LE  QUEBEC REPUBLIQUE BANANIERE ?

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Isidore Grao

Le, 25 septembre 2011

www.lavoixdecartier.com

 

 

Interview de Michel Bertrand, La Voix du peuple Québécois du 25 septembre 2011

 

 

 

IG : Bonjour Michel, nous étions convenus lors de votre dernière interview de reprendre contact dans trois mois. Mais l’actualité politique du Québec nous oblige à intervenir plus tôt. Alors que tout le monde sait « qu’il y a quelque chose de pourri dans le milieu de la construction Québécoise », voici maintenant que 13 dossiers disparaissent ! En effet le nouveau ministre des Transports M. Pierre Moreau vient de déclarer que ces dossiers transmis pour enquête policière n’avaient jamais été reçus par l’UPAC (Unité permanente anticorruption). Croyez-vous que ce soit le look out de la poste Canadienne qui soit responsable de cette disparition ?

 

MB : Absolument pas .Ce genre de dossiers a l’habitude de se perdre en cours de route. Au Québec c’est presque de la routine !

 

IG : Pourtant les révélations du rapport Jacques Duchesneau sur le milieu de la construction Québécoise parle de collusions à très grandes échelles ! Il mettrait en cause l’intégralité des intervenants dans ce système : firmes de génie conseil, architectes, entreprises de construction, employés du ministère des transports, syndicats. Qu’en pensez-vous ?

 

MB : Il n’y a rien d’extraordinaire là dedans. Ce n’est pas d’hier que cela existe. Je n’étais même pas né que cela devait exister déjà ! Un exemple pour la construction du parc olympique de Montréal, un témoin a déclaré que pour 10 camions qui passaient sur le chantier pour décharger, neuf d’entre eux repartaient avec un chargement, donc un seul sur les dix camions déchargeait. Où passaient les neuf autres ?

 

IG : C’est très grave ce que vous dites, pourrait-on assimiler le Québec, en la circonstance, à une république « bananière » ? Est-ce la peur qui empêche les politiciens de réagir ?

 

MB : Je crois que oui. Je crois même que les finances publiques québécoises sont un compte ouvert pour ceux qui veulent en abuser ! Tout le monde peut user et abuser. On parle des amis de ceux qui sont au pouvoir évidemment. C’est un peu comme les enveloppes brunes. Pourquoi croyez-vous que les gens soient désabusés de la politique ?

 

IG : C’est quand même dommage qu’un si beau pays soit dénaturé par toute cette corruption !

 

MB : Oui et les exemples ne manquent pas. Hier plus de 2000 personnes ont manifesté contre cela devant le siège politique de Jean Charest, à Montréal. On est tellement habitué à cette corruption là et le pire c’est que nous ne voyons pas comment reprendre le pouvoir de l’intégrité ! Ca devient presque banal pour le public !

 

IG : Un nouveau phénomène récent que je viens de constater dans les médias. Certains journalistes font des articles sur le monde maffieux. On sait qui va succéder au précédent parrain, on nous décrit les funérailles d’un autre. Au lieu d’avoir honte de cette gangrène, on s’en fait les choux gras ! C’est presque devenu de la presse people.

 

MB : Ca fait maintenant partie de notre culture, je crois. On sait très bien que la maffia sicilienne s’est très bien implantée à Montréal. Ce que je ne comprends pas, c’est que ces journalistes sont très au fait des actions de la maffia, ils savent très bien qui fait quoi, quelles sont les dernières nouvelles de ce milieu, mais par contre juridiquement parlé il ne passe jamais rien . On met des années avant que quelqu’un soit incarcéré  alors que personne ne contredit ce qui est écrit. C’est un peu comme si le pouvoir en place était informé de toutes les actions de ce milieu et qu’il préfère passer à autre chose. On n’en fait plus cas, c’est devenu de la routine quotidienne.

 

IG : On serait alors tenté de demander « à qui profite le crime » ?

