RECHERCHE  DESESPEREMENT  SUCCESSEUR  A  RENE  LEVESQUE

Nouvel interview de la Voix du Peuple Québécois

Michel Bertrand

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Isidore Grao

Le 18 juillet 2011

www.lavoixdecartier.com

 

Liminaire : Bonjour Michel, lors de votre dernière interview, fin juin 2011, le Québec politique était encore sous le choc des résultats des élections fédérales du 2 mai et du cataclysme subi par le Bloc ! Et pourtant, fin avril, la chef du PQ, Mme Pauline Marois venait de recueillir lors de son congrès un succès mémorable : 93% d’avis favorable à son action. Un score qui n’avait jamais été atteint par aucun des précédents chefs du PQ.

Fin juillet alors que les flammes de la passion se sont éteintes, le feu continue à couver dans les braises, au PQ ! Que pensez-vous de cette situation ?

MB : Ce que j’en pense ? Il n’y a rien d’étonnant à cela. C’est l’histoire du PQ qui se répète.

IG : Et pourtant avec ce fameux score obtenu seulement quelques semaines auparavant, on ne s’attendait pas à ce que Mme Marois soit si vite mise en difficulté !

MB : Sur ce point vous avez raison. Mais par contre je pense qu’il fallait s’attendre à une telle réaction. En effet  les gens intègres ne peuvent pas se satisfaire de quelque chose qui les bouscule, quand même ceci émanerait de la ligne du parti. Il faut qu’à l’intérieur du PQ, on puisse permettre la libre circulation de la pensée. Je crois que les députés doivent recevoir une ligne de conduite de leurs actions et les laisser libres d’agir. Mais ce n’est pas le cas puisque de cette ligne ils ne peuvent pas y déroger. Aussi les gens intègres ne peuvent se satisfaire de ce comportement et comme ils sont tannés de cela ils en tirent les conséquences qui s’imposent.

IG : Si je résume votre pensée : il semble que la Chef détermine une ligne directrice et qu’aucune contestation ou  observation ne soit permise ?

MB : Oui ils doivent obéir les yeux fermés. Ils n’ont droit à aucune marge de manœuvre. Je dirais même qu’ils n’ont pas le droit d’avoir une opinion personnelle. Ce sont seulement les décideurs du PQ qui décident et les autres doivent suivre derrière comme des moutons !

IG : Voudriez-vous insinuer que la liberté d’expression n’existe pas au sein du PQ ?

MB : C’est cela. La population met les députés au pouvoir et une fois rendus à ce niveau, ils n’ont plus de marge de manœuvre. C’est une forme de dictature en miniature. On impose des idées et il faut obéir. Et quelquefois cela rentre en conflit avec ses propres valeurs, et là surgit le clash, fondamentalement parlant. Et c’est là un des plus gros problèmes du PQ, je crois.

IG : C’est vrai que de lire que Mme Marois a exigé de ses troupes une promesse d’allégeance peut surprendre encore au 21iéme siècle !

MB : Sans toutefois faire allusion au moyen-âge, on a l’impression que le Québec revient au temps des Romains !

IG : Mais dans un pays démocratique les députés reçoivent lors de leurs élection, un mandat de représentation du peuple et non un mandat impératif !

MB : Oui mais je crois qu’au Québec la grande majorité des électeurs ne vote pas pour des individualités mais plutôt pour un parti. Je crois qu’ils ne sont pas conscients de cela. On ne vote pas pour un député en particulier, mais plutôt pour le PQ ou le PLQ ! Ainsi les députés sont tellement effacés qu’on ne les connaît même pas. Pour ma circonscription, c’est un député libéral qui a été élu et que je ne connais même pas !

IG : Le départ, quelques semaines plus tard de trois députés d’importance, en l’occurrence Mmes Lisette Lapointe, Louise Beaudoin et M. Pierre Curzi a déclenché un coup de tonnerre et a été le prémisse d’autres députés du PQ. D’autres départs ont eu lieu depuis. Et le PQ qui était en position de force en avril 2011 pour gagner de nouvelles élections se trouve en difficulté aujourd’hui puisque l’on voit M. Charest remonter dans les sondages. A quoi attribueriez-vous cette situation ? Est-ce le début de la fin ?

MB : Non je ne suis pas d’accord parce que pour moi, si j’étais député et qu’une chose soit noire vous n’arriverez pas à me faire dire qu’elle est blanche ! Dans le cas où l’on m’imposerait une opinion, je préfèrerais démissionner.

