AU SEIN DE L’AFRIQUE 

 

LE LENT REVEIL SOCIO ECONOMIQUE DU BURKINA FASO

 

 

Suite de l’interview précèdent intitulé : « Quand l’Afrique se réveillera »

 

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Père Eric Hien

 

 

Isidore Grao

Le 23 août 2014

www.lavoixdecartier.com

 

 

Interview  n° 2 du Père Eric Hien

Directeur Diocésain de l’Enseignement Catholique

Diocèse de Diebougou

Burkina Faso

Le 20 août 2014

                                                

 

 

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Carte de l’Afrique.

 

 

Liminaire :

 

Après l’excellent article intitulé « Quand l’Afrique se réveillera » nous avons voulu connaître davantage sur le mode de vie de la population du Burkina Faso. Mais nous ne pourrons pas poser toutes les questions eu égard au statut particulier du Père Eric Hien, qui en sa qualité de prêtre de l’église catholique, nous a déclaré dans le précèdent interview  « que l’église s’occupait spécifiquement du domaine spirituel, qu’elle avait des relations paisibles avec le Gouvernement, qu’elle essayait d’éclairer au travers d’analyses de faits sociaux et des avis données sur le fonctionnement de la société ».

 

Sur le constat général  socio-économique du pays :

 

Le Burkina dispose d’une grande richesse minérale dont des gisements de manganèse et d’argent, cuivre, zinc. Mais l’or semble cependant le seul minerai exploité à l’heure actuelle. Le pays vient d’ouvrir sa cinquième mine. A la fin des années 1990 des compagnies « juniors » canadiennes ont investi dans son extraction telles que : Axmin, Orezone Ressources, Golderest ressources. A noter qu’on les retrouve aussi dans des pays voisins, car le filon aurifère du Burkina Faso semble être la succession de celui du pays voisin, le Ghana.

Malgré cette richesse minière, on constate que plus du tiers de la population a des fonctions agricoles, donc relevant du secteur économique primaire avec la culture du coton surtout (2ième producteur mondial derrière l’Egypte), le sorgho, le mil, le maïs, l’arachide et le riz.

Nonobstant cela, le Burkina Faso bat des records de pauvreté, d’analphabétisation sur le plan mondial.

(Précisions du rédacteur : source, site Wikipédia : Les informations chiffrées et générales sont issues, pour la plupart de l’Institut de la Statistique du Québec élaborées en 2007).

 

A titre d’information : la monnaie officielle est le franc CFA.

 

Taux de conversion :

 

1 CFA = 0,00152 euro   et 1 euro = 655,95 CFA

 

1 CFA = 0,00217 dollar canadien  et 1 dollar canadien = 451,267 CFA

 

Une fois le « décor posé » (mais très important pour la compréhension de la suite de l’entretien), nous  entrons dans le vif du sujet.

 

 

IG : Tout d’abord, Père Eric partagez-vous l’analyse  très sommaire de présentation qui vient d’être faîte ?

 

PE : Je partage l’analyse qui vient d’être faite même si on peut la caractériser de sommaire, elle reflète bien la situation socio-économique du Burkina Faso. Je retrouve beaucoup d’éléments dont je reconnais l’authenticité.

 

IG : Il existe plus de 60 langues dans votre pays, citons quelques-unes parmi les principales : le Mooré, le San, le Fulfudé parlé par les Peuls, le dioula (cette dernière est une langue commune à plusieurs pays de l’Afrique de l’Ouest). Comment peuvent, dans ce cas, les Burkinabés communiquer entre eux ?

 

PE : La liste que vous venez d’indiquer n’est pas exhaustive mais effectivement  il existe plus de 60 dialectes. Ceci est un problème pour favoriser la communication  dans la population mais il faut reconnaître que le brassage des peuples au regard des professions, des villes assez cosmopolites, etc., fait que cette difficulté est de plus en plus levée. Par ailleurs on note diverses initiatives prises pour permettre d’apprendre le dialecte du voisin. Mais cela reste difficile pour la communication et souventes fois on est obligé de passer par la langue officielle et administrative qui est le français.

