FAIRE CONNAITRE LA CULTURE  RUSSE

Devise de

«LA  MAISON  DE  RUSSIE» à  NICE

 

Description: iLovePeres:Documents:LaVoixDeCartier Site web:new site:Page 2:Articles & photos:2010-06-23 Interview Mme Helene Metlov La Maison de Russie a Nice Photo 3.jpg

 

Isidore Grao le 23-06-10

 

Un après-midi de Juin, en déambulant tranquillement sur l’avenue Cyrille-Besset, je fus arrêté par une belle affiche représentant, ce que je croyais être l’Eglise Russe de Nice. Mais non ce n’est pas celle de Nice, me confiait alors une dame qui se présentait sur le pas de la porte. Et le premier contact était ainsi créé ! En fait, je m’étais arrêté devant la Maison de Russie et la dame qui me parlait était la Présidente de la Maison de Russie. Comme je voulais en savoir plus, je proposais alors une interview !

 

IG : Bonjour Madame Metlov, je crois que vous êtes la Présidente de l’association « Perspective Internationale-Maison de la Russie à Nice ». Pouvez-vous nous parler de la création de cette association ?

 

 R : Tout simplement parce que c’est moi qui ait fondé cette association, loi de 1901. Dans un premier temps, c’était mon mari qui occupait les fonctions de Président puisque j’étais déjà membre fondateur. Mais comme mon mari était de par ses fonctions, souvent absent de Nice, j’ai donc dû me résoudre à cumuler les 2 fonctions. Mais il se pourrait que les choses changent à notre prochaine assemblée Générale

 

IG : Si vous permettez la curiosité, où réside votre époux, car vous avez du remarquer déjà, dans la précédente interview accordée à la Chanteuse ELANA, que  j’aimais bien faire connaître le lieu géographique de résidence de mes interlocuteurs et pouvoir dépeindre ainsi une certaine atmosphère.

 

R : A Moscou, dans le centre de la Russie. Mon mari est né à Toula, à 200 km environ, au sud de Moscou. C’est une ville très célèbre pour ses usines de fabrication d’armement et de samovar (N.B= bouilloire à robinet destinée à fournir l’eau chaude pour le thé). Il est originaire d’une petite ville très proche de la propriété de l’écrivain Tolstoï. Il a un parcours professionnel particulier : tout d’abord, il est entré comme technicien dans une usine puis il s’est inscrit à l’université. Il est maintenant Docteur en philosophie. Il a été pendant de nombreuses années directeur de philosophie dans une université de chimie. Actuellement il travaille toujours dans cette université, mais a quitté son poste de directeur puisqu’il devrait être à la retraite. Mais comme tous les professeurs Russes, il a du mal à s’arrêter de travailler !

 

IG : Il a donc du écrire des ouvrages ?

 

R : Oui et si vous allez sur internet, en indiquant « METLOV » tous ses ouvrages apparaitront !

 

IG : Bien, et si nous parlions de vous, maintenant ?

 

R : Moi, je suis née à Nice. J’ai passé ma première enfance à Paris, chez mes grands-parents avec maman. Puis nous sommes venus nous installer à Nice où j’ai grandi baignée par une atmosphère musicale .Toute ma famille c'est-à-dire la lignée maternelle était dans la musique, c’étaient tous des musiciens professionnels. J’avais donc le conservatoire de musique à la maison. Je crois même que j’ai dû apprendre la musique avant de naître. Mais mes parents m’ont toujours déconseillé d’en faire ma profession. D’ailleurs quand j’ai vu combien ils se démenaient pour subsister, j’ai vite compris qu’il fallait qu’il y ait quelqu’un d’autre qui fasse autre chose. Et ce fut moi. J’avais quatre ans quand je décidais d’être professeur. Et je suis devenue ce que j’avais  voulu, jeune, c’est-à-dire, être professeur de Russe.

 

IG : Avez-vous fait votre scolarité secondaire à Nice ?