 

MB : A ceux qui sont au pouvoir et aux amis de ceux qui sont au pouvoir. Si la fonction de député n’était pas rémunératrice pourquoi y aurait-il tant de candidat ? Parce que pour faire de la politique il faut quand même posséder un fort égo, un égo surdimensionné pour faire ce travail là.

 

IG : Pourtant le Premier Ministre Jean Charest conteste le rapport Duchesneau en indiquant qu’il ne s’agit que de simples allégations et non pas de faits probants. C’est étonnant, n’est-ce pas ? Compte tenu de ce qui vient d’être dit, serait-il le seul politicien amnésique ?

 

MB : Remarquez que nous avons connu d’autres amnésiques.

 

IG : Déjà l’an dernier, le procès de la commission Bastarache, mis en place par M. Charest pour détourner l’attention du public sur les turpitudes de ce milieu de la construction, alors que Pauline Marois réclamait déjà à cors et à cris la création d’une commission sur le milieu de la construction. Mais comme vous le savez, dans cette commission Bastarache, la montagne accoucha d’une souris ! Cette fois-ci l’affaire a l’air plus grave, non ? Croyez-vous que M. Charest pourra une nouvelle fois échapper à l’instauration d’une commission sur la construction ?

 

MB : A mon sens oui. Ca fait plus d’un an que tout le monde  (police – citoyens -  syndicats) réclame l’instauration d’une commission publique  sur ce milieu. Charest a encore déclaré cette semaine qu’il ne voyait pas l’utilité de la création d’une telle commission et qu’il fallait continuer l’enquête policière. Ce n’est pas son intérêt de faire cette création et certainement qu’il y aura dans un certain temps plein de nouveautés qui feront oublier cette demande d’enquête. Si cela se trouve dans trois mois on parlera d’autre chose. Mais de toutes les façons tôt ou tard il faudra bien créer cette commission car maintenant les turpitudes, collusions deviennent récurrentes. Charest compte sur le temps, le temps qui fait oublier.

 

IG : Oui mais le paradoxal dans cette affaire c’est que le parti PLQ serait en train de remonter dans les sondages ! Est-ce à dire alors que les Québécois approuveraient toutes ces magouilles ?

 

MB : Je crois que pour la grande majorité des Québécois, ceux-ci considèrent que toutes ces affaires font parties de notre culture. Je ne sais comment l’expliquer. On dirait que les gens sont tellement désabusés ! Dans notre dernière interview je vous avais déjà dit que les gens votaient pour les gens qu’ils croyaient les moins voleurs. Maintenant les gens ont pris tellement peur avec l’indépendance, et de tas d’autres choses, que finalement ils préfèrent rester sur cette situation là. Mais ils semblent oublier une seule chose, c’est que notre devise est « je me souviens ».

 

IG : Vous venez de dire quelque chose de très important : « les gens ont peur de l’indépendance ». Que voulez-vous dire ?

 

MB : Les gens actuellement regardent les politiciens qui sont au pouvoir et ils estiment que parmi eux personne ne serait capable de mener le pays à son indépendance et ils ont peur. Ils pensent que déjà le Québec est une république bananière à l’intérieur d’un pays, alors ils se disent que sérions-nous dans un pays indépendant, on risquerait d’être dans une situation plus délicate que dans une république de bananes, ce serait un régime totalitaire sous les ordres de la pègre, tout simplement !

 

IG : Pourtant les faits sont là. En décembre 2009, l’ADQ déjà dénonçait le fait que plusieurs firmes de génie conseil avaient obtenu des marchés importants de « gré à gré » (en fait de la main à la main) et ceci pour des montants importants, telle par exemple, la firme Génivar pour 17 721 833 dollars entre 2009 et 2010. A votre avis, pourquoi le ministre des Transports de l’époque Sam Hamad n’a-t-il pas déclenché d’enquête, ne serait-ce qu’administrative ?

