LES  MYSTERES DES  PHARAONS  DEVOILES DANS LA VILLE DU MANS EN FRANCE

 

 

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Patrick Dalaine

 

 

 

 

 

 

Isidore Grao

Le 22 janvier 2014

Interview de M. Patrick  Dalaine

Le 15 janvier 2014

www.lavoixdecartier.com

 

 

 

 

Liminaire :

 

IG : Bonjour Monsieur Dalaine, les lecteurs de la « VOIX DE CARTIER »  ont déjà eu le plaisir de faire votre connaissance et d’apprécier vos talents de caricaturiste, en lisant l’article n° 121 du 1er mai 2012, intitulé :

 

« La caricature, un résumé qui en dit long » paru sur le présent journal.

 

Aujourd’hui, il va être question de votre violon d’Ingres, en l’occurrence l’Egyptologie. J’ai découvert avec étonnement que dans  la bonne ville du Mans (Sarthe) existait une curiosité quasi unique en Europe, à savoir, la reconstitution à l’identique de la tombe de la Reine « NEFERTARI » épouse du pharaon RAMSES II, dit :

« Le Grand ».

 

PD : Cette tombe est quasi unique en Europe. En effet, seul un autre fac-similé existe, à Turin en Italie. Il est même plus complet puisqu’il n’omet aucune des étapes du périple de la défunte reine dans sa tombe, ce qui n’est pas le cas au Mans.

 

IG : Comment vous est venu cet intérêt pour l’Egypte antique ?

 

PD : Sans le savoir, j’ai toujours  été en quête d’éternité. D’ailleurs, les anciens Egyptiens appelaient leur tombe des « Demeures d’Eternité ». La présence d’une réplique de tombe égyptienne au Mans a réveillé cet intérêt qui sommeillait chez moi.

 

IG : Diriez-vous que la tombe a été correctement reconstituée au Mans ?

 

PD : Oui, magnifiquement, grâce à la technologie, il a été possible de reconstituer à l’identique ce monument souterrain avec les mêmes mensurations. Le sous-sol du musée a été creusé pour permettre de reconstituer tout le cheminement de la défunte dans sa tombe. Ont été aménagés une antichambre, puis au niveau inférieur un escalier de 18 marches appelée aussi « descenderie » qui amène la momie au niveau le plus bas : « La salle du sarcophage ».

 

IG : Vous avez donc obtenu l’autorisation du Conservateur du musée pour ces visites ?

 

PD : Dans mon empressement à partager ma passion, j’ai omis d’avertir le Conservateur en question, qui a découvert les tracts que j’avais fait imprimer en fréquentant sa boulangerie ! Pour le rassurer je lui ai dit que mon initiative était entièrement bénévole et que le musée avait tout à y gagner  puisque cela pouvait augmenter le nombre de visites. En attendant, j’ai reçu un coup de téléphone plus « qu’étonné » de sa part ! Aujourd’hui tout est arrangé.

 

IG : Comment expliquez-vous votre intérêt pour cette période lointaine ?

 

PD : Comme beaucoup j’ai découvert  l’Egypte ancienne en classe de sixième au collège. La professeur d’histoire était passionnée et passionnante d’où l’effet de contagion. Cela m’a sans doute marqué durablement et cet intérêt s’est réveillé au Mans pour les raisons évoquées ci-dessus. Mais collège ou pas, je suis sur que la graine égyptienne aurait mûrie de toutes façons !

 

IG : Comment expliquez-vous le mystère de la conservation des momies ?

 

PD : Les égyptologues expliquent qu’il a fallu une longue période avant d’arriver à momifier correctement les corps. Les artistes préposés à l’embaumement ont sans cesse perfectionné leur art  avant d’arriver au résultat que l’on connaît.

 

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IG : Vous disiez que le cadavre faisait l’objet d’une longue préparation (70 jours dans l’idéal) et par exemple les viscères étaient retirés.

 

PD : A l’origine (dixit les égyptologues) la momification a dû se faire naturellement.

C’est en observant la nature que l’idée a dû émerger dans les têtes égyptiennes. C’est ainsi qu’ont été retrouvés dans le désert des corps parfaitement conservés par la chaleur séche du lieu. La putréfaction avait été stoppée naturellement. Suite à ces observations, les embaumeurs ont cherché les moyens d’imiter voire d’accélérer l’œuvre de la nature. Le corps était préparé pour ne conserver que la peau et les os. Au préalable, le flanc gauche de la future momie était incisé et le cadavre débarrassé de ses viscères. Ensuite le corps était mis au contact d’un sel appelé « Natron » qui a la propriété d’absorber toute l’humidité. Au final le défunt ressemble à un hiéroglyphe noir et filiforme. Les viscères étaient également  desséchés, sont placés dans quatre vases que l’on pose tout contre le sarcophage (il est important que le corps soit complet pour renaître). Seul le cœur déshydraté sera lui aussi replacé dans la momie (pour la pesée rituelle dans l’au delà).

