"MARTINEAU DRESSE-T-IL LE PRIVÉ CONTRE LE PUBLIC?"

 

L'ENTENTE TRIVIALE

 

 

 

Isidore Grao riposte à Richard Martineau

 

Par Isidore Grao


Nice, le dimanche 4 juillet 2010

 

 

 

En réponse à l’article de M. Richard Martineau, dans le Journal de Montréal du 28 juin 2010

 

«Bravo» pour votre chronique, tant sur la forme que sur le fond dans laquelle vous dénonciez une fois de plus les privilèges de ces nantis de fonctionnaires Québécois, qui vont recevoir une hausse de salaire de 7 à 10,5% sur cinq ans.

 

Nul ne doute que votre chronique obtiendra le succès mérité car vous savez, fort à propos, flatter  les bas instincts d’un certain public.

 

Et pour cela, vous ne vous embarrassez des procédures employées !

 

D’abord sur le forme, j’ai beaucoup aimé le langage châtié de votre argumentation, surtout quand vous faites allusion à, je vous cite : «Les employés du secteur public tiennent le gouvernement par les schnolles». Je ne connaissais pas ce terme, mais en même temps, vous me rassurez parce qu’une partie actuelle du gouvernement est du sexe féminin donc épargnée par votre supplice. Merci pour elles !

 

Question d'élastique….

 

Plus loin :

 

«Ils ont décidé de ne pas tirer trop fort sur l’élastique, de peur que qu’il ne leur pète en pleine face».

«Oui, mais certaines personnes peuvent penser qu’on nous a donné un coup de pied dans le cul».

Encore ! Mais la force de vos argumentations résident «en dessous de la ceinture» !

C’est dire le niveau intellectuel de votre démonstration.

 

Puis sur le fond :


«Cela dit, pour les employés du privé qui n’ont ni hausse du salaire, ni sécurité de l’emploi, la pilule, même si elle est moins amère, et moins grosse que ce qu’on nous avait annoncé, reste quand même difficile à avaler…


Pourquoi eux et pas nous ? Pourquoi devrait-on piger nos poches pour payer leur augmentation et leurs privilèges»…

 

Que cherchez-vous là, à dresser le privé contre le public?

 

C’est ainsi que vous concevez votre rôle de journaliste ?

Un constat immédiat c’est que du coté politique vous ne devez pas être un sympathisant de la Souveraineté !

L'heure est à l'union de tous

Parce qu’à un moment où l’on parle de plus en plus d’un nouveau référendum, l’heure est à  l’union de tous les Québécois.


Je ne vous ferais pas l’injure de vous rappeler que les fonctionnaires, ces nantis, ces privilégiés :

 

-       Participent aussi au paiement de l’impôt. Donc il est faux de faire allusion  à «nos poches !» en référence au privé;

 

-       Ont pour mission, le Service public, donc au service du public et non comme le privé au service de la finance et de ses amis ! Il est vrai que pour quelqu’un qui voit SON intérêt particulier, Son égoïsme particulier, la notion de solidarité dépassant  certains esprits, devient difficile à être appréhendée;

 

-       Ne sont les seuls à percevoir des augmentations de salaires. Pour le secteur privé ces augmentations de salaires sont répercutées dans les ventes des produits et services. Mais ils ne sont pas mis en exergue d’autant qu’ils sont incolores, inodores et sans saveur pour le consommateur qui finalement l’aura assurées.

 

Constatent que les salaires avantagent davantage le privé que le public. Prenez un simple exemple, celui des infirmières. Qu’elles appartiennent à l’un ou l’autre des secteurs, elles ont reçu la même formation, ont fait les mêmes études

 

Et la solidarité dans tout cela ?

La seule chose qui change c’est la qualité du malade, dans un cas le malade sera un simple Québécois, dans le second parce qu’il peut payer des services supplémentaires de confort, il aura droit, en plus, à tout le respect du corps médical. Donc il faut constater que du vivant, le riche a droit à un meilleur traitement ! Et la solidarité dans tout cela ?

 

Heureusement que tous les humains deviennent égaux le jour de leur décès !

 

Fuite des infirmières du secteur public

 

-       Et on arrive à ce qui se passe actuellement au Québec, c’est la fuite des infirmières du secteur public. Et M. Charest qui est obligé d’aller négocier, récemment, avec la France des accords sur la mobilité de ce corps de travail. Voilà où mènent des considérations de mépris.

