GILBERT PAQUETTE SUR LA PLACE DE L’ INDEPENDANCE DE MONTREAL

2ième Partie : CAP SUR L’INDEPENDANCE : ESPOIR

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Gilbert Paquette marche cap sur l'indépendance

Photo de Mathieu Breton

 

 Isidore Grao

Le 3 novembre 2011

www.lavoixdecartier.com

 

« PLUS DE 3OOO SYMPATHISANTS A LA MARCHE POUR L’INDEPENDANCE du samedi 29 0ctobre 2011 »

 Interview de M. Gilbert Paquette

Président des Intellectuels pour la Souveraineté (IPSO)

Coordonnateur de CAP SUR l’INDEPENDANCE

 

 

 

IG : D’autant plus que vous venez de développer des éléments extérieurs au Québec, mais il ne faut pas oublier un aspect intérieur, celui de l’immigration. Les immigrants quand ils arrivent, viennent au Canada et non au Québec et ont tendance à assimiler plus rapidement la société anglophone que francophone augmentant de ce fait, la dilution des votes favorables à l’indépendance. Cette situation est flagrante pour l’Ile de Montréal. Qu’en pensez-vous ?

 GP : Effectivement il y aussi un facteur intérieur qui créé l’urgence. Les Québécois sont soumis aussi à une pression interne énorme. 90 % des immigrants qui viennent au Québec s’installent dans la région de Montréal de sorte que la proportion des francophones selon la langue d’usage diminue, diminuant les chances d’atteindre le seuil de 50 % dans un vote sur la souveraineté. Actuellement le gouvernement libéral au Québec n’est pas du tout préoccupé par cette question. Près de la moitié des postes de télévision reçoivent des émissions en langue anglaise. Deux grands hôpitaux sont en construction à Montréal, un de langue française et l’autre de langue anglaise, ce qui créé une inégalité dans la population. Tout ce phénomène d’anglicisation de la grande région de Montréal demanderait un redressement urgent. C’est certain que tant que le Québec ne sera pas indépendant, il y aura toujours ce phénomène parce que les immigrants sont accueillis par le Canada et prêtent ainsi allégeance à la Reine d’Angleterre. Ces nouveaux arrivants sont accueillis par des fonctionnaires fédéraux. Alors, effectivement, ils ont l’impression d’arriver dans un pays bilingue mais où il y a une langue plus importante à apprendre que l’autre,  compte tenu du contexte nord-américain du à la proximité des Etats-Unis. Il n’est pas surprenant de voir que dès que la liberté leur ait donné, c’est à dire à partir du niveau collégial et des niveaux universitaires, la majorité des immigrants s’inscrivent dans des institutions anglophones. C’est aussi à cet âge où l’on se fait des amis pour la vie, donc des amis anglophones, grossissant ainsi la minorité de langue anglaise.

L’urgence est réelle de prendre nos affaires en main et de devenir indépendants pour trouver une solution durable à ces problèmes d’intégration.

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Marche cap sur l'indépendance

Photo Mathieu Breton

IG : On peut dire que la langue est un des éléments très importants pour cette souveraineté mais, à mon avis, elle ne peut être exclusive car il ne faut pas oublier les notions de valeurs morales, de valeurs institutionnelles. Ne croyez-vous pas que le Québec connaisse à ce dernier aspect, comme un vide juridique. Le Québec d’aujourd’hui ne possède pas de constitution depuis qu’il a refusé, en 1982, le rapatriement de la canadienne.

 PQ : Cela est un autre élément important. Le Canada a été défini, configuré, de façon de pouvoir diminuer constamment le pouvoir réel des provinces pour favoriser une intégration du peuple québécois dans le Canada. En 1982 lors du rapatriement de la constitution, on a encore resserré le verrou et tous les partis politiques au Québec se sont opposés à cette constitution. La constitution et ses nouveaux amendements n’ont jamais été soumis par référendum au peuple québécois. Donc cette constitution n’a pas été entérinée par le peuple québécois ni signée  par aucun gouvernement du Québec. Nous partageons avec les dictatures et avec les colonies, le triste privilège de ne pas avoir élaboré ou approuvé la constitution qui nous régit. C’est un déni démocratique incroyable dans lequel nous vivons depuis 1982.

 IG : De ce fait, pourquoi le Québec ne se doterait-il pas de sa propre constitution ?

 PQ : Parce que c’est impossible à une province. C’est à dire que l’on pourrait se doter d’une constitution interne, mais celle-ci serait une constitution de second ordre, la préséance étant donnée sur le plan juridique à la constitution canadienne tant que nous sommes dans le Canada. Pour se donner une véritable constitution que nous aurions élaborée et qui correspondrait à nos valeurs, il faudrait être un pays indépendant. Je pense que l’indépendance va se concrétiser d’ailleurs par l’adoption d’une constitution québécoise qui nous soit propre et non pas d’une simili constitution interne, de second ordre, subordonnée à la constitution canadienne.

 IG : Mais bien que de second ordre, ne croyez-vous pas que cette constitution québécoise pourrait jouer le rôle de porte-drapeau pour les indépendantistes ?

