TEL  LE  PHENIX, LE  BLOC  QUEBECOIS

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Vivian Barbot

 

 

Isidore Grao

Le 1 juin 2011

www.lavoixdecartier.com

 

 

Interview de Mme Vivian BARBOT

Présidente par intérim du Bloc Québécois

Réalisée le 12 mai  2011

 

 

IG : Bonjour Madame Barbot, merci d’avoir accepté la présente interview. Je n’ignore pas que votre agenda soit actuellement très tendu après les remous provoqués par les résultats des élections fédérales du 2 mai 2011, aussi pour commencer, je me permettrais de vous poser une question personnelle : «Comment vous sentez-vous après ces élections et la démission de M. Duceppe au poste de leader du Bloc ?».

VB : Un peu comme tout le monde,  un peu «démolie», peinée, mais bon il faut continuer.

IG : Après la démission de M. Duceppe au poste de leadership du Bloc, vous voilà propulsée Présidente par intérim du Bloc. Est-ce exact ?

VB : Oui, conformément aux statuts et règlements du Bloc Québécois. En ma qualité de vice-présidente du parti je dois assurer l’intérim jusqu’à la désignation d’un nouveau chef.

IG : Avez-vous l’intention de briguer ce poste d’une manière permanente ?

VB : Cela m’étonnerait beaucoup. Pour le moment j’évite de répondre à cette question parce que le parti n’a pas encore décidé des conditions qui prévaudront dans une éventuelle course au leadership.

IG. Faisons un retour en arrière, si vous le permettez. Début avril 2011, rien ne laissait supposer que le 2 mai, le Bloc rencontrerait de telles difficultés auprès de son électorat ! Il me semble que tout a démarré après la retransmission télévisée des «débats des chefs». Pourtant à ces 2 émissions tout le monde s’accordait à constater que M. Duceppe, pour le Bloc avait très bien réussi ce passage. Ce n’est qu’après, que les premiers sondages ont indiqué les premiers gains du NPD, et ce pour grande partie, au détriment du Bloc. Selon vous, à quoi attribuez ce renversement de tendances ?

VB : C’est ce que nous essayons d’analyser depuis ces élections pour comprendre ce qui s’est passé. A partir du résultat de différents sondages au cours de la campagne électorale, on a pu constater  une glissade de l’électorat. Mais on était loin de s’imaginer d’arriver à un tel résultat au scrutin. Ce que l’on remarque, c’est qu’à un mois des élections, deux sondages réalisés sur internet ont brusquement donnés 10 points d’avance au NPD. A partir de ce moment-là il y a eu comme un effet de vague et personne n’a été capable de remonter le courant.

IG : Croyez-vous que les sondages, quasi quotidiens, aient eu une quelconque responsabilité dans cette chute ?

VB : Les experts disent que non. Cependant ces sondages et  l’importance qu’on leur accordait dans les médias ont certainement eu pour effet sur la population Québécoise qui  n’auront pas probablement pas  manqué d’influer sur les résultats. Ce n’est certainement pas le seul facteur à considérer mais il a dû jouer un certain rôle, personnellement je trouve déplorable que l’on puisse avoir des sondages à répétition  et quotidiennement et jusqu’à la veille du scrutin.

IG : Effectivement un sondage n’est qu’une photographie à l’instant T. Un sondage n’a jamais été un programme d’action. Mais en fait cela a agi comme un effet de modes. Au cas particulier, j’ai l’impression que l’on agit plus sur l’affectif que sur le rationnel des électeurs ?

VB : Effectivement et l’effet pervers c’est qu’au lieu de parler du contenu des programmes et de ce qu’offrent les différents partis politiques, on se soit davantage intéressé aux sondages eux-mêmes.

IG : On a beaucoup entendu dans cette campagne dire que les électeurs souhaitaient du changement. A votre avis, de quel changement faisait-on allusion ?

