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LA  VOIX  DU  PEUPLE  QUEBECOIS  AVEC  MICHEL  BERTRAND  DE  MONTREAL

 

Description: iLovePeres:Documents:LaVoixDeCartier Site web:new site:Page 3:Articles & photos:2010-09-23 Interview de M.Michel Bertrand Photo 7.jpg

 

Interview réalisée par Isidore Grao

Le 23-09-10

 

IG: Bonjour Monsieur Bertrand. Merci de permettre aux lecteurs du Journal Québec Presse de pouvoir faire connaissance avec un pur Québécois. A ce sujet, connaitriez –vous votre généalogie ?

 

MB : Non, je ne peux pas remonter très loin, ceci comme une bonne partie de  québécois, je crois.

 

IG: Jusqu’où pouvez-vous remonter? Jusqu’à vos arrières grands-parents? Ont-ils toujours vécu à Montréal ?

 

MB : Non pas à Montréal, mais au Québec pour la plupart, encore que ma mère et ma grand’mère maternelle soient natives de l’Ontario.

 

IG: Vous habitez Rosemont, un quartier réputé tranquille, un quartier qui aurait été habité depuis des lustres, par des premiers descendants des pionniers ?

 

MB : Chaque quartier de Montréal possède ses illustres descendants, j’imagine. Mais c’est vrai que Rosemont est un des quartiers assez important de la ville. Cependant je crois que l’on ne peut accorder toute l’importance au passé puisque ce que l’on vit actuellement l’est tout autant.

 

IG: pourtant, le passé peut expliquer le futur ?

 

MB : vous auriez raison si le visage de Montréal n’avait pas autant change depuis les trois dernières décennies. En fait, Montréal est devenue une ville cosmopolite. Alors, je ne saurais dire qu’il  existe encore de quartiers a figure purement québécois de veille souche comme ce l’était encore dans les années soixante… imaginez ! À l’époque de la polyvalente, au début des années soixante-dix, j’y ai la rencontre de la première personne noire de ma vie ! Il y avait bien quelques italo-québécois, mais de manière générale, les québécois de souche y étaient nettement majoritaires. De nos jours, bien sûr, il subsiste encore quelques francophones <pure laine> qui habitent Rosemont, mais, à mon sens, ils n’y représentent plus la majorité des habitants. Dans Rosemont on trouve maintenant une infinie de races : des asiatiques, des arabes, des latinos, des haïtiens, etc. alors de  croire que Rosemont est toujours un quartier de québécois «pure laine» serait utopique ! Rosemont a tellement changé de visage que finalement ce ne sera jamais plus le même. J’ai maintenant 52 ans et j’ai habité 95% de ma vie, ce quartier, mais, aujourd’hui,  je n’arrive plus à m’identifier au quartier que j’ai connu. Cette évolution a été faite très rapidement et je dois dire que l’adaptation, pour moi, n’est certainement pas plus aisée pour moi qu’elle ne doit l’être pour ceux et celles qui y arrivent.

 

IG: comment vous sentez-vous dans ce quartier ? Est-ce que vous en changeriez ?

 

MB : vous savez, la dynamique du quartier a beaucoup changée ; prenons le parc qui est juste ici en face de chez moi,  a l’origine c’était un parc tout ce qu’il y a des plus tranquilles, on pouvait s’y promener tranquillement, mais maintenant la sécurité n’est plus la même : un meurtre et un viol y ont été commis, sans compter les gens qui y boivent de l’alcool ou encore qui y font du grabuge jusqu’à tard le soir. Ce faisant, la présence policière y est devenue beaucoup plus importante que par le passé. C’est un peu ce qui fait que j’arrive à comprendre   les «purs laine» qui décident de partir habiter la banlieue afin d’y retrouver un peu la qualité de vie qu’ils étaient habitués à avoir auparavant.

 

IG: pourtant je croyais que c’était dans les banlieues ou la présence des policiers est plus discrète que le risque était le plus grand !