IG : Oui mais au cas particulier, ces trois députés n’ont pas démissionné de leur députation, mais du parti. Ils se sont placés « indépendants ». Ils ont simplement rendu leur carte au PQ !

MB : Oui mais justement maintenant s’ils le veulent ils pourront être beaucoup plus efficaces qu’auparavant sur le plan politique car ils n’auront plus à subir les directives du parti qu’ils ne partagent pas !

IG : Oui, mais ils seront moins nombreux pour pouvoir s’exprimer dans le cadre du règlement intérieur de l’Assemblée Nationale.

MB : Je ne comprends pas pourquoi devant ces levées de contestation, le PQ ne ferait pas son autocritique et n’analyserait pas davantage ces difficultés de fonctionnement. S’il faut faire un remaniement en profondeur, pourquoi ne pas le faire tout de suite plutôt que d’attendre les futures élections et risquer de les perdre à nouveau. Non on dirait que chacun veut rester sur ses positions et s’en remettre à ces futures élections pour trancher ce problème. Je n’arrive pas à comprendre leur façon d’agir et de penser. Attendre les prochaines élections plutôt que de régler tout de suite le problème. Ils assumeront encore une fois leur décision.

IG : Chacune des deux parties doit trouver son compte pour maintenir le statu quo.

MB : Oui mais alors qu’est-ce que la population à y gagner dans cette affaire. On bloque le dossier et on attend ! On empêche un député de faire son travail de représentativité du peuple, et c’est cela qui est malheureux ! Aussi il ne faut pas s’étonner si ensuite le public vous dit qu’il ne croit plus en la politique et qu’à partir de ce moment là, il vote pour n’importe qui, en espérant qu’il sera plus honnête que le précédent, et c’est tout. La tendance des Québécois est, je crois, celle-ci : on nous promet encore des choses et encore une fois de plus on va leur faire confiance. C’est un peu ce qui s’est passé avec Jean Charest. Encore une fois on dirait qu’au moment des élections, certains électeurs souffrent momentanément de la maladie d’Alzheimer. On va oublier tout ce qui s’est passé avant, on efface tout et on recommence !

IG : Certains pensent que la loi 204, en l’occurrence celle relative à la construction d’un nouvel amphithéâtre à Québec, projet auquel Mme Marois et sa députée Agnès Maltais auraient pris une part active, aurait été l’élément déclencheur de tout cet imbroglio. Qu’en pensez-vous ?

MB : Effectivement je crois que ce projet aura été la goutte d’eau qui aura fait déborder le vase. Néanmoins je pense qu’il a du avoir beaucoup d’autres points semblables où ça a accroché. Cette loi a été le prétexte tout simplement.

IG : Quel est votre avis et ce d’une manière générale, sur le fait que Pierre Karl Péladeau intéressé par ce projet ait subordonné sa participation financière à la mise en place préalable de cette loi, qui une fois votée lui aurait accordée une irresponsabilité devant les tribunaux ?

MB : Je pense que c’est devenu une habitude au Québec. Ce sont les promoteurs de la construction qui mènent le pays présentement. Je ne pense pas que le Québec soit mené par des politiciens mais plutôt par des entrepreneurs et des multinationales, au cas particulier les députés devenant de simples exécutants.

IG : Votre jugement est sévère !

MB : Peut être, mais n’est-ce pas ce que l’on constate. Et je ne suis pas le seul Québécois à penser de cette manière. Pourquoi pensez-vous que l’on vote aussi légèrement ? Et d’autres qui ne votent pratiquement plus ! Finalement les gens ne croient plus en rien. Pour ma part c’est arrivé à un tel point que je me sens mal à l’aise d’être Québécois. Je pense à l’image que doivent donner, à l’étranger, les Québécois de leur pays. Je crois que nous sommes dans une province où l’on entend plus parler le plus de corruptions, celle où les politiciens jouent le jeu des multinationales. Je n’ai rien contre les gens qui cherchent à faire fortune, mais pas sur le dos des autres citoyens. Il y a une limite à tout. On dirait que les politiciens sont là pour créer de nouvelles taxes et qu’ils ne sont pas là pour aider les gens. Ils donnent tout et privilégie le privé. Ils ne savent plus ce qu’est un service public, c’est à dire un service au service du public. En ce sens ils subventionnent le privé pour avoir des services qui coutent plus chers que les fonctionnaires. Et tout cela au nom des grands principes d’économie politique c’est à dire le déficit zéro. Mais tout est question d’artifice comptable. Et tout cela au nom de l’équilibre budgétaire et grâce à une habile présentation des chiffres mais sans se préoccuper du cout réel des services rendus. Oui mais l’honneur est sauf ! A quoi servent nos impôts ? Où va l’argent ?

