UN BEL EXEMPLE DE DEMOCRATIE : LES PRIMAIRES DU PS FRANÇAIS

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 En haut : Martine Aubry, Jean-Michel Baylet, Arnaud Montebourg

En bas: Ségolène Royal, François Hollande, Manuel Valls

 

Isidore Grao

Le, 25 octobre 2011

www.lavoixdecartier.com

 

 

 

Au Parti Socialiste français, ce ne sont pas les idées qui manquent car elles sont le fruit de la liberté individuelle ! Mais quelquefois trop de liberté nuit à l’efficacité, car en toutes choses, à  l’effervescence et au bouillonnement doit succéder celui de la concrétisation, le moment de la décision. Les deux mouvements sont indissociables pour justifier l’autorité d’un leader. De même que sans leader ou a contrario l’excès de leader, aucun projet ne peut aboutir. Ainsi le leader est en permanence confronté à des choix quel que soit le dossier étudié. La difficulté résulte du bon choix ! Or, chaque dossier comporte son contingent d’incertitude et le leader doit faire sienne cette maxime «  L’Homme a soif d’absolu, mais il doit œuvrer dans le relatif ». Terrible dilemme ! Pour la Droite française, le problème ne se pose pas : tout le monde se trouve regroupé derrière un chef unique, et gare à celui ou à celle qui s’écarterait de la règle d’initiative contrôlée.

 

Après Mitterrand, reconnu comme orfèvre en matière de politique, car il avait compris dès le congrès d’Epinay / Seine, que la victoire ne viendrait que s’il était capable de rassembler tous les sympathisants. Aussi ne s’instaure pas rassembleur qui veut et de ce fait, la succession aujourd’hui s’annonce difficile pour l’élite socialiste. Non pas par absence de personnes qualifiées, mais au contraire, dans ce parti le danger vient de l’excès de liberté et de la pléthore de leaders. Chacun ou Chacune veut avoir son courant d’idées. Déjà il est reconnu que ceci fut la cause de l’échec de Jospin à la Présidentielle de 2002 et de là à accuser Chevènement et son mouvement MRG d’avoir joué les trublions dans cette élection, il n’y a qu’un pas.

 

Mais les élections présidentielles s’annoncent en 2012 et les sondages donnent le Président actuel en difficulté pour un éventuel renouvellement de son mandat, situation excellente pour le parti socialiste et son esprit de revanche pour une alternance au pouvoir. Dès lors tous les espoirs sont permis.

 
Mais conscients de leurs faiblesses, les socialistes n’ont pas voulu recommencer l’expérience de 2002. Certains d’entre eux dont  Arnaud Montebourg ont plaidé dès 2008  (son livre : « Des idées et des rêves ») à l’instauration d’élection de « primaires citoyennes » (à ne pas confondre avec des élections nationales). Il s’agissait en la matière de la première du genre en France. On donne la parole au peuple des sympathisants  qui  déclarent partager « les valeurs » du PS. Les conditions requises pour participer au vote sont peu nombreuses :

 

-       Etre inscrit sur les listes électorales  ou à 18 ans se déclarer sympathisant aux valeurs socialistes.

-       Participer financièrement à la logistique de ces élections citoyennes en versant la symbolique somme de 1 euro. A noter que l’Etat ne versera aucune participation financière à cette opération.

-       Le jour du vote se présenter avec sa pièce d’identité et sa carte d’électeur.

 

Les responsables du PS déclaraient qu’au delà d’un million de participants l’opération serait qualifiée de réussite. En fait, au premier tour le dimanche 9 octobre on dénombra près de 2,5 millions et au second tour, près de 3 millions. Effectivement le score de 50% + 1, ne fut pas atteint le 9 octobre, et il fallut donc revoter le dimanche suivant.

 

Les candidats devaient être présentés par un quorum de grands électeurs (conseillers généraux, etc.)

Six candidats passèrent cette première sélection :

 Pour le PS : Ségolène Royal, Martine Aubry, Arnaud Montebourg, Manuel Vals, François Hollande

et Jean-Michel Baylet pour les Radicaux de gauche.

