L’ENFER EST PAVE DES MEILLEURES INTENTIONS

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Isidore Grao collaboration spéciale Mme Dominique Pérès

Le 4 juillet 2011                

www.lavoixdecartier.com

 

 

La grève des postes canadiennes est en train de s’achever et tout ce que le facteur dépose maintenant dans nos boîtes pour rattraper le retard de distribution, ce sont les lettres de l’Etat pour nous réclamer encore de l’argent : Impôts, redevances diverses telles les taxes sur les permis de conduire, etc.  

Mais au fait que s’est-il passé ? Pourquoi cette agitation dans le milieu professionnel de la Poste du Canada ? Tout a commencé à la mi-juin, les postiers canadiens mécontents de se voir imposés une convention collective qui durcissait leurs conditions de travail et ce sans négociations préalables, commençaient des grèves rotatives. Mais après dix jours de grèves perlées donc qui affectaient très peu la qualité de service, la Direction de la Poste Canadienne a décrété un lock out partiel de trois jours par semaine. On sentait venir le rapport de force entre employeur et employés ! Mais nonobstant cette première décision et pour affirmer de surcroit son autorité  ce lock-out partiel s’est transformé quasi immédiatement en lock out total sans attendre d’avoir apprécié les effets de la première décision ! C’est un drôle de management du travail ! A-t-on pris le soin d’interroger la clientèle ? Non parce que le pouvoir c’est moi, dit le patronat. Un lock out à postes Canada est possible. Il porte signification de la démocratie dans ce pays. Il est vrai qu’une telle loi en France aurait mis le pays à « feu et à sang ». Mais pas au canada ! Autre pays, autres mœurs !

Non content de cette oppression, voici le gouvernement qui interfère et qui vient, comme il se doit (croyez-vous pour défendre l’opprimé de l’oppresseur ! Eh bien non, car) la ministre du travail canadien, Lisa Ratt, présente alors un projet de loi de retour au travail.

C’est ainsi que l’on négocie. Le patronat use et abuse de ses employés, il leur interdit le droit de grève en provoquant le lock out. Comme il ne veut pas négocier il attend que l’état impose une loi de retour de travail. En attendant, il aura pris soin de ne payer les salariés. C’est tout bénéfice pour lui. Et pendant ce temps là les usagers loin de faire appel aux multinationales UPS, DHL, Fédéral Express (FedEx), font la queue au bureau de poste de Champlain, dans l’Etat de New York, aux USA. Il n’est que de voir le nombre de véhicules immatriculés au Québec en stationnement devant le dit bureau de poste. Et on expliquera ensuite que la poste canadienne est en déficit !

En conclusion, et on l’aura compris en s’en prenant directement aux centrales syndicales, les TCA et le STTP, le gouvernement Harper, tout auréolé de sa magnifique victoire du 2 mai 2011, indique comment il entend, en sa qualité de bon conservateur décliner en terme de démocratie, la notion de négociation. Avec un tel gouvernement le PQ n’a plus rien à craindre pour le développement de la souveraineté québécoise.

Rappel historique :

Et pourtant en recherchant dans le passé on apprend avec surprise que la loi anti briseurs de grève avait été mise au point par M. Bernard Landry, en 1977, alors qu’il occupait la fonction de ministre du Développement économique sous René Lévesque. Il voulait réagir, ainsi dit-il, aux violences sur les piquets de grève et surtout après ce qui s’était déroulé en 1975 aux usines de l’United Aircraft devenue Pratt et Whitney en rétablissant un rapport de force entre patrons et travailleurs. Le ministre du travail de l’époque, en l’occurrence, M. Pierre Marc Johnson vient renforcer la mesure en interdisant le recours aux travailleurs de remplacement  dans une entreprise en état de lock out. Il en profite aussi, triste erreur, d’appliquer le jugement Rand, et en particulier, celui d’obliger les employeurs à prélever les cotisations syndicales à même le chèque des travailleurs !

