Sur le Chemin de Saint jacques de Compostelle

 

Description: i Love Peres:Users:iLovePeres:Desktop:2013-12-01:2013-11-03AngelaMaguin1.jpeg

 

Angela Maguin

 

 

 

 

 

 

Isidore Grao

Le 3 novembre 2013

Interview de Madame Angela Maguin

www.lavoixdecartier.com

 

 

 

 

A Moissac (France) petite bourgade située sur le Chemin de Compostelle, où j’avais été écouté le concert donné par les stagiaires de Marcel Pérès, directeur de l’Ensemble Organum et du CIRMA (Centre de recherche sur la musique ancienne) lors des « Diagonales de l’automne 2013 » j’y ai rencontré une élève, dont les propos et les échanges verbaux ne peuvent laisser son interlocuteur indifférent. Tout d’abord de par son origine anglophone et ensuite de par sa passion pour le chant. J’ai donc voulu avec son autorisation vous faire partager le plaisir de ce dialogue.

 

 

 

 

IG : Bonsoir Madame.  Alors  que, j’écoutais dans cet endroit majestueux qu’est l’Abbatiale de Moissac, les répétitions des chants qui seraient donnés le lendemain, 3 novembre 2013, je vous ai remarqué parmi les membres féminins de ce chœur, à la manière de répéter le mot REQUIEM !

 

Q1 : Comment avez-vous été amenée à suivre ce stage de musique ancienne ?

 

Je connaissais le travail de Marcel Pérès avec son Ensemble Organum et les stages qu’il organisait à Moissac. Je participe aux stages du CIRMA depuis 2005.

 

Q2 : Comment avez-vous connu le CIRMA ?

 

Je suis les activités de l’Ensemble Organum depuis ses débuts en 1982. Je possède presque tous leurs enregistrements. J’avais très envie de travailler en profondeur ce répertoire de musique médiévale et de faire partie du CIRMA pour pouvoir participer aux concerts dans l’Abbaye de Moissac et les églises historique de la région.

 

Q3 : Ce n’est qu’au pot d’adieu, à la fin du stage que j’ai découvert que vous possédiez un fort bel accent anglais et que vous vous exprimiez très bien en français. Résidez-vous depuis longtemps en France ?

 

Oui, depuis 1964.

 

Q4 : Votre présence en France est-elle fortuite ou volontaire ? Dans ce cas qu’est-ce qui vous attire particulièrement dans ce pays?

 

J’ai fait des études de français à l’Université de Cardiff et pendant mon année comme assistante d’anglais dans un collège dans le Midi, j’ai rencontré mon futur mari !

 

Q5 : L’histoire nous apprend que de tous temps les relations franco-anglaises ont été particulières mais très proches à la fois ! Comment jugez-vous les français ?

En ce qui concerne leur appréciation de la musique médiévale, il me semble que les français sont peut-être plus passionnés à son égard. La France est beaucoup plus riche en groupes d’ensembles de musique ancienne que l’Angleterre car, sous Henry VIII, avec la dissolution des monastères, les manuscrits musicaux ont presque tous été détruits. Pour les anglais, « early music » commence souvent avec Monteverdi. Les régions et les municipalités en France ont reconnu l’importance capitale du patrimoine historique et musical comme faisant partie de l’industrie touristique, donc à encourager.

 

Description: i Love Peres:Users:iLovePeres:Desktop:2013-12-01:2013-11-03AngelaMaguin2.jpeg

 

Q6 : Après avoir fait connaissance ;  abordons maintenant le chant ? Avez-vous reçu une formation musicale ?

 

Je n’ai reçu aucune formation musicale sauf par le biais des concerts « live », les émissions de la BBC, et ce que je trouvais dans la bibliothèque de ma petite ville au Pays de Galles en l’occurrence, les partitions d’opéras italiens qui me passionnaient.

 

 

Q7 : Quand avez-vous ressenti votre passion pour le chant ?

 

Depuis ma toute petite enfance avec les « nursery rhymes » - « contines » - que je faisais répéter en boucle par ma mère. Après vers l’âge de 8 ans j’ai découvert l’opéra.

 

Q8 : Vos parents vous ont-ils dirigés vers cette voie ?

 

Non, pas du tout, tout simplement parce qu’ils n’avaient pas les moyens financiers de payer les leçons de musique qui coûtaient très chères à l’époque.  Mais chez mes grands-parents il y avait des pianos. Ma grand-mère chantait et s’accompagnait au piano aux réunions de familles.

 

Q9 : Et en fait, comment appréciez-vous ce style de musique ancienne et d’origine latine et dont certains textes remontent au moyen-âge. Ces partitions  ont été en quelque sorte reconnues par le Maître Marcel Pérès ? A l’époque, seuls les moines (dirons-nous) interprétaient ces chants. Le concert que vous avez interprété porte le titre justement de « Messe et office des défunts en chant Grégorien et faux-bourdons ». Dans un précèdent interview qu’a bien voulu accorder le Maître à la « Voix de Cartier » et que vous pourrez retrouver sur l’article N° 36 du 26/08/2010 intitulé « On veut saper la mémoire liturgique » Marcel Pérès nous indique comment il essaie de ressusciter ces vieux manuscrits. Qu’est-ce ce qui vous attire dans cette musique ?

 

L’impression de sérénité inébranlable qui en découle, et sa façon de faire vibrer tout le corps. Le côté à la fois simple et sophistiqué de cette musique savante que nous devrions étudier de près pour en faire ressortir la finesse.

 

Q10 : Et pourtant le Maître Marcel Pérès se montra très perfectionniste dans les répétitions. Surtout dans la dernière, celle du samedi 2 Novembre 2013 qui s’acheva près de minuit ! Direz-vous que ce mode de direction est sévère ?

 

Non, pas du tout. Je choisirais plutôt le mot « exigent ». Nous sommes presque tous des amateurs mais nous travaillons de façon professionnelle ce qui est pour moi la seule façon de travailler.

 

Q11 : Est-ce le premier stage du CIRMA auquel vous participez ?

 

Non. En 2005 j’ai suivie le stage sur la Messe de Machaut.

 

Q12 : Hormis les bâtiments forts anciens de Moissac : l’Abbaye et son cloitre magnifique, son cèdre du Liban âgé de plus de 5 siècles, avez-eu le temps de visiter les environs de la Ville ?

 

Oui, car nous donnons souvent des concerts dans les petites villes voisines. Par ailleurs, nous avons de la famille dans la région.

 

Q13 : Enfin pour terminer la présente interview quelle impression générale tirez-vous de ce stage et qui seraient capables de susciter d’autres vocations pour la même musique ?

 

L’impression générale ressentie à la fin des stages est toujours d’une grande joie : d’avoir découvert  de nouvelles partitions et une nouvelle interprétation dans une atmosphère chaleureuse et amicale, sans oublier la joie de retrouver autour de toute l’équipe du CIRMA les amis fidèles aux stages et, cerise sur le gâteau, d’en faire de nouveaux amis, bien sûr.

 

Description: i Love Peres:Users:iLovePeres:Desktop:2013-12-01:2013-11-03AngelaMaguin3.jpeg