VB : C’est là tout le problème. Quand on pose la question aux électeurs : «Mais quels changements souhaitez-vous ?». Ils ne savent pas quoi nous répondre. Pendant la campagne nous avons rencontré de nombreuses personnes qui par le passé avaient déjà voté pour le Bloc et qui nous disaient : «Cette fois-ci, je vais voter pour le NPD, pour le changement». Je leur demandais : «Alors mais pourquoi voulez-vous voter autrement que d’habitude ? Qu’attendez-vous du Bloc ?». Leur seule réponse était : «Il ne se passe rien au Québec !». Et moi de leur préciser : «Mais nous sommes à Ottawa et on a reçu un mandat bien précis, celui de promouvoir la souveraineté du Québec et de veiller  aux intérêts du Québec. Là, l’interlocutrice ou l’interlocuteur ne savait plus quoi nous répondre !

 

IG : Quand les électeurs Québécois disaient : «Mais il ne passe rien», c’est qu’ils étaient en attente de quelque chose d’autre. A quoi faisaient-ils allusion selon vous ? A la souveraineté ? Ils auraient voulu que la souveraineté se fasse plus vite ?

VB : Effectivement ils faisaient allusion à la souveraineté. Je leur indiquais que Pauline Marois venait d’avoir un vote de confiance très fort au récent congrès du PQ, que dès lors on espérait bien pouvoir emporter les futures élections du Québec pour pouvoir être au gouvernement très bientôt. Donc ce n’est pas le moment de nous quitter. On connaît l’objectif visé et on le poursuit. Les gens du Bloc font un excellent travail, il faut continuer à nous soutenir. Les gens ont continué à dire qu’ils voulaient autre chose. Et ce faisant, ils ont mis de côté cette idée de souveraineté du Québec.

IG : Pour en avoir discuté avec certains québécois, tous prévoyaient une chute du Bloc, mais pas aussi importante. On dirait qu’ils sont surpris des résultats ?

VB : Effectivement on dirait qu’ils regrettent ! Mais il faut reconnaître aussi que les Libéraux ont aussi beaucoup perdu. On en parle moins, mais c’est le cas. Nous assistons à une reconfiguration complète de la députation, à Ottawa avec un grand nombre de personnes élues pour la première fois. Et en plus, le NPD en remportant 58 sièges au Québec vient diversifier leur propre représentation. Mais les Québécois ont quand même une culture différente. Alors à l’interne ils devront envisager de nouvelles façons de faire, en particulier au niveau de la langue. Je voudrais bien savoir comment ils vont faire pour se parler entre eux.

IG : Les journaux parlent d’une nouvelle élue du NPD au Québec qui est obligée de prendre des cours intensifs de français alors qu’elle n’a pratiquement pas participé à la campagne électorale.

VB : La plupart d’entre eux n’ont pas fait campagne et néanmoins ils ont été élus. Il ne faut pas les blâmer pour cela car ils ne pensaient pas gagner. Ils ont été  portés par la vague déferlante et qui roulait en leurs faveurs. Mais peut être qu’aux prochaines élections on repartira à la case «zéro», sauf que malheureusement avec un gouvernement majoritaire on est parti pour au minimum quatre ans.

IG : Dans cette élection beaucoup de choses restent incompréhensibles. Ces élections avaient été provoquées par la mise en cause du gouvernement Harper par M. Ignatieff et son parti le PLC. On lui reprochait un manque de transparence envers les députés il y a eu outrage au parlement canadien, et de nombreuses atteintes à la démocratie. Et loin d’être sanctionné pour ces faits-là par les urnes il en sort renforcé et majoritaire et le PLC perdant au plan national ?

VB : Ce qu’il faut comprendre, c’est que le gouvernement Harper voulait aller en élections et ils ont tout préparé pour décliner leur propagande bien avant que les élections  ne soient déclenchées. Ils ont bien manœuvré  pour que l’opposition soit obligée de les mettre en échec. Donc ce renversement de gouvernement a fait leur affaire. Avant même que les élections ne soient décrétées ils avaient commencé leur travail de sape en martelant dans la tête des électeurs ce qu’ils désiraient. Et au premier plan, c’était leur gestion particulière de l’économie, Harper a fait fi de toutes les critiques. Il a agi comme s’il avait été un gouvernement parfaitement acceptable pour les autres et il a foncé. C’est son comportement depuis qu’il est au pouvoir. Il n’écoute personne et il veut faire absolument ce qui lui plaît. Maintenant il aura davantage de liberté étant à la tête un gouvernement majoritaire. Mais il faut attendre l’ouverture de la Chambre pour savoir comment il va se positionner. Je ne suis pas du tout convaincue qu’il va changer, ne serait-ce que d’un iota, car il a déjà bien dit ce qu’il avait l’intention de faire après le 2 mai.