L’enfer est pavé de bonnes intentions

Aujourd’hui explique M. Landry « ce qui a changé, c’est qu’il n’y a plus de piquet de grève physique. Ça se passe par l’électronique. Alors c’est vrai que l’esprit de la loi, dans ce nouveau contexte technologique, n’est pas respecté ». Et ce n’est pas Pierre-Karl Péladeau qui dira le contraire, lui qui su interpréter la loi à son avantage, en créant le « Perfect lock-out ! » Plus besoin de payer des journalistes du Journal de Montréal puisqu’on peut faire du coller copier et relever ainsi la notion de l’information du public. Pourquoi se gêner puisque le président du journal indique faire son infographie par la boite Coté Tonic, sa comptabilité à Saint Jérôme, sa page « 5 minutes » à Paris, sa révision linguistique à Québec et Blainville. Et avec tout ce mélange de genre on fabrique l’authentique journal de Montréal, le « pur des purs ! » Serait-ce la nouvelle version « Mac Do » de l’information ? On n’arrête pas le progrès !

 On peut faire confiance à M. P-K Péladeau pour la bonne défense des propres intérêts ! Une nouvelle preuve ? La création de l’amphithéâtre de Québec et la loi 204. Sans loi 204 qui garantit une parfaite irresponsabilité judiciaire, pas d’accord ! Une question, Votre Honneur : « A quoi pourrait servir cette irresponsabilité judiciaire tant exigée ? Posez la question et au royaume de l’argent vous obtiendrez une réponse heureusement que la notion d’intégrité existe encore au PQ même si les conséquences sont délicates à gérer ! Là encore, à l’origine, vouloir créer le premier amphithéâtre pour célébrer le sport  (un corps sain, dans un esprit sain !) à Québec, relève des meilleures intentions citoyennes. Mais certains non dénués d’arrières pensées financières se sont rués sur l’occasion !

Le Québec avec la Colombie britannique seraient les deux seules provinces à avoir conservé ce dispositif d’un autre temps le lock out. Il serait pertinent de suivre les conseils actuels de M. Landry.

J’ai dis un peu plus haut que M. Pierre Marc Johnson avait commis une erreur en autorisant le prélèvement des cotisations syndicales sur le chèque des travailleurs. A l’origine cette décision suivait l’esprit du jugement Rand. Il fallait éviter que certains non grévistes, parasites du système, ne viennent bénéficier des retombées salariales obtenues par les grévistes. Mais actuellement à partir du moment où les syndicats sont payés d’office, ils n’ont pas à s’inquiéter qu’ils œuvrent ou pas, pourquoi voulez-vous qu’ils fassent ce pourquoi ils sont payés, à savoir défendre les salariés contre l’employeur, en cas de nécessité. Les syndicats de par l’absence de toute concurrence ont une rente de situation à entretenir mais n’ont pas à bouleverser l’économie. Que faire alors de cette manne financière ? En s’immisçant dans le débat politique ! Disent certains ! D’ailleurs les déclarations du NPD ces jours derniers à travers les déclarations de M. Jack Layton ne peuvent surprendre. Là encore il y a un mélange des genres. Que chacun fasse ce pourquoi il a reçu mandat et que chacun puisse assumer sa responsabilité et que l’on rende la liberté d’adhésion au syndicat qui sera faire montre de sa capacité à assurer  envers ses membres, son dévouement.

Pour ma part si j’ai perdu confiance dans le monde politique j’en suis réduite à même extrémité avec les syndicats et en particulier le SFPQ ! Je fais partie des 300 fonctionnaires de l’ex-DRHC du fédéral qui ont soufferts sous le joug de l’Entente de principe sur le marché du travail, signée par les gouvernements fédéral et québécois en 1996, et mise en application le 1er avril 1998. Malgré toutes les belles promesses des politiciens je me suis retrouvée rétrogradée en arrivant au Québec. Croyez-vous que quelques politiciens se soient insurgés de ce que nous subissions (même sollicités ils ont joué les Ponce Pilate : tout le monde atteint un jour son niveau d’incompétence selon la loi de Peters). Nous, les 300 sacrifiés fédéraux, attendions beaucoup du syndicat SFPQ, peut être trop car  nous n’avons jamais  rien obtenu  comme réconfort, ni aide, ni défense, ni soutien. Dans un premier temps les paroles du Président Général furent pour décrier le terrible sort qu’un gouvernement (celui de Lucien Bouchard) nous faisait subir. Dans un second temps quand apparut le conflit d’intérêt avec les 500 techniciens québécois, nous fûmes considérés comme des pestiférés. Et pour finir en apothéose, le SFPQ par la voix de son avocat nous réclama près de 40 000 dollars de dépens. Moralité : fonctionnaires Québécois, si vous n’avez besoin de rien, vous pouvez faire appel à votre syndicat. Tout comme le lock out, ne croyez-vous pas que l’effet Rand devrait être adapté aux conditions modernes ?