PLUS DURE SERA LA CHUTE ! CANTONNALES 2011

 

 

 

Isidore Grao

Le, 29 mars 2011

www.lavoixdecartier.com

 

 

Le deuxième et dernier tour des élections cantonales françaises s’est déroulé le dimanche 27 mars 2011. Vous me demanderez alors de quoi et de qui s’agit-il ?

 

Les élections cantonales permettent d’élire des conseillers Généraux qui (pour 3 ans encore, compte tenu que le mode de scrutin va évoluer) vont siéger au Conseil Général de chaque département. Leur rôle est surtout celui d’un représentant de proximité des électeurs. Ils mettent en œuvre la politique d’action sociale d’un département : c’est à dire sont compétents en matière d’attribution d’aides sociales telles le RSA (revenu de solidarité active), de dossiers d’adoption. Ils sont responsables de l’aménagement du territoire (routes) et de transports en commun en dehors des communes. Ils s’occupent aussi d’éducation (collèges publics) de culture et de patrimoine (enseignement artistique : musique, danse, théâtre).

 

On peut donc qualifier ce rôle plus de gestionnaire administratif que de représentant politique. Oui mais voilà, ce scrutin se déroule en mars 2011 et c’est le dernier avant celui des Présidentiels en avril 2012. Et cette consultation du peuple n’est pas anodine. La preuve ? Les chefs de partis politiques se sont déplacés en province, pendant la période pré-électorale pour venir soutenir leurs membres et tenter de politiser ce scrutin. D’autant qu’un coup de semonce a éclaté le dimanche précédent lors des résultats du premier tour. La forte percée du FN (front national, parti d’extrême droite) a inquiété plus d’un. Certains disent qu’il menace fortement le parti au pouvoir, celui de M. Sarkozy. Et pourtant on ne pourra pas dire que ce scrutin a passionné les foules (le taux d’abstention du 1er tour a été supérieur à 50 %, c’est à dire qu’un électeur sur deux n’a pas été voté). Certes la moitié seulement des mandats étaient renouvelables, et les conseillers Généraux élus en 2011, ne siégeront que 3 ans au lieu de 6 ans, la loi ayant décidé de fondre en 2014 les fonctions de conseillers régionaux et généraux ! Mais il faut remarquer qu’en France le vote n’est pas obligatoire).

 

Entre  les deux tours de nombreuses questions se sont fait jours : Parmi  les plus importantes on pouvait citer :

 

-       Quelle serait l’abstention au second tour (l’UMP, parti de Monsieur Sarkozy) espérant un sursaut de son électorat.

-       Compte tenu de la forte percée obtenue, au 1er tour, quel sera en définitif le nombre de conseillers généraux du FN élus?

-       Quel serait le comportement des électeurs du FN au 1er tour?

-       Y aura-t-il finalement un front républicain ? On sait que M. Sarkozy avait donné comme consigne pour le second tour le fameux «ni… ni», c’est à dire ni voter pour le FN, ni pour la gauche dans les circonscriptions où seuls les candidats de ces deux partis avaient le plus de chance d’être élus. On sait qu’en 2002 ce front républicain avait bien fonctionné puisqu’après l’élimination au 1er tour de Lionel Jospi , Premier Ministre Socialiste, son parti avait donné comme consigne de voter plutôt pour Jacques Chirac (UMP) que pour Jean-Marie Lepen (et Chirac avait élu avec un score exceptionnel supérieur à 80 %).

-       Quel serait le parti vainqueur au soir du second tour ?

-       Le second tour est passé et les résultats confortent ceux du 1er tour !

1-    Le Parti Socialiste (Martine Aubry) recueille 36,2 % des voix.

2-    L’UMP (M. Sarkozy), obtient 18,6% des voix.

3-    Le FN (Marine Lepen) obtient 11 % des voix.

 

L’abstention s’est maintenue à un fort pourcentage même si les instituts de sondages indiquent que les électeurs de l’UMP se soient plus mobilisés, ce qui soulève le problème des réserves de voix pour les principaux partis. Le scrutin n’a donc pas mobilisé les électeurs. Mais peut être faudrait-il comme le suggère François Hollande du PS «changer les règles de scrutins pour les élections territoriales» et propose de regrouper le même jour tous les scrutins : municipal, départemental et régional. Déjà M. Laurent Fabius, ancien Premier Ministre PS indiquait ce matin qu’il serait opportun de rendre obligatoire les votes, c’est une règle d’une bonne démocratie. Mais je ne crois pas que le peuple français accepterait sans rechigner cette obligation, une première en la matière!

 

Au final et avec 11% des voix, le FN n’obtient que deux conseillers généraux, le premier dans le département du Vaucluse (Carpentras) le second dans le Var (Brignoles). Il est vrai que le FN ne disposait d’aucun élu jusqu’à maintenant. A noter que 2 importantes personnalités du FN ont été battues : Le secrétaire Général, M. Steeve Briois à Montigny en Gohelle et M. Louis Aillot, à Perpignan. D’où une forte demande d’introduction de «proportionnelle» dans ses élections.

 

Dès lors comment comprendre que  les hauts responsables du FN ne soient pas élus, mais que dans le même temps, le FN, de par son importance numérique soit devenus le 3° parti politique de France. Il semble que quoi qu’en dise Marine Lepen le vote FN ne soit pas encore un vote d’adhésion mais bien un vote de protestation envers la politique menée par le gouvernement actuel. Car malgré tout la majorité des français n’adhérent pas au programme politique du FN : chasse à l’immigration, sortie de la zone euro, etc… Donc voter FN c’est envoyer un message au Président Sarkosy.

 

Lundi matin, lendemain des élections le Président Sarkosy, commentait le chiffre de 18,6 % des voix obtenus et tenter de relativiser le score obtenu par la Gauche (36,2 % pour le PS soit près du double de celui de l’UMP) en affirmant qu’il n’y avait pas péril en la demeure. Mais depuis lundi de nombreux sons de voix discordantes se font entendre au sein de la majorité actuelle. Certains Ministres contestent le bien-fondé de la politique de M. Sarkosy et lui reprochent de vouloir «chasser» sur les terres du FN. Ces Ministres souhaitent que les débats sur la laïcité et ses déviances religieuses soient stoppées. Ce matin la radio faisait état de divergences de vues politiques entre M. Fillion, Premier Ministre et M. Coppé, Secrétaire Général du parti UMP. Il n’empêche que les sondages actuels  persistent et signent dans leur augure : «Aux élections présidentielles de 2012, le FN dans 3 Hypothèses sur 4, devancerait l’UMP au second tour!». Mais en 13 mois, la tendance peut évoluer !

 

Le PS, grand gagnant de ces élections, regarde avec humilité ces pourcentages. Car pour l’instant il n’a toujours pas de leadership à cause des primaires qui se dérouleront en juin 2011et les candidats potentiels sont nombreux. Ainsi M. Hollande avait conditionné sa participation à ces présidentielles au fait qu’il soit vainqueur des urnes ce dimanche, ce qui est finalement le cas. Pour l’instant aucune personnalité ne se détache d’une manière flagrante. Les sondages donnent gagnant M. Dominique Straus Kahn en cas de duel avec M. Sarkosy pour ces élections. Mais pour l’instant, le Président du FMI (fond monétaire international) n’a toujours pas fait connaître sa décision.

 

Ira-t-il ? Où n’ira-t-il pas ?

 

Mais se déclarer aujourd’hui signifierait qu’il soit obligé de démissionner de sa fonction du FMI ! Faute de préparation suffisante, le PS risque de perdre ces présidentielles

 

 

 




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