MB : c’est ce que l’on pourrait croire, en effet, mais ce n’est pas exactement ce qui se passe. Je vais souventes fois à Repentigny dans la banlieue nord de Montréal, où je m’y retrouve avec quelques amis, de vrais «purs laine» comme vous dites et je dois admettre que je m’y sens drôlement plus en sécurité. En effet même si la criminalité n’y est pas totalement absente, on peut se promener la nuit dans les rues sans aucune appréhension. Mais il faut quand même reconnaitre que Montréal reste une ville sécuritaire si on la compare avec d’autres villes de semblables dimensions sur le globe. Bref, Montréal n’est plus ce qu’elle était et ne change malheureusement pas en mieux, selon moi, bien sûr !

 

IG: A vous écouter, j’ai l’impression, que bien que vous vous soyez en défendu auparavant, vous demeurez en recherche du passé, de cette ambiance de pionniers ?

 

MB : si on le voit de cette manière, je me vois forcé à vous donner raison.

 

IG: il faudrait donc en déduire que chez vous l’esprit québécois est solidement ancré !

 

MB : tout à fait ! C’est pour cela que mon rêve serait que le Québec puisse enfin devenir un jour un pays souverain, un pays où l’identité québécoise serait enfin reconnue comme il se doit. Vous savez, sans faire dans la xénophobie, (après tout j’ai des amis issus de plusieurs  races et religions), je trouve malgré tout que le flux des immigrants est mal maitrisé par les gouvernements. Le flux des étrangers est trop important pour une intégration qui s’adapterait harmonieusement à la culture québécoise. Cette arrivée trop massive dilue en quelque sorte l’identité québécoise et je me demande comment nous arriverons à rectifier le tir afin que ces nouveaux arrivants puissent se laisser séduire par notre culture et y adhérer.

 

IG: mais ne croyez-vous pas que les immigrants ont à cœur de s’intégrer à votre culture ?

 

MB : non, car le gouvernement ne fait rien en ce sens-là. Je pense que cet aspect est mal compris à Québec puisque cette dernière n’est pas encore confrontée aux chocs des cultures que vit Montréal depuis quelques années, le problème de l’immigration ne s’y pose pas encore comme ici. Je vous donne un exemple : il y a quelques temps, j’ai été témoin d’une altercation, dans un grand magasin de Montréal, entre une québécoise de souche et une arabe. Je ne connais pas le fond de leur différend, et de fait ne savais pas laquelle des deux avait raison ou bien tort. Mais ce que je sais c’est qu’a un moment donné, la personne d’origine arabe a dit à la «pure laine» : <oui mais moi je suis plus chez moi que toi, car moi j’ai choisi ce pays.> ce qui m’a bien fait rigoler puisqu’avec cette réplique, elle envoyait valser toute notre histoire et notre culture en une simple phrase ! Maître chez nous ? Lorsque même les immigrants n’y croient pas comment voulez-vous qu’il y ait quoi que ce soit de possible ? Malheureusement, je trouve que les québécois sont  beaucoup trop accommodants et de ce fait agissent avec une mentalité de colonisé; on est prêt à se mettre à genoux devant tout le monde et accepter à peu près n’importe quoi de peur d’avoir l’air d’un peuple de racistes, pourtant il devrait y avoir une limite à vouloir tout accepter, non ? Pourtant ce qui a été réalisé par nos prédécesseurs porte témoignage de nos compétences. Il n’est que de voir les réalisations réussies et pourtant on se laisse écraser par les autres. Ce ne sont pas les autres qui s’adaptent à nous comme dans tous les autres pays, <c’est nous qui nous adaptons à eux>. Donc les Gouvernements ne font rien pour que les immigrants soient intéressés à s’intégrer dans la culture québécoise. L’immigrant qui arrive en Amérique du nord, sur un continent très majoritairement  anglophone, va plutôt chercher à s’intégrer dans cette même culture anglophone et non  pas à la culture francophone propre au Québec de nos ancêtres ! On entend parfois  le gouvernement Charest déclarer <le sentiment français n’est pas en danger au Québec>, alors  j’en arrive à avoir l’impression que les membres de ce gouvernement, son chef en tête de file,  n’ont pas dû visiter Montréal depuis belle lurette. Le fait est que, lorsque je me promène dans les magasins, j’entends surtout parler anglais, arabe, espagnol. Mais très rarement le français. C’est tellement vrai que lorsque j’entends parler français, je suis si surpris, que je me surprends à me retourner. Ce phénomène existe beaucoup plus rarement lorsqu’on est en banlieue, quoique ce soit de moins en moins vrai. De là l’importance de protéger notre langue et de faire savoir à tous ces nouveaux arrivants que c’est en français que ça se passe au Québec ! Je trouve cela dommage car j’ai l’impression d’assister au déclin en accéléré de notre culture.