 

R : Oui, j’ai fréquenté le lycée Calmette. Plus tard j’y ai travaillé comme professeur de russe. Ensuite je suis partie à Aix en Provence pour faire ma licence de Russe car à Nice il n’existait pas de telle possibilité. J’ai ensuite passé les concours : CAPES, Agrégation, que j’ai réussis. Dans le cadre des échanges culturels, j’ai fait une année de stage à Saint Petersburg, qui s’appelait à l’époque Leningrad. J’y ai fait de tels progrès que lorsque je rencontrais des Français ; ceux-ci étaient très étonnés de la pureté de mon Français.

 

IG : Donc une fois l’année de stage achevée, vous êtes revenue en France ?

 

R : Oui je suis revenue à Paris où après avoir passé mon agrégation, j’ai été nommée au lycée de Blois (N.B : Dép. du Loir et Cher) où j’y suis restée un an (1990/1991). J’y ai adoré cette région : le climat (la douceur angevine), ses célèbres châteaux.

L’année suivante, j’ai été engagée à l’Université de Lyon où j’ai continué d’enseigner le russe. A nouveau, l’année suivante on a ouvert une section de russe à Nice. Je suis donc revenue à Nice où j’ai enseigné pendant 2 ans. J’y ai rencontré mon futur mari. En 1974, je suis partie le retrouver en Russie, et le temps de régulariser nos situations, nous nous sommes mariés en 1977. A l’époque il habitait une ville interdite aux

étrangers, Gorki (aujourd’hui : Nijni-Novgorod). Ensuite je suis restée 21 ans à Moscou, j’y ai travaillé tantôt à l’université de Moscou au titre des échanges culturels et où j’enseignais le français comme langue étrangère aux étudiants et aux professeurs, puis à l’institut de langues étrangères  Maurice Thorez et enfin au lycée français près de  l’Ambassade de France à Moscou. Les 3 dernières années je n’enseignais plus le français car les Russes considéraient que faire enseigner par un professeur agrégé, cela coutait trop cher.

J’ai travaillé pendant 2 ans ensuite au bureau de la Société ELF, première compagnie pétrolière à l’époque. Je n’ai jamais très bien compris les raisons de mon engagement par cette société sinon que l’on me répondait toujours que j’assurais  « le pont culturel ».

Mais le travail en entreprise ne m’intéressait pas trop. Une fois la période de découverte du nouveau milieu achevée, je suis partie. A mon départ, ils ont engagé 4 personnes pour me remplacer. Il faut reconnaître que je touchais un salaire 4 fois supérieur à ceux des russes engagés sur place. Mais il faut peut-être aussi reconnaître que je faisais le travail de 4 personnes

 

IG : Pour bien situer l’époque, pour nous occidentaux, quels étaient à l’époque les « Présidents » de l’URSS ?

 

R : C’était la fin de l’époque de Brejnev, Gorbatchev, Eltsine, et donc de l’URSS. J’ai vécu la majorité du temps sous l’ère de Brejnev.

 

IG : Quelles étaient alors les conditions de vie des Russes ?

 

Mais de ceci nous en parlerons dans les prochaines chroniques à paraitre !

 

IG : Revenons à la Maison de Russie, qu’est-ce qui vous a poussé à la créer ?

 

R : Depuis toujours et depuis que je me suis intéressée à la Russie, j’ai toujours regretté qu’en France on connaisse si mal son histoire et sa culture, d’autant plus que les deux sont à la fois très proches et très différentes, ce qui fait leur intérêt. Et cette volonté de faire connaître cette culture Russe m’a toujours passionnée. En tant qu’enseignante de Russe aussi bien en université qu’au Lycée, j’ai toujours voulu présenter cette culture russe. A l’époque j’étais membre de l’association France-Russie et c’était le seul moyen de partir avec eux en Russie. J’ai vécu en Russie 21 ans, de 1974 à 1995. Puis l’association France-Russie s’est mise à battre de l’aile et il me fallait intervenir. Avec quelques amis, j’ai créé cette association qui s’appelle ; » Perspectives internationales –Maison de la Russie à Nice ». Très vite, nous avons eu beaucoup d’activités : la chorale, les cours de Russe, les échanges des élèves  puisqu’à l’époque je travaillais encore au Lycée.

 

IG : Donc les échanges scolaires étaient autorisés ! Existe-t-il un Ministère de la Culture en Russie ?

