REQUIEM  POUR  LE  DERNIER  SOUVERAINISTE  QUEBECOIS

 

Description: i Love Peres:Users:iLovePeres:Desktop:2015-06-27:2015-06-27 Article Requiem pour le dernier souverainiste Photo Jacques Parizeau.jpg

 

Jacques Parizeau

 

 

 

Isidore Grao

Le 27 juin 2015

www.lavoixdecartier.com

 

 

 

 

C’est avec infiniment de respect et le cœur un peu serré que je m’adresse à vous, Monsieur Jacques Parizeau,

pardonnez ma hardiesse, même si je sais que ma lettre ne recevra jamais de réponse !

 

Je ne vous connaissais pas personnellement. O pardon, oui ! Nous avons échangé un jour une courte conversation téléphonique en novembre 2010 alors que petit français j’avais le culot de vous solliciter une interview ! Votre réponse fut brève mais concise : un non tonitruant de votre part. Je n’eus pas le temps de vous exposer le thème de notre échange que déjà vous aviez pris votre décision. A ce titre je peux dire que j’ai entendu le son puissant de votre voix. Car il est vrai qu’avec votre caractère bien trempé vous ne pouviez pas me répondre autrement !

 

Récemment, Vous êtes parti pour un dernier voyage ; laissant dans la tristesse et la peine tous ceux qui malgré ce tempérament caractériel, nourrissaient pour vous une vraie affection. Car vous aussi vous avez dû en avaler des couleuvres comme tous les fonctionnaires  qui ont souffert sous les tripatouillages de la fameuse « ENTENTE DE PRINCIPE SUR LE MARCHE DU TRAVAIL » signées entre le Fédéral et le Québec. Cette Entente qui promettait à tous les fonctionnaires en poste au fédéral de retrouver après leur transfert dans les mêmes fonctions,  au Québec, les mêmes situations administratives. Celle qui a reçu les signatures des plus hauts politiciens tant du Fédéral que du Québec, et qui avec l’aide de certains syndicats et du Conseil du Trésor, les simulacres d’un certain Comité paritaire ne fut  finalement appliqué qu’à 72 %  des intéressés ! Chiffre officiellement déclaré car nous ignorons les cas traités en catimini ! Et que devinrent les  autres 28 % ? Etaient-ils des gens de rien pour être traités de la sorte ? Non, ils étaient de simples petits fonctionnaires !

 

Mais je sais Monsieur Parizeau que cette injustice vous avait affecté personnellement, puisque vous avez déclaré au journaliste (qui lui avait eu la chance de vous interviewer) lors de la publication de votre ouvrage chez l’éditeur Michel Brulé « La Souveraineté du Québec, hier, aujourd’hui et demain » à la question de savoir si par inadvertance vous n’auriez pas commis quelques erreurs dans votre carrière politique, vous avez  répondu ? (Selon le media en question).

 

La réponse fut « Oui j’ai commis des erreurs dont celle  de promettre aux transférés du Fédéral, une job équivalente au Québec ! » faisant mentir quelques jours plus tard Mme Monique Jérôme Forget, ministre au Conseil du Trésor à Québec, qui dans les réseaux sociaux déclarait « Depuis quand mentir en politique est interdit ! »  Et on dit que la Vérité sort de la bouche des enfants !

 

Autre personne, autre vertu. Autre Parti politique, autre mensonge !

 

Faudrait-il en déduire que la politique n’est constitué que de mensonges !  Et l’on s’étonnera ensuite du peu de crédibilité dont jouissent les politiciens québécois ! (Au cas particulier !)

Malheureusement, M. Parizeau aujourd’hui vous ne pouvez plus nous dire quelle était cette erreur vous aviez commise ? On la devine pourtant. Mais l’intention et surtout l’honnêteté  de votre part, choses rarissimes pour la catégorie de la caste  que vous représentez, étaient présentes.