 

Ce qui est arrivé à 300 fonctionnaires


Quant à la garantie de l’emploi au Québec des fonctionnaires. De grâce, permettez-moi d’en sourire. Car vous n’ignorez pas, et pour cause, ce qui est arrivé à 300 fonctionnaires transférés du fédéral au Québec, au Ministère de L’emploi et (sic !) de la Solidarité sociale,  le 1 er avril 1998 et ce dans le cadre de l’Entente de principe Canada-Québec sur l’emploi.

Le choix: la rétrogradation ou la porte!

Alors que l’Entente prévoyait un transfert à équivalence de fonction et de rémunération, ces 300 personnes eurent le choix entre l’acceptation d’une rétrogradation pour avoir l’honneur de travailler au Québec ou la porte !!

 

Alors ne me parlez-pas de la garantie de l’Emploi.

 

Je crois Monsieur que la provocation est une arme dangereuse qui, quelquefois, finit par se retourner contre son auteur !

 

Voici le texte intégral de Richard Martineau :

Chroniqueur du Journal de Montréal (350,000 exemplaires), le plus répandu des quotidiens québécois.

Parution: le lundi 28 juin 2010.


L'entente

Richard Martineau
28/06/2010 07h15  

Description: http://www.canoe.com/images/e-journaldemontreal.gif

 

Ainsi, au lieu d'avoir une hausse salariale de 11,25 % sur trois ans, le front commun des syndicats du

secteur public a accepté une hausse de 7 % à 10,5 % sur cinq ans.

Ça peut paraître beaucoup lorsqu'on regarde l'État de nos finances publiques, mais c'est moins que ce qu'exigeaient les dirigeants du Front commun.

Visiblement, ceux-ci ont mis de l'eau dans leur vinaigre. Ils savaient qu'ils n'avaient pas l'appui de la population et ils ont décidé de ne pas tirer trop fort sur l'élastique, de peur qu'il ne leur pète en pleine face.

Cela dit, pour les employés du privé qui n'ont ni hausse salariale ni sécurité d'emploi, la pilule, même si elle est moins amère et moins grosse que ce qu'on nous avait annoncé, reste quand même difficile à avaler

«Pourquoi eux et pas nous ? Pourquoi devrait-on piger dans NOS poches pour payer LEUR augmentation et LEURS privilèges ?»

Pourquoi ?

La réponse est simple : parce que les employés du secteur public tiennent le gouvernement par les schnolles.

Une grève dans le secteur privé, ça ne fait pas mal à grand monde. Mais une grève dans le secteur public, ça risque de paralyser l'État au grand complet C'est la différence entre menacer un gars avec un balai et menacer un gars avec une hache C'est plate, mais c'est ça : dans la vie, plus tu fais peur, plus tu risques de faire mal et plus on va t'écouter.

Cela dit, 10,5 % sur cinq ans, c'est quand même moins coûteux pour l'État que 11,25 % sur trois ans.

Vous me direz : «C'est normal. Dans toute négociation, tu demandes la lune pour recevoir une roche.»

Oui, c'est vrai. Reste que ça aurait pu nous coûter beaucoup plus cher et que le conflit aurait pu durer beaucoup plus longtemps.

«Always look at the bright side of life», chantaient les Monthy Python dans Life of Brian. Est-ce parce que c'est l'été ? Toujours est-il que j'ai tendance à voir le verre à demi plein plutôt qu'à demi vide.

Oui, certaines personnes peuvent penser qu'on nous a donné un coup de pied dans le cul. Mais c'est quand même mieux que de recevoir un coup de poing dans la face...


 «Il faut choisir ses batailles.»

C'est ce que je dis toujours à mes enfants: livrez seulement les combats que vous pouvez gagner.

C'est ce que se sont vraisemblablement dit les bonzes du Front commun : une hausse de 11,25% sur trois ans, c'est bien beau, mais on ne l'aura jamais, pas dans le contexte actuel.

Vaut mieux accepter l'offre que le gouvernement nous présente.

Après tout, un tiens vaut mieux que deux tu-ne-l'auras-jamais...

Parfois, il vaut mieux rentrer au bureau la tête un petit peu penchée plutôt que de faire du piquetage le dos bien droit, mais les poches vides.

Un peu de réalisme n'a jamais fait de tort à personne.

En attendant...

Reste qu'un jour, il faudra bien prendre le taureau par les cornes et s'attaquer une bonne fois pour toutes au problème de la taille de l'État québécois et de la sécurité d'emploi dans la fonction publique.

Mais quel gouvernement aura le courage de le faire ?