 

MB : En fait c’est grâce à la mafia s’ils sont au pouvoir. C’est elle qui leur fournit l’argent pour obtenir le pouvoir, donc une fois élus les politiciens leur sont redevables !

 

IG : Oui mais au cas particulier il s’agit d’un ministre et non d’un député !

 

MB : Sam Hamad, et puis ? C’est quand même lui qui a refusé récemment de diffuser les rapports d’expertises sur l’effondrement du tunnel de Montréal au motif que le public ne serait pas suffisamment compétent pour en comprendre leur teneur !

Comment voulez-vous qu’un ministre de la sorte qui nous prend pour des demeurés, veuille  tenter de régler le problème ? Il a tellement bien réussi dans les Transports que Charest l’a fait remplacer au bout d’un an !

 

IG : Pourtant, selon l’ADQ, et toujours dans la même période des cadres et des employés de Genivar ont versé 40 750 dollars au PLQ ! A quel titre, selon vous, ont eu lieu ces versements ? Croyez-vous que ce soit à titre philanthropique ?

 

MB : Pas du tout. C’est une espèce de ristourne sur tout l’argent qu’ils ont fait sur le dos des contribuables. Si une entreprise fait de telles ristournes au parti politique qui gouverne ne croyez-vous pas que la chose devienne suspect ? Dans le fond on encourage la corruption, on encourage le crime ni plus ni moins. On se fait voler avec le consentement du gouvernement.

 

IG : La rentrée parlementaire à Québec a eut lieu le mardi 20 septembre. Avec toutes ces affaires il y avait lieu de craindre que cette rentrée soit mouvementée. Et bien il ne sait rien passer d’extraordinaire !

 

MB : Non.

 

IG : Donc a priori tout le monde est d’accord sur cette collusion ?

 

MB : Il ne faut tout de même pas jouer les vierges offensées, si c’était pour parader devant le public, pourquoi pas, mais là c’est plus dangereux pour les parlementaires car qui a à gagner dans l’ouverture d’une enquête. Remarquez que ce l’on demande actuellement « c’est une enquête publique mais à huit clos ». En un mot, la population qui est victime de toutes ces turpitudes serait encore une fois laissée pour compte et les gens craignent aussi que si on ouvrait une commission elle ne se termine à l’identique de ce que vous disiez pour la commission Bastarache, beaucoup de bruit et d’argent pour un résultat insignifiant.

 

IG : Oui mais vous savez que Jacques Duchesneau souhaiterait aussi que si commission il y avait elle se déroule à huit clos, au motif que les témoins peuvent être plus loquaces dans ces conditions, et, permettre ainsi à la vérité de pouvoir s’éclater intégralement.

 

MB : Oui d’accord pour la protection des témoins, mais en contre partie qui serait informé du déroulement de cette commission, tout se ferait en catimini, pour faire confiance encore une fois à des gens peu recommandables. Qui nous assure que le huit clos respecterait l’intérêt des Québécois. Moi de toutes les façons je reste très sceptique sur les résultats finaux, si le huit clos est imposé. Ca fait combien d’années que l’on protège ces escrocs là. Il vaut mieux que tout se fasse au grand jour et à la connaissance de tous les citoyens. On se fait voler c’est certain, mais pourquoi garder toujours le peuple, dans l’ignorance.

 

IG : Ce qui semble paradoxal avec ce milieu politique Québécois, c’est que d’un côté, on fasse de grands effets d’annonces sur les bienfaits d’une gestion rigoureuse des deniers publics en préconisant, par exemple, la diminution des fonctionnaires, un budget au déficit zéro, et que, de l’autre coté on fasse participer des firmes de génie civil dans les commissions de contrôle du ministère des transports. Dès lors à quoi sert la  procédure de mise en concurrence dans les marchés si les jeux sont joués dès le départ. Artifice budgétaire ou fumée aux yeux ?