Mais il faut reconnaître que les québécois ont la mémoire courte. On va parler, on va dénoncer un scandale pendant deux ou trois semaines et ensuite on passe à autre chose. Les politiciens connaissent très bien ce scénario, l’important c’est de laisser passer l’orage en courbant le dos un certain moment. Et ensuite ils se demandent pourquoi les électeurs ne leur font plus confiance !

Ils prennent les québécois pour des demeurés. On disait tout à l’heure que les Québécois étaient des émotifs et non des rationnels. Ils fonctionnent à l’émotion, qui est un sentiment très fugace. J’ai perdu confiance en la capacité de nos politiciens pour redresser le pays. Il y a tellement d’années que l’on parle et l’on dénonce la corruption, la mafia. Et que fait-on pour redresser la situation ? Rien ! Depuis le temps les gouvernants auraient pu, s’ils l’avaient vraiment voulu, circonscrire le phénomène. Certes j’ai conscience de porter de graves accusations, mais comment faire autrement quand quasiment tous les jours les journaux  relatent des dossiers alarmants.

IG : Pour revenir à PKP, la loi n’a pas été votée en juin mais M. Charest a indiqué qu’elle le serait certainement à l’automne. En fait cette loi pourrait être interprétée comme un chèque en blanc  remise par le peuple (puisqu’il  s’agit d’une loi) à un financier dont les buts ne sont pas  philanthropiques. Que pensez-vous de ce procédé ?

MB : Je pense qu’il s’agit d’un épiphénomène qui a reçu une certaine publicité, donc connue du peuple, mais je me dis aussi que pour une affaire dévoilée combien d’autres doivent se régler en catimini !

IG : En fait si la loi n’a pas été votée en juin c’est principalement du fait de l’opposition énergique du parti Québec Solidaire et de son unique représentant Amir Khadir. C’est le seul parti à s’être opposé ouvertement à une loi défendue par le PQ et qui bénéficiait de la neutralité du PLQ. Que pensez-vous de tout cela ?

MB : Que le député Amir Khadir ait été contre cette loi, je peux le comprendre. Mais que le PQ ait été son défenseur alors là j’accroche un peu ! Que l’on veuille construire un amphithéâtre à Québec, cela ne me pose pas de problèmes. Mais je m’interroge de savoir à qui cela va profiter tant sur le plan financier qu’électoral ? Avons-nous les moyens d’avoir une deuxième équipe de hockey au Québec ? Certes cela va faire plaisir aux Québécois, car ici le hockey est la religion du Québec. C’est pour cela peut être que connaissant l’engouement de ce sport par les Québécois, le PQ n’a pas osé dire non car il savait qu’il décevrait beaucoup de ses électeurs aux prochaines élections. C’est ainsi que je vois ce dossier.

IG : Toujours pour M. Peladeau, celui-ci vient de se mettre en exergue pour avoir décrété un lock-out pendant deux ans au Journal de Montréal. Que pensez-vous de ce système de lock-out (interdit par ailleurs, en France). Est-il justifié à votre avis, dans un pays démocratique ?

MB : En France c’est peut être interdit mais au Québec les financiers peuvent, en général, faire ce qu’ils veulent. Que le lock-out soit devenu une norme, moi j’ai toujours connu.

IG : Que pensez-vous de la grève des postiers canadiens ?

MB : Je pense qu’il s’agit de grèves tournantes qui n’ont pas reçu de négociations. Les anglais ont un terme qui définît très bien ce style de grève. Pour ma part, j’aurais commencé à laisser faire car je peux comprendre qu’un travailleur veuille défendre sa qualité de vie en cherchant à améliorer son sort, mais que les syndicats soient là pour défendre les gens qu’ils représentent, là j’en suis moins sur.