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Visitez le blogue de Richard Martineau: martineau.blogue.canoe.ca

 

 

REVUE DE PRESSE, MONTRÉAL, QUÉBEC

Publié le 2 juillet 2010 à 11h20 | Mis à jour le 3 juillet 2010 à 9h22

 

Les infirmières accusent Québec de favoriser le privé

par Charles CÔTÉ,
La Presse, Montréal,
(175,000 exemplaires)

Rien ne va plus dans les négociations entre le gouvernement Charest et la Fédération interprofessionnelle de la santé du Québec (FIQ), qui représente la plupart des infirmières du secteur public.

En conférence de presse, hier matin, la présidente de la FIQ, Régine Laurent, et la vice-présidente, Michèle Boisclair, ont toutes deux accusé le gouvernement de favoriser ses «amis dans le privé» parce qu'il refuse de prendre des mesures pour limiter le recours aux agences privées de services infirmiers dans les hôpitaux. «Pourquoi est-ce que le gouvernement est prêt à payer 100$ l'heure pour une infirmière d'agence alors que celles du public gagnent 30$ l'heure?» a demandé Mme Boisclair.

«Moi, je dis d'emblée que je n'ai pas d'amis dans le privé, dit Mme Laurent. On se bat pour que les gens se fassent soigner au Québec et, pour ça, il faut des conditions de travail pour attirer les jeunes et garder encore quelques années celles qui ont mon âge. On n'a pas le choix.»

Au lieu de cela, affirme Mme Laurent, le gouvernement veut maintenir les heures supplémentaires obligatoires et les doubles quarts de travail de 16 heures, et il refuse d'augmenter le nombre de postes permanents.

La FIQ affirme qu'elle a présenté une nouvelle proposition sur le temps de travail lors de son retour à la table, pour ne pas se voir imposer le règlement accepté par les autres employés de l'État vendredi dernier.

«En pleine pénurie de personnel, on refuse la création de postes, même à sept jours aux deux semaines», déplore Mme Laurent.

Sur la question des horaires, la FIQ demande à Québec d'offrir des postes à temps partiel de sept jours de travail par deux semaines aux infirmières qui n'en ont pas, ce que le gouvernement refuse par crainte de diminuer la flexibilité du réseau et ainsi d'accroître la pénurie d'infirmières.

Selon la FIQ, 60% des infirmières ont la permanence seulement pour un poste à temps partiel. Pour obtenir un temps plein, elles acceptent des quarts de travail au gré des besoins.

Le syndicat déplore aussi que, dans la proposition du gouvernement, l'amélioration des primes pour le travail aux «soins critiques» soit assortie d'une disponibilité permanente. «C'est quasiment une détention», dit Mme Laurent.

Le gouvernement se dit prêt

Le gouvernement a pour sa part déploré la rupture des négociations et a assuré qu'il était prêt à reprendre les pourparlers.

En point de presse à Sherbrooke, la présidente du Conseil du Trésor, Monique Gagnon-Tremblay, et le ministre de la Santé, Yves Bolduc, ont reconnu que l'accord conclu avec la CSQ et la CSN devait servir de «base» dans les négociations avec la FIQ.

«On est prêts à faire différents aménagements avec la FIQ, mais il faut que ça demeure dans le domaine du raisonnable», a déclaré M. Bolduc.

«Ce que la FIQ nous proposait, c'était vraiment une réduction en termes d'heures de travail qui nous amenait une pénurie supplémentaire de quelques milliers d'infirmières», a martelé le ministre Bolduc.

Malgré tout, Mme Gagnon-Tremblay a assuré que le gouvernement et la FIQ s'entendaient «sur les grands principes».

Les négociations entre les deux parties avaient repris mercredi, mais elles n'ont duré que quelques heures. Le gouvernement a dit avoir appris par les médias la décision de la FIQ de ne pas poursuivre les pourparlers.

Les ministres ont dit croire que la FIQ voulait attendre à l'automne pour reprendre les négociations, un choix qu'ils entendent respecter. De son côté, la FIQ a indiqué qu'elle ne s'était fixé aucun échéancier.

Entre-temps, les membres de la FIQ continueront à exercer des moyens de pression, notamment le port de t-shirts noirs le mercredi. «Mais dans tout ce qu'on fait, soyez assurés que jamais, jamais la population ne sera touchée», a promis Régine Laurent.

La FIQ, qui représente 56 000 infirmières, infirmières auxiliaires et inhalothérapeutes, est le seul syndicat à ne pas avoir conclu d'entente sectorielle avec le gouvernement. Elle fait toutefois partie du règlement global sur les questions financières, notamment les salaires, les retraites et les droits parentaux.

- Avec la PC

 

 

 

 

 

 

 

 




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