IG : Vous insinuez que tous ces «écarts» sur le plan politique avaient été manifestement orchestrés ?

VB : S’ils n’étaient pas voulus, il les a complètement assumés. Il savait que ce n’était pas acceptable, mais il a totalement ignoré les critiques des autres partis, afin d’être en situation favorable, et  pour choisir le meilleur moment afin d’obtenir des élections victorieuses. Il a réussi son coup. Idéologiquement, il faut se rendre compte que c’est la droite de la droite qui agit. Ces gens-là sont aveugles face aux réalités qui ne sont pas les leurs. On n’a pas un gouvernement qui dit : «Une fois élus on tiendra compte de l’avis des autres », bien au contraire. Une fois élus on va tenir compte de ce que moi je veux faire ! Et en cela c’est grave ! On a beau expliquer au peuple les manigances de ce gouvernement, celui-ci n’a pas l’air de comprendre. C’est sûr qu’ici au Québec on ne voulait pas d’Harper. Les gens ont pensé qu’en élisant Layton celui-ci pourrait arranger les choses.

IG : D’autre part que pensez-vous du comportement de certains nouveaux élus : l’une qui prend ses vacances à Las Vegas au lieu de faire campagne, un autre, en Alberta, qui refuse de dévoiler son programme d’action, un troisième à Sherbrooke qui n’est âgé que de 19 ans Croyez-vous qu’au sortir de l’adolescence on puisse disposer de suffisamment d’expérience de la vie et de la politique ?

VB : L’âge n’est pas un critère. Si la personne est dument élue, on se dit qu’elle va apprendre. Cependant pour tous les autres qui n’ont pas fait campagne ou qui n’étaient pas présents ou qui ne parlent pas la langue française, je pense que pour les gens qu’ils représentent cela relève de l’injure, et d’un manque de respect certain envers le peuple Québécois.

IG : Il est certain que M. Harper, à la tête d’un gouvernement minoritaire, ne semblait pas, a priori, craindre l’opposition par exemple : les problèmes de péréquations financières entres les provinces, le refus de participer à la construction de l’amphithéâtre de Québec, etc… qui le lui rendait bien. Maintenant à la tête d’un gouvernement majoritaire, plus rien ne l’arrêtera.

 

 

VB : Tout à fait ! Il y a déjà quelques temps que l’on dit qu’Harper a fait une croix sur le Québec. Avec la difficulté  qu’ils ont rencontrée pour faire élire des députés. Je suis quasiment certaine qu’ils vont continuer  sur cette voie-là.

IG : Ce que l’on peut constater  actuellement c’est que sur la notion de souveraineté le peuple québécois soit partagé. Or malgré cela le gouvernement fédéral ne fait rien pour s’attirer les bonnes grâces de ce peuple pour contrer  les velléités d’indépendance.

VB : Certes, le gouvernement fédéral est conscient de cette situation, mais il ne semble pas vouloir intervenir en la matière. Peut-être qu’il ne juge pas la situation aussi dramatique qu’on semble le croire. Nous attendons les premières mesures de ce gouvernement majoritaire pour en tirer les premières conclusions sur le plan politique. S’il ne réagit pas, les Québécois n’auront pas d’autre alternative que de constater la réalité en face ! En règle générale, les Québécois ne semblent pas comprendre toutes nos actions à Ottawa. Or elles sont uniquement guidées par un désir de défendre leurs intérêts. Je crois que maintenant de par notre absence au parlement fédéral ils vont être en mesure de mesurer notre action et d’apprécier ce qu’est un parti qui les a toujours représentés et défendus. Certes le gouvernement fédéral devra tenir compte des désidératas de l’Ouest canadien sans pour cela négliger le Québec. Mais comme il s’agira d’un gouvernement majoritaire qui ne voudra  probablement pas tenir compte des souhaits du Québec, je crains que le résultat, au final, ne se montre explosif !