Désolé si je vous semble un peu trop abrupt dans mes propos mais je ne suis pas le seul «pur laine» à penser de cette manière, vous pouvez me croire.

 

IG: Il est normal que le peuple Québécois puisse se faire entendre de ses dirigeants.

 

MB : en effet, mais tout ceci ressemble à un dialogue de sourd ! Pourquoi, selon vous, les québécois sont-ils désabusés au point de ne plus croire en ses dirigeants ? Peut-être devraient-ils faire un examen de conscience et se demander ce qui les motivait à l’époque à aller en politique, ça aiderait probablement à avoir un pays gouverné de meilleure manière. toujours au sujet de la langue, laissez-moi vous raconter une anecdote ; une amie française qui voudrait venir s’installer au Québec et y refaire sa vie me racontait ceci : elle a subi une enquête diligentée par les services officiels qui a consisté en 2 entrevues, l’une en français qui a duré cinq minutes, l’autre en anglais qui a duré une heure, m’a-t-elle dit. Pourquoi cette divergence ? Et de surcroit, par des services officiels ? Et l’on voudrait nous faire croire que le français est encore la langue prioritaire au Québec ? Et si jamais c’est le cas, pourquoi le gouvernement n’encourage-t-il pas davantage de français à venir s’installer chez nous ? On nous dit <on va faire rentrer des francophones>. Or ce que l’on constate de ces émigrants, c’est que leur langue maternelle, celle qu’ils utilisent à la maison, sur la rue, avec les amis, est en fait l’arabe, l’espagnol, etc. est-ce parce que quelqu’un peut arriver à communiquer en français qu’on doit considérer cette personne comme étant francophone ? Il me semble que si l’on veut rester honnête, la réponse est : non ! Alors, je ne comprends pas pourquoi le gouvernement ne facilite pas l’arrivée de gens qui ont une culture et/ou une religion semblable à la nôtre en priorité. Je ne dis pas qu’il faille bannir toutes les autres cultures, mais plutôt de se donner le temps et les moyens de le faire progressivement afin que ces personnes puissent s’intégrer à nous en étant conscientes et parfaitement en accord avec nos valeurs fondamentales. après tout, à Rome ne fait-on pas comme les romains ?  Alors pourquoi au Québec ça devrait être autrement ? Demander à quelqu’un d’être accommodant, je veux bien, mais nous demander de piétiner ce que nous sommes, ça jamais !

 

IG: Sur le plan social, comment décrieriez-vous le système social Québécois ?

 

MB : A mon avis, il s’agit d’un système hypocrite ! On parle de solidarité sociale, mais où est-elle ? C’est ainsi qu’en donnant que 500 dollars a un nécessiteux on va pouvoir l’aider à s’en sortir ? Quand vous pensez qu’avec cette somme on ne peut même pas louer une chambre à Montréal. Mais c’est vrai que la pauvreté n’est pas un thème porteur pour les politiciens. que fait-on pour les itinérants ? Rien, on fait du «nettoyage» au début de l’été afin qu’ils ne puissent effrayer les touristes, et on les ignore à l’automne. Un autre exemple on encourage les gens à utiliser les transports en commun au lieu de leur véhicule, car c’est bon pour l’environnement. Et hier j’ai vu dans une émission télévisée un reportage ou un contrevenant qui n’avait pas présenté son titre de transport, avait reçu un procès-verbal de 240 dollars. C’est tout simplement scandaleux ! ! De plus on engage des policiers pour verbaliser des gens qui prennent ces transports en commun en toute bonne foi plutôt que s’occuper de la sécurité de ces mêmes usagers. Ainsi au cas particulier il s’agit d’un contrôle administratif à ce que les autorités disent mais  je crois que les policiers seraient mieux utilisés à d’autres fonctions. Je pense que la ville considère chaque usager soit comme  un fraudeur en puissance, ou alors comme un bon pigeon à plumer afin de remplir les coffres de la ville. si c’est vraiment fait dans un but administratif, pourquoi ne pas placer des contrôles près des tourniquets d’accès pour vérifier que  tous les usagers sont bien munis de leur billet et laisser les policiers vaquer à des obligations plus légitimes ?

