politiques.

IG : Et pourquoi ne pas imposer un financement par l’Etat exclusivement ?

BD : On y a pensé et on a décidé qu’il fallait quand même garder un élément populaire dans le financement des partis, un financement citoyen pour que les partis politiques ne dépendent pas uniquement de l’Etat et pour que les politiques soient obligés de faire un effort, qu’ils soient obligés de se tourner vers le citoyen pour une partie de leur financement. Il s’agit de garder un lien justement entre les partis politiques et les citoyens. Nous trouvons qu’il s’agit là d’un bon compromis entre un financement public à 100 % et une participation citoyenne au financement des partis politiques. On ne voudrait pas que les partis politiques deviennent trop « paresseux ». Il est bien qu’ils soient obligés d’aller vers le citoyen, vers l’électeur pour une partie minimale de leur financement. Il s’agit d’une participation symbolique mais le message que nous envoyons aux partis est clair : « On ne veut pas que vous vous assoyiez sur vos lauriers ». Il faut une démarche participative. Il y a plus de 90 % du financement qui va venir de l’Etat et qui va être calculé proportionnellement au nombre des votes reçus lors d’élection. Les Cent dollars représentent une somme marginale, mais on tenait quand même à conserver une intervention citoyenne.

IG : Après l’approche technique par l’étude de vos propositions, pourrait-on maintenant parler politique ?

Vous faîtes partie, à en lire les divers articles qui paraissent sur le net, des fidèles du PQ et de surcroit loyal à son Chef, en l’occurrence, Mme Pauline Marois. Alors qu’elle venait de recueillir au congrès de fin avril 93% de votes favorables à son action, pourcentage jamais atteint auparavant par un chef de PQ, dans le mois qui a suivi ont commencé les premiers remous au sein du PQ. Des démissions de députés remettent en cause, selon des sondages, la position gagnante du PQ lors de prochaines élections. Selon vous que s’est-il passé ?

BD : C’est une conjoncture difficile qui sévit actuellement au Québec. La défaite du Bloc Québécois aux élections fédérales du 2 mai 2011 a fait très mal au mouvement souverainiste, au mouvement nationaliste. Je crois que la défaite du Bloc a suscité beaucoup de questionnements et a créé beaucoup de volatilité au sein du mouvement. Je pense que cette situation a joué dans les soubresauts qu’a connus notre parti au cours des derniers mois. On vit à une époque où les gens et les partis se cherchent. Cela créé beaucoup de volatilités. Donc tous ces bouleversements ont créé une très grande instabilité politique sur la scène politique Québécoise.

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IG : Que pensez-vous du succès que remporte, selon les sondages, M. François Legault qui vient de créer un nouveau parti politique. On ne peut pas dire que son programme soit particulièrement innovant, d’autant qu’il a rangé pour dix ans, selon ses déclarations, le projet indépendantiste pour se focaliser uniquement sur certains problèmes de la société Québécoise ?

BD : Je pense que François Legault table sur la fatigue politique que ressentent plusieurs Québécoises et Québécois. Une certaine morosité s’est installée au Québec. Je pense que François tente d’exploiter cette démotivation des citoyens. Dans les faits ce que propose François est une espèce de renoncement, c’est une sorte d’abandon. Je pense que c’est tout au contraire du courage qu’on doit exiger des personnes politiques. La question nationale, la question du statut du Québec n’est pas réglée et tant qu’elle ne sera pas réglée il faudra qu’elle demeure prioritaire. On ne peut tout simplement mettre la question nationale au congélateur. La question du statut du Québec est trop importante pour qu’elle soit mise de coté. Je trouve que François manque de courage.

IG : D’autant que Stephen Harper dirige maintenant un gouvernement majoritaire au fédéral et comme me confiait récemment Mme Vivian Barbot, Présidente par intérim du Bloc Québécois, que quoi que dise l’opposition il fera toujours ce qu’il voudra, et qu’en conséquence on ne voit pas comment seront défendus les intérêts du Québec à Ottawa.