IG : Pourtant à l’étranger on peut être surpris de la manière dont a été géré le conflit. Je résume : opposée à une grève tournante, la Direction a fait quelques propositions pour quasiment décréter immédiatement le lock-out sans attendre les résultats des premières négociations. Puis elle réclame au gouvernement fédéral une loi spéciale pour ramener les ouvriers au travail. Avec la majorité conservatrice du parlement le combat du NPD n’avait aucune chance. On peut qualifier ces procédés de négociation « à la hussarde ». Pour la direction de la poste il s’agit d’une fuite devant ses responsabilités puisqu’après avoir mis le feu aux poudres elle demande au gouvernement de jouer les pompiers. Partagez-vous cet avis ?

MB : Au cas particulier il ne s’agissait pas de négociation. Les anglais ont un terme pour designer cela. Il s’agit de « money talks, c’est à dire « faire de l’argent ». Moi je pense que les syndicats prennent toujours partie ou pour le gouvernement ou pour la mafia, mais rarement pour le salarié. La preuve, vous n’avez qu’à demander à un salarié du Québec s’il se sent protéger par le syndicat, et vous aurez la réponse ! Je suis certain que 99% des interrogés vont vous répondre un « non » catégorique, ils sont bons qu’à payer des cotisations sans obtenir de contrepartie.

IG : Il semble, à mon avis, qu’au travers des conflits récents, les syndicats manquent de crédibilité exemples : au journal de Montréal, la poste canadienne… » Qu’en pensez-vous ?

MB : Vous avez raison  parce que les syndicats ne sont pas plus crédibles que les gouvernements. Quand je pense à quelqu’un qui travaille chez Hydro-Québec, ou dans la fonction publique, dans la santé je me dis que ces travailleurs ne sont pas protégés. Pour preuve , un autre exemple : Le Gouvernement fait des annonces à l’étranger pour faire venir ici des médecins, et une fois arrivés ici, il faut qu’ils reprennent leurs études au complet. Les études de médecine Québécoise seraient-elles supérieures scientifiquement à celles des autres pays, ou s’agit-il d’un corporatisme exacerbé du corps médical québécois ? C’est ainsi qu’on manque de médecins qu’on les fait venir et une fois ici ils n’ont pas le droit de pratiquer. Les syndicats sont des centres de contre pouvoir. Ils se disent avoir la science infuse, et dans toutes les discussions c’est leur analyse qui prévaut sur toutes les autres.

IG : Sur ce problème de recrutement de médecins français j’avais à la suite d’un incident à Montréal demander à interviewer le représentant de l’association France-Québec, à Paris, un certain M. Roubitaille pour connaître les raisons des difficultés que rencontraient les médecins lors de leur arrivée au Québec. Dans un premier temps on me demanda de soumettre la liste de mes questions (sic !). Ce que je fis. Dans un deuxième temps je n’ai jamais obtenu de réponse à ma demande d’interview.  

MB : Moi même je connais un médecin français qui est venu s’installer au Québec. Il a fait toutes ses études en France, et a même exercé son métier. Mais depuis son arrivée au Québec, il ne travaille plus. Il pourrait être préposé aux malades, mais ne pourrait pas pratiquer la médecine. Je ne sais si le foie des Québécois est différent de celui des français, mais je trouve cette mise « en adéquation » totalement aberrant et ridicule. La même chose existe par ailleurs au sein des exploitants agricoles du Québec. Il y a ce que veulent les exploitants et ce que veut l’Union « Ce sont deux mondes différents. Et c’est toujours l’Union qui a raison et l’exploitant qui doit se soumettre. C’est un peu comma au PQ, la direction décide d’une ligne de conduite et les députés qui doivent s’incliner car ils n’ont pas le choix !

IG : « Les chiens aboient, mais la caravane passe » ! Croyez-vous que les syndicats Québécois soient intéressés par la défense des travailleurs. Eux qui bénéficient déjà d’une rente de situation au travers de l’affiliation obligatoire à un syndicat des salariés et au prélèvement d’office des cotisations syndicales sur le chèque de paie.

MB : Les syndicats représentent un monopole, les syndiqués sont une clientèle captive des syndicats. Mais quand  à espérer qu’un salarié soit défendu par un syndicat, ceci est autre chose. Pour ma part cela fait des années que je n’ai plus eu de connaissance de tels faits ! Alors à quoi servent les syndicats maintenant ?