Je m’excuse du ton un peu agressif de mes propos mais un bon gouvernement, peu importe son palier, devrait se pencher un peu plus sur la misère humaine et un peu moins sur les manières nouvelles de mieux vider nos poches !

 

IG: Mais quelquefois il est intéressant de faire remonter la voix du peuple aux politiciens qui nous gouvernent.

 

MB : Je crois qu’ils connaissent ces difficultés de vie, mais je me demande s’ils ont vraiment envie de faire quelque chose pour régler quoi que ce soit ; c’est toujours la même histoire, avant les élections on nous promet n’importe quoi et les élections terminées ils évitent de remplir leurs promesses en disant que la faute en incombe à leurs prédécesseurs ! Bref, plus ça change, plus c’est pareil ! Difficile alors de ne pas être sceptique face à tous leurs beaux discours !

 

IG: De quel signe astrologique êtes-vous ?

 

MB : Verseau ascendant verseau ; un peu compliqué comme signe !

 

IG: C’est le signe de l’indépendance.

 

MB : S’il s’agit de l’indépendance du Québec dont vous parlez, alors là, j’applaudis.

 

IG: Vous sentez-vous concerne par les problèmes politiques ?

 

MB : Tout le monde devrait se sentir concerné par les problèmes liés à la  politique. Mais, ce que je trouve dommage c’est de constater à quel point les gens en sont venus à ne plus rien croire, difficile en effet de faire autrement lorsqu’on écoute le télé-journal, qu’on lit les journaux du matin ou encore qu’on se renseigne via internet ; pas une seule semaine ne passe sans un nouveau scandale ! Malgré tout, je me souviens que dès l’âge de sept-huit ans, quand je me mettais devant le poste de télévision, je regardais les émissions d’actualité politique où on y voyait en autres des gens comme  Pierre-Emile Trudeau. Je trouvais cela passionnant, mais je ne saurai dire pourquoi cela me fascinait autant que d’écouter parler de ces informations. La politique, j’en mangerais. Par contre, il ne me serait jamais venu en tête de faire moi-même carrière en politique  en tant que député par exemple, car je n’aurais eu de cesse de me chamailler avec mon chef. En fait, je me retrouvais un peu dans René Lévesque ou même en Michel Chartrand, le syndicaliste, deux grands hommes qui, selon moi,  avaient à cœur d’améliorer les conditions de vide leurs concitoyens. Pour moi, c’est important d’aider l’autre, pour de bonnes raisons d’une manière altruiste et surtout gratuite. La politique, de nos jours, n’est plus là pour aider les gens mais favoriser surtout les grosses compagnies. Le peuple est là pour payer, et les grosses compagnies pour encaisser. Vous me demandez si aujourd‘hui je suis fier d’être <québécois> la réponse est non. je ne suis pas fier de voir ce que le Québec est en train de devenir.

 

IG: Mais avec toutefois une petite réserve, c’est que nonobstant tous ces travers, vous n’iriez pas jusqu’à prendre une nationalité étrangère.

 

MB : Effectivement je ne changerais pas ma nationalité, je ne me verrais pas vivre ailleurs.

 

IG: Mais alors, ns s’agirait-il pas de la révolte du cœur ?

 

MB : Effectivement, j’ai honte dans mon cœur de voir ce qu’est devenu le Québec d’aujourd’hui. J’ai honte de la tournure des évènements, de ce que les politiciens d’aujourd’hui sont en train d’en faire.

 

IG: Mais ne croyez-vous pas qu’il faille accepter la société telle qu’elle est car n’oublions pas que cette société est constituée d’un amalgame de sensibilités différentes, tout en conservant son libre-arbitre.