 

IG : Vous venez de faire allusion à ma 4ième question ! Quand on sait que le langage est le véhicule essentiel dans l’économie d’un pays, existe-t-il un trait d’union du langage, existe-t-il une langue officielle et administrative ?

 

PE : Oui comme je venais de le dire la langue officielle et administrative est le Français. Le Burkina Faso, (ex- République de Haute Volta) est une ancienne colonie française (jusqu’en 1960) ;  mais il faut reconnaître qu’en 1984, pendant la révolution, on a essayé de faire la promotion d’une autre langue ; plus précisément  de 3 langues qui sont le Mooré, le Dioula et le Fulfudé. Aussi au Burkina quand on parle de langue officielle il s’agit du français mais quand on parle de langues nationales on fait référence à ces 60 dialectes et spécifiquement aux trois (3) langues citées plus haut.

 

IG : Il semblerait que le parlé du français soit réservé à une certaine élite de la population. A combien estimez-vous le pourcentage de population s’exprimant en français ?

 

PE : Je ne pourrais pas donner de pourcentage précis mais peut-être se situerait-il au niveau du tiers de la population. Mais la grande majorité des habitants  parlent dans leurs villages encore leur dialecte, en essayant de s’ouvrir à d’autres dialectes car pour l’instant encore le taux d’alphabétisation reste très faible. Beaucoup d’enfants ne vont pas tous à l’école à cause des coûts générés par cet enseignement même s’il reste très bas.

 

IG : Le fait que cette multiplicité de langages existe, ne croyez-vous que ceci freine aussi le développement international du Burkina Faso?

 

PE : Je suis tout à fait d’accord avec vous, cela peut constituer un frein au développement du pays mais je ne désespère pas de l’évolution positive de ce problème. Problème aussi en interne car toutes les médias fonctionnant en français et la majorité des Burkinabé ne comprenant pas cette langue, la compréhension des informations devient très difficile et ceci peut devenir un blocage .Mais nous savons aussi que toutes nos actions actuelles, l’enseignement,  l’alphabétisation constituent des critères de développement. Le fait que les gens du Burkina Faso aient un niveau d’instruction encore faible place le pays dans les derniers pays développés mondiaux ! Donc au-delà du problème politique et économique il existe bien un problème d’éducation car encore beaucoup de burkinabé ne savent ni lire ni écrire.

 

IG : Le Burkina Faso bénéficie de beaucoup d’aides internationales, et de la présence d’ONG ; c’est donc presque une obligation  que de se faire comprendre d’autres pays, non ? Qu’en pensez-vous ?

 

PE : Effectivement, c’est devenu non seulement une nécessité socio-économique mais c’est aussi un élément fédérateur. Et de plus comme vous le dites si bien nous attendons beaucoup de l’aide et de l’assistance internationale pour pouvoir sortir le pays de la pauvreté. D’autre part en utilisant la langue officielle nous gagnons en rapidité de l’information sinon nous serions obligés, à chaque fois, de la traduire  dans une soixantaine de dialectes  pour pouvoir l’expédier dans les confins des villages, et même dans ce cas, nous ne sommes pas certain que tout le monde serait capable de la lire et de la réécrire.

 

IG : On sait par ailleurs que la Constitution du Burkina Faso s’inspire largement de celle de la France, mais qu’aussi des coutumes importantes restent encore très vivaces, c’est le cas par exemple du conseil de famille qui se réunit systématiquement chaque fois qu’un événement important vient affecter la famille. Mais comment sont constitués et fonctionnent ces conseils de famille ?

 

PE : Merci pour la question ! C’est un peu la richesse culturelle de l’Afrique : le sens de la famille de l’individu qui est partie prenante de la société.

Pour définir  leur composition, en premier lieu il s’agit du patriarche avec tous les chefs de famille et des personnes d’âges murs et assez éclairés qui se réunissent pour apprécier le fonctionnement et l’évolution de la société et de la famille d’une façon plus précise. Il s’agit par exemple d’évoquer des questions de mariages, d’alliances entre familles, de la célébration de funérailles. D’une manière générale il s’agit de réflexions qui nécessitent une étude un peu plus étendue, c’est donc une espèce de démocratie qui ne dit pas son nom. Après la discussion et l’émission des diverses opinions, le patriarche va essayer de faire la synthèse de tous les arguments exprimés et de donner une ligne directrice à tous les membres de la famille. Et tous les participants sont ensuite censés suivre les conseils prodigués.