 

R : Les échanges scolaires étaient permis. C’est un des avantages de la nouvelle Russie. On peut avoir des échanges beaucoup plus facilement qu’avant ! Depuis longtemps je pense que nous avons besoin d’un centre culturel russe à Nice comme il en existe à Paris !

IG : Existe-t-il, à votre avis, une diaspora russe à Nice ?

 

R : En fait il existe plusieurs diasporas à Nice. Il existe de plus en plus de petits corpuscules mais qui s’ignorent les uns des autres .Ils vont tous à l’église russe, mais ils se côtoient sans trop communiquer. En fait depuis 1856, il existe une forte implantation russe à Nice. Historiquement depuis le Traité de Paris en 1856 à la suite de la guerre de Crimée, lorsque les Français et les Anglais, alliés dans cette guerre ont interdit à la Russie d’avoir une flotte dans la Mer Noire .Les Russes alors cherchent un autre point d’escale en méditerranée pour pouvoir s’approvisionner. En méditerranée, il y a le Comte de Savoie (plus exactement, le Duc de Savoie) et son comté de Nice. Ce dernier proche des Italiens n’a qu’une seule idée, celle d’embarrasser les Français et les Anglais ! (à ce sujet, lire la précédente chronique du JQP : Histoire Nizza la Bella-Nice La Belle, 1810/2010 : Nice fête son rattachement à la France). Le Duc de Savoie accueille donc la flotte russe à Nice et leur donne une concession dans la baie de Villefranche/mer (ville limitrophe de Nice).

 

IG : Vous dîtes que la Mer Noire était interdite aux Russes ?

 

R : Plus exactement ce que voulaient les Anglais c’est ne plus avoir de flotte russe dans le détroit des Dardanelles Les Anglais se sont mis d’accord avec les Turcs pour interdire tout passage de la flotte russe. C’est donc la conséquence du traité de paris qui stipule dans un de ses articles l’interdiction à la flotte russe de faire escale et de s’approvisionner dans le Detroit ! C’est donc à cette époque qu’a commencé l’arrivée des Russes à Nice. Puis L’Impératrice Russe a beaucoup gouté le climat agréable de la Cote d’Azur.

Historiquement on a un patrimoine Russe dans la région : cimetières, églises, villas, écrits, etc.

Donc l’idée de créer un centre culturel à Nice m’a toujours préoccupé, c’est ce qui nous a amené à créer en 2003, la Maison de la Russie qui devait devenir ce centre , mais pour l’instant en tant qu’association  loi de 1901, nous n’avons pas trouvé les ressources financières qui nous permettraient de tenir ce rôle  de centre culturel , et social, d’accueil et d’intégration ,etc.

 

IG : Est-ce que le consulat de Russie ne pourrait pas vous aider financièrement ?

 

R : Le consulat russe n’a pas de finances pour cela !

 

IG : Et le Ministère Français de la culture ?

 

R : Nice est loin de Paris. Pour le moment la Maison de Russie existe, on essaie de tenir ce rôle de mémoire. On va certainement créer prochainement un second colloque après celui de 2009, dénommé «  itinéraire russe sur la côte d’azur «  et qui sera appelé à se développer dans les prochaines années. On va beaucoup travailler dans cette direction avec l’université de Sophia-Antipolis

Nous avons une seconde branche de développement qui est celle de l’apprentissage de la langue Russe à Nice. Celle-ci est en train de disparaitre totalement des lycées, alors que des besoins  de ces personnes parlant le russe, se  font de plus en plus ressentir à Nice, étant donné l’afflux des touristes. Finalement nous avons réussi cette année  à nous développer, dans le cadre aussi de notre collaboration avec l’Université de Nice et grâce à son unité de coopération avec les pays de l’Est, qui est un laboratoire d’étude à la faculté d’économie de Nice

 

IG: Avez-vous un correspondant dans cette université ?

R : Oui, il s’agit de M. Guichard, directeur du laboratoire d’étude. C’est grâce à son équipe que nous avons pu  installer à Nice, le premier centre de certification de russe qui fonctionnera au mois de juillet de cette année.