BD : Le gouvernement Harper actuellement met en place un agenda politique ultra conservateur qui s’attaque aux intérêts du Québec, aux valeurs Québécoises, et dans certains cas même aux droits des Québécois, notamment en matière de respect de la langue française. C’est un gouvernement qui construit un pays dans lequel les Québécois ne se retrouvent pas, et ne se reconnaissent pas. Je dirais que la nécessité de maintenir un mouvement nationaliste et souverainiste s’impose plus que jamais. Dans un contexte où vous avez un gouvernement du Canada qui nie systématiquement les droits, les intérêts, les valeurs du Québec, il faut s’assurer que le mouvement souverainiste reste fort pour agir comme une sorte de contrepoids, comme un rempart. Le Québec est très peu représenté au sein de ce gouvernement ultraconservateur. Le gouvernement Harper a été élu essentiellement par le reste du Canada. Peu de députés québécois ont été élus sous la bannière conservatrice. Il faut s’assurer que le mouvement indépendantiste québécois reste fort pour maintenir le rapport de force du Québec face au reste du Canada. C’est pour cela que le mouvement indépendantiste doit rester une force politique au Québec. Il ne faut pas se laisser marginaliser.

IG : En fait on constate que le gouvernement fédéral a pris des décisions qui vont à l’encontre des intérêts et valeurs du Québec : nomination de deux hauts fonctionnaires unilingues dont un juge à la cour suprême, élimination du rôle des registres des armes. Qu’en pensez-vous ?

BD : Le gouvernement de M. Harper se comporte actuellement comme si le Québec n’existait pas. Il n’a aucune volonté de sa part de respecter l’identité québécoise. C’est pour cela que le mouvement souverainiste au Québec doit rester fort. Pour obliger le gouvernement canadien à nous respecter, pour faire entendre notre voix et s’assurer que nos intérêts, nos valeurs et nos droits soient défendus. On a un gouvernement canadien qui se fout de nous. Le rapport de force du Québec face aux actions du Canada dépend de l’existence d’un Parti Québécois fort et d’un mouvement souverainiste fort au Québec.

IG : En adoptant un tel comportement à l’égard du Québec, M. Harper ne fait qu’aider au renforcement des partis souverainistes car les québécois s’aperçoivent qu’ils n’ont rien à attendre d’Ottawa.

BD : Souhaitons qu’ils en viennent à cette conclusion. Nous, on y croit déjà, à la nécessité de l’indépendance politique. Mais il faut maintenant convaincre les Québécois qui ne se sont toujours pas ralliés à cette idée.

IG : D’autant que toutes idées d’indépendance sont assez récentes car elles ne dateraient que d’une quarantaine d’années. Donc il faudrait peut être laisser un peu de temps au temps, non ?

BD : Pas trop quand même. Les événements auxquels vous avez fait référence, la nomination de juge unilingue à la cour suprême, celle du vérificateur général du Canada unilingue, l’adoption d’un certain nombre de lois qui vont à l’encontre des valeurs québécoises en matière de lois criminelles en matière de contrôle des armes à feu par exemple, toutes ces décisions du gouvernement canadien démontrent qu’il vaudrait mieux que le Québec contrôle lui même toutes ses affaires. Qu’il ait le plein contrôle de sa destinée. Le travail que nous avons à faire actuellement, c’est de constituer une majorité en faveur de l’indépendance. Ces arguments tirés de l’actualité récente démontrent bien, à notre point de vue, le besoin et la nécessité de faire l’indépendance mais il faut aussi qu’une majorité de Québécois en soit convaincue. Ce travail de persuasion, et l’argumentaire qui l’accompagne, doit être sans cesse renouvelé.

IG : Au terme de la présente interview souhaiteriez-vous ajouter quelque chose d’autre ?

BD : Je remercie le journaliste Français que vous êtes de s’intéresser à la vie politique Québécoise. Nous avons intérêt à ce que la France sois forte et réciproquement la France a intérêt à ce que le Québec reste fort de sa langue, de sa culture, de son héritage. Je pense que c’est dans l’intérêt de la France de pouvoir compter sur une Amérique française dynamique et vigoureuse. La relation Québec-France est un axe stratégique qu’il faut continuer à nourrir et à renforcer. C’est dans nos intérêts respectifs que de s’appuyer l’un sur l’autre et de pouvoir veiller l’un sur l’autre. On est parents, on est des cousins, on est deux sociétés, deux nations qui doivent continuer à construire l’amitié, la confiance et la coopération dans tous les domaines de la vie nationale. Il faut constamment penser à resserrer nos liens. Nous sommes deux peuples qui avons beaucoup en commun et qui peuvent œuvrer ensemble pour renforcer notre identité commune, nos valeurs communes, notre héritage commun. Je pense que nous partageons une communauté de vie. Il faut constamment chercher à la réinventer et à la développer. Il faut chercher les occasions de s’unir et de se rassembler sur l’immense fondation commune qui est la nôtre et qui a plus de 400 ans d’histoire déjà. Rendez-vous en l’an 3000 !