 

Certes nous n’avons pas eu  raison dans vos décisions ! Mais  cela ne nous empêchent pas de constater que  vous aurez au moins creusé dans ce Québec un sillon d’intelligence que beaucoup voudraient vous imiter :

 

- Vous Avez participé à la nationalisation de l’électricité

- Vous êtes intervenu fortement dans la création de la Régie des Rentes du Québec

- Vous avez créé la Caisse des Dépôts  et placements

- Vous avez pratiquement fait émerger le capitalisme québécois francophone

- Vous avez permis la création du Fonds de solidarité de la FTQ

 

Pendant la récession économique du début des années 1980 vous avez guidé le pays mal en point à ce moment-là, hésitant pas à imposer des réductions de salaires temporaires aux employés (encore ! mais c’est une habitude au Québec : les fonctionnaires sont des mal aimés par les citoyens et sont pour les politiciens une variable d’ajustement. A ce moment-là ils ne sont plus des êtres humains mais des choses que l’on peut manipuler à dessein, selon les nécessités. Cela fait partie du Monopoli dont adorent jouer les mandarins, car eux passent mais les ministres trépassent !

 

Puis quand vous avez compris que la puissance économique du Québec intégré au Canada de par sa singularité, de la langue, de ses mœurs ne pouvaient que décliner et que seule la Souveraineté de votre pays pourrait lui rendre la prospérité, vous vous êtes déclaré Souverainiste. C’était pour des raisons économiques et non de petites arguties politiques que vous recherchez cette indépendance.

 
Quand on sait toutes les vicissitudes que vous avez vécues. IL y a des gens ainsi ! Rien ne leur est facile. On est allé jusqu’à vous voler le résultat de votre référendum sur la Souveraineté en 1995. Fallait-il que vous fassiez peur à la partie adverse. Aux Mandarins, aux lobbies financiers (qui pourtant sont choyés au Québec puisque comparativement avec la France ils paient très peu d’impôt sur leur bénéfice. C’est le système libéral dans tout l’acception du terme  (tant au figuré qu’au naturel !) Qu’importe, à l’époque tout le monde s’était ligué contre vous (fallait-il alors faire montre de pugnacité !) comme larrons en foire : préconisant qu’il fallait mieux avoir un budget en équilibre que de respecter l’existence et les moyens de survivre de quelques 300 fonctionnaires ex-fédéraux qui  eux n’avaient rien demandé mais qui ont tout obtenu (même la misère en supplément), ce n’était pas grave puisqu’il ne s’agissait que des fonctionnaires !).  Et moi dans mon utopie, je croyais que démocratie et service public allaient de pairs ; J’ai dû me tromper quelque part. A tous ceux que cela intéresserait et bien que les évènements aient plus de 10 ans de distance je leur conseillerais de lire ou de relire les différents articles parus sur le blogue « www.lavoixdecartier.com », pour connaître les méandres de cette saga, connaître une grande partie des  turpitudes commises et révélées par des politiciens et surtout des mandarins, ou des témoignages de personnes dignes de foi, ces petits salariés après leur avoir fait des milliers de promesses, les avoir rassurés sur tous les plans, n’ont jamais compris comment on pouvait se moquer d’eux, ainsi, mettre en cause leur vie uniquement sur des idées a priori socio -économiques. C’est tellement vrai et efficaces qu’il suffit pour le constater  que d’assister aux postes frontières des Etats-Unis, pour contempler les longs rubans de voitures conduites par des Québécois allant  faire leurs achats dans le pays voisins. Le Québec est devenu la colonie des USA ! Le coût de la vie est devenu moins cher là-bas, qu’ici ! A quoi sert d’avoir les poches propres quand elles sont vides.  Je sais très bien que tous les présents écrits ne feront jamais le bonheur des lèses ou des laissés pour contre. Mais par contre, j’ai peut-être une grande satisfaction ! C’est que la folie des grandeurs a cessé au Québec. La notion de Souveraineté a diminué. Les citoyens ont fini par comprendre. Quand le Fédéral s’est aperçu qu’il ne pouvait faire confiance aux promesses du Québec, il est devenu plus prudent par la suite !)  Il fut question, il y a très peu de temps encore, sous le Gouvernement Marois, de rapatrier d’autres Services publics, mais le Fédéral informé a du bien comprendre le danger  de partager une responsabilité  avec le Québec surtout au niveau des Grands Principes. Il y a quelques temps encore on parlait de rapatrier les servies de l’Assurance chômage au Québec. Déjà les fonctionnaires concernés  commençaient à trembler et des rumeurs agressives se faisaient jours (car la confiance s’est tarie).