 

MB: Vous avez raison. Mais ce qui me contrarie énormément, c’est l’injustice. Et je trouve qu’au Québec il y a beaucoup d’injustice. Je comprends très bien que ce qui fait la force d’un pays, c’est la diversité de sa population. Mais quand je dis que je ne suis pas d’accord avec ce qu’est devenu le Québec, je ne fais pas allusion à son peuple, mais aux classes dirigeantes. Vendre le pays par morceaux, cela est très dommageable. Un exemple parmi tant d’autres : Les Américains connaissent beaucoup de difficultés dans leur pays dans l’extraction de leur schiste, mais par contre ils sont prêts à les laisser venir forer près de Longueuil. Où est la logique ? Sinon, dans l’appât du gain et aux dépens des québécois. On donne cinq mois d’études pour faire une enquête sur ce schiste. Avec seulement cinq mois pour cette étude, à quels résultats croyez-vous que l’on va aboutir ?

IG: Mais un pays ne doit-il pas profiter de ses richesses ?

 

MB : Oui, mais attention il ne faut pas les exploiter d’une façon sauvage, ni en les bradant pratiquement. Autres exemple récent : on nous disait récemment à la télévision que la société Pepsi-Cola détournait à son profit l’eau de Montréal et nous la revendait ensuite. Montréal est bien informé de cela. Et qu’a dit M. Tremblay, maire de Montréal ? Que sa ville n’avait pas de politiques de vente d’eau, donc il n’y a rien à dire ! Et c’est tout ce que l’on fait avec nos réserves naturelles, l’eau n’est pas inépuisable pourtant ! C’est aussi vrai pour tout le reste !

 

IG: Je comprends votre amertume, mais je voulais dire qu’un pays a besoin de faire tourner son économie et pour ce faire utiliser ses richesses naturelles.

 

MB : Oui mais dans ces conditions-là où est le bénéfice pour le Québec. Pourquoi ne pas utiliser cette plus-value pour nous et ainsi diminuer toutes les taxes que l’on nous fait payer.

Aux prochaines élections, je serai tenté de voter pour tout le monde, c’est-à-dire de mettre une croix pour tous les noms,  car je n’ai plus vraiment confiance dans les politiciens ni dans les partis. Ils font tous la même chose. D’ailleurs il n’est que de prendre connaissance des sondages : les gens pour lesquels on a le moins confiance ce sont les politiciens. Mais qu’est-ce qu’ils attendent pour se réveiller ? Pour descendre de leur tour d’ivoire ? On se demande quelquefois où ils vivent, dans quelle sphère et quelle galaxie ils sont ? En tous les cas certainement pas près de nous, cela est certain !

 

IG: Vous n’ignorez pas que l’on parle de plus en plus de la souveraineté québécoise, qu’en pensez-vous ?

 

MB : Je n’y crois plus car ils font tout pour contrecarrer cette souveraineté, pour l’empêcher.

 

IG: C’est qui <ils> ?

 

MB : Les gouvernements, les politiciens, les compagnies, en fait tous ceux qui seraient concernés par cette souveraineté. Je comprends que même dans le second référendum ou on a failli gagner, cela aurait été encore de la magouille, on aurait fait voter des gens qui n’auraient pas eu le droit de voter. Alors, si on savait qu’il y avait eu fraude dans le second référendum pourquoi n’a-t-on pas recommencé les votes. Y avait-il vraiment une volonté au Québec d’obtenir cette souveraineté ?

 

IG: Si demain, le Québec venait à se séparer du Canada, cela correspondrait-il à vos souhaits ?

 

MB : Oui, mais en espérant que nous aurons alors un gouvernement qui acceptera de ne plus travailler uniquement pour les entreprises, mais pour les citoyens qu’il représente aussi, sinon à quoi bon ? D’ailleurs, ce que je déplore dans ces gouvernements, de quelque obédience politique que ce soit, c’est de constater qu’ils fonctionnent à l’envers de ce qu’ils devraient fonctionner ! Québec nous dit comment penser, réagir, etc. plutôt que d’être à l’écoute des gens qu’ils sont censés représenter !

 

IG: Mais c’est le jeu de la démocratie, non ?

