«Quand j’étais au gouvernement, jamais je ne me le serais permis»

Description: iLovePeres:Desktop:2011-06-04 Article Quand j’étais au gouverneme​nt jamais je ne me le serais permis Photo Lucien Bouchard 1.jpg

 

Isidore Grao

Le 4 Juin 2011

www.lavoixdecartier.com

 

 

 

Vous avez reconnu cette phrase. C’est celle qu’aurait prononcé récemment, l’ancien Premier Ministre Québécois (1996 /2001) Lucien Bouchard, lorsqu’à titre de président de l’association pétrolière et gazière, il comparaissait en commission parlementaire pour venir réclamer l’indemnisation des compagnies pétrolières détentrices de permis en amont de l’île d’Anticosti et dont les activités seront interdites désormais !

 

Cerise sur le gâteau, M. Bouchard se permettait ce jour-là d’apostropher «les représentants du peuple» en affirmant qu’il considérait cette interdiction comme un dangereux précédent, que dès lors il fallait prévoir un mécanisme d’indemnisation pour des entreprises qui avait des permis qui subissaient «une expropriation sans compensation». Et pour clore son intervention il ajoutait «Jamais le gouvernement du Québec n’a fait ça. Quand j’étais au gouvernement, jamais je ne me le serais permis».

 

C’est vrai, je vous donne acte de ce fait : jamais vous ne vous seriez permis de mettre en difficulté financières des hobbys pétroliers. Par contre vous vous êtes permis pire ! Et non contre la société des riches, donc avec une multitude de défenseurs dont le principal, l’argent, mais contre le petit peuple sans défense, celui pour qui un sou est un sou !

 

Vous vous êtes permis en 1998 alors que vous étiez premier Ministre du Québec de rétrograder près de 300 fonctionnaires appartenant à la DRHC du Canada et qui contre leur volonté faisaient l’objet d’un transfert au Ministère de l’emploi et de la solidarité  du Québec dans le cadre de l’Entente de principe Canada-Québec sur le marché du travail. Vous n’avez pas hésité à mettre en cause et à bouleverser la situation administrative des travailleurs de petits niveaux professionnels qui n’ont jamais pu se défendre car une omerta étouffait ce scandale.

Pour moi une omerta, pour vous un déficit zéro ! Que ne ferait-on pas avaler au nom des grands principes : les signatures, donc l’engagement de deux gouvernements, canadiens et québécois qui assuraient que tous ces transférés le seraient à équivalence de fonctions principales et de rémunération. Or il n’en eut que 72 % d’entre eux qui après bien des batailles et un simulacre de comité paritaire purent obtenir cette parité.

 

Et cela n’est-il pas aussi un dangereux précédent ? Pourquoi croyez-vous que le peuple québécois ne soit intégralement favorable à la souveraineté, qu’il revendique pourtant fortement en son for intérieur ? Parce que des opérations politiques telles que celle précitée ont jeté le discrédit sur leurs auteurs et que les éventuels futurs transférés n’ont plus la certitude que leurs droits seront respectés. Dans le doute, inutile de modifier le contexte ! On sait ce que l’on tient aujourd’hui, mais pas ce que l’on tiendra demain ! C’est dire tout l’intérêt que l’on porte aux serviteurs de l’état.

 

Certains disent qu’au nom du déficit zéro, (donc avec une arrière pensée de protection des deniers publics, donc des impôts des citoyens) le dossier resta en état, et ce, en dépit de 11 ans de batailles, et malgré toutes ces interventions. La cause était entendue puisqu’elle ne concernait que quelques milliers de dollars de réparation à un grave préjudice. Alors déficit zéro pour les travailleurs mais pas pour les riches !

 

Par contre pour ces compagnies pétrolières, dont le prix actuel de l’essence ne cesse de jouer au yoyo pénalisant gravement l’ouvrier qui se rend à son travail, vous réclamez une compensation pour cette expropriation. Mais je croyais qu’il s’agissait du domaine public et qu’en la matière seul l’Etat demeurait propriétaire ? Pour ces sociétés vous réclamez des millions de dédommagement. Mais d’où proviendraient cet argent sinon des impôts des citoyens Québécois ! Subitement on ne parle plus de déficit zéro mais on compare l’Assemblée à la cour du Roi Pétaud.

Cette  très ancienne cour où régnait un peu l’anarchie, où l’on disait que chacun faisait ce qu’il voulait ! Mais pour oser comparaitre les députés à des mécréants du moyen-âge, encore faut-il se croire issu de la classe noble ! Alors compassion ou arrogance d’un ancien premier ministre issu des rangs du Parti Québécois et qui se croit toujours en droit d’utiliser les prérogatives dévolues à un premier ministre en fonction.