L ‘AUTOMNE POUR LE PARTI QUEBECOIS ?

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Isidore Grao

Le, 9 septembre 2011

www.lavoixdecartier.com

 

Interview de la Voix du peuple Québécois Michel Bertrand le 9 septembre 2011

 

IG : Bonjour Michel. Deux mois se sont écoulés depuis votre dernière interview en juillet. En règle générale, la saison estivale est sur le plan politique une période calme où les politiciens essaient de refaire leurs énergies.

Cette année, cela n’a pas été le cas : il y a eut, le décès de Jack Layton, chef du NPD, on a vu se créer ou se manifester de nouvelles voix : celles du CAQ (coalition pour l’avenir de François Legault ), celle du N.M.Q (nouveau mouvement pour le Québec) avec les 4 députés péquiste dissidents : Lisette Lapointe, Louise Beaudoin, Pierre Curzi et Jean-Martin Aussant, puis les réactions de l’aile Jeunesse du PQ, et enfin depuis quelques jours , le grand chambardement des postes ministériels au gouvernement de Jean Charest.

Nous allons reprendre, si vous le voulez bien, chaque point, mais d’ores et déjà, que vous inspirent tous ces événements ?

 

MB : Pas grande chose, je ne pense  pas qu’un vent de changement s’installe ces jours-ci au Québec. Il semblerait qu’il s’agisse plus de guerres intestines qu’autre chose, mais bon à part le décès de Jack Layton évidemment. Mais s’agissant du reste plus ca change, plus c’est pareil. Ce n’est pas parce que Legault rejoint l’ADQ pour fonder un nouveau parti que tout va changer, surtout pour quelqu’un qui veut se faire élire sur la base d’un seul mandat.

 

IG : Que pensez-vous du décès de Jack Layton, chef du NPD, qui était Québécois d’origine ?

 

MB : C’est un homme qui était né à Montréal. Je lui ai parlé à plusieurs reprises. C’était un gars qui était très sympathique, très proche des gens. Un politicien que l’on en voit rarement, un gars de la trempe de René Lévesque.

                    

IG : Mais dans ce cas pourquoi n’a-t-il pas eu plus de succès auparavant ?

 

MB : Il a eut le succès qu’il méritait. Au début je pense qu’il ne s’attendait pas à être élu, cela est mon impression, puis on a mis tout le monde en place sans trop connaître le potentiel politique de ceux que l’on mettait en place. Encore que nous savons tous que l’ouest Canadien est plus pour la tendance des conservateurs d’Harper. Le Québec ne pesait pas très lourd dans la balance et finalement on est passé, au plan fédéral, du Bloc Québécois vers le NPD, tout simplement.

 

IG : Mais la victoire qu’il a remporté le 2 mai, à votre avis, était-ce dû plus à son entregent qu’à sa compétence politique et au malaise québécois ?

 

MB : Moi j’ai l’impression que quelque part les Québécois ont voulu donner une leçon au fédéral en votant pour le NPD, car les vrais Québécois ne s’attendaient pas à ce que le Bloc Québécois subisse une telle défaite électorale. C’est ce que je crois pour ma part.

 

IG : Donc si je comprends bien, ce n’est pas son action personnelle qui est en cause ?

 

MB : Je crois que les Québécois ne voulaient pas des Libéraux et ont préféré envoyer un message clair à Harper, tout simplement. Mais cela n’a pas tout à fait réussi car Harper est maintenant passé « majoritaire ».

 

IG : Que vous inspire le comportement de François Legault et de ses idées politiques qui à en croire certains sondages le donnerait gagnant en cas de nouvelles élections ?

 

MB : Ils veulent ainsi donner une nouvelle chance à l’ADQ, mais dans les faits ils ne font  que changer la tête d’un nouveau parti. Je pense que l’ADQ et le CAQ  sont deux partis identiques. Personnellement je ne crois pas  à leur victoire. Mais que l’on change de tête sur le plan des actions politiques cela reviendra au même. Pour moi je reste toujours dans mon analyse première : dans le domaine politique il y a deux planètes. Il y a la planète des électeurs et celle des politiques et l’une n’écoute pas l’autre. Donc finalement rien ne pourra jamais changer et nous avons affaire à un dialogue de sourds. Je ne comprends pas ce que Legault voudrait changer ! Mais enfin !

 

IG : Pourtant M. Legault déclare ne pas vouloir de la souveraineté avant une dizaine d’année après que les problèmes de l’éducation, de la santé soient réglés. Etes-vous d’accord avec cette stratégie ?