Dans le prolongement de nos activités, nous donnons aussi beaucoup de cours d’enseignement de la langue russe, en mettant en place des cours réservés aux enfants tant francophones que russophones étant donné le nombre de famille installées maintenant à Nice. Les Russes s’intègrent très vite et facilement à la vie française, mais continuent à souhaiter que leurs enfants puissent conserver le souvenir de leur culture et de leur langue ! Donc à ce titre il y a là une culture double.

 

IG : Il s’agit d’une population très discrète.

 

R : Oui car ils ne cherchent pas à se distinguer des autres communautés tout en conservant leur particularisme. Ce qui est intéressant, ce n’est pas trop l’accès à la langue, mais plus à la culture, la partie cachée de l’iceberg sous la langue, et le fait de mieux connaitre la langue permet une meilleure connaissance de son histoire, et de là à mieux se connaître. C’est aussi pourquoi nous faisons d’autres manifestations pour montrer combien la culture russe est riche et intéressante. Et nous avons, peut-être, nous Français à jouer le même rôle qu’ont joué par le passé les russes à l’égard de la langue française, c'est-à-dire l’héritage, la continuité qui a été transformée et peut être aussi que cela permettra de transformer cet héritage commun pour en faire don aux générations futures.

 

IG : Mettez-vous en place des voyages en Russie ?

 

R : Je l’ai fait il y a quelques années, mais cela prend trop de temps. Je peux aider, conseiller sur les voyages, mais on préfère envoyer les personnes intéressées vers des agences de voyage spécialisées.

 

IG : Association loi de 1901, combien avez-vous d’adhérents à ce jour ?

 

R : Une centaine d’adhérents, mais par ailleurs nous avons beaucoup de sympathisants qui ne sont pas adhérents

 

IG : Depuis combien de temps louez-vous ce local ?

 

R : On loue fort cher ce local, et ce depuis septembre 2008

 

IGEt comment comptez-vous maintenant, continuer à vous développer ?

 

R ; En continuant à travailler, il n’y a pas d’autres solutions.

 

IG : Faites-vous appel à l’aide du consulat de Russie ?

 

R : Ici, on n’a pas de consulat pour se faire connaitre. J’ai par contre énormément de contacts en Russie. Il faut remarquer que néanmoins nous avons besoin de l’aide du Consulat russe pour nous ouvrir davantage vers les autorités françaises ! Par exemple, si le Consul Général de Russie assiste à une de nos manifestations, on est certain de bénéficier de la présence des autorités françaises. Les représentants Russes assistent à la grande majorité de nos manifestations et cela nous aide beaucoup.

 

IG : Et s’agissant des manifestations d’ELANA qui est venue récemment se produire chez vous, comment pensez-vous les poursuivre ? Vous avez indiqué qu’elle était susceptible de revenir sur Nice à l’automne (N.B : lire à ce sujet une précédente chronique du JQP, intitulée « Citoyenne d’honneur de Montmartre, ELANA, la chanteuse frappée par la grâce artistique !)

R : Tout dépend de Paris où elle doit être invitée .Pour l’instant ; la date n’est pas encore arrêtée ! Quand Paris l’aura fait, nous pourrons alors commencer à organiser sa venue. Normalement si tout se passe bien, ELANA sera à Nice avec ses chansons, ses poèmes, et ses tableaux seront exposés dans un musée, peut-être dans le second semestre 2010.

 

Description: iLovePeres:Documents:LaVoixDeCartier Site web:new site:Page 2:Articles & photos:2010-06-23 Interview Mme Helene Metlov La Maison de Russie a Nice Photo 2.jpg

 

Description: iLovePeres:Documents:LaVoixDeCartier Site web:new site:Page 2:Articles & photos:2010-06-23 Interview Mme Helene Metlov La Maison de Russie a Nice Photo 1.jpg




______________________________

Écrivez-nous: Questions, suggestions, commentaires? journal@lavoixdecartier.com
______________________________
Isidore Grao, La Voix De Cartier ©2011 Tous droits réservés.
Le contenu du site web (« le site web et le journal »), incluant les textes, les graphiques et le code source (« le matériel »), est protégé par des lois Française et étrangères sur le droit d'auteur et la propriété intellectuelle.