 

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Maintenant Monsieur Parizeau, vous qui étiez le chêne que la maladie seule a pu vaincre, et  que vous nous avez quitté, qui viendraient défendre les petits citoyens Québécois dont le pays s’appauvrit de jours en jours.

 

Récemment me promenant dans les rues de Montréal, j’ai été catastrophé de voir tant de citoyens d’un certain âge (donc peut être des retraités récents), à qui il manquait une ou deux dents  dans la bouche ! Ca n’existait pas auparavant. Mais il suffit de d’appréhender les prix des soins médicaux au Québec pour être édifié. Remplacer une dent au Québec coûte près de 4000 dollars (c’est plus de 4 fois le montant d’une retraite populaire alors qu’en France, (encore ces maudits français) cela ne coûte que 600 euros soit environ moins de 700 dollars canadiens. Et l’on s’étonne que de plus en plus de Canadiens, de Québécois, voire des Américains viennent en Europe se faire soigner ? Question de qualité de soins ? Non, que nenni, mais surtout d’organisation de santé à deux vitesses, l’une pour les riches, l’autre pour les pauvres.

 

Vous souhaitiez la Souveraineté de votre pays ! Belle utopie puisque sans l’afflux des émigrants maghrébins, la population québécoise serait en chute libre.

 

Aujourd’hui le mot Souveraineté ne veut plus rien dire  et sert souvent d’étendards publicitaires pour revenir au-devant de la scène politique. Ils n’ont rien obtenu avant, ils n’obtiendront rien non plus dans le futur ! Car le Québécois a peur du conflit. Jacques Parizeau en 1994 disait déjà «la souveraineté telle que nous la concevons est le contraire du repli sur soi. «  (Dixit Wikipédia)

 

Et pourtant que ce pays, ses paysages, ses animaux sauvages en liberté sont beaux et illuminent  le triste décor que je viens de peindre. Si mes paroles se sont un peu passionnées cela est dû surement à ma déception Qu’y a-t-il de plus beaux que de voir en forêt deux ou trois écureuils  de toutes couleurs se chamailler ou se courir l’un dernière l’autre, rencontrer un petit renardeau à l’orée d’un bois, etc.

Admirer encore tant qu’il est possible la Nature au naturel.


Nous ne sommes pas encore  arrivé au stade (mais qui sait ?) du sacrifice du petit révolutionnaire des barricades parisiennes qui disait en s’écroulant frappé par une balle tiré par ses (frères) soldats :

 

« Je suis tombé par terre, c’est la faute à Voltaire, le nez dans le ruisseau c’est la faute à Rousseau »

 

Non Monsieur Jacques Parizeau je n’ai pas eu l’honneur de vous connaître physiquement et je le regrette car vous ne m’en avez pas donné la possibilité, mais je vous ai lu énormément et même si je partageais toutes vos idées, je sais qu’au-delà de tout cela, surnageait en vous un homme de Bien ! Un homme politique crédible

mais, vous avez fait comme d’autres partis toujours à la recherche de l’Absolu, vous avez dû, en bon philosophe, que vous étiez, vous contenter du Relatif !

 

Au revoir donc, et à bientôt ! Qui Sait ?