 

IG : Pourquoi envelopper le corps avec des bandelettes ?

 

PD : Au final la momie ressemble à un cocon. Symboliquement, par magie analogique, il était important que le papillon de l’âme puisse émerger du corps et que celui-ci ressemble donc à un cocon. De plus le cocon protége la chrysalide et la résurrection de l’âme était conditionnés par la compléte préservation du corps.

 

IG : De la chrysalide naissait donc un papillon symbolique ?

 

PD : Oui, d’où peut être l’existence d’un verbe magnifique : « chrysalider ». Etymologiquement, chrysalider « qui a la forme de l’or » vient du grec « krusos » qui signifie « or ». Nous sommes véritablement en pleine alchimie. Il s’agit de transfigurer le corps de couleur noire en corps de lumière. Rappelons que l’Alchimie est née dans les temples qui bordaient le Nil. Les prêtres symbolisaient la terre d’Egypte sous la forme d’un cœur en flammes. Un cœur noir, une matière desséchée qui est appelée à renaître grâce à la prière (la magie) et au travail devant la forge ou le fourneau. Les anciens prêtres  égyptiens, véritables physiciens philosophaient par le feu. C’est d’ailleurs ce que j’essaye de faire passer dans mes visites au musée du Mans. La tombe de NEFERTARI est une tombe alchimique.

 

IG : Pouvez-vous nous décrire l’édifice en question ?

 

PD : On recense trois niveaux. Commençons par le bas. Au niveau inférieur : en « enfer » se trouvait le sarcophage dans sa cuve de granit rose. Là reposait la momie en gestation. C’est la salle « d’or », la minière où la semence de l’or, couleur noire comme le plomb est en léthargie. Grâce aux rituels, la momie est appelée à se redresser et s’amorceront alors diverses transformations. Quittant la salle du sarcophage, elle va emprunter l’escalier (second niveau) où l’attendent  les deux chiens Anubis en qui elle va se transformer. Arrivée au troisième et dernier niveau, elle atteindra l’horizon, là où le soleil se lève.

 

IG : L’horizon, c’est donc le troisième et dernier niveau, l’antichambre ?

 

PD : Exactement, c’est dans l’antichambre que se déroule l’ultime transformation, la transfiguration en lumière. En bas, la momie s’identifiait  au soleil noir, le soleil qui se couche à l’ouest. Ici, elle devient le nouveau soleil, le soleil qui se lève à l’est. Trois niveaux comme en alchimie : l’œuvre en noir, l’œuvre en blanc, et pour terminer l’œuvre en rouge.

 

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IG : C’est donc le passage de la mort à la  renaissance ?

 

PD : Les anciens égyptiens diraient de la « presque mort » jusqu’à la renaissance en passant par un temps de gestation. L’énergie que contient la matière est d’abord en sommeil puis elle se transforme en énergie libérée. Le Christianisme parle de résurrection de l’âme. Avant de ressusciter le Christ est resté trois jours dans la tombe pendant lesquels il est descendu aux enfers pour sauver les Justes. Osiris annonce le Christ. Avec la résurrection de l’âme, le Christianisme a retrouvé l’Egypte ancienne. Quand il ressuscite Osiris devient Horus, le nouveau soleil.

 

IG : Pouvez-vous préciser : si le troisième niveau est l’antichambre où Osiris devient Horus le soleil renouvelé, que sont les deux autres niveaux ?

 

PD : Tout (re)commence en bas. Le premier niveau correspond au tombeau proprement dit, la salle d’or ou dort justement  la matière qui est de l’énergie en puissance. Au second niveau se trouve l’escalier, le fameux passage qui permet la transmutation. C’est le lieu de la communication. Les égyptiens diraient que le haut est comme le bas (et vice versa) grâce à ce passage où veillent les deux Anubis (situé dans l’escalier) qui lui-même deviendra Horus, le nouveau soleil. On passe de l’élément Terre-eau (terreau) Osiris à l’élément air (Anubis) jusqu’à l’élément Feu (Horus).

 

IG : Finalement en quoi consistait cette « religion » qui a brillé de mille feux pendant si longtemps ?

 

PD : On a appelé l’Egypte, le berceau des religions. En tous cas le berceau africain. C’est une cosmo-religion. Très proche de la nature comme toute tradition, elle situait l’humain entre le ciel et la terre. Le paganisme égyptien est une foi ouverte. C’est à dire pas d’exclusion, tous les autres dieux sont les bienvenus  contrairement aux monothéismes déclarés (Christianisme notamment) qui excommunient d’emblée les religions concurrentes.

 

IG : Le Christianisme nous parle surtout du ciel et de la terre, non ?