IG : Croyez-vous que malgré certaines promesses faites par M Layton pendant la campagne électorale, le NPD prendra au parlement canadien, fait et cause pour les Québécois, compte tenu qu’une large majorité de ses députés sont maintenant originaires du Québec ?

VB : Ils vont essayer, bien sûr, sauf que cela fera long feu, étant donné qu’ils n’auront aucun moyen de faire infléchir le gouvernement. La situation de l’opposition est maintenant pire que celle qu’elle occupait avant le 2 mai. En effet auparavant les partis d’opposition pouvaient faire front commun contre un gouvernement minoritaire et intervenir d’une manière efficace. Maintenant il ne sera plus question de faire ou d’obtenir quoi que ce soit. Harper fera ce qu’il veut faire et il nous l’a déjà déclaré. Quelles que soient les propositions du NPD, je ne vois ce qu’il pourrait avoir comme monnaie d’échange avec ce gouvernement. Mais on va attendre pour juger et voir comment les choses évoluent à Ottawa !

IG : Comment voyez-vous l’avenir du Bloc ?

VB : Après les nombreuses rencontres que nous avons eues depuis le 2 mai avec nos instances et nos membres, ceux-ci dans leur grande majorité souhaiteraient que le Bloc continue à fonctionner. Ceci est un point très clair. Mais nous avons perdu une grande partie de l’aide parlementaire. La conséquence de cet échec sera qu’il aura généré beaucoup de difficultés au niveau des ressources humaines. Il va falloir réajuster notre appareil à sa juste mesure, tout en sachant que nous n’avons rien perdu de nos acquis. On a conservé nos membres, nos candidats. On a toute une série d’actions que l’on peut déployer pour reconsolider le parti. Il faudra faire une course à la chefferie. Nos moyens financiers, de facto, seront diminués aussi. Il ne faut pas oublier que les conservateurs ont un projet qu’ils veulent mettre en exécution le plus rapidement possible. Il s’agit de couper les vivres aux partis politiques qui aujourd’hui sont subventionnés au prorata du nombre de votes obtenus lors des élections. Ceci va nous affecter beaucoup car il y a moins d’électeurs qui ont voté pour nous. La baisse de ces crédits va nous affecter davantage et il faudra se montrer très vigilent sur ce point à l’avenir.

IG : Mais avec 23,4% des voix à ces élections fédérales, le Bloc n’a obtenu que 4 sièges. Il est certain que dans un scrutin à la proportionnelle, il s’agirait plutôt d’une douzaine de sièges, non ?

VB : Nous l’avons calculé, en vérité ce serait 17 sièges. Mais bon, il s’agit là que de calculs théoriques.

IG : Le Bloc conservera-t-il sa caractéristique de parti à part entière, ou sera-t-il amené à s’intégrer à un autre parti, le PQ, par exemple, comme le souhaiteraient certains, voire certaines ?

VB : Pour le moment il n’est pas question d’intégration. Nous travaillons avec les membres pour discuter du repositionnement du parti et définir une nouvelle organisation de travail en commun. Déjà des voix discordantes se sont fait entendre, elles souhaiteraient autre chose. Mais dans la grande majorité ce n’est pas cette  dernière proposition qui fait l’objet du plus large consensus.

IG : Croyez-vous que le Bloc devrait conserver toujours la même stratégie, à savoir celle d’une opposition au gouvernement en place ?

VB : La stratégie se définit dans un certain contexte. Donc il est certain qu’avec quatre députés au parlement fédéral, il nous faudra revoir notre stratégie. Pour autant, il faut penser que cette stratégie doit rester conforme à ce que disent les membres. Il appartiendra au nouveau chef éventuel de redéfinir la stratégie le cas échéant. Dans l’intérim notre préoccupation principale reste la désignation d’un nouveau chef pour le Bloc ! Nous devons uniquement assurer la transition.