 

 A ces noms manque celui dont tous les électeurs de gauche donnaient  gagnant « haut la main »début 2011, non seulement sur ces élections citoyennes, mais  tout aussi nationales de la présidentielle en mai 2012, à cause de sa grande compétence internationale tant sur le plan économique que financier. Mais voilà c’était sans compter sur l’hypocrisie politique : Dominique Strauss-Kahn n’aura  pas vécu à ses péchés de chairs à new York le 15 mai 2011. Je dis « hypocrisie » car je me souviens des images diffusées par la télévision américaine, d’un homme menotté dans le dos, il s’agissait alors du pire criminel international. Et quelques mois plus tard, le voilà libéré. Est-il pour cela innocent du crime dont on l’accuse ? Non mais il y a doute sur la franchise de la « victime ». Alors dans le doute on s’abstient. Les français ont été outrés de ces images qui n’ont réussi qu’à une seule chose à donner de la compassion à un « accusé » au lieu de la « victime ». D’autre part les français savent aussi que le comportement de l’ancien président Clinton  souffrait des mêmes soupçons que celui de  DSK : un cas est avéré, mais d’autres resteraient confidentiels. Et pourtant quoi qu’en disent les journaux américains, le Président Clinton n’eut jamais droit au port de menottes. Aux USA il s’agit maintenant d’une affaire de money ! En France pour une autre tentative de viol non prouvé, les Juges  ont mis en cause l’honorabilité de DSK, tâche qui suivra longtemps l’intéressé et qui devra porter atteinte à de nouvelles velléités de s’illustrer sur le plan politique !


 Apres cet aparté, revenons à ces primaires !

 

Deux grandes soirées radiotélévisées furent organisées. A la première participèrent donc les  six candidats. Les débats furent menés  par deux journalistes dans un excellent contexte. On jugea plus des idées de chacune et chacun que de leur personnalité :

 

- Ségolène Royal fut toujours aussi  dynamique et déterminée contre les Banques, et son rôle social mais son image était usée par l’élection de 2007.

 

- Martine Aubry,  fille de Jacques Delors un autre grand économiste français mettait dans la balance son rôle de Première secrétaire du parti socialiste.

 

- Arnaud Montebourg, le plus accrocheur, préconisant la mise en place d’une sixième République est je crois promis à un très bel avenir politique et qui écrit dans son ouvrage précité :

«  Cela suppose également de reconstruire les contre-pouvoirs, ceux de l’opposition, ceux découlant de l’Etat de droit qui doit être plus fort que le suffrage universel, ceux du droit de regard des citoyens, par l’intervention populaire. C’est ainsi que la nouvelle France se reconstruira. Par la confiance, la démocratie pourra enfin être achevée. »

 

-  Manuel Vals, député-maire d’Evry, représente le meilleur cas de réussite d’intégration française, lui dont les parents sont d’origine espagnole. On le dit le plus proche de la droite, se plaça au niveau d’une  recherche  rigoureuse du fonctionnement de la politique française.

 

- Jean-Michel Baylet s’identifiant à une ancienne gauche se fit le chantre d’une certaine libéralisation du cannabis.

 

 - Restait donc François Hollande qui dès le premier débat voulu s’identifier au futur rôle de président en se plaçant au « dessus-de-la-mêlée ». Il joua les rassembleurs, s’inspirant en cela du précédent Mitterrand.

Il faut croire que cet aspect intéressa davantage les électeurs qui le placèrent au second tour, en tête devant Martine Aubry, avec une différence de pourcentage suffisant pour que sa légitimité de leader de la gauche lors des élections de mai 2012 ne puisse être remise en cause.

Hollande qui il y a un an encore restait l’homme de l’ombre le voilà propulsé au premier plan (les sondages le donne présidentiable en mai 2012 à plus de 60 % contre Sarkozy  à 40 %),  alors que tous les socialistes plaçaient leurs espoirs en Dominique Strauss-Khan pour battre le président Sarkozy.

 

Ces élections  primaires citoyennes, les premières du genre, sont certainement appelées à se développer. On donne la voix au peuple, qui à son tour bonifie le fonctionnement politique, en supprimant les accords en catimini à l’intérieur et les tripatouillages  des partis. Parties prenantes à une élection maintenant, les électeurs ne pourront se désintéresser des élections présidentielles de 2012. En quelque sorte, ils se retrouvent porteurs du projet.  Ici où le vote n’est pas obligatoire, il vaut donc mieux convaincre que contraindre. La Droite qui décriait et ridiculisait  au début 2011 ce système, s’est tout à coup aperçu  de l’engouement qu’il suscitait et envisagerait de l’utiliser pour les élections présidentielles suivantes en 2017 ! Et peut être même avant, à entendre les médias rendre compte des démêlés actuels pour leur futur candidat à la mairie de Paris, soit François Fillon, soit Rachida Dati.

 

Un autre bon moyen de régler ses problèmes en la soumettant à la vox populi.

 

Politiciens Québécois, vous qui semblez en désarroi de votre électorat, allez à sa rencontre, intéressez-le à la vie publique et il vous le rendra bien.