 PQ : Dès que l’on entre dans cet aspect, on s’engage dans une voie sans issue du fédéralisme renouvelé. On s’imagine que l’on peut se donner des protections légales pour préserver l’autonomie du Québec, une image de démocratie, alors que dans les faits toute décision prise en fonction d’une constitution interne du Québec pourrait être désavouée n’importe quand, en vertu de la primauté de la constitution canadienne. Cela ne ferait pas l’affaire des citoyens. Actuellement toutes les armes sont dans la constitution canadienne pour nuire à l’intégration et à la protection du fait français au Québec.

 IG : Dans ce cas, comment  sortir de ce dilemme ?

 PQ : La réponse est du coté des mouvements et des partis politiques indépendantistes. Il faut commencer à faire et c’est ce que nous nous sommes appliqués à faire, une campagne d’information de la population, une campagne d’action politique d’ici aux prochaines élections. Nous souhaitons que le Parti Québécois s’oriente dans cette direction. Nous souhaitons que lors de la prochaine campagne électorale, on puisse débattre de toutes les questions qui diminuent le Québec et la nécessité de l’indépendance pour résoudre ces questions. Nous souhaitons que le parti québécois s’engage, après les élections, à entreprendre un mouvement de démocratie participative où les québécois seraient conviés à définir leur propre constitution suite à quoi celle-ci pourrait être adoptée soit par référendum, soit lors d’élections. Cela est réaliste. L’opinion publique est très mouvante et si elle sent qu’une solution se pointe à l’horizon, qu’il existe un parti politique déterminé pour la mettre en œuvre, elle appuiera. Je pense que si le Parti québécois faisait cela, il serait plus facile de gagner les élections et par la suite il aurait l’appui de la population pour enclencher une démarche vers la souveraineté.

 IG : Il semble que nous soyons devant un cercle vicieux : pour mettre la souveraineté en place il faudrait que le PQ gagne les élections.

 PQ : Et oui ! Et pour gagner les élections il y en a qui disent qu’il ne faut pas parler de souveraineté. Et nous nous disons exactement le contraire, c’est en en parlant que les élections seront gagnées et surtout que l’on va se placer dans une direction qui nous permettra d’atteindre cet objectif.

 IG : Pourtant un mouvement d’opinion favorable à cette souveraineté québécoise  est en train de se développer en France. Il s’agit de la « Coordination Défense de Versailles » dont le coordonnateur est M. Arnaud Upinsky (président de l’Union nationale des écrivains de France). Cette coordination a sous l’égide de S.A.R le Prince Sixte Henri de Bourbon tenu une conférence de presse à Paris, le 29 octobre 2011, chez Madame Huguette Pérol, épouse de l’Ambassadeur de France Gilbert Perol, organisateur du voyage du Général de Gaulle au Québec en juillet 1967. Je sais que ce mouvement serait près à apporter tout le soutien au votre. Qu’en pensez-vous ?

 PQ : Je crois que l’opinion française est extrêmement importante pour nous parce que le jour où nous déclarerons notre souveraineté il nous faudra être reconnu par d’autres états souverains, si nous voulons accéder aux Nations Unies. L’appui de la France est extrêmement important. A cet égard, dans la classe politique française il y a beaucoup d’amis du Québec, mais à cause du silence radio pendant plusieurs années du coté du Québec, ces appuis là ne sont plus aussi présents. Je pense aussi à des défections dans l’entourage du Président Sarkozy où on sent un biais vers le maintient de la fédération canadienne. Il existe bien un mouvement en France qui influence la classe politique. Ceci me semble très important pour le Québec.

 IG : Effectivement en France on sait que le Président Sarkozy a adopté une position «  ni ni » (ni ingérence, ni indifférence) à l’égard de ce dossier. Mais les majorités politiques évoluent dans tous les pays. Et le Général De Gaulle n’avait-il pas adressé à la foule québécoise regroupée sous les balcons de la mairie de Montréal un « Vive le Québec libre » ? Par ailleurs, je sais que Ségolène Royal, représentante de la gauche française, en 2007 s’était rendu au Québec. Il existe bien un fort courant politique français favorable à cette souveraineté.

 PQ : Oui et même dans le parti ou dans le gouvernement actuel, le Québec a des amis. Je pense à Alain Juppé qui est venu enseigner à l’Université du Québec à Montréal pendant un an. Certains pensent qu’il pourrait succéder au Président Sarkozy. De même du coté des socialistes nous avons beaucoup d’amis. Il est certain que si votre mouvement se développe en dehors des cercles politiques mais favorables au mouvement de l’indépendance du Québec, tous ces appuis deviendront très importants pour l’émancipation du Québec et la consolidation de la francophonie internationale.

 

IG : Il est évident qu’en France on sent plus de sympathie pour le Québec libre que pour la Catalogne libre.

 PQ : Au Québec nous sommes actifs dans la francophonie. Et la plupart des gens que je connais sont allés plus souvent en France que dans le reste du Canada. C’est vrai qu’il existe une solidarité francophone et qui doit se développer d’une manière importante pour l’accession du Québec à la souveraineté.