IG : Sur la scène fédérale, peut-on imaginer que le Bloc avec ses quatre députés puisse être amené à former une coalition avec un autre parti ?

VB : On n’en est pas encore là, à parler d’éventuelle coalition. Le problème c’est que coalition ou pas, on ne pourra pas battre Harper car il disposera d’une représentation majoritaire dont il saura se servir.

IG : Oui mais tout gouvernement majoritaire subit les assauts d’usure du temps. Et il arrivera un moment où un gouvernement reste majoritaire, dirons-nous quantitativement, mais plus qualitativement !

 

VB : Sur une question ponctuelle, nous avons toujours été pour une coalition. Il s’agira donc d’apprécier la conjoncture pour décider éventuellement de cela.

IG : Déjà des candidats (tel M. Paquette) se font connaître pour se porter candidat au leadership du Bloc Québécois. Donc si la chefferie du Bloc suscite quelques intérêts c’est qu’a priori des forces vives lui sont restées, non ?

VB : Effectivement certains de nos membres n’étaient pas contents que des candidatures à la chefferie se soient déjà déclarées, les jugeant, dans l’immédiat, trop prématurées. Cependant il faut voir cela comme un signe d’intérêt pour le Bloc. Il faut néanmoins faire remarquer que ces personnes ont déclaré qu’elles attendraient les  règles qui devront s’appliquer à la course à la chefferie avant de confirmer leur candidature. Il y a là une manifestation de l’envie de poursuivre le fonctionnement du parti.

IG : A lire certains articles, il semblerait que c’est l’importance de l’échec du Bloc qui ait surpris, voire attristé plus d’un électeur. Qu’en pensez-vous ?

VB : C’est tout à fait ce qu’il se passe. Les gens n’arrêtent pas de s’excuser en déclarant qu’ils n’auraient jamais imaginé un tel résultat. C’est comme si les électeurs se rendaient maintenant compte qu’ils avaient tous, pris une décision individuelle, la leur en l’occurrence, sans tenir compte de l’ensemble de la population. Ils n’auraient jamais supposé, affirment-ils, qu’en votant pour le NPD, on obtiendrait ce résultat. Le paradoxe de cette situation c’est que le Bloc n’a jamais reçu autant de nouvelles adhésions que depuis le 2 mai.

IG : Certains votent avec leur cœur, d’autres avec leur raison. Qui a raison ? Au terme de cette interview, et selon la formule consacrée, auriez-vous aimé ou souhaité que je vous pose une autre question ?

VB : Ce que je voudrais dire et souhaiter, c’est qu’au stade où nous en sommes, il serait judicieux de faire montre d’une très grande solidarité et que l’on puisse participer positivement aux prises de décision qui s’imposent. Il ne s’agit pas d’une défaite individuelle, mais c’est collectivement qu’on s’aperçoit que quelque chose d’insurmontable nous a frappés, et que nous n’aurions pas pu arrêter. La vague a vraiment affecté l’ensemble du milieu Québécois. Il faut l’accepter et profiter de l’occasion pour se rebâtir, faire les choses autrement, examiner toutes les possibilités pour consolider le parti. Il faut reprendre la marche en avant avec tous les objectifs que l’on visait et dont le premier demeure toujours : atteindre la souveraineté du Québec. Le prochain rendez-vous avec les électeurs se situe dans deux ans au Québec. On espère la victoire du Parti Québécois.

IG : Finalement ne croyez-vous que cet échec soit un bien pour un mal ? Advenant que M. Harper continue à mésestimer le Québec et son peuple, il n’aura plus le filtre du Bloc entre lui et les citoyens Québécois pour amortir les désillusions. Dès lors les québécois recevront cette vérité immédiate et cela suffira à renforcer l’opinion et l’envie d’une souveraineté, actuellement encore sujette à discussion pour les indécis.

VB : Cela pourrait très bien arriver et c’est pour cela que le Bloc restera vigilent sur les évènements se déroulant au parlement fédéral. Il est certain que les résultats de ces élections ont perturbé les électeurs mais nous sommes encore vivants. Nous continuerons à travailler sur le terrain et à promouvoir les intérêts du Québec.