 

MB : Je suis d’accord qu’il faudrait réformer certaines choses, c’est vrai, mais par contre je pense que son comportement est beaucoup trop drastique. On ne peut pas savoir dès son arrivée si un professeur est ou pas compétent ! Si ce professeur a eut sa maitrise et son diplôme pour enseigner, a priori il est compétent. Il veut abolir aussi les commissions scolaires, moi je veux bien mais il faudra le faire pour chaque école cela va créer encore beaucoup de problèmes. Moi j’ai peur que dans ce cas on rajoute de la paperasse sur de la paperasse sans rien changer au fond du problème.

 

IG : Et que pensez-vous du fait que dès son arrivée au pouvoir il compte relever les salaires de tous les enseignants de 20 %, sans tenir compte de leur compétence professionnelle ?

 

MB : Finalement on ne sait même pas vers quoi M. Legault veut se diriger. Il veut du changement pour le changement mais sans trop appréhender le bien fondé de ce changement. On ne comprend pas très bien quel est son objectif. Je n’ai pas très confiance en ce politicien bien que je sache que de nombreux québécois le soutiennent. Je ne comprends pas qu’il veuille tout réformer pendant une seule législature et quitter la politique après cette législature. Je ne comprends pas qu’il veuille se faire élire pour un seul mandat et se retirer dès la fin de ce premier mandat.

 

IG. En fait les sondages le donnent gagnant mais sur quelles bases car aujourd’hui il n’a toujours pas constitué officiellement de parti. C’est un peu comme la Mireille de Mistral ! On entend parler d’elle pendant toute la pièce sans jamais la voir.

 

MB : En fait il semblerait qu’il n’ait pas de lignes directrices dans son action politique. Il lance des choses tous azimuts. Il annonce son entrée en politique et ce à plusieurs reprises, mais pour l’instant il reste toujours en observateur.

 

IG : Vais-je encore vous demander si vous faites confiance à M. Legault et à sa politique ?

 

MB : Honnêtement parlant non, car on ne sait pas ce qu’il veut faire exactement. Il parle beaucoup, on l’écoute parler, mais finalement il va agir ou pas ? Tout le monde croit qu’il va fonder un nouveau parti qu’il va rejoindre l’ADQ, et en plus de tout cela il ne veut faire qu’un mandat ! Je ne comprends pas son comportement !

 

IG : Au gouvernement le ministre Fournier l’incite fortement à  déterminer clairement ses intentions.

 

MB : Oui mais cela en vaut-il la peine pour un mandat. Moi ce que je crains que dans cette stratégie, et avec toutes ces réformes il va finir par créer une sorte de chaos, et qu’une fois ce chaos établi à la fin de son premier mandat il se retire tout en laissant à ses successeurs le soin de tout rétablir. Il veut tout mettre parterre et ensuite se retirer. Cela n’a aucun sens.

 

IG : L’opposition à Pauline Marois n’a jamais été aussi forte même au sein de son parti, alors que le 30 avril (il y a seulement 4 mois) son congrès lui accordait 93% d’avis favorable à sa gestion, score jamais obtenu précédemment par un Chef du PQ. A votre avis que s’est-il passé ?

 

MB : Je pense que le PQ est un parti d’idées et que le Parti libéral est un parti de lignes directrices ? C’est normal que dans ce parti sans idées a priori, si on n’est pas d’accord, on n’a rien à dire et on se retire, un peu comme Normandeau a dit qu’elle voulait maintenant profiter de la vie. Le résultat c’est que ces gens là n’ont pas le droit d’avoir des opinions alors qu’au PQ les membres ont toujours eu leurs opinions et ils ont toujours pu dire ce qu’ils avaient à dire. Bien sur dans ce cas, cala crée des vagues, des remous, des dissensions, et des gens qui vont démissionner mais c’est le prix à payer pour tout parti d’idées.

 

IG : Oui mais dans ce cas l’impression que cela donne c’est  le désordre  imputable à l’absence d’un chef charismatique.

 

MB : Effectivement ca peut donner l’impression qu’il y a plus de chefs que d’effectifs.

 

IG : En fait toute cette contestation au sein du PQ a débuté au mois de mai 2011, dès les élections fédérales achevées. On dirait même en relation directe avec les résultats du congrès du 30 avril ! Avec la démission des trois ténors du PQ, Mmes Lapointe, Beaudoin et Curzi, tout a commencé à s’éclater. Là-dessus est venu se greffer les divergences internes au sujet de la loi 204 relative à la construction de l’amphithéâtre de Québec. Est- ce que vous croyez que tout ceci va entrainer l’hallali du leadership de Pauline Marois. ?

