Elles courent, elles courent les promotions au Ministère de l’Emploi

 

 

Dominique Peres

 

 

Isidore Grao

Le, 30 octobre 2011-10-30

www.lavoixdecartier.com

 

 

 

 

Selon des rumeurs bien informées, il semblerait, que depuis le début de l’année 2011, des nouvelles promotions du niveau de « professionnel «aient concernées deux agents d’aide féminin», (mais par respect à ces deux collègues nous tairons leurs noms) au ministère de l’Emploi et de la Solidarité Sociale. Dire que nous connaissons leurs noms relèverait de la gageure ! Aucune annonce officielle n’a été faite, et le plus grand secret entourerait ces promotions ! Mais ce que nous savons c’est que ces deux personnes ont changé d’établissement ou de services professionnels, de même que de fonctions. Des fonctions qui relèvent plutôt du niveau de professionnel que de celles d’agent d’aide.

Quel examen ou concours ont elles réussi brillamment ? Là c’est le silence le plus complet ! N’oublions  pourtant que dans un pays démocratique, il ne peut avoir de «cote d’amour» pour les fonctionnaires, et ceci en application du principe de libre accessibilité de tous citoyens à un emploi de la fonction publique et comme se plaisent à dire les Québécois, payer par leur impôt ! Encore faut-il bien appréhender l’objet du débat et ne pas chercher à diverger du but ultime. Pour illustrer ce propos un souvenir me revient en mémoire : Quand nous étions en audience de la CRT (Commission des relations du travail)  de, et à Québec, en décembre 2008, l’avocate du ministère de l’emploi (donc une de nos adversaires) intervint d’un air courroucé pour annoncer «Mais les échelles de traitement ne sont griefables !»

 

« Certes, Votre Honneur, nous savons très bien que ces échelles de traitement au sein de la fonction publique sont élaborées par le Conseil du trésor et ne sont pas griefables!».

Oui mais voilà avait-elle bien compris l’objet de l’audience ? En effet nous étions là pour parler d’équivalence de traitement et d’engagement de l’Etat à notre sujet ! Comme quoi tous les moyens sont bons pour nous écarter du vrai sujet et chercher à nous égarer, la stratégie était trop grosse pour ne pas susciter une réplique immédiate en audience.

 

Donc nos deux anciennes collègues ont pu obtenir en catimini une promotion professionnelle et nous sommes très heureux pour elles. Mais que l’on ne dise pas ensuite comme le fit l’ex Ministre de l’Emploi, Sam Hamad qu’il ne lui était pas possible de réparer un déni de justice voire une injustice commise par ses prédécesseurs en 1998 dans le cadre de l’accord de Principe Canada-Québec sur le marché de l’emploi (PS : A remarquer que le Québec fut la seule des provinces canadiennes à ne pas respecter ses engagements en la matière). Pour nous, les 123 conseillers en emploi du fédéral, donc tout un corps particulièrement formé et sélectionné par ces fonctions au fédéral, notre intégration forcée à un niveau professionnel inférieur au Québec est restée du domaine du tripatouillage et magouillage. Tout ce qui avait été obtenu par concours, examen, sélection au fédéral finalement ne trouvait plus de justifications au Québec, uniquement par le fait du Prince ou par un faux complexe de supériorité?

 

Nous n’avons pas eu de promotion mais bien une rétrogradation quoi qu’en pense l’avocate susvisée. Le pire c’est que toutes nos interventions auprès des personnalités politiques (députés, ancien ministre et Premier ministre, etc.) sont restées lettres mortes. Aucune d’entre elle n’a eu le courage de nous donner des explications sur ce scandale. Alors courageux, mais pas téméraires ?

 

Il est vrai qu’à l’époque Lucien Bouchard était Premier Ministre du Québec et Mme Lemieux sa Ministre d’Etat chargé de notre ministère. Quant à Lucien Bouchard qui défendait son principe de «déficit zéro» pour se donner une image d’excellent gestionnaire des deniers publics, on sait que 12 ans plus tard il a été nommé par Jean Charest défenseur des lobbys pétroliers. Et l’on sait très bien que ces lobbys ne font pas dans le social ni dans la philanthropie. Donc la fin justifie les moyens !

 

C’est étonnant mais quand je réfléchis, je me dis que notre affaire ressemble de plus en plus à celle de la commission sur l’industrie de la construction.

 

-       On a une Entente de principe avec des règles de droit qui n’ont jamais été respectées, de l’autre des contrats publics dont les règles à la concurrence sont systématiquement bafouées.

 

-       Un ministère des Transports qui admet dans ses autorités dirigeantes des bureaux de génie, de l’autre un ministère du travail qui doit mettre en place une caricature de comité paritaire.

 

-       Des syndicats dont le rôle n’est pas de défendre leurs membres mais plutôt leurs intérêts : Le FTQ avec ses autorisations de travail, de l’autre le SFPQ qui se retrouve juge et partie dans ce dossier et au final réclame  à des travailleurs 40 000 dollars pour un travail qu’il n’a pas voulu assurer, à savoir la défense des salariés, mais qui néanmoins ne rechigne à encaisser les cotisations syndicales. Il suffit pour le constater d’aller voir les bâtiments dans lesquels ils sont logés, il ne s’agit pas de petites permanences syndicales. Merci l’effet Rand !

 

-       Une Juge aux pouvoirs limités pour une recherche de la vérité, de l’autre, une Justice qui se sera cantonné qu’aux aspects de forme du dossier mais jamais de fonds.

 

-       Une Cour d’appel de Montréal (2007) qui conclut son arrêt en invitant les organisations représentatives à négocier. Mais voilà, du ministère ou du syndicat SFPQ aucun des deux ne veut interférer dans ses intérêts, l’un son autorité hiérarchique, l’autre le mélange des genres en soutenant les désidératas des techniciens Québécois.

 

-       Et voilà ce que m’inspire aujourd’hui la rumeur de deux nouvelles promotions. Ce bruit de fond  qui ravivera toujours (tant que le dossier restera en état) une pugnacité, ô combien dérangeante dans cette Quête (avez-vous remarqué= Quê—te et Qué—bec ?) de Vérité.