IG : De toutes les façons, même devant la Commission des Relations du travail, il est très difficile de faire condamner un syndicat. Je connais un cas celui de Mme Pérès Dominique. En 1998 elle a été transférée du fédéral au Québec et le gouvernement  québécois (à l’époque, celui de Lucien Bouchard) s’était engagé officiellement à donner l’équivalence des fonctions au Québec. Ce qui ne fut pas le cas puisqu’elle fut rétrogradée professionnellement. Le syndicat SFPQ au début avait pris faits et causes pour les salariés et déclaré vouloir défendre et appuyer les griefs des fonctionnaires transférés. Six mois après ce n était plus le même cas puisque le SFPQ s’est, par la suite, toujours désisté, sans justification, des nombreux griefs déposés (près de 100 !). A la CRT ce sont les salariés qui se sont fait traiter de menteurs et qui ont été déboutés de leur action en mauvaise foi. Pire le SFPQ réclama près de 40 OOO dollars de dépens pour un travail qu’il avait refusé de faire ! Il n’y a pas de petits profits. Aller comprendre quelque chose !

MB : Rien ne m’étonne. Ce qui intéresse les syndicats c’est de chercher des cotisations, un point c’est tout ! Tout ce qu’ils veulent, c’est une prise de pouvoir au travers des forces du travail. Quand je vous disais tout à l’heure que j’étais mal à l’aise d’être Québécois, c’est que lorsqu’on analyse les dessous de certaines affaires, on s’aperçoit qu’il s’agit toujours de cas réglés à la limite de la légalité, et d’une manière plus ou moins occulte « par derrière » dans le secret de toutes les magouilles. Les Québécois sont conscients de tout cela. Comment arrive-t-il à vivre malgré tout ? En travaillant beaucoup pour mettre de l’argent de coté pour leur retraite.

IG : A votre avis, existe-t-il au Québec une liberté d’adhésion à un syndicat ?

MB : On devrait pouvoir adhérer au syndicat de son choix, que l’on veut bien, avec la possibilité de résilier son adhésion à tout moment ! On devrait pouvoir cesser de payer des cotisations d’un syndicat incompétent. Pourquoi rester captif de quelque organisme qui n’a pas nos intérêts à cœur ? Ils ne sont pas là pour défendre les salariés, certaines de ces organisations s’immiscent même dans les arcanes politiques !

IG : Que pensez-vous de l’effet Rand qui justement a créé cette obligation d’affiliation ?

MB : Vous avez raison. A l’origine cet effet Rand s’imposait mais actuellement il n’ y ’a plus aucune raison de l’appliquer. Je ne comprends même plus pourquoi encore certaines personnes (de moins en moins nombreuses !) cherchent à se syndiquer. Pour moi la vraie politique s’est arrêtée avec la disparition de René Levesque.

IG : Croyez-vous que l’effet Rand et le lock out soient encore compatibles avec les valeurs défendues par un pays démocratique ?

MB : Pas du tout et qui de surcroit ont été imposés et non acceptés par les citoyens Québécois. Mais qu’est-ce qui est encore démocratique au Québec, je me le demande.

IG : Pourtant dans les deux cas, ils avaient été instaurés avec les meilleures intentions. En effet ils répondaient à deux situations ponctuelles de leurs époques : l’effet Rand en chassant les parasites aux grévistes et le lock out, mis en place par le ministre du travail de M. René Levesque, en l’occurrence M. Bernard Landry pour tenter d’équilibrer les pouvoirs des deux parties lors des négociations salariales.

MB : Effectivement, de même que la création des impôts après la première guerre mondiale avait été mis en place pour tenter d’améliorer la vie des citoyens et pour payer les frais générés par la guerre. Là aussi c’était parti d’une bonne intention, et on voit aujourd’hui où nous en sommes rendus !

IG : On dit que l’enfer est pavé des meilleures intentions.

MB : Au départ on avait aussi créé les syndicats pour la défense des travailleurs et regardez où nous en sommes rendus aujourd’hui ! Dans ces affaires il y a tellement de conflits d’intérêt que l’on arrive à dénaturer toutes les bonnes actions du début.

IG : Il suffirait peut être de ramener le balancier de l’Histoire à son point d’équilibre ?

MB : Oui mais qui pensez-vous d’assez courageux pour s’atteler à ce travail ? Le Gouvernement ? Certainement pas car il y a trop d’intérêts en cause et préfèrera laisser les choses en l’état. Les gouvernements et les mandarins sont là pour leur propre intérêt. Nous avons malheureusement des exemples quotidiens à ce sujet.

On attend et on espère impatiemment un successeur à René Levesque.