 

MB : Selon moi, le glas n’a pas sonné pour le PQ, mais par contre pour Mme Marois. Il va s’agir d’une profonde remise en cause. Je pense que son autorité a été remise en question même si elle dit le contraire. Bien mais il ne faut oublier que d’autres chefs au PQ  ont connu aussi des difficultés.

 

IG : Le problème, c’est de trouver un ou une candidat(e) capable d’assumer les fonctions du poste.

 

MB : Il y aura toujours des candidats. Je pense que le PQ a toujours mis pas mal de bâtons dans les roues des chefs. Moi je vois le PQ un petit peu comme une veuve noire ! Si on prend l’exemple de René Lévesque et pourtant tout le monde aujourd’hui vante ses qualités de politiciens, eh bien il a été pratiquement mis à la porte. Finalement moi je ne me bousculerais pas à la porte du PQ, pour me présenter à la présidence du parti.

 

IG : Ce comportement est dommageable pour le PQ  au niveau électoral car au mois de mai, les sondages le donnaient gagnant aujourd’hui, 9 septembre, il n’occuperait plus que la 3 ° place, derrière le CAQ de François Legault et les Libéraux de Jean Charest.

 

MB : Oui mais vous savez sur ce plan le Québec a des comportements un peu particuliers dans le sens où par exemple tout le monde se disait que Jack Layton et le NPD ne passeraient jamais. Finalement ici au Québec tant que les élections ne se sont pas déroulées on ne peut pas connaître les résultats. Par le passé il y a des partis et des personnalités que l’on donnait perdants et qui finalement ont remportées des beaux succès. Pour le PQ, ce n’est pas la première fois qu’il se trouve en 3° position et il s’en est toujours très bien sorti !

Les gens ici changent tellement rapidement d’avis qu’il faut se garder d’être trop affirmatif. Mais pour l’instant je crois qu’il n’y a pas trop de risques car Jean Charest veut aller jusqu’au bout de sa mandature. Ce qui laissera au PQ le temps de régler ses dissensions internes, et de se refaire une santé. Il ne faut pas trop accorder d’importance car les sondages ne valent que de la crédibilité que l’on veut bien leur accorder.

 

IG : D’accord les électeurs sont très volatils, les partis aussi. Au final on ne fait que mesurer la volatilité de l’un ou de l’autre.

 

MB : Cela me fait penser à la dernière décennie lorsque l’ADQ avec Mario Dumont est devenue l’opposition officielle coiffant ainsi le PQ. Les libéraux sont alors passés avec un gouvernement minoritaire. Ceci pourrait très bien se reproduire actuellement car les électeurs ne savent plus très bien pour qui voter. Legault peut très bien passer, le PQ tomber troisième pour qu’aux élections suivantes remporter une victoire ! Moi c’est ma position actuelle car je ne vois pas le PQ régler tous ses problèmes en peu de temps !

 

IG : Il y a certes une question de temps mais il y a aussi une question de leadership. Croyez-vous que Pauline Marois soit en situation de redresser la situation de son parti ?

 

MB : Non je ne crois pas qu’elle puisse le faire. Car il est certain que s’il y avait de nouvelles élections et que Mme Marois n’obtienne pour son parti que la troisième place, c’est sur qu’elle va perdre son leadership. Il faudra trouver un autre chef et Pierre Curzi a bien dit que « si Mme Marois partait, lui était prêt à revenir au PQ ». Je n’ai pas pu suivre très bien cet épisode politique, car j’étais en vacances mais c’est une impression que j’ai gardée en lisant certains articles. Donc, vous voyez il y aura toujours des candidats possibles à la chefferie.

 

IG : Que pensez-vous des propositions faites par le député péquiste Bernard Drainville telles que « référendum d’initiative populaire » rejoint bientôt  par le député Sylvain Pagé qui préconise que chaque député puisse tenir des assemblées citoyennes au moins 2 fois par an dans sa circonscription et la possibilité d’introduire un financement 100 % public et non plus populaire ?

 

MB : Je pense qu’il s’agit de bonnes idées mais tout dépend des conditions d’application !

 

IG : Mais déjà le caucus du PQ reproche à Bernard Dainville de ne pas lui avoir préalablement présenté ces propositions ! Que faire alors, car dans ce cas le caucus lui interdira de présenter ses propositions ensuite au public. On revient alors à ce que vous disiez tout à l’heure pour les Libéraux avec leurs lignes directrices !