 

MB : Tout cela n’est que de la mise en scène au profit de l’argent ! Si ce n’était pas le cas, notre système de santé serait plus en santé qu’actuellement il ne l’est. On prend l’argent de nos impôts pour encourager la fraude. Qu’est-ce qu’on peut attendre d’un gouvernement qui ne réagit pas à tout cela ?

 

IG : Certes aujourd’hui on crie haro sur le PLQ, car c’est lui qui est aux affaires actuellement. Mais cette situation n’est pas récente, puisqu’il semble que toute une structure parallèle ait eu le temps de se développer. Une telle situation aurait du faire réagir les gouvernements successifs. Et l’on sait que le PQ est resté au pouvoir pendant de nombreuses années. Peut-on considérer que le PQ a lui aussi été mouillé par ces turpitudes. Dans ce cas Pauline Marois est peut être mal placée pour réclamer l’instauration d’une commission d’enquête sur l’industrie de la construction ?

 

MB : Oui vous avez raison, j’imagine que tout ceci a très bien pu fonctionner alors que le PQ était au pouvoir ! Puisque tout remonte à l’époque de Duplessis. Actuellement la situation ne fait que s’aggraver. Il semble donc que toutes ces escroqueries, turpitudes ne se soient jamais arrêtées même lorsque le PQ était au pouvoir. Encore une fois mon adage se vérifie : on vote (ou on croit voter) pour le moins escroc, mais on sait bien que de toutes les façons on se fera escroquer. Que ce soit à l’ADQ, au PLQ, au PQ, ceux qui entrent en politique espèrent bien gagner quelque chose de leur passage. On n’arrête pas de dire que les politiciens ne sont pas bien payés pour l’importance des tâches à assumer. Est-ce que vous travaillerez pour trois dollars de l’heure ?

Donc si le métier les intéresse c’est qu’ils ont d’autres avantages ailleurs.

 

IG : Je croyais que les parlementaires au Québec recevaient des émoluments conséquents !

 

MB : Les députés, peut être mais est-ce que les ministres sont si bien payés que cela ! Je ne crois pas. Surtout que l’on sait que lorsqu’ils quittent leurs fonctions ils vont vers le privé et touchent des salaires bien plus importants qu’au gouvernement.

 

IG : C’est la même chose pour tous les fonctionnaires on sait très bien qu’en règle générale les infirmières du privé touchent près du double de celle du publique. Et ensuite, certains les considèrent comme des nantis !

 

MB : Vous avez raison mais pour les fonctionnaires, ils doivent assumer leur choix.

 

IG : S’agissant du programme politique de François Legault dont les sondages donnent gagnant en cas de futures élections, je ne pense pas qu’il ait placé la lutte contre la corruption dans ses priorités d’action. Ce serait pourtant une action essentielle pour lui qui veut tout mettre à plat avant de parler de souveraineté, non ?

 

MB : Il faut se rappeler que François Legault a déjà exercé des fonctions ministérielles sous la bannière péquiste. Je ne vois pas ce qu’il aurait à gagner de cela ?

 

IG : Donc qui ne dit mot, consent ?

 

MB : Peut être pas, mais il ne sert à rien de jouer les vierges offensées.

 

IG : il semblerait qu’aux dernières nouvelles François Legault serait favorable à l’instauration d’une commission d’enquête à condition qu’elle se déroule à huit clos.

 

MB : J’ai lu récemment un livre intitulé le BS (bien être social) des riches. Par « bien social », on fait référence aux entreprises qui reçoivent des subventions et de l’argent sans aucune justification à fournir. Qu’est-ce que vous croyez qu’il se passe actuellement ? C’est le pouvoir qui a le pouvoir de nous vider les poches sans avoir rien à faire en contrepartie. On voit actuellement, à Montréal, énormément de chantiers ouverts sur la réparation des routes et personne ne travaille dessus, les rues restent obstruées des semaines entières pour rien !