 

MB : Justement la démocratie existe-t-elle! Ici le seul droit que nous ayons, c’est celui de réclamer à un sourd! Mais attention ne pas réclamer trop fort ou ils vont nous charger encore une taxe.

 

IG: Le fait que le Québec soit séparé du Fédéral vous ennuierait-il ?

 

MB : Pas du tout, de toutes les façons même si on se séparait du Canada, celui-ci continuerait d’exister, le Canada n’a pas besoin de nous et a nous est-ce qu’il nous manquerait ! Je n’ai jamais compris le principe de donner notre paie à notre voisin  pour que celui-ci, en retour, nous accorde les moyens financiers d’exister, pourtant c’est exactement comme cela que ça se fait ! Et qualifier le Québec de <province pauvre>, de dire que le Fédéral nous garde par charité chrétienne,  je n’y crois pas. Si le fédéral ne trouvait pas son intérêt à nous garder, il y aurait longtemps qu’il nous aurait jeté du canada !

 

IG: Comment qualifieriez-vous le comportement du Fédéral vis-à-vis du Québec ?

 

MB : D’une manière arrogante.

 

IG: Croyez-vous que le Québec actuel possède des Hommes politiques capables de diriger un nouveau pays ?

 

MB : Il pourrait peut-être en avoir, car dans certains partis il existe malgré tout des gens qui ont encore du sens, mais, je crois, que ces gens-là ne seront jamais à la tête du gouvernement, alors, ou est l’intérêt ? Un exemple concret sur un parti qui n’a aucune chance actuellement d’être élu, c’est le <Québec solidaire> avec Amir khadir comme député et Françoise David comme présidente. Pour avoir approché Françoise David, je crois pouvoir dire qu’elle a à cœur des intérêts réels à aider les gens. C’est presque la bonté faite femme que cette Françoise David. La, oui j’aurai confiance en cette femme, car je l’ai vu à l’œuvre, et en espérant que le pouvoir ne puisse la corrompre. Moi je trouve que cette femme est digne de confiance, mais je crains que le peuple préfère voter pour quelqu’un qui se bâtit une image avec «nos» millions, plutôt que pour cette femme qui a la logique de gros bon sens !

 

IG: Vous pouvez vous permettre de lui accorder la confiance, car vous la connaissez ?

 

MB : Non je ne la connais pas personnellement, mais j’ai eu à la côtoyer. Je l’ai écouté parler. Je l’ai entendu. Je ne dis pas qu’elle est la seule bonne personne en politique, elle est l’une d’entr’elles, par contre je ne sais pas s’il existe beaucoup de personnes qui possèdent un potentiel non exprimé et qui sauraient réaliser de grandes choses pour le Québec. En tous cas, certainement pas actuellement, avec la classe politique dirigeante que nous avons. Le premier ministre Charest n’a pas semble-t-il les intérêts du Québec suffisamment à cœur, il semble agir pour son propre pouvoir et c’est tout, il agit en monarque ; lui décide et nous n’avons plus qu’à nous plier à ses exigences. Pas tout-à-fait la vision que j’ai toujours eu de la démocratie !

 

IG: Et parmi les anciens dirigeants du Québec, en verriez-vous des personnalités capables de diriger autrement ?

 

MB : Honnêtement, je ne sais trop ! Aucun ne m’a vraiment convaincu, sauf peut-être Parizeau, mais je ne crois pas qu’il referait le saut en politique. Cependant,  je vais parler d’un député en qui j’aurai entièrement confiance,  je ne le connais pas personnellement,  je ne l’ai jamais côtoyé, mais à sa façon de parler, sa façon d’être, j’aurai confiance en lui. Je trouve que cette personne a la tête sur les épaules, il sait de quoi il parle, il est structuré, je lui fais confiance et pourtant je ne l’ai jamais rencontré. Il s’agit du député Maka Kotto. Je crois que cet homme-là a compris le Québec et les Québécois mieux que certains dirigeants de notre pays. Bien sûr, il est noir et n’est pas ce qu’on appelle un «pur laine»,  mais cela n’a aucune importance car je crois qu’il sait être  disponible pour les gens qu’il représente. Qu’importe la couleur de peau, la religion, cela n’a aucune importance. Ce qui compte c’est que ce soient des gens structurés et qui se sentent concernés par les vrais problèmes.