 

MB : Vous avez raison mais au moins au PQ le caucus permettrait aux députés de présenter leurs idées, les Libéraux ne feront jamais cela ! Et je préfère les gens qui ont des idées aux gens qui n’en ont pas. Je trouve que les idées de Drainville sont très bonnes et elles mériteraient d’être discutées davantage  pour les mettre en application.

 

IG : Effectivement car au cas particulier sans action, tout pensée devient inutile.

 

MB : C’est vrai car si l’idée n’a jamais été suivie d ‘effet !  Il faut au moins l’essayer une fois, lui donner une chance au moins. Je ne comprends pas le danger que pourrait représenter, la tenue d’une ou deux assemblées citoyennes par an, alors que les électeurs se plaignent du manque de communication avec leur député !

 

IG : D’un coté on se plaint du dirigisme du staff du PQ, de l’autre coté on se plaint aussi que le caucus du PQ soit très remuant, que faire alors ?

 

MB : Vous avez raison mais on ne peut pas souhaiter que le PQ devienne un parti dictatorial, non plus. Je pense que toute idée est bonne à étudier, ne serait-ce parce qu’elle peut permettre de faire jaillir une autre idée plus intéressante. Si le caucus était ouvert, le problème ne se poserait pas, ce sont les partis qui sont fermés aux idées tout simplement. Le PQ qui est un parti d’idées a des difficultés pour gérer la communication, alors imaginez ce que cela doit être chez les Libéraux !

 

IG : Il est vrai que M. Charest a à plusieurs reprises indiqué que les députés du PLQ devaient s’en tenir aux lignes directrices indiquées.

 

MB : Effectivement, il est vrai que si le chef a parlé c’est qu’il a raison.

 

IG : Mais la tentation a été forte pour Mme Marois d’agir de même avec le vote de la loi 204.

 

MB : À ce niveau là, je crois que Charest et Marois se ressemblent beaucoup.

 

IG : Que pensez-vous maintenant de la démission de la ministre Normandeau du Gouvernement ? Croyez-vous qu’elle ait été sanctionnée suite à ses difficultés à gérer le dossier des gaz de schiste ?

 

MB : Effectivement ce dossier commençait à devenir un dossier très chaud car le public n’en veut pas de ce gaz. Mme Normandeau s’est intronisée experte en gaz de schiste, en réalité je n’ai pas très bien pu apprécier son expertise, si toutefois expertise il y a. Par ailleurs je pense qu’elle avait fort à faire même à l’intérieur du PLQ. C’est toujours de cette manière que les libéraux gèrent leurs dossiers. Quand un dossier devient trop brulant plutôt que de changer de ligne on va changer la personne qui gère le dossier, désigner un autre bouc émissaire qui recevra les coups.

 

IG : Que pensez-vous de la manière dont le ministre Sam Hamad a réglé la communication des incidents de l’effondrement du tunnel routier à Montréal ?

 

MB : Pourquoi ? Il a réglé quelque chose ? Il n’a pas voulu diffuser les fameux rapports d’expertise car lui non plus ne comprenait pas leur teneur. Car les Montréalais qui vivent au quotidien tous ces problèmes de circulation sont très au fait de toutes les difficultés, des travaux permanents, etc.  Il devrait descendre un peu de sa tour d’ivoire de Québec et venir voir ce qui se passe à Montréal, peut-être aurait-il mieux compris les difficultés.

 

IG : On vient d’assister ces jours-ci au Gouvernement à un épisode de chaises tournantes. Mme Normandeau s’en va, Sam Hamad qui venait d’arriver il y a tout juste un an, quitte les Transports. Que se passe-t-il au Gouvernement Québécois ?

 

MB : c’est l’illustration flagrante de ce que je disais tout à l’heure, à savoir que lorsqu’un dossier devient trop chaud on préfère changer de gestionnaire de dossier plutôt que de se pencher sur les origines du problème. Et on joue ainsi sur la communication du public. On montre qu’on a réagit. Mais a-t-on pris la bonne solution ? Cela est autre chose. C’est juste un changement de chaises mais aucun sang neuf là dedans. C’est toujours la même ligne directrice, c’est toujours le même discours.

 

IG : On a vu aussi arriver au Gouvernement M. Yvon Valliéres qui avait démissionné de son poste de président de l’Assemblée nationale quand il n’avait pas su régler les problèmes relationnels entre Jean Charest et Pauline Marois. A votre avis cette arrivée au Gouvernement peut elle être considérée comme une promotion ?