 

IG : A un degré moindre certes, pourquoi Mme Marois défend-elle avec tant d’acharnement le projet de loi 204 ! En instaurant par la loi une irresponsabilité judiciaire de Pierre Karl Péladeau dans la construction de l’amphithéâtre de Québec, ne croyez-vous que cela soit risqué d’attribuer d’office une sorte d’irresponsabilité pénale ? A partir du moment où on l’a accordé une première fois pourquoi ne pas la renouveler pour d’autres projets ultérieurs, de même acabit?

 

MB : Absolument, c’est devenu comme intégré à notre culture maintenant. Comment voulez-vous dans ce cas qu’il nous reste un peu d’espoir d’avoir enfin un pouvoir propre au Québec ? Pourquoi de plus en plus de personnes ne vont plus voter. Ils ont perdu confiance !

 

IG : Mais ne croyez-vous pas que ce sont les règles de passation des marchés publics au Québec qui soient causes de tout cela. Décréter au nom d’un fumeux « équilibre du budget » que ce sera l’entreprise la moins disant qui remportera le marché et autoriser a posteriori des surcouts importants et incontrôlés, c’est autoriser toutes les magouilles possibles, non ?

 

MB : Oui mais pourquoi le Québec n’a pas adopté les mêmes règles en la matière qu’en France. Pourquoi ce mélange de genre et cette absence de contrôle a postériori de la qualité des travaux exécutés.

 

IG : Oui mais en France il y a deux mondes bien distincts, le privé qui est le règne de l’argent et le public qui défend le social, et les fonctionnaires qui sont respectés là bas, œuvrent  pour la défense des deniers publics. Les contrôles de qualité se font a priori et dans d’autres cas a postériori, et par des contrôles de qualité inopinés. Et le corps des contrôleurs publics est composé uniquement de fonctionnaires. En ce sens la fonction publique défend la démocratie, mais surtout l’intérêt général.

 

MB : Oui justement et pourquoi au Québec le gouvernement stricto sensu  n’est pas celui qui seul gouverne? Pourquoi croyez-vous que les libéraux essaient de plus en plus d’instaurer un partenariat public/privé. On n’en veut pas de privé dans la fonction publique ! C’est encore une fois une forme de collusion qu’on légalise ni plus ni moins. Et à chaque fois qu’il y a eu un partenariat public /privé cela a couté plus cher au public. Elle est où la logique dans tout cela ?

 

IG : Il faut bien se rendre à l’évidence, c’est que les entreprises qui soumissionnent « au prix le plus bas » ont nécessairement besoin, pour fonctionner, de rentabiliser leur travail, ce ne sont pas des entreprises philanthropiques. Donc si elles ne gagnent pas sur la facturation de leurs travaux elles vont se rattraper sur la qualité des matériaux utilisés, qui sera de moins bonne qualité donc moins chère, mais moins résistante. Et ensuite on voit des ponts et des tunnels s’effondrer au bout de 10, 15 ans. Tant qu’il n’y a pas de morts c’est un moindre mal, mais à force de jouer avec le feu, ils finiront par se bruler, ne croyez-vous pas ?

 

MB : Effectivement c’est avec du travail bâclé, des matériaux de basse qualité, au final les constructions coutent deux fois plus que si elles avaient été construites correctement

 

IG : Mais là encore, le problème c’est que d’une manière générale et cela semble être rentré dans les mœurs au Québec, chaque construction génère des extras importants ? Et personne ne contrôle ces extras qui sont déjà une infraction à la libre concurrence des marchés. Etes-vous d’accord ?

 

MB : Exactement, et au final cela coutent deux fois plus cher sans que la qualité de l’ouvrage ait été améliorée. Ou est donc passé tout cet argent ? Que ce soit sous les Péquistes que sous les Libéraux il n’y a jamais eu de constructions n’ayant pas entrainé des dépassements. Jamais. Et on finit par doubler voire tripler la facture initiale pour un ouvrage d’aucune qualité.