 

IG: M. Maka Kotto est-il votre député ?

 

MB : Non mais je dois avouer que je ne sais même pas qui est mon député et cela m’importe peu puisque ça pourrait être n’importe qui ; que je ne crois pas que ça changerait quoi que ce soit. Au niveau des élections fédérales, je sais par contre que le fils a Trudeau s’est présenté dans notre circonscription, et heureusement il n’est pas passé !

 

IG: A votre avis, si demain, le Québec devenait souverain, quelles seraient les premières décisions que devraient prendre les dirigeants Québécois ?

 

MB : Je ne sais pas ce qui serait le plus prioritaire puisque tant de problèmes ont été créés sans aucune véritable solution à l’horizon, mais il serait important de régler les problèmes de santé, de la langue, de l’éducation, de prendre un peu mieux soin de nos nécessiteux de même que nos personnes âgées. Tant de choses pourraient actuellement être faites et ce que je ne peux comprendre, c’est qu’il y ait beaucoup de personnes disposées à payer plus d’impôts, il y en a même qui suggèrent les péages aux autoroutes par exemple, à la condition qu’on maintienne la qualité de nos services, ce qui n’est pas le cas actuellement ; les taxes et impôts ne cessent de monter et les services sont de moins en moins nombreux et perdent en qualité.  Mais où donc va cet argent ? Chose certaine, il ne va pas là où il devrait aller,  serait-ce à dire qu’il ne sert qu’à engraisser les grosses entreprises à coup de subventions qui ne nous apporteront rien finalement?

 

IG. Dans ce cadre-là auriez-vous des craintes ou des réserves à formuler sur le plan économique ?

 

MB : C’est sûr qu’il faudrait que les mentalités des classes dirigeantes changent et que cela serait dur sur le plan économique. Il faudrait rembourser notre part de la dette du canada, il faudrait donc se serrer la ceinture quelques années, mais cela, on le fait déjà ! Cependant, de là à dire que le Québec risquerait de devenir une République <bananière>, c’est faux car le Québec a trop de ressources naturelles et humaines pour cela.

 

IG: Et comment croyez-vous que le Fédéral va réagir ?

 

MB : Très mal, car le canada aurait besoin du Québec, il faut penser qu’il faudrait relier l’Ontario aux provinces maritimes, alors comment régler ce problème de passage ? Il faut remarquer que si le Québec occupait géographiquement la position de la Colombie Britannique, cela aurait moins de difficultés à l’expansion du canada. Mais voilà, le Québec occupe quasiment la place centrale du pays.

 

IG: Mais déjà le Nouveau Brunswick parle d’indépendance participative avec le Fédéral.

 

MB : Mais dans ce cas ou est l’avantage, car on n’est pas vraiment maître chez nous ? On est indépendant ou on ne l’est pas. C’est un peu ce que l’on voulait pour le Québec dans le passé. On donnait l’indépendance au Québec, mais les passeports et la monnaie demeuraient canadiens. Je ne vois pas l’intérêt de cette souveraineté-là. C’est peut-être cela aussi qui justifie les échecs aux référendums précédents.

 

IG: Mais il faut bien considérer que tout ne se fera pas tout de suite, d’un coup de baguette magique.

 

MB : Je suis d’accord mais alors que l’on nous l’explique sans attendre le dernier jour ! On nous avance quelque chose sans aucune explication, et on nous demande de nous accommoder de cela. Les gouvernements n’ont pas à nous politiser puisque cela revient à chacun de nous de le faire, mais à nous expliquer. Évidemment,  tout le monde sait que moins une population est politisée, plus grande est la liberté d’action des gouvernants, et ça, c’est clair qu’eux ils l’ont compris !

 

IG: Quel serait alors votre souhait pour une vie meilleure au Québec ?