 

MB : Je ne sais pas mais ce que je sais c’est que M. Charest a toujours eu tendance à remercier ses amis quelle que soit la qualité de leur travail. Il y a deux ans à la Caisse des Dépôts on a quand même accordé des bonus aux salariés malgré que celle-ci ait perdu des milliards de dollars.

 

IG : Que vous inspire ce mouvement de postes ministériels au sein du Gouvernement. Pour ma part Je crois que M. Charest a l’intention de déclencher prochainement des élections, et, qu’il est en train de se débarrasser des ministres dont leurs gestions des dossiers ne sont exempts de critiques, situation très délicate en  cas de campagne électorale.

 

MB : Pour moi plus ça change, plus c’est pareil ! Les gens savent ce que valent les ministres, s’ils sont compétents, ils le resteront quel que doit le poste qu’ils occupent et un Premier Ministre sait bien qu’il doit conserver le plus longtemps possible les ministres compétents dans leur fonction. Mais la question se pose : A Québec présentement qui est compétent ? J’ai beau chercher cette compétence je ne la vois pas. Les électeurs ne savent plus pour qui voter, les électeurs préfèrent, ne pas aller voter. Les gens ne croient plus en rien, ne croient plus les politiciens. Avec eux c’est toujours la même défense, ce n’est pas leur faute c’est la faute à quelqu’un d’autre. On n’arrête pas de nous dire que l’économie va bien et dès qu’il arrive quelque chose on nous objecte   « oui mais l’économie va mal ». Je suis fatigué que les politiciens se moquent de nous et ensuite ils voudraient que l’on vote pour eux. J’attends toujours le jour où un courageux député osera s’asseoir pour parler franchement avec ses électeurs. Je n’y crois plus.

 

IG : Courageux peut être mais pas téméraire ?

Pour finir l’interview je crois que la présente interview a balayé de nombreux thèmes sauf celui de la souveraineté. Croyez-vous que la notion de souveraineté nationale soit encore porteuse d’avenir  au Québec ?

 

MB : Actuellement pas du tout.

 

IG : Insinueriez-vous que les Québécois souhaiteraient être rattachés au fédéral ?

 

MB : Non pas du tout ce n’est pas ce que j’ai dis. Le mouvement souverainiste est toujours très présent au Québec sauf que l’on ne veut pas faire n’importe quelle souveraineté avec n’importe quel politicien. On veut des gens qui soient honnêtes et non des gens qui magouillent dans notre dos et surtout pas des gens qui vont nous dire ce que l’on veut entendre mais qui vont s’empresser de faire le contraire ! Le jour où on retrouvera une personnalité du type de René Lévesque alors là oui on l’atteindra, mais pour l’instant on ne l’a pas encore trouvé. On veut être amené d’une façon harmonieuse vers la souveraineté, pour l’instant c’est impossible. Les politiciens que nous avons actuellement préfèrent s’entre déchirer sur la scène publique. Ce ne sont pas eux qui vont nous amener un pays. Il suffit de regarder ce que Charest fait avec son plan Grand Nord, il vend le Québec au rabais,

que le PQ veuille se faire élire sur ce thème, pourquoi pas mais les gens actuellement sont trop désabusés pour y croire. Moi même je suis un souverainiste convaincu mais présentement je n’y crois pas. On ne peut pas faire un pays sur des ruines : les tunnels  nous tombent sur la tête, les viaducs et les ponts tombent en morceaux, on vend le Québec au rabais, les gaz de schiste vont bientôt sauter et de tout cela on fera certainement un pays sinistré.

Et pour terminer puisque vous me donnez la possibilité de le dire  c’est qu’enfin les politiciens écoutent ce que les gens ont à leur dire, et pas juste la journée du scrutin, et qu’ils demandent aux gens enfin, ce qu’ils veulent. Dans ce cas les gens recommenceront à les croire, même si tout ne peut pas être fait en une journée que quelque chose change mais en profondeur. Les députés une fois élus, je l’ai dit et le répète ne pensent qu’à eux et plus aux électeurs qui les ont élus.

 

IG : Je crois que vous décrivez un Québec pessimiste !

 

MB : Non pas pessimiste, mais uniquement réaliste car j’enrage de constater que le Québec qui est un pays qui disposent de tellement de richesses soit rendu à ce point là. Le Québec est actuellement la province la plus pauvre du Canada alors qu’elle était très riche. On a beau regarder la télévision, se connecter à Internet lire les informations finalement tout nous ramène à cela : Le Québec est une zone sinistrée.

 

IG : Bien je vous remercie. Nous verrons comment les choses auront évolué lors de la prochaine interview trimestrielle.