 

PD : La terre mais aussi sous la terre. Le monde souterrain était essentiel en Egypte. Mais il n’est pas tout à fait celui des Chrétiens. Les injustes n’avaient pas accès aux enfers. Seuls les justes étaient concernés par le monde du dessous. Les injustes étaient condamnés à se transformer en porc (animal impur) pour espérer la rédemption plus tard. Quant aux justes, et même si le périple souterrain étaient plein de dangers (d’où notamment les amulettes), ils étaient destinés à se transformer en étoiles.

Le défunt devenu Osiris est assimilé à la graine qui dans l’obscurité des enfers va germer avant de fructifier sous forme d’Etoiles.

 

IG : Champollion pour comprendre les hiéroglyphes s’est intéressé de près à la religion copte ?

 

PD : Le Copte enseigne le christianisme primitif, l’oriental. La liturgie copte est transmise dans une langue proche de l’ancien égyptien d’où l’intérêt profond du génial égyptologue pour cette langue morte … encore vivante. Hors l’église les coptes d’Egypte s’expriment en arabe.

 

IG : Vous rapprochez ainsi le Christianisme et les rites de l’Antique Egypte ?

 

PD : C’est à Christiane Desroches-Noblecour et que l’on doit se rapprochement. Mon Christianisme doit beaucoup à Christiane ! Elle aimait dire que notre culture n’est pas Judéo-Chrétienne mais Egypto-Chrétienne. La résurrection de l’âme vient d’Egypte et les premiers moines « squattaient » les anciennes tombes égyptiennes … faute de locaux adéquats. Parfois on pouvait voir Saint-Pierre et Horus voisiner sur le même mur !

 

IG : Comment vivaient ces ermites puisque vous évoquez leur pauvreté ?

 

PD : De la charité.Chrétienne et/ou égyptienne. Sans doute vivaient-ils d’offrandes à l’image des renonçants de l’Inde qui prient pour les businessmen en échange de nourriture.

 

IG : Les pyramides ont fleuri en plein désert, pourquoi ?

 

PD : L’Egypte est essentiellement désertique, mais rappelons qu’on dit également qu’elle est un don du Nil… et des hommes qui ont cultivé les champs qui bordent le grand fleuve. Sans les inondations annuelles et sans le courage des fellahs, les pyramides n’auraient sans doute pas existées !

 

IG : Comment une civilisation si riche peut-elle disparaître ?

 

PD : Quand le dernier temple égyptien a été fermé par l’empereur Justinien, le Christianisme est devenu la religion officielle. C’était dans l’ordre (cosmique) des choses. Le ferment égyptien a fait se Cristalliser la matière chrétienne. L’Egypte ancienne ne s’est pas éteinte, elle s’est renouvelée à travers une nouvelle foi puis une autre encore. Au Christianisme a succédé l’Islam.

 

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IG : On peut s’interroger sur l’avancée de l’Egypte ancienne en matière de technologies ?

 

PD : Mystérieuse Egypte qui n’a  pas encore livré tous ses secrets ! Quelles ont été les technologies qui ont permis la construction des pyramides ? On l’ignore encore. En comptant la préhistoire, la civilisation de l’Egypte ancienne s’étend sur cinq mille ans, largement de quoi amasser un savoir immense. Si la bibliothèque d’Alexandrie n’était pas partie en cendres, sans doute que beaucoup de mystères seraient dissipés aujourd’hui.

 

IG : À des milliers de kilomètres de là, en Amérique du sud, d’autres civilisations ont bâti  des pyramides quasiment à la même époque. Peut-on imaginer une passerelle entre Incas, Mayas et Anciens égyptiens ?

 

PD : Mystérieusement les mêmes questions et les mêmes réponses apparaissent parfois sur différents lieux de la planète !

 

IG : Est-ce la force brutale des invasions qui met un terme à une civilisation ?

 

PD : La civilisation s’essouffle parfois d’elle-même. Quand l’envahisseur s’impose, c’est qu’elle est au bout du rouleau. Elle disparaît souvent par nécessité, par un nécessaire besoin de se renouveler. Les civilisations  anciennes d’Amérique du sud se sont effondrées devant une poignée de conquistadors décidés, parce qu’elles étaient déjà minées de l’intérieur.

Et puis les invasions ne sont pas que négatives. Sans elles, l’Egypte aurait sans doute connu beaucoup plus tardivement, la roue, le char, le cheval, etc.  

Pour conclure j’aimerais ajouter que votre prénom Isidore est un des rares prénoms européen dont l’étymologie nous ramène à l’ancienne Egypte : ISI- DORE en grec c’est le don d’ISIS, le cadeau suprême fait par Isis : la VIE.

 

 

 

Avis aux lectrices et lecteurs :

 

Si le thème du  présent interview vous a intéressé et que vous souhaitiez poser d’autres questions à l’intéressé, sachez que Monsieur Patrick Dalaine se fera un plaisir de répondre à celles-ci en les lui adressant à l’adresse email suivante :

 

dalaine@dbmail.com