 

MB : Etre maître chez nous, tout simplement. Que les politiciens descendent de leurs tours d’ivoire et se préoccupent davantage des besoins de la population. Ça me fait penser un peu à l’époque des royautés où les rois restaient dans leurs châteaux et ne savaient ce qu’attendait d’eux, le peuple ! Un autre exemple : sur un thème,  75% du peuple n’est pas d’accord sur les orientations politiques prises, et M. Charest arrive en disant que tout le peuple est d’accord. Je me demande quelquefois, si on vit tous sur la même planète, certainement pas. Je trouve que les politiciens sont déconnectés de la réalité. Alors quand les politiciens commenceront à s’apercevoir de ce problème, peut-être qu’ils nous écouteront davantage, et que le peuple recommencera à leur faire confiance. La politique, c’est un mal nécessaire, mais pour l’instant c’est une plaie. Un peu comme l’avertissement sur les paquets de cigarettes sur lesquels il est spécifié qu’il est  <dangereux pour la santé >, on devrait en faire autant avec la classe politique et mettre une banderole sur le parlement du Québec disant <dangereux pour la santé mentale du peuple québécois> !

 

IG: Le fait que les politiciens Québécois, comme vous le dites, ne soient pas en prise directe avec le peuple, cela signifierait-il que les politiciens recherchent le pouvoir pour le pouvoir ?

 

MB : Je pense même que pour une majorité d’entre eux, c’est devenu un fait établi et que maintenant la priorité soit celle uniquement de leur image ! Est-ce que l’emballage est garant du contenu ? À ce qu’on peut en juger, rien n’est moins sûr ! Pourtant il y a bien des gens qu’on a rencontrés et qui étaient contre ceci, contre cela et on arrivait à les comprendre. Mais une fois arrivés au parlement ils deviennent comme les autres, seule la loi du parti compte.

 

IG: Mais dans ce cas ne croyez-vous pas que le politiciens agissent ainsi pour éviter de se confronter à l’opinion publique ?

 

MB : C’est possible. Il faudrait qu’ils soient pourtant capables d’aller au conflit, après tout, ils représentent le peuple, non pas le parti. Bref,  en cela je reste très sceptique. Je suis comme la majorité des Québécois, on ne croit plus en nos politiciens. C’est comme la Justice, je n’y crois plus, il n’y a plus rien de vrai là-dedans. Maintenant quand un politicien parle, on s’attend qu’il nous dise un mensonge, on ne l’écoute même plus, car il ne pense pas comme nous autres. On dirait que lorsque quelqu’un arrive au parlement, ce n’est plus lui tant il a changé.

 

IG: Les politiciens auraient une double personnalité ?

 

MB : Je vous parlais tout à l’heure de Jean Lapierre, journaliste de TVA. Avant d’entrer en politique, il avait une opinion sur tout et l’affirmait fort, il était direct, il était honnête. Il est entré en politique et il a changé immédiatement. Il a suivi la ligne du parti et il est devenu comme les autres avec un discours censuré. A un moment il a laissé la politique et est revenu comme journaliste. Et là, miracle, il est redevenu comme avant ! Pourquoi qu’un Homme qui entre en politique perd aussitôt tous ses moyens.

 

IG: Pourrait-on en déduire que la politique perverti l’Homme ?

 

MB : C’est pire que cela, la politique déshumanise la personne, ce n’est plus un humain, mais une machine qui ne pense plus. C’est pour cela que je crois plus à la politique. C’est rendu à un tel point critique, que je pense que la politique est mise la pour écraser les gens, pour les taxer. Il n’y a plus d’humanité là-dedans.

 

MB : Pourtant tout à l’heure, vous citiez M. Maka Kotto comme référence en matière de député. Comment alors faire le distinguo ?

 

MB : A l’écouter parler, on dirait que lui ne s’est pas laissé happer par la machine. Je ne sais pas pourquoi, mais j’espère qu’il y en a d’autres comme lui.

 

IG: Vous souhaiteriez que M. Maka Kotto puisse faire école dans les rangs de son parti ?

 

MB : Définitivement. J’espère que M. Maka Kotto fera venir des émules de son comportement en politique. La politique d’un pays, c’est le rouage le plus important et quand ce rouage est enrayé, la politique perd tout son sens. De ce fait, le Québec ne progresse plus, il régresse.

 

IG: Le mot de la fin ?

 

MB : Il semblerait  qu’on ait  les politiciens que l’on mérite, j’ose espérer que ce n’est pas tout à fait vrai !  

 

 

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