 

IG : Je ne sais pas pourquoi au Québec,  il n’y ait pas plus de services de contrôle de qualité qui pourraient intervenir a postériori pour apprécier le service rendu, en opérant par exemple des carottages dans les structures en béton pour analyser le pourcentage du mélange sable et de ciment, apprécier la qualité du ciment, des ferraillages utilisés ?

 

MB : Oui mais avec tout le système mafieux en place comment voulez-vous qu’on puisse instaurer un service de contrôle ? On veut continuer à engraisser toutes les magouilles en place. Les Québécois ne sont pas intéressés par ce genre de contrôle. Et on ne trouvera pas un gouvernement suffisamment courageux pour faire du nettoyage.

 

IG : Un intervenant que nous n’avons pas encore évoqué, à savoir les syndicats et leur fameux pouvoir du « placement syndical ». On s’est débarrassé de la dictature patronale pour tomber entre les mains des syndicats. Cela me fait penser aux années 1960 et aux syndicats des transporteurs américains et le fameux système Hoffa. Mais les USA sont arrivés à se débarrasser de cela !

 

MB : Effectivement ca s’apparente, car je ne crois pas que ces syndicats aient pour ambition de défendre le droit des travailleurs. C’est ainsi au Québec, je connais beaucoup de personnes qui ayant des problèmes professionnels, ont du recourir à d’autres services pour se défendre tous seuls. Par contre ils ne faut pas qu’ils oublient de verser leurs cotisations syndicales. Le fameux effet Rand ! A quoi servent les syndicats ?

 

IG : Arrivé au terme de cette interview, je crois que l’atmosphère que nous avons décrite, ne nous incite pas plus à l’optimisme que lors de la précédente interview.

 

MB : Mais comment voulez-vous faire quand les circonstances actuelles nous obstruent complètement le bout du tunnel. Quand on voit une inertie incroyable de la part de nos dirigeants à redresser l’intégrité. On ne peut même pas être pessimiste car on ne peut que constater les faits qui tombent de plus en plus en déliquescence.

 

IG : Mais dans toutes ces turpitudes que deviennent les notions de démocratie, d’intérêt général. C’est devenu presque un jeu, c’est à qui dénoncera la plus grave corruption. Dénoncer c’est bien mais réparer, c’est mieux, non ?

 

MB : Effectivement il y aura toujours un nouvel événement qui éclatera pour faire oublier le précédent. C’est ainsi qu’à un certain moment en juin on n’entendait citer que des noms de Lisette Lapointe, Pierre Curzi, Louise Beaudoin, aujourd’hui ils semblent avoir disparu de l’actualité. Aujourd’hui c’est le thème de la collusion qui intéresse les journalistes ! Mais pour combien de temps ? Mais qu’est-ce qui a bougé dans ce dossier ? Rien. On est toujours au même point sinon pire. On donne du temps à tous ces personnages pour se protéger car au bout d’un certain moment il n’y aura plus de preuves, donc on ne peut plus rien faire. Les gens sont tellement déprimés par le pouvoir qu’ils ne font plus rien.

 

IG : C’est une description assez pessimiste de l’actualité Québécoise.

 

MB : Non c’est simplement réaliste.

 

IG : À votre avis que faudrait-il faire pour que les contextes évoluent ?

 

MB : Moi je pense qu’il faudrait un nettoyage en profondeur, à tous les stades fondamentaux pour assainir l’atmosphère et sortir toutes ces magouilles du pouvoir. Mais aurions-nous assez d’une vie pour arriver ? Je ne suis pas sur.

 

IG : Une dernière déclaration ?

 

MB : Oui ce serait de redonner le pouvoir au peuple et est-ce qu’on pourrait avoir l’espoir, pour une fois, de voir arriver des gens intègres au pouvoir ?