A un niveau supérieur de la famille, celui du village, nous avons un chef traditionnel ou un chef coutumier qui rassemble autour de lui plusieurs personnes (en fait des sages issus de plusieurs familles) et ensemble ils forment une espèce de petit gouvernement de ce village ou de cette communauté. Le Moogho Naaba chez les Mossi, par exemple, est donc ce chef traditionnel. Chez nous nous avons aussi les chefs des terres, c’est celui qui veille à la distribution des terres.

 

IG : Votre déclaration m’intrigue un peu et si vous permettez, nous allons parler de mariage ! Est-ce que les femmes ont la liberté de choisir leurs maris ou le choix du mari leur est imposé par ce conseil ?

 

PE : Dans les sociétés Africaines on peut constater les deux cas. Il existe des endroits où la fille est donnée en mariage comme cela se faisait beaucoup dans le temps passé. Mais il y a d’autres endroits où la femme exprime son choix. L’avis de la future épouse compte dans la décision. Mais toutes ces valeurs et ces pratiques sont en train d’évoluer. Dans la société de Dagara que je connais assez bien , avant le mariage les jeunes gens s’observent, pour l’homme ce sera d’apprécier comment la future fiancée s’exprime dans les travaux ménagers, dans la vie de famille, dans les marchés, du commerce, etc. , et les jeunes filles elles vont apprécier le caractère travailleur et sociable, la bravoure du futur fiancé. Donc par la suite le « fiancé » va jeter son dévolu sur une jeune fille. Et là peut commencer une espèce d’amitié faite de cadeaux réciproques. Le jeune homme peut faire des dons de céréale, etc., à la demoiselle. A la saison des pluies la jeune fille avec ses camarades va aller aider aux travaux des champs du futur fiancé pour sarcler, ensemencer, etc. Cela va se poursuivre ainsi jusqu’au moment où la famille du jeune homme va aller demander la main de la jeune fille à ses parents. La famille apporte la dot  à la « future belle famille ». A ce moment se réunit le conseil de famille. Après discussions le conseil de la belle-famille demande l’avis à la jeune fille pour savoir s’il peut ou pas accepter la dot. Dans l’affirmative la dot est acceptée. Donc petit à petit la jeune fille n’est plus obligée d’accepter le futur époux qu’on veut lui imposer, c’est une évolution des mœurs qui se produit.

 

IG : Parlons donc du rôle de la femme Burkinabé. Ce rôle est très particulier et important dans le couple. L’homme s’occupe uniquement des travaux des champs et laisse à son épouse le soin de gérer le ménage  et les affaires administratives. Par contre on ne trouve pas encore ou si peu, des femmes occupant des postes de haute responsabilité. A quoi cela tient-il, à votre avis ?

 

PE : Il y a encore des endroits dans le pays où l’on ressent certaines pesanteurs  socio culturelles qui l’amène à occuper un second rôle.IL y a encore des sociétés dans lesquelles la femme n’est faite que pour le foyer, s’occuper de ses enfants. Donc dans ces endroits la scolarisation des filles est extrêmement difficile. Mais je pense qu’actuellement une prise de conscience est en train de se faire, bien que lentement, mais il ne faut pas désespérer car les choses évoluent dans le bon sens. Par exemple dans l’administration on constate une certaine égalité entre les hommes et les femmes, en imposant des quotas obligatoires. Et ceci rejaillit dans les villages où l’on est en train de se rendre compte que les jeunes filles ont les mêmes compétences que les hommes. Donc de plus en plus les parents les inscrivent à l’école. Une anecdote si vous permettez à ce sujet : récemment j’ai rencontré un père de famille qui me disait que finalement il valait mieux avoir une fille fonctionnaire ou cadre que d’avoir un garçon ! Pour quelle raison ? Tout simplement parce que le garçon en se mariant va plutôt s’occuper de sa femme et de ses enfants en oubliant ses parents mais que généralement la fille n’oublie jamais ses parents bien au contraire elle va demander à son mari de s’occuper de sa belle-famille. Ne serait-ce que pour cet intérêt particulier les parents maintenant scolarisent davantage leurs filles.

 

IG : Je rebondis sur votre dernière phrase  pour évoquer la scolarisation des jeunes filles. Il semblerait que dans les écoles la majorité des élèves soient des garçons. A votre avis est-ce que la tendance est en train d’évoluer là aussi lentement ?

 

PE : Non parce que maintenant vous pouvez trouver dans des classes un plus fort pourcentage de filles que de garçons. Pour le diocèse qui me concerne je peux vous dire que ce pourcentage garçon/fille est pratiquement de 50 %. Donc c’est très équilibré. Cela est très encourageant.

 

IG : Pour aborder la question qui vous intéresse au premier chef, de par vos fonctions de Directeur Diocésain, vous ne pouvez manquer de réagir au taux extrêmement bas d’alphabétisation. Pourtant on retrouve les mêmes strates d’étude qu’en France : avec les cours préparatoires, puis les cours élémentaires jusqu’au certificat d’étude puis le second degré avec un baccalauréat. L’enseignement supérieur possédé 4 universités publiques. Il existe aussi 3 centres universitaires qui viennent en appuis à ces 4 universités. Comment pallier ce problème d’analphabétisation ?

 

PE : Nous sommes partis d’une situation très dégradée à ce niveau puisqu’encore récemment nous occupions sur le rang mondial la dernière place .Mais nous avons mis en place des associations qui nous aident à développer cette alphabétisation. Il s’agit de groupement de personnes très dévouées et actives.

 

 

IG : Question plus personnelle au Père Eric. En votre qualité de Directeur Diocésain, comment faites-vous fonctionner votre rôle ?

 

PE : Je suis à la Direction de l’enseignement catholique du Diocèse de Diebougou. Il faut savoir que l’Education est tout d’abord du ressort de l’Etat qui définit les programmes mais qu’existe le principe de subsidiarité puisque l’Etat ne pouvant pas remplir convenablement cette mission tout seul, il est obligé de demander à des partenaires de pouvoir l’aider. C’est dans ce sens que l’église Catholique comme d’autres formations appuie l’Etat en matière d’éducation. Donc chaque diocèse a une direction de l’enseignement catholique. Dans mon diocèse, je m’occupe de certaines missions avec deux volets importants : le premier est la formation scolaire du niveau de la maternelle jusqu’à parfois celui de l’université. Nous avons des écoles primaires catholiques qui s’appellent ainsi mais qui ne sont pas réservées exclusivement à des enfants de catholiques. Elles prennent le qualificatif de catholique puisque l’ossature d’enseignement est assurée par cette église, mais ce sont des écoles ouvertes à tout le monde, et beaucoup de personnes ont été formées dans nos écoles qu’ils soient musulmans, protestants, catholiques, etc. Tout le monde peut y aller à condition de s’adapter à la discipline d’un établissement scolaire.

Le deuxième volet dans la direction diocésaine, c’est justement le volet alphabétisation parce que l’on s’est rendu compte que de nombreuses personnes n’ont pu aller à l’école et aujourd’hui ces personnes éprouvent le besoin de formation, telles que par exemple les associations ou le groupement de femmes qui veulent apprendre un métier. Dans ce cas-là il faut qu’elles passent par cette alphabétisation. Avec un minimum de base : savoir lire et écrire pour savoir ensuite fabriquer tel produit en partant de l’achat des produits de base pour aboutir jusqu’à la commercialisation du produit. Tout cela s’apprend dans un centre d’alphabétisation. Dans ces centres  qui accueillent des jeunes gens âgés de minimum 15 ans, et des adultes, vous ne trouverez pas que des femmes chrétiennes catholiques, mais aussi des musulmanes. En fait toute personne de bonne volonté qui veut apprendre quelque chose est la bienvenue.

 

Voilà ce que nous faisons. Mais le principal problème qui bloque le développement est d’ordre financier, l’église au Burkina est pauvre et donc a besoin que l’on l’aide pour qu’à son tour elle puisse aider les autres.

 

IG : Avec votre permission, je vais faire un appel aux dons de certains lecteurs intéressés par le problème que vous venez très bien de décrire.

 

PE : Il suffit d’adresser ces dons (tant financiers que matériels de scolarisation) à la :

 

-       Direction diocésaine de l’Enseignement Catholique

-       BP 35

-       DIEBOUGOU

-       BURKINA FASO

 

-       Les coordonnées du Père Eric HIEN sont les suivantes :

 

-       Email : segnituo@gmail.com

 

-       Ou : ericoseg07@yahoo.fr

 

-       Tel : (00226) 70 78 07 27

 

La Direction Diocésaine fonctionne comme une association. C’est une association pour la promotion de l’éducation formelle ou non formelle des enfants et pour la formation des adultes qui n’ont pas pu aller à l’école. Dans  notre diocèse malheureusement encore nous avons un fort taux d’analphabètes car souventes fois les parents retirent leurs enfants de l’école pour les aider aux travaux des champs.

 

IG : Tout ceci me fait songer qu’en lisant des articles sur le Burkina Faso j’ai vu que le taux de fécondité des femmes était très important 6,2 %o alors qu’en Europe il est généralement inférieur à 2 %o. Est-ce que l’Etat Burkinabé développe une politique en matière de natalité ?

 

PE : Oui c’est devenu une préoccupation pour l’Etat et pour tous ceux qui interviennent auprès de cette population. Une fois encore il y a beaucoup de préjugés, de lenteur et de lourdeurs économiques car vous l’avez  dit plus haut plus d’un tiers de la population vit de l’agriculture. Ce secteur non encore mécanisé  requiert beaucoup de main d’œuvre, la plupart du temps ces agriculteurs ne possèdent pas encore la technique, pour obtenir des rendements qui permettront aux familles de vivre, voire de survivre. C’est surtout pour cela que les familles sont encore nombreuses. A remarquer que là aussi les choses sont en train d’évoluer positivement car avec une démographie galopante les lopins de terre ne suffiront plus à nourrir tous les habitants, car les héritages conduisent à morceler de plus en plus les terres. C’est donc devenu une nécessité  pour l’Etat que de chercher à  maitriser la natalité au travers de la promotion. L’église d’ailleurs a aussi recommandé aux familles d’avoir des enfants qu’on sera certain de pouvoir éduquer convenablement.

 

IG : Pour finir l’interview sur une note positive, révélatrice des progrès accomplis par la société Burkinabé. On assiste de plus à des mariages mixtes et on peut espérer qu’en créant cette nouvelle diversité alléger les lourdeurs citées plus haut, et voir l’émergence du futur Burkinabé de référence qui donnera naissance à un pays moderne ?

 

PE : Je suis tout à fait d’accord avec ceci. D’une manière générale on est en train d’avoir un peu plus d’esprit d’ouverture culturelle sur ce sujet, les coutumes sont en train d’évoluer. Auparavant chaque ethnie vivait un peu en vase clos sans ouverture vers l’extérieur. Tout ceci est en train d’évoluer encore une fois, afin de pouvoir construire une République où tous les burkinabé pourront vivre la main dans la main pour le bien de la nation. C’est une bonne note.

Maintenant il faut que je vous dise aussi une autre bonne nouvelle : cette année dans mon diocèse nous avons eu plus de 98 % de réussite dans les examens scolaires et cela nous rend très fiers de notre action. Il faut donc en conclure que l’enseignement qui est dispensé est de qualité. Je ne peux que remercier tous ceux qui nous ont aidés à obtenir de si bon résultats à savoir : les partenaires, les parents, les enfants, sans oublier les enseignants surtout. Car comme dit le proverbe : « Tout le monde a mis la main à la pâte » et nous espérons que le Burkina Faso pourra bientôt obtenir un meilleur classement mondial sur le plan socio-économique.

 

 

 

 

 

Description: i Love Peres:Users:iLovePeres:Desktop:2014-08-23:2014-08-23 Article au sein de l'Afrique Pere Eric Hien Cathedrale_Ouagadougou Photo 3.jpg

 

Cathédrale